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Thomas Leleu, Tubiste

Il a réussi à rendre le tuba, instrument de fanfare, sexy et raffiné! Il est le premier tubiste de l’histoire à remporter le Prix de la révélation soliste instrumental aux Victoires de la musique classique en 2012. Thomas Leleu a surtout clôturé le Festival des Alizés d’Essaouira avec beaucoup de grâce. Rencontre avec un musicien aussi original que pacifiste.

Les Inspirations ÉCO : Vous terminez votre tournée à Essaouira. Qu’est-ce que cela fait de finir sur une note africaine, depuis un festival atypique pour les musiciens classiques?
Thomas Leleu : C’est la magie de ce métier ! En 4 semaines, j’ai fait 3 continents, 5 pays et des milliers de kilomètres ! C’était très intense. J’attendais impatiemment de venir jouer ici. J’adore l’Asie, mais... je ne sais pas… j’ai vécu à Marseille pendant 10 ans. La culture africaine, je l’ai côtoyée tous les jours pendant 10 ans et je l’ai adorée. Je vis aujourd’hui à Berlin, et tout cela me manque. Je suis ravi d’être à Essaouira, à ce festival. C’est la première fois que je viens au Maroc. Je connais l’Égypte pour y avoir joué il y a quelques années… Je remercie Dina Bensaïdi de m’avoir fait confiance parce qu’un tuba, c’est assez curieux. C’est toujours un plaisir de voir que, peu importe le pays, les gens sont réceptifs à ma musique. J’essaie de faire au mieux.

Vous proposez une musique «qui parle», vous parcourez les continents et les cultures à travers les pièces choisies. Comment choisissez-vous les morceaux?
Ce sont des fantasmes, des choses qui me parlent depuis l’enfance. Des musiques qui m’ont influencé, qui m’ont fait pleurer, qui m’ont fait rêver. On me reproche souvent de faire des choses trop populaires, trop grand public. Au final, c’est le plus beau des compliments. J’aime faire des choses qui parlent aux gens, je suis comme cela dans la vie. Le mélange des cultures, c’est l’avenir de la musique classique! Je pense que cette dernière doit évoluer, vivre avec son temps. La musique peut rapprocher des peuples, et c’est ce qui m’intéresse. Où que j’aille, que ce soit en Europe, en Afrique, en Amérique, en Asie, à chaque fois, je propose ce que je suis. Pas vraiment un musicien classique, de jazz ou de musique populaire... mais un mélange des trois. Je suis un voyageur entre la France -même si je vis en Allemagne- et le reste du monde…

Votre formation est composée de cordes auxquelles vous ajoutez votre tuba. Pourquoi le choix de cette formation, et comment se font les arrangements?
J’ai la même formation depuis 2012. Au départ, je ne voulais pas faire cette formation mais je me suis rendu compte que c’est la plus petite version d’un orchestre symphonique. J’ai commencé à chercher un répertoire. Je travaille avec trois ou quatre arrangeurs. Il s’agissait de trouver des morceaux qui sonnaient bien au tuba. Il y avait pas mal de morceaux que je voulais jouer, mais qui ne donnaient rien au tuba, que j’ai dû abandonner. Il fallait trouver des tonalités qui mettaient en avant les cordes et le tuba.

Le choix de votre instrument est assez surprenant. Comment s’est imposé à vous le choix du tuba?
Effectivement, quand on est jeune garçon, on préfère jouer de la guitare ou du piano… (Rires). J’ai commencé par la batterie et les percussions. Mon père est tubiste… Ma mère est pianiste, mon frère trompettiste. Je crois que j’ai toujours été attiré par les cuivres, les graves. Et comme tous les petits garçons, je voulais faire comme papa… lui ne voulait pas! J’ai insisté si lourdement qu’il a fini par accepter. Cela m’a mené beaucoup plus loin que je m’imaginais au départ. Je n'aurais jamais cru en arriver là. J’aimais la Pop, la variété française. Le tuba est le moins sexy des instruments! Je m’inspire de tous les mondes, de toutes les inspirations que je peux avoir. J’ai essayé de faire mieux que papa, autre chose…

Et vous devenez le premier tubiste de l'histoire à obtenir une Victoire de la musique. Qu'est-ce que cela change, dans une carrière?
Les Victoires de la musique, cela donne inévitablement une légitimité de l’instrument! Et une légitimité pour moi, en tant que soliste. Souvent, on me regardait de haut, l’air de dire «Que veux-tu faire avec un tuba?». Les gens viennent au secours du succès. C’est ce qui est arrivé. Il m’a fallu une Victoire de la musique pour me reconnaisse, qu’on s’intéresse à moi. Cela m’a permis de faire des festivals, d’aller au bout de mes audaces et d’assumer des projets fous. Cela m’a apporté beaucoup de choses. Il ne faut pas trop la regarder, cette victoire. Il faut se projeter plus loin, l’oublier et aller de l’avant…

Quid de l'avenir?
J’ai des tonnes de projets! J’ai beaucoup de formations, je continue à tourner avec mes projets dans plusieurs pays. Je travaille sur un programme avec la formation d'aujourd'hui qui, je l’espère, verra le jour, sur la musique et la paix entre les peuples.

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