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Notre partenaire Flm a choisi de demander à ses internautes leurs impressions sur la marge que dégagent les opérateurs télécoms. 89% des sondés estiment que celle-ci est trop élevée.

89% des 671 internautes qui ont répondu à la question de Flm, ont jugé que la marge des opérateurs télécoms, est trop élevée. A contrario, 11% ont estimé que cette marge est normale. En effet, les opérateurs télécoms, sont sous la loupe car il s’agit d’un secteur organisé en oligopole légal. En particulier, au niveau économique, on évoque l’oligopole quand un nombre faible d'offreurs sont amenés à satisfaire un nombre important de demandeurs. D’ailleurs, pour exercer dans un segment des télécoms, l’opérateur doit disposer d’une licence. Ainsi, au Maroc, le blocage de la VoIP qui vient d’être levé avait été initié sur une base juridique, illustrant parfaitement cet oligopole. C’est ainsi qu’il est légitime de se poser cette question pour un secteur organisé en oligopole.

Au niveau des chiffres disponibles et publics, Méditel affiche au premier semestre de 2016 une marge d’EBITDA de 35,9% contre 48,5% pour Maroc Telecom. À l’international, Orange affiche à titre d’exemple une marge sur EBITDA de 28,9%. Pour la marge d’exploitation qui tient compte de l’effort d’investissement via les dotations aux amortissements, Méditel affiche une marge opérationnelle de 14,6% quand Maroc Telecom expose un niveau de 31,9%. Au niveau des sociétés cotées, la moyenne est de 23,2%. Ce niveau monte à 50% pour CMT ou 43,6% pour LafargeHolcim voire à 32,6% pour Cimar. Le niveau le plus faible est de 3,2% pour Nexans Maroc ou 2,7% pour Timar.

Ainsi, les chiffres placent globalement les opérateurs télécoms dans une fourchette moyenne-haute par rapport aux différents secteurs. Aussi, certaines pratiques de facturation peuvent poser question autant au Maroc que dans le monde entier. En effet, dans le prépayé, souvent quand vous achetez 20 DH ou 5 € de communications téléphoniques, vous avez un délai pour les consommer. Au-delà de ce délai qui dépasse rarement le mois, votre crédit est perdu, l’opérateur gagnant un CA sans coût variable ni frais d’interconnexion. Il en est de même pour la désactivation du numéro prépayé, en absence de recharge durant une certaine période. Toutefois, à la défense des opérateurs télécoms, il faut rappeler que ces derniers doivent investir en continu entre 10% et 20% de leurs revenus en immobilisations. Ainsi, l’EBITDA est souvent gonflé car il doit être en continu assez robuste pour autofinancer les investissements ou au moins supporter les charges financières en cas de recours à la dette.

De même, dans le mobile, la concurrence semble effective au niveau des prix car le revenu moyen d’une minute de communication (ARPM) mobile (en DHHT/minute), au troisième trimestre a été de 0,23 DH, en baisse de 18% sur un an et de 60% sur 4 ans. Par ailleurs, le secteur est sous une supervision active de l’ANRT comme le montre l’insistance sur le dégroupage même si l’agence tient en parallèle à préserver la rentabilité des opérateurs quand il a insisté pour revoir l’illimité ou quand il a interdit la VoIP.


Farid Mezouar
DG de FL Market

Les Inspirations ÉCO :  Comment expliquer la structure des marges dans les télécoms ?
Farid Mezouar : Depuis que les opérateurs ne subventionnent plus massivement les terminaux, ils ont une structure de coûts avantageuse avec des charges de personnel qui représentent entre 9,4% et 9,6% du chiffre d’affaires. Aussi, les achats consommés représentent entre 17,3% et 31,4%, en fonction de l’étendue du réseau qui fixe le niveau des charges d’interconnexions. En résumé, une fois l’équilibre opérationnel atteint, les revenus augmentent plus rapidement que les charges variables, ce qui dope les marges.

S’agit-il d’une donne figée ?
Je pense que non car les opérateurs auront à roder leur modèle dans la Data, notamment en investissant dans le contenu en parallèle à l’extension des «tuyaux». Aussi, les services financiers comme le transfert d’argent voire la banque en ligne, sont de nouveaux axes d’investissement et de mutation du modèle économique. Ainsi, les opérateurs devront baser leur rentabilité future davantage sur les services que sur la voix ou la Data brute.

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