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M’hammed Kilito, Photographe sociétal 

Entre vie rêvée et vie réelle, entre métier exercé et emploi fictif, M’hammed Kilito se pose la question du déterminisme social avec son exposition pleine d’humanité : «Destinées». Zoom sur un projet documentaire au grand cœur.

À la fois juste et passionné, le photographe M’hammed Kilito porte un regard à la fois doux et sévère sur une réalité bien marocaine. À travers «Destinées», il approche des citoyens, les photographies dans leur environnement quotidien avant de les mettre en scène dans leur vie rêvée. Un travail qui en dit long sur le déterminisme social et économique, qui pousse souvent le Marocain à opter pour le métier qui va lui apporter de l’argent pour subvenir à ses besoins et aux besoins de sa famille, en mettant entre parenthèse ses passions et ses envies. «C’est un travail de photographie documentaire, l’idée c’est de vérifier sur le terrain la véracité et l’exactitude du concept du déterminisme social. J’ai fais tout un travail de recherche académique et par la suite il fallait trouver des profils et catégories sociales assez variés pour essayer d’illustrer la réalité sur le terrain. Je ne viens pas pour dire s’il y a déterminisme social ou pas, je viens le vérifier, il y a des gens qui ont réussi à faire le métier de leur rêve, d’autres non, comme ce mécanicien obligé de travailler après que son père l’a abandonné alors qu’il voulait devenir militaire», confie le photographe qui décide de rentrer il y a 2 ans du Canada après des études en sciences politiques. Né à Lvov, en Ukraine, M’hammed Kilito grandit à Rabat puis s’installe au Canada en 2001. Il étudie les sciences politiques à l’Université d’Ottawa ainsi que la photographie à l’École d’Art d’Ottawa. Coordonnateur de projet et chercheur au Conseil de planification social d’Ottawa en 2010, puis chef du département photo et vidéo à l’agence de publicité montréalaise Ressac (2013-2015), il décide, en 2015, de se consacrer exclusivement à la photographie et s’établit, pour ce faire, au Maroc.

Le travail photographique de M’hammed Kilito s’intéresse aux petits détails de la vie quotidienne qui documentent un Maroc contemporain. Ces scènes et fragments du quotidien ouvrent le champ sur des questions sociopolitiques, telles que la migration, l’identité ou le déterminisme social. Ses photographies, pour la plupart au format carré, témoignent d’un regard humaniste que porte le photographe sur la réalité qui l’entoure et le fascine. Celui qui a toujours été fasciné par la photographie grâce à un père qui possédait une chambre noire à la maison, vit de sa passion depuis 2 ans, dans son pays. Avec «Destinées», il expose une thématique parmi celles qui l’ont poussé à rester au Maroc afin d’approfondir ses recherches. «C’est parti d’une expérience personnelle. Quand j’étais encore élève, le fils du concierge de «l’immeuble d’à coté s’est vu demander par son père de quitter l’école pour commencer à travailler et subvenir aux besoins de la famille. Quand je faisais mes études en sciences politiques, je suis tombé sur du Bourdieu, du Weiber, j’ai été très touché par le concept du déterminisme social, concept de base sur lequel j’ai travaillé. J’ai vérifié jusqu’à quel point le Marocain est régi par ce déterminisme social, et jusqu’à quel point on est poussé à faire des métiers qu’on ne veut pas faire mais qu’on est obligés de faire».

Après des semaines de repérage et d’observation, il se voit convaincre des inconnus de se prendre en photo. Un exercice difficile selon M’hammed Kilito puisque selon lui la majorité des gens refusent. «Les gens rêvent de manière assez réaliste en fonction de leur niveau d’éducation. Le photographe de rue qui veut devenir fonctionnaire, le mécanicien qui voulait devenir militaire. Les gens de catégories plus aisées ont plus de chances de leur côté mais ils n’arrivent pas toujours à réaliser leurs rêves». Il met en avant, cependant, des profils qui ont réalisé leurs rêves et propose une exposition en deux temps, en image et en son avec les témoignages de ses modèles. Une expérience riche en émotion. M’hammed Kilito a participé à de nombreuses expositions collectives dans divers lieux tels que la Rétine argentique (Marseille), la Fondation Alliances (Casablanca), la Fotofilmic gallery (Vancouver), le 18 (Marrakech), l’Offprint London Artbook Fair à la Tate Modern (Londres), la Bibliothèque nationale (Rabat), les Nuits photographiques d’Essaouira ou encore la Galerie Visual Voice (Montréal). Il s’intéresse à la question de l’identité, aux questions sociétales et ses photos ont toujours un sens, un lien avec ses études en sciences politiques. Il prépare une exposition sur l’artisanat au Maroc et la disparition de certain corps de métiers dans la médina de Fès. 

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