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Le groupe tourne la page de deux années de repli. Les résultats du groupe ressortent en nette progression portés en grande partie par l’export. Détails.

Nexans a réussi à tourner la page de deux années d’atrophie. «2018 a été une bonne année malgré une conjoncture difficile…l’exercice a fait suite à deux années de transformation», déclare d’emblée Karim Bennis, administrateur directeur général de Nexans Maroc. Le chiffre d’affaires consolidé du spécialiste du câblage, à prix de métal constant, s’est élevé à 1,79 MMDH, en hausse de 9%. Les revenus du groupe ont été essentiellement portés par une forte croissance à l’export (+60%), contrairement aux ventes sur le marché marocain qui sont ressorties en retrait de 10% à fin 2018. L’on retrouve le même scénario au niveau des segments ayant contribué à l’évolution des résultats du groupe. Ainsi, l’infrastructure a connu une décroissance sur le marché marocain (- 5%) contre une forte croissance (+15%) à l’export. La distribution, autre levier de croissance du groupe, a connu un fort développement grâce à ses unités présentes au Maroc et au Sénégal. Le segment a progressé de 23% sur le marché local et de 53% à l’export. Il faut dire que le groupe mise sur le Maroc pour devenir une base régionale de référence et ainsi compenser la pression sur les marges du marché local. Rebaptisé Nexans NWA (North West Africa), le groupe mise actuellement sur la zone UEMOA où l’environnement économique est plus propice à ce type de développement. Hormis l’impact des cours des matières premières, la zone CEMAC est également prometteuse. «Pour l’heure, nos installations au Sénégal et en Côte d’Ivoire nous suffisent mais nous restons ouverts à toute opportunité qui se présente», nous confie Karim Bennis. Le groupe compte particulièrement sur sa nouvelle implantation en Côte d’Ivoire pour propulser son activité. Elle est, en effet, la première usine de la région à produire des transformateurs et des postes électriques préfabriqués. Celle-ci a mobilisé un investissement de 10 millions d’euros. La filiale ivoirienne, qui a démarré en mai 2018, a déjà généré un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros au terme de l’exercice. Autre signe de performance, le résultat d’exploitation qui a bondi de 71% pour s’établir à 82 MDH à fin 2018. «La croissance s’est faite sans détérioration des marges», souligne Julien Catel, directeur administratif et financier du groupe. Le taux de marge sur coût variable est resté identique à celui de l’année précédente. «Depuis deux ans, nous avons engagé un certain nombre d’efforts pour contenir les coûts fixes», renchérit-il. Une performance opérationnelle a été ainsi portée par les efforts du groupe à contenir les charges liées à la perte de change, à la baisse du cours du cuivre ou encore aux délais de paiement. Concernant l’exercice 2019, «l’année sera toujours difficile sur le marché local», estime Karim Bennis. Pour lui, les principales causes restent la baisse de la consommation du ciment (elle passe de -0,5% en 2015 à -3,7% en 2018) ainsi que les difficultés de paiement qui persistent. Pour contrer ces désagréments, le top management du groupe compte maintenir ses positions sur ses marchés traditionnels, défendre ses parts de marché actuelles (BTP de 33%, infrastructure 26%..), renforcer son activité en Côte d’Ivoire tout en renforçant ses investissements en infrastructures. À savoir qu’en 2018, le groupe a consacré 20 MDH d’investissements pour le marché local (Casa et Mohammédia), dont le tiers dédié à l’augmentation de capacité. Concernant la rétribution des actionnaires, le management assure maintenir la distribution des dividendes qui sera soumise à l’approbation lors de l’Assemblée générale prévue en juin 2019. «Historiquement, nous avons distribué entre 70% et 80% de notre résultat», souligne Bennis. Le dividende devrait ressortir au même niveau que celui de l’année dernière, soit à 3 DH par action.