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Maroc

Bien que le royaume ait amélioré de plus de 41% son indice de développement humain entre 1990 et 2015, son classement n'en témoigne pas. Il figure ainsi parmi les pays à développement humain moyen, tandis que la Tunisie et l'Algérie se classent parmi ceux à développement humain élevé.

Sans surprise, le rapport du PNUD sur le développement humain dans le monde au titre de 2016 n'a pas dérogé au constat persistant que les couches les plus pauvres continuent d'être les plus défavorisées, en ce sens que les priorités du développement mondial ne prêtent pas attention aux besoins des marginalisés. Résultat, les écarts entre pauvres et riches se creusent davantage, tandis que la discrimination et les inégalités continuent de sévir au niveau de la participation politique. Pas de renouvellement des élites, la femme est mise à l'écart alors qu'elle participe activement au développement économique et à la croissance... Bref, c'est un tableau peu reluisant que l'institution onusienne vient de dresser sur la composante humaine du développement.

De manière générale, le rapport est parvenu au constat suivant: bien que le développement humain ait considérablement progressé dans toutes les régions entre 1990 et 2015, une personne sur trois dans le monde vit encore dans des conditions de développement humain faible, selon l’Indice de développement humain (IDH). Même les pays développés n'échappent pas à ce phénomène. Ils sont eux aussi confrontés aux problèmes de la pauvreté et de l’exclusion, avec plus de 300 millions de personnes vivant dans une pauvreté relative, de même que plus d’un tiers des enfants. Le Maroc a occupé la 129e place, ex-aequo avec le Honduras, sur un total de 187 pays. Il a été classé parmi les pays à développement humain moyen alors que la Tunisie et l'Algérie figurent parmi ceux à développement humain élevé en occupant respectivement les 90e et 93e places. C'est d'autant plus embarrassant que le royaume a perdu 6 places en un an.

Ce classement invite aussi à se poser les bonnes questions sur la politique de développement humain du Maroc et son efficacité. Certes, le pays a instauré un modèle unique grâce à l'Initiative nationale pour le développement humain qui traduit une volonté royale de venir en aide aux couches les plus défavorisées, mais les résultats n'ont visiblement pas contribué à améliorer le classement du royaume. Comment des pays voisins, qui pourtant n'ont pas cette politique volontariste, arrivent à faire mieux? C'est d'autant plus troublant que la Syrie et l'Irak, qui sont en guerre, sont également mieux classés que le Maroc. À moins que les critères du PNUD et la manière dont il calcule le niveau de développement humain ne soit pas représentatifs de la réalité.

En tout cas, il va falloir que le gouvernement ou le HCP apporte des éclaircissements dans ce sens, avec toute la maîtrise de soi nécessaire et les preuves scientifiques requises. Mais il faut savoir que l'un des chiffres chocs mis en avant par Bank Al-Maghrib à l'issue de la réunion de son Conseil d'administration mardi dernier, concerne le chômage des jeunes entre 15 et 24 ans, qui a atteint 41%. Ce chiffre, qui traduit bien une situation de non activité avec tout l'impact qu'elle peut avoir sur la qualité de vie des familles concernées, est à lui seul alarmant. Toutefois, il ne faut pas oublier que parmi une dizaine de critères pris en compte par le PNUD, le Maroc tire bien son épingle du jeu sur plusieurs d'entre eux. Mais souvent, la somme de l'ensemble des critères donne un résultat différent. Ainsi, si l'on prend en compte l'évolution de l'indice de développement humain au Maroc entre 1990 et 2015, celui-ci a progressé de 0,458 à 0,647, soit une hausse de 41,4%, ce qui est considérable.

Plus en détail, durant la même période, l’espérance de vie au Maroc a augmenté de 9,6 années, la durée moyenne de scolarisation de 2,8 années et la durée attendue de scolarisation de 5,6 années. Quant au RNB (revenu national brut) du Maroc par habitant, il a augmenté d’environ 89,9% durant la même période.


Les inégalités plombent l'IDH

Pour 2015, le Maroc enregistre un IDH de 0,647. Il est supérieur à la moyenne des pays du groupe à développement humain moyen (0,631) et inférieur à la moyenne (0,687) des pays des États arabes. Cependant, lorsque la valeur est pondérée en tenant compte des inégalités, l’IDH baisse à 0,456, soit une perte de 29,5% due aux inégalités dans la distribution des indices des dimensions de l’IDH. La Tunisie enregistre des pertes dues aux inégalités de 22,5%. La perte moyenne due aux inégalités pour les pays à IDH moyen est de 25,7%. Elle est de 27,5 % pour les États arabes. Le coefficient d’inégalité entre les personnes pour le Maroc s'élève à 28,3%. Ce constat est corroboré par des études en interne. Il remet sur la table la question du développement équitable qui profite à tous, sans quoi le facteur inclusif de la croissance se trouve vraiment en panne.

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