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Lors de la quatrième édition du Festival des musiques du monde de Gibraltar, Yan Delgado et son équipe ont célébré la musique, le Maroc, Essaouira et le vivre ensemble. Coulisses d’un festival au grand cœur.

Le Festival des musiques du monde de Gibraltar célèbre le Maroc et le Maghreb en général. La programmation se focalise sur la musique arabe et ses racines, avec le groupe de Jazz tunisien Jazz Oil, la soprano marocaine Françoise Atlan, la chanteuse israélienne originaire de Tinghir Neta El Kayam, la chanteuse tangéroise Abir al Abed, le trio flamenco de Gibraltar de David Morales ou encore la tête d’affiche, Dhafer Youssef, pour ne citer qu’eux.
Cette année, le festival chapeauté par Yan Delgado et Gibaltar Productions propose le symbole «Khamsa» comme fil conducteur de l’événement, comme pour fédérer les âmes via la musique.

Retour aux sources…
Pour Yan Delgado, juif marocain né et ayant vécu jusqu’à 17 ans à Casablanca, le festival des Musiques du monde est comme un pansement sur une blessure, une thérapie lui ayant sauvé la vie. Après un divorce douloureux, un projet professionnel tombé à l’eau et un père malade, Yan Delgado se réfugie dans un projet: celui de monter un festival dans un rocher qui finira par le guérir. «C’est parti d’une grande douleur. Au lieu d’aller en dépression, je me suis dirigé vers une thérapie», explique le producteur du festival, qui retrouve goût à la vie grâce à la musique, où il devient un instrument qui se laisse guider par des notes. Quatre ans plus tard, il revient à ses origines et souhaite que son pays aille de l'avant. «L’idée était de trouver un symbole qui représente le Maghreb et le Maroc en particulier. Pas totalement religieux, nous avons choisi la main de Fatima, le symbole de la protection. Elle est «rentrée dans Gibraltar», chez des artistes locaux qui se sont approprié le symbole, l’ont dessiné», continue celui qui a trouvé en Fatosh Samourai un roc, une épouse et une partenaire de travail. «Le grand déclic dans cette histoire était nos origines. Ma femme est chypriote turque, dont le père est kurde musulman et la mère chrétienne orthodoxe. Je suis un juif marocain très francisé et j’ai un grand-père marin des îles du Cap-Vert, qui s’est marié à Larache avec une juive marocaine parlant espagnol», confie le directeur du festival. Avec du recul, son arrivée à Gibraltar n’est pas une coïncidence. «Je me sens en prison, dans un rocher «enfermé», pas très grand. Mais au même moment, l'on voyage à travers le monde, dans nos têtes et dans nos cœurs, mille fois plus. Gibraltar est un mot fascinant: c’est Jabel Tarik, c’est le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest»

Le «vivre ensemble»
Plus qu’un festival, il s’agit d’un événement musical qui prouve que la musique panse les blessures. Il réussit là où beaucoup de manifestations échouent: à réunir et créer de vrais moments de partage. C’est ce qu’essaie de faire Françoise Atlan, chanteuse et directrice artistique du festival. «Les Andalousies Atlantiques d’Essaouira sont le modèle, et Yan Delagado avait entendu parler de cette clôture. Il a souhaité donner à ce festival cette dimension-là. Après concertation avec André Azoulay, on a essayé de décliner ce concept de convivencia, mais autrement. L’histoire de cette enclave britannique en Andalousie est intéressante, il s’y est passé beaucoup de choses.

C’est l’esprit d’Essaouira», confie la soprano, qui rassemble un groupe de jeunes musiciens tunisiens autour du flamenco local de Gibraltar avec David Morales, mais également une chanteuse marocaine musulmane, Abir Al Abed, au talent prometteur et à la voix exceptionnelle, et la sublime Neta El Kayam et son groupe, venus d’Israël chanter les classiques populaires de nos ancêtres communs. Un riche mélange qui pourrait constituer une leçon d’histoire. «Ce qui m’intéresse, c’est la fusion intelligente», explique la directrice artistique. «Les Israéliens se sont mêlés à la musique de Jazz Oil. Ils ont d'abord écouté l’Autre. Comment comprendre l’autre et se mélanger si on n’assume pas totalement ce que l’on est? Une identité non assumée ne peut pas aller vers l’autre».

L’héritage en partage
Khamsa est une question de retour aux sources, de convivencia mais surtout de transmission d’un héritage qu’on ne doit pas oublier. Le film de Kamal Hachkar, «Tinghir-Jérusalem, les échos du Mellah» était là pour en témoigner, en opening du festival. Il a rappelé à tous les spectateurs présents dans la salle le vécu de ce peuple de juifs berbères de Tinghir, la douleur de l’exil et du départ vers un pays inconnu, même s’il s’agit de la Terre promise. Une épopée émouvante qui a permis à un autre musicien et réalisateur, Amit Hai Cohen, de présenter un court métrage de toute beauté, opérant un parallèle entre Essaouira et Jérusalem en musique, grâce à une musique arabo-judéo-musulmane où Israliens, Palestiniens et Marocains chantent ensemble. Un film qui a pris tout son sens à Gibraltar. Le réalisateur Kamal Hachkar a également profité de son séjour pour tourner son deuxième documentaire. Celui-ci traite de la volonté de cette troisième génération à continuer à s'inscrire dans la tradition musicale des ancêtres…  

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