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21-05-2018 08:33

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Le Réseau de lecture au Maroc a annoncé la quatrième édition du Prix national de la lecture 2018 qui vise à «consacrer la place de la lecture au sein de la société». Un prix important encore peu connu du monde de la littérature par un réseau qui travaille dans l'ombre. Explications de sa présidente, Rachida Roky.

Pourquoi ne lit-on plus ? Est-ce que les jeunes sont attirés par le monde de la lecture ou est-ce un mythe ? Toutes ces questions que l’on se pose dans une société numérique où internet remplace le papier et où l’image prend le dessus sur l’écrit et l’imaginaire. Pourtant, le Réseau de lecture au Maroc et son ensemble d’associations à travers le royaume œuvre pour le livre et la valorisation du rôle capital de la lecture. Né il y a 4 ans, le Réseau de lecture au Maroc présidé par Rachida Roky, enseignante de biologie à l’Université Hassan II de Casablanca, organise le Prix national de la lecture pour inciter les jeunes à se réconcilier avec le livre. «Ce prix n’est pas la seule activité du réseau, le réseau a plusieurs stratégies. Nous ne travaillons pas qu’avec les bons lecteurs, mais avec des étudiants qui lisent moins, nous essayons de les sensibiliser. Nous avons remarqué que le fait de parler de ce prix dans les écoles, d’organiser ces rencontres, de donner des prix, tout ceci donne une visibilité au livre. Notre objectif est de rendre le livre visible dans les écoles !», explique la présidente du réseau qui intervient dans plus de 100 écoles au Maroc de Fès à Casablanca, en passant par Guelmim, Mohammedia, ou El Hajeb.

Le livre aux oubliettes
Selon Rachida Roky, seule l’école marocaine est à blâmer. Avec un membre du réseau dans plusieurs écoles et des associations indépendantes dans tout le Maroc, le réseau est arrivé à un constat : le problème ne réside pas dans le manque d’intérêt des jeunes par la lecture, mais dans le fait que l’école marocaine n’incite plus à la lecture ! «D’abord, les programmes scolaires n’ont pas des textes adaptés et ne donnent pas envie de lire. On ne lit pas de beaux textes à l’école. Et il y a autre chose, le problème des bibliothèques, soit inexistantes, soit fermées. Une étude récente démontre que 60% des bibliothèques scolaires sont fermées. Pourquoi on les ferme ? Ce n’est pas parce que les élèves ne s’intéressent pas, c’est parce qu’il n’y a pas le personnel qualifié. On affecte souvent le personnel malade ou fatigué à la bibliothèque, et lorsque ce personnel part à la retraite, il n'est plus remplacé, alors qu’il faut un personnel formé et qualifié pour s’occuper d’une bibliothèque. La visite de la bibliothèque à la rentrée doit être obligatoire, mais ça ne se fait pas. Le réseau de lecture organise des visites, même si cela peut paraître une évidence, dans les écoles ça ne l’est pas», continue Rachida Roky qui constate le manque d’organisation dans les écoles. Selon le réseau composés de médecins, d’ingénieurs, d’étudiants et de professeurs, il y a un réel problème d’exploitation. En effet, il ne s’agit pas d’un manque de ressources. Les ressources sont mal exploitées, les écoles possèdent des livres dans les bibliothèques non exploités. De plus, Rachida Roky rappelle que chaque école a un budget alloué à l’achat des livres, mais que ce budget est souvent alloué à autre chose. «Les écoles et lycées ont un budget pour acheter des livres. Un budget qui n’est pas utilisé la plupart du temps. Notre rôle est de rappeler aux écoles qu’il est important d’utiliser ce budget pour l’achat d’ouvrages ! L’idée est de mieux utiliser les ressources que l’on a déjà au lieu d’aller constamment chercher de nouvelles ressources». Pour le réseau, une chose est sûre, la raison pour laquelle on ne lit plus, c’est que nous ne sommes pas organisés pour faire aimer la lecture…

Pour lire plus et lire mieux
Le réseau organise depuis 4 ans, le Prix national de lecture pendant le Salon international du livre de Casablanca qui se déroule, cette année du 8 au 18 février. Un prix est remis aux bons lecteurs, sélectionnés par les différentes associations du réseau dans tout le royaume. Une initiative pour donner plus de visibilité à la lecture. «Le salon du livre ne fait pas la promotion de la lecture directement, mais il fait la promotion du livre, et c’est primordial ! Le salon est un succès. Ce que nous aimerions, c’est qu’il soit accompagné par des programmes dans lesquels les jeunes viendraient plus au salon. Les jeunes des écoles publiques marocaines ne profitent pas du salon et c’est dommage. Seules les écoles privées en profitent. Il n’y a que 10% des élèves à l’enseignement privé. L’école publique est isolée de la culture ! Le salon du livre devrait faciliter le transport et les autorisations pour faire sortir les élèves et les faire bénéficier de l’évènement», confie la présidente du réseau qui reconnaît qu’ils sont soutenus par de nombreux partenaires, dont le ministère de la Communication et de la culture, mais que les aides peuvent être davantage importantes. En marge de ce prix, le réseau souhaite redorer le roman marocain souvent oublié tout en poussant les jeunes à réfléchir, à analyser. «Le Prix des jeunes pour le livre marocain» pousse la jeunesse des écoles à lire différents romans marocains et à opter pour le meilleur, selon eux, selon leurs propres critères. Un prix qui permet également la rencontre de ces jeunes avec des écrivains marocains afin de permettre l’échange et de développer l’esprit critique. Aujourd’hui, le Réseau de lecture au Maroc, encore peu connu des éditeurs ou des spécialistes du livre, souhaite continuer ses actions pour la promotion du livre, car, selon lui, les retombées sont importantes. «Nous avons plus de lecteurs, nous avons plus de professeurs motivés. Ils sont découragés. Nous avons réussi à motiver plusieurs professeurs à inciter à la lecture», confie Rachida Roky qui est de plus en plus sollicitée par les académies et les directions régionales de l’enseignement et de l’éducation pour travailler ensemble. «Ils ont senti l’intérêt de ce travail», se félicite la présidente du Réseau de lecture du Maroc dont la devise est la «La lecture, un droit pour tous», avant de rappeler que «la lecture, c’est la citoyenneté ! Si nous voulons être actifs dans la société, il est primordial de la connaître. Et connaître la société passe aussi et surtout par la lecture, la littérature, l’écrit»…

GCAM Monde rural

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