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La Russie vient d’annoncer la création de l’Analytical Credit Rating Agency (ACRA), la première agence de notation russe. L’ACRA se veut une réaction aux tensions géopolitiques entre les gouvernements américain et russe, tension dans laquelle les agences de notation jouent un rôle crucial.

La Russie lance sa propre agence de notation. Cette agence a été baptisée Analytical Credit Rating Agency (ACRA). Ayant obtenu sa licence entre le 21 et le 25 février par la Banque centrale de Russie, ce nouvel organisme sera calqué sur le modèle classique des agences de notation américaine, à savoir l’aspect privé de la compagnie. Ce nouvel organisme sera doté d’un capital avoisinant les 44 millions de dollars, qui sera entre autres fourni par de grandes sociétés russes, notamment des banques (Sberbank, Severstal, mais aussi Raiffeisenbank), liées à l’État ou non. Lors du premier Conseil d'administration, Karl Johansson a été élu président du Conseil d'administration de l’ACRA. Cet Américain travaillait depuis vingt ans au sein du cabinet d'audit EY (Ernst & Young). Pour sa part, l’ancien numéro deux de la banque publique Gazprombank, Ekatérina Trofimova, bien connu dans le monde de l’audit, a pris ses fonctions de directrice générale. Cette agence, qui a d'ores et déjà recruté 23 auditeurs et analystes (qui travaillaient auparavant pour des agences américaines), pourra compter sur une base étendue d'expertise dans les grandes sociétés russes. Elle devrait être opérationnelle dès la fin du mois de mars, et publier ses premières «notations» vers la fin du 2e trimestre 2016.

Enjeux de la création de l’ACRA
Le rôle des agences de notation est crucial pour le développement d’un marché mondial des dettes, en particulier des dettes privées dans les marchés financiers. Les différents investisseurs n’ont pas, à eux seuls, la capacité de déterminer la solvabilité des compagnies très diverses tant dans leurs origines que dans leurs branches d’activité. Il est donc logique qu’ils puissent se baser sur les analyses effectuées par les agences de notation indépendantes.

De fait, le développement des agences de notation et solvabilité, essentiellement américaines, comme Moody’s, Fitch et Standards & Poor’s, a permis le développement d’un marché mondial des dettes. Dès lors, on pourrait croire que l’émergence d’une agence russe -mais aussi d’une agence chinoise- correspond à ce que l’on appelle une «saine concurrence», et devrait continuer à stimuler le marché. On peut aussi considérer que le développement de cette agence correspond au contraire à une réaction aux tensions politiques que connaissent les différents gouvernements américain, européens... avec la Russie. «Ces tensions politiques, soulignons-le, ont affecté la notation de la dette souveraine de la Russie, mais aussi celle des grandes sociétés russes, qu’elles soient publiques ou privées. Or, la valeur de la notation détermine largement le taux d’intérêt auquel un État, ou une grande société, peut emprunter», a indiqué Jacques Sapir, économiste et directeur de recherche Centre d'études des modes d'industrialisation en France.

Notons dans ce sens qu'avec l'effondrement du rouble, il y a près d’une année, causé principalement par la chute des cours du pétrole ainsi que les sanctions occidentales suite à la crise ukrainienne, combiné à la chute des cours du pétrole, Standard & Poor’s et Moody’s avaient abaissé la note de la Russie à un niveau dit spéculatif. Moscou avait réagi avec colère et dénoncé des décisions politiques dictées par Washington, alors que les relations sont au plus bas depuis la Guerre froide entre les deux capitales.

Le début de la globalisation financière
Le gouvernement russe n'a pas apprécié sa dévaluation par deux des trois grandes agences de notation américaines, au cours de l'automne dernier. Véritables sésames pour accéder aux marchés de la dette, selon le journal français Les Échos, les notes des agences de notation sont actuellement surtout délivrées par les trois géants de la notation que sont Standard & Poor's, Fitch et Moody's, souvent accusés de mettre de l'huile sur le feu avec leurs abaissements et de prendre des décisions injustes. Malgré ces critiques virulentes, aucun concurrent sérieux ne s'est imposé sur les marchés ces dernières années. En effet, les agences de notation américaine jouissent d’une certaine crédibilité auprès des investisseurs qu’il sera difficile de concurrencer par les nouvelles agences de notation récemment créées. Notons tout de même que la divergence entre les agences de notation opérant déjà, notamment américaines avec Standard & Poor's, Fitch Ratings et Moody's, en termes d’analyse et de notation vis-à-vis des entreprises et des États.

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