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Les Cahiers des ÉCO / Épargne & Invest

Deux tiers des 474 internautes ayant répondu à la question de Flm sont favorables au plafonnement des salaires des dirigeants des sociétés. Seulement 33% sont opposés à une telle mesure.

C’est un débat qui agite la France actuellement et qui pourrait s’inviter dans l’actualité marocaine, du moins au niveau des filiales cotées des multinationales françaises. Faut-il plafonner les salaires des patrons? En effet, cette question est revenue dans l’actualité après le refus, par l’Assemblée générale de Renault, de la rémunération de Carlos Ghosn, dans un vote consultatif. Ce refus n’a pas empêché le Conseil d’administration de valider une rémunération annuelle de 7,2 millions d’euros par an pour le PDG de Renault.

Ces faits ont amené l’Association française des entreprises privées et le Mouvement des entreprises de France à travailler à revoir leur code de bonne conduite. Les deux organisations ont ainsi affirmé rechercher plus de transparence et d’exigence avec cette version modifiée qui stipulera qu’en cas de vote négatif de l’AG sur le salaire annuel du dirigeant, le Conseil d’administration devra proposer, dans un délai raisonnable, des mesures pour éviter un divorce entre les deux entités.

Aussi, la rémunération variable devra être calculée sur des critères clairs, transparents et vérifiables. Par ailleurs, en cas d’échec de l’entreprise, aucune indemnité de départ ne sera perçue. Aussi, les deux organisations ont écrit à Carlos Ghosn pour l’inciter à la mesure, lui rappelant qu’il touche aussi un salaire en tant que PDG de Nissan. Pour sa part, le gouvernement français a menacé de légiférer les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises privées. Aussi, la députée Karine Berger (PS) a déposé un amendement dans le cadre de la loi Sapin 2 pour limiter les salaires des patrons à 100 fois le SMIC avec un variable ne pouvant dépasser le fixe.

Au Maroc, le débat ne semble pas encore exister, surtout que les documents officiels exigés des sociétés cotées ou même des sociétés publiques ne s’attardent pas sur la rémunération des dirigeants. Ainsi, seul Maroc Telecom, coté aussi à Paris, communique la rémunération globale perçue par les membres du directoire ainsi que les indemnités potentielles en cas de licenciement. Par ailleurs, si les sociétés structurées ont souvent un comité de rémunération issu du Conseil d’administration, ses décisions ne sont pas publiques et ne sont pas mentionnées dans les différents rapports. Toutefois, comme indiqué dans l’introduction, une évolution des choses en France pourrait toucher indirectement le Maroc via les filiales, dont celles qui sont cotées (ex : BMCI, CDM, Centrale, LafargeHolcim…). Aussi, les sociétés doublement cotées à Paris pourraient avoir à suivre les règles de l’AMF.

Le plafonnement, difficile à contrôler !
Cependant, un sondage online réalisé par Flm pour le compte des Inspirations Éco révèle qu’une grande partie des internautes est pour un plafonnement des salaires des dirigeants des sociétés. En effet, 67% des 474 répondants, soit deux tiers, étaient favorables à ce plafonnement, alors que seulement 33% sont opposés à une telle mesure. Dans l’absolu, ceux qui s’opposent au plafonnement le font selon le principe du libéralisme. Ainsi, personne aux États-Unis n’est choqué par le fait que Dara Khosrowshahi, le PDG d’Expedia ait vu sa rémunération globale atteindre 84,6 millions d'euros.

De même, si l’AG est souveraine, elle ne peut s’immiscer dans les décisions du Conseil d’administration. En particulier, si demain l’AG ou même la loi devait déterminer la rémunération des dirigeants, rien n’interdirait de statuer après-demain sur le niveau des investissements ou sur la masse salariale globale. Enfin, un tel plafonnement serait difficile à contrôler pour les sociétés non cotées, ce qui donnerait une prime à la non-transparence. Pour les supporters du plafonnement des salaires des dirigeants, ceux-ci considèrent les grandes entreprises comme un bien public. En effet, si les capitaux sont privés, l’entreprise bénéficie bien de l’infrastructure du pays et de sa R&D ainsi que de son marché domestique. Ainsi, on ne peut se faire applaudir en Bourse avec un cost cutting continu tout en augmentant régulièrement son propre salaire.  


 

Farid Mezouar
Directeur général de FL Markets

Les Inspirations ÉCO : De quoi est constituée la rémunération des dirigeante ?
Farid Mezouar : Le salaire fixe du dirigeant d’une entreprise en réussite ne constitue souvent que près du tiers de sa rémunération globale. Le reste est constitué du bonus ou de la prime variable, souvent déterminée de manière plutôt discrétionnaire en fonction de l’évaluation du rendement. Aussi, la pratique internationale de l’attribution d’actions gratuites et de stocks options, s’étend de plus en plus au Maroc, notamment dans les banques, les sociétés informatiques et les filiales de multinationales. Toutefois, à ma connaissance, les nouvelles pratiques comme le super bonus de bienvenue ne sont pas encore pratiquées.

Quel est le risque de plafonnement des haut salaires ?
Le gros risque est la fuite des talents dans un monde globalisé où les bons profils iront dans les pays n’ayant pas de tabou avec l’argent quand elle provient d’une réussite. Aussi, en plafonnant quelques salaires, rien ne garantit le contrôle de la masse salariale globale, chose la plus importante pour un actionnaire. Néanmoins, une fixation transparente de la partie variable voire sa généralisation à tous les salariés en ferait un véritable outil de motivation. 

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