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Les Cahiers des ÉCO / Afrique

La libéralisation du ciel africain est une bonne nouvelle pour les grandes compagnies africaines, à l’image de Royal Air Maroc. Toutefois, avant que celle-ci n’en profite, le royaume doit d’abord faire partie du marché unique du transport aérien africain (MUTAA). Explications.

C’est l’une des grandes décisions annoncées à l’occasion du 30e sommet de l’Union africaine qui vient de se clore à Addis-Abeba : le marché unique du transport aérien africain (MUTAA) est lancé. Cette décision libéralise le ciel africain et permet désormais aux compagnies aériennes du continent d’entrer dans l’ère de la 5e liberté. Elles peuvent desservir des destinations africaines à partir d’aéroports autres que leurs hubs. Pour l’heure, seuls 23 pays se sont engagés, à commencer par ceux qui comptent les plus grandes compagnies d’Afrique, comme l’Éthiopie, l’Afrique du Sud, l’Égypte ou encore le Kenya. Très logiquement, ils vont en être les principaux bénéficiaires, car la plupart des autres États ne disposent pas de flottes capables de concurrencer les leurs. En attendant l’adhésion du Maroc…Le royaume, qui vient de réintégrer sa famille africaine il y a tout juste un an, ne figure pas encore sur la liste des 23 pays concernés par l’open sky africain. Cependant, au vu des intérêts stratégiques en jeu, on est tenté de dire que l’adhésion du royaume au MUTAA ne saurait tarder. En effet, la compagnie nationale, Royal Air Maroc, fait partie du top 5 africain. Elle est d’ailleurs, avec Ethiopian Airlines, l’une des rares à réaliser des bénéfices dans un secteur extrêmement turbulent et concurrentiel. «La libéralisation du ciel africain est donc une excellente opportunité pour RAM. Elle lui permettra de développer ses dessertes intra-africaines», commente un fin connaisseur du secteur aérien. Il faut donc que le Maroc s’active pour faire partie de cet open sky africain, au risque de faire perdre du terrain à RAM face à ses concurrentes du continent. Cela d’autant plus que le marché africain compte pour le tiers des activités de la compagnie qui vient de célébrer ses 60 ans d’existence.

Quel plan de vol pour  RAM ?
Une fois l’adhésion du Maroc actée, RAM devrait déployer toute une stratégie pour jouer les devants dans cette nouvelle configuration. «Tout d’abord, profiter de cet open sky exige de RAM le développement d’un réseau intra-africain plus robuste, capable de se mesurer à ceux de ses concurrentes du continent», conseille notre expert aérien. À ce jour, les connexions africaines sont quasiment toutes effectuées à partir du hub de Casablanca. Pour s’aligner sur la nouvelle dynamique, la compagnie nationale devra alors renforcer ses flottes. À ce propos, la nouvelle vision de RAM en cours de finalisation prévoit, à termes de doubler la flotte, qui est actuellement constituée d’une cinquantaine d’avions. «L’autre choix consistera à nouer un partenariat avec une compagnie africaine comme la nouvelle Air Sénégal et de lui confier le segment intra-africain. Ainsi, RAM pourra gérer les connexions avec l’Europe et l’Amérique à partir de Casablanca». Cette probabilité reste toutefois faible, sachant que les négociations avec la compagnie sénégalaise naissante ne semblent pas vraiment annoncer une issue favorable.

Alliances avec les géants ?
Si cette piste ne marche pas, la possibilité de nouer une alliance solide avec les autres concurrents africains demeure sur la table. Le partenariat avec Kenya Airways, encore peu fécond, pourrait se révéler très fructueux avec l’open sky africain. Kenya Airways dispose d’une flotte en croissance. Pour RAM, c’est non seulement un partenaire qui assurera avec succès le maillage continental, mais qui jouera aussi un rôle majeur dans la connexion avec les pays asiatiques, même si chez RAM, l’Orient lointain n’est pas encore une priorité.


Vers la baisse des prix du billet d’avion en Afrique ?

Projet phare de l'Agenda 2063 de l’Union africaine (UA), le marché unique du transport aérien africain (MUTAA) est une initiative qui vise à créer un seul marché unifié du transport aérien en Afrique, à libéraliser l'aviation civile sur le continent et à y impulser l’intégration économique. Elle permettra, selon la Commission de l’UA, d’améliorer les niveaux du service aérien, de renforcer la concurrence entre les itinéraires afin de rendre les tarifs plus compétitifs. L’objectif est également de stimuler le volume des trafics supplémentaires, favoriser le commerce intra-africain et les investissements. Côté emploi, le MUTAA devrait permettre de créer 300.000 emplois directs et 2 millions indirects, selon la Commission de l'UA. À ce jour, le nombre d'États membres ayant adhéré à l'engagement solennel en faveur du Marché aérien unique a atteint vingt-trois : Bénin, Botswana, Burkina Faso, Cap Vert, Congo, Côte d'Ivoire, Égypte, Éthiopie, Gabon, Ghana, Guinée, Kenya, Liberia, Mali, Mozambique, Niger, Nigeria, Rwanda, Sierra Leone, Afrique du Sud, Swaziland, Togo et Zimbabwe. D’autres États devraient grossir la liste très prochainement.

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