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Les Cahiers des ÉCO / Weekend
Fathia El Aouni, responsable antenne et rédactrice en chef de Radio 2M

Fathia El Aouni,  initiatrice des Panafricaines, s’est toujours sentie à l’aise dans son métier qu’elle exerce sans complexes. Témoignage d’une journaliste engagée. 

Les Inspirations ÉCO : Quel bilan faites-vous de cette première incitative des Panafricaines ?
Fathia El Aouni  : Ça a totalement dépassé mes espérances ! C’est parti d’une idée qu’un groupe a soutenue ! Mes patrons ont relevé le challenge et aujourd’hui on peut dire : «On l’a fait !». Salim Cheikh et Samira Sitail ont tout de suite accepté et m'ont tout de suite soutenue. Et main dans la main avec Khadija Boujanoui, présidente du Comité parité et diversité de 2M, on a commencé. Ça paraissait irréalisable il y a encore 2 mois. Difficile d’imaginer de faire venir 22 pays du continent ! On a eu des aides de partout, comme une chaîne de solidarité qui s’est créée. Les partenaires ont suivi, la RAM a mis à notre disposition des billets d'avion, l'hôtel Mansour Dahbi de Marrakech a accepté d'accueillir tout le monde, les journalistes du continent ont répondu présentes tout de suite. Des équipes motivées et efficaces se sont créées et ont veillé à ce que le travail soit bien fait. Il y a eu une belle énergie tout
de suite. Tout le monde a joué le jeu !

À quel point un événement tel que celui-ci est important ?
C’est important parce qu’on ne se connaît pas ! Nous sommes journalistes, nous couvrons toutes des évènements mais nous passons notre temps à nous croiser ! Je viens de faire connaissance avec des journalistes marocaines que je n’ai jamais pris le temps de connaître. On se connaît par nom mais à quel moment on se pose, on se retrouve pour parler de nos métiers respectifs ? C’est comme s’il y avait une attente latente, une demande assoiffée presque cachée. C’est pour cela que ça a pris tout de suite.

Comment voyez-vous évoluer les Panafricaines ? Est-ce une action ponctuelle? Un rendez-vous annuel ?
Quand on a pris la décision d’organiser les Panafricaines, cela ne pouvait pas être juste ponctuel. Les Panafricaines s’organiseront tous les ans, le 8 mars ! Parce que le temps nous était compté, on a fait appel aux pays francophones. L’année prochaine, nos homologues anglophones seront aussi parmi nous. Et nous allons aussi pérenniser notre charte toute l’année car plein de recommandations ont été faites. Une des recommandations majeures : libre circulation des journalistes sur le continent africain afin de juste travailler. Le Maroc l’a fait dans le cadre de coopérations avec certains pays, à travers des passeports de service afin de circuler librement d’un pays à un autre. Beaucoup de consoeurs du continent ne peuvent pas bouger de leurs pays à cause de soucis de visas, même pour couvrir des évènements. Des fois, les demandes de visas sont tellement longues que l’événement a le temps de finir. Entre ce 8 mars 2017 et le 8 mars 2018, nous avons du pain sur la planche ! Les recommandations, on va essayer de les tenir. Il y a encore quelque chose qui revient, c’est ce besoin de formation et de partager, elles veulent venir chez nous, elles veulent nous voir chez elles. Elles sont prêtes à mobiliser leurs rédactions, leurs directions pour qu’on aille les voir.

Était-ce important de le faire un 8 mars ?
Ce 8 mars a été choisi par symbolisme mais il n’y a pas eu de féminisme ! On a parlé de journalisme point final ! Elles parlent de leur métier, il n’y a pas de revendications féministes, militantes. Elles travaillent déjà. Oui, elles demandent de meilleures conditions mais elles bossent et veulent créer des liens. Elles ont un contact humain incroyable. Il n’y en a pas une seule qui ne m’a pas prise dans les bras. On a une belle solidarité…c’est une force !

Vous êtes-vous déjà sentie réduite à votre statut de femme au lieu d’être respectée en tant que journaliste ?
Franchement ? Jamais ! Dans mon métier, cela ne m’est jamais arrivé dans l’exercice de mes fonctions. On ne m’a jamais fait de réflexions parce que je suis une femme. Cela peut choquer beaucoup de gens parce que la parité n’est pas respectée dans beaucoup de métiers mais dans tout mon parcours je n’ai jamais ressenti le fait que je sois une femme. C’est juste une passion dans laquelle je me donne corps et âme. Un homme, à ma place, ça aurait été pareil ! Je ne suis pas une féministe dans l’âme mais je le deviens quand je vois ces femmes, j’ai envie de me battre pour elles ! On a mis les fondations, maintenant il faut mettre les pierres, cimenter les murs et on va la construire notre maison. Cela va mettre du temps, mais ça va être solide ! J’adore les défis parce que c’est ce qui nous porte tous !  

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