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Les Cahiers des ÉCO / Épargne & Invest

«La situation actuelle du marché ne donne pas envie d’y investir», c’est ce qu’avoue un analyste dépité par la morosité de la place. Si les performances du Masi sont en chute libre, le niveau des volumes n’est guère rassurant. Le volume des échanges se limiterait ces dernières semaines à 50 MDH en moyenne. La situation risque de perdurer à moins que les résultats semestriels n’arrivent à redresser la barre...Les analystes restent sceptiques.

Les investisseurs dépriment. C’est en effet la réalité actuelle du marché. «Suivant les évènements qui s’enchaînent, rien ne pousse les investisseurs à se positionner sur la place», remarque ce professionnel du marché. En quelques mois, le Masi a réussi à perdre les gains de l’exercice précédent. L’indice phare de la place affiche aujourd’hui une contre performance de plus de 8% alors qu’il démarrait l’année avec une performance de 7%. «Le marché souffre d’un manque de liquidité flagrant», souligne un analyste. Le Masi était certes dynamique mais les volumes ne suivent pas. Ces dernières semaines, le volume transactionnel moyen ne dépasse pas les 50 MDH. Une tendance qui confirme le manque d’engouement des investisseurs qui s’annonçait déjà au cours du premier trimestre. Les «récentes» statistiques de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) dévoilent un volume de 11,54 MMDH au cours des trois premiers mois de l’année (contre 13,86 MMDH réalisés sur la même période de l’année précédente), soit une perte de 2,32 MMDH en glissement annuel. En détail, l’analyse de l’AMMC révèle que 79% du volume global a été réalisé au niveau du compartiment central (9,15 MMDH). Les transactions de gré à gré constituent, quant à elles, 21% du volume, soit 2,397 MMDH. Au terme du premier trimestre 2018, le volume global des échanges sur les deux marchés, central et de blocs, a atteint 11,5 MMDH. Les transactions sur le compartiment central ont totalisé 9,15 MMDH, soit 79% du volume global, affichant ainsi un repli de 27% par rapport à la même période de l’année précédente.

Les investisseurs étrangers en position vendeuse
Comme d’habitude, ce sont les Organismes de placements collectifs en valeurs mobilières (OPCVM) qui s'accaparent la plus grande partie des transactions sur ce volet. Ils sont à 39%, suivis des personnes morales marocaines (24%), des personnes physiques marocaines (18%) puis des personnes morales étrangères (13%). En termes de position nette, les OPCVM et les personnes morales et physiques marocaines ont une position nette acheteuse tandis que les autres catégories ont une position nette vendeuse, indique l'autorité. Dans les données publiées par l'autorité, un seul constat frappe l'œil : les investisseurs étrangers (personnes physiques et morales) se sont distingués par une position nette vendeuse contrairement à toutes les autres catégories d’investisseurs pendant ce premier trimestre et ceci dans un contexte où l’indice principal du marché casablancais a réalisé une performance de 5,4% à fin mars 2018. Du côté des personnes morales marocaines, celles-ci ont drainé un volume de 2,3 MMDH à l’achat et 2,1 MMDH à la vente. Notons que les deux volumes ont évolué à la baisse de 23,5% et 41% respectivement. Les personnes physiques marocaines ont, quant à elles, drainé un volume de 1,6 MMDH que ce soit à l’achat ou à la vente, sauf que l’évolution de ce volume est beaucoup plus importante à l’achat (- 46,5%) qu’à la vente (- 4,2%) par rapport à la même période un an plus tôt. Par contre, le volume des actions cédées par les personnes morales étrangères sur le marché central s’élève à près de 1,4 MMDH, en hausse de 24,8% par rapport à la même période un an auparavant alors que le volume d’achat ressort à 961 MDH, en retrait de 10,3%. Soit une position nette vendeuse de 425 MDH. Pour leur part, les personnes physiques étrangères se sont également positionnées en net vendeurs de 7,85 MDH. Le volume de titres vendus était de l’ordre de 71 MDH, en hausse de 4,2% contre 64 MDH à l’achat, en baisse de 23% par rapport au premier trimestre 2017. Pour les analystes, les investisseurs étrangers sont en train d’effectuer des arbitrages en défaveur du marché marocain. En d’autres termes, ils cèdent de plus en plus leurs positions sur la place marocaine. «On ne peut pas les blâmer...Le marché marocain est cher pour ce qu’il propose :…Peu de papiers en circulation, pas d’alternative de placement, avec des besoins de placement de cash importants», avoue amèrement cet analyste. Le marché affiche un des PER (Price Earning Ratio) les plus élevés de la région, flirtant avec le seuil des 21%. À titre indicateur, la Tunisie dispose d’un PER de 20%, l’Égypte est à 15% contre 13% pour le Qatar.

Le manque d’informations persiste
Hormis la cherté de la place, le manque de liquidité continue de jouer des tours au marché. D’ailleurs, le Maroc fait actuellement partie de l’indice MSCI Frontier Market après avoir quitté le MSCI Emergent Market par manque de liquidité. L’indice Maroc a aussi connu une reconfiguration au mois de mai. Addoha a été retirée du MSCI pour être remplacée par Total Maroc. L’immobilière a ainsi intégré l’indice du MSCI Markets Small Cap. Parallèlement, Alliances ne devrait plus faire partie de l’indice du MSCI Markets Small Cap. Il est à noter que ces indices MSCI permettent aux investisseurs étrangers de faire de la gestion indicielle en leur offrant un Benchmark international. Les analystes restent sceptiques sur l’évolution du marché. «Nous sommes rattrapés par les effets inflationnistes du marché en 2016», remarque un professionnel du marché. Avant de reprendre, «ce marasme pourrait se poursuivre jusqu’au quatrième trimestre…à moins que les résultats semestriels ne créent la surprise». En effet, la publication des résultats semestriels par les entreprises cotées est très attendue par le marché. D’ailleurs, le marché déplore ce manque d’informations qui persiste malgré les nombreuses injonctions de l’AMMC pour se conformer aux standards internationaux en termes de transparence. À ce jour, seuls quelques banques et opérateurs de la place se tiennent à une publication trimestrielle. Les autres se limitent à une publication semestrielle qui pour certains semble s’apparenter à une corvée. En effet, leur publication comporte très peu d’informations, ce qui laisse un grand nombre d’investisseurs sur leur faim. L’AMMC avait, dans ce sens, émis ses instructions pour des publications «de qualité». C’est ainsi que l’autorité appelle à ce que les états financiers des émetteurs soient publiés dans des journaux d’annonces légales en dehors des week-end et jours fériés. Les entreprises doivent veiller à la clarté et à la lisibilité de leur contenu. L’AMMC leur impose de préciser également les coordonnées du responsable de la communication financière. Aussi, elle exige aux entreprises d’accompagner leurs publications financières d’une note décrivant leur activité. Cette note devrait par ailleurs retracer les principaux événements ayant marqué la période. De même, les commentaires détaillés sur les résultats réalisés devraient être publiés tout en respectant un certain nombre de règles. Il est question en premier lieu d’expliquer les variations importantes des principaux postes. Il faut également observer une régularité dans le choix des indicateurs commentés habituellement et respecter les unités d’échelles au niveau des représentations graphiques illustrant les évolutions positives ou négatives des indicateurs. Pour l’heure, l’attente reste de mise…  

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