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Fouzia Naciri : Styliste

Elle vient d'illuminer le podium de la dernière édition de Caftan 2016 avec ses tenues féeriques, sa finesse et sa précision dans le geste. Elle s’appelle Fouzia Naciri et ses caftans ont du style, une touche personnelle à mi-chemin entre l’Orient et l’Occident. Histoire d’une fée de la haute couture marocaine.

Ses caftans sont de véritables œuvres d’art qui font le bonheur des podiums du Maroc et du monde. Précision, raffinement... il est presque difficile à croire que Fouzia Naciri n’a commencé sa carrière que depuis 4 ans. La jeune artiste était dans la finance avant d’être rattrapée par sa passion. «C’est ma mère qui m’a transmis le virus de la couture. Elle était couturière traditionnelle et j’ai grandi dans l’atelier, au milieu des chiffons, des paillettes et des pierres. Je suis ensuite partie préparer un master en finance.

Il y a seulement 4 ans que je me suis reconvertie au stylisme, après m’être formée à Paris en matière de broderie de Rochefort, de broderie indienne pour perfectionner ma technique et être à la hauteur», confie Fouzia Naciri qui a vécu à l’étranger pendant longtemps et qui s’est inspirée des tendances occidentales qu’elle considère comme très riches, tout comme l’artisanat marocain. «C’est le métissage des deux qui donne quelque chose de très beau. C’est mon vécu qui fait que les deux touches ne font finalement plus qu’une. Je ne renie pas l’apport important de la haute couture française, qui a certainement une incidence sur le caftan, sur mes caftans. Cette évolution est aussi due à l’ouverture des artisans marocains sur le monde.

Et l’inverse est aussi valable. Les robes dites occidentales sont aujourd’hui plus chargées, plus perlées. On peut par exemple observer du perlage et des touches orientales sur les robes d’Elie Saab ou de Chanel», continue la couturière. «Le caftan est un vêtement très élégant, il peut être porté par toutes les femmes. Aussi, il a été «occidentalisé» : il est en quelque sorte devenu une longue robe que les femmes s’approprient, parfois en éliminant la ceinture, en le cintrant davantage ou en revoyant sa longueur. C’est un vêtement qui est très confortable et qui s’adapte à tous les corps.

Pas étonnant qu’il ait autant de succès de par le monde !». Un succès qu’elle aide à développer avec sa touche personnelle et sa volonté de former une main-d’œuvre puisque tout est fait main, jusqu’aux finitions les plus précises. Chacun de ses caftans nécessite entre 3 et 4 mois de travail en atelier. En effet, sa touche personnelle intervient à tous les niveaux: de l’idée qui germe au perlage, en passant par la coupe ou encore la broderie. «Il est très important pour moi de ne jamais trop charger mes créations, de respecter un certain équilibre. Après, tout dépend du moment, des tendances. Un nouveau modèle est forcément mieux que le précédent, et c’est comme cela que l’on progresse.

Dans tous les cas, je préfère qu’on dise que mon caftan a du style, plutôt qu’on me dise que c’est le style de Fouzia Naciri». Celle qui a habillé beaucoup de belles femmes et de stars aimerait bien habiller Beyoncé, Jennifer Lopez ou une star du monde arabe. Une consécration suite à un travail de longue haleine. «Finaliser un caftan de qualité, qui respecte les normes de la haute couture, nécessite énormément de travail. C’est difficile parce que la main-d’œuvre, les «petites mains» que l’on trouve sur le marché, ne sont pas entièrement qualifiées. Leur formation prend du temps. De plus, aujourd’hui, on vit dans un monde où la concurrence est rude».

En effet, selon Fouzia Naciri, l’important est de se renouveler tout en restant dans la qualité; il faut avoir une créativité développée. «Il existe de très bons créateurs au Maroc, constituant l’élite des stylistes. Cela crée une émulation, même si chacun reste dans son style. Pour ma part, je suis fidèle au beau classique, pas futuriste mais avec une touche de modernité pour rafraîchir le patrimoine culturel que nous ont laissé nos aïeules». En attendant, la styliste se concentre sur l’avenir et sur ses nombreux projets en lien avec le caftan mais avec une ligne à part, plus moderne, plus allégée, plus accessible aussi. Fouzia Naciri souhaite également se tourner un peu plus vers l’étranger, notamment pour répondre à la demande émanant du Moyen-Orient, à laquelle elle n’a pu répondre jusqu’à présent. 

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