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Les Cahiers des ÉCO / Afrique

Le Maroc est devenu une destination très prisée pour les étudiants sénégalais. Une tendance qui participe à la consolidation des relations d’affaires entre les deux pays.

Le Maroc a formé des milliers d’étudiants sénégalais ces dernières années. Certains sont devenus des cadres de haut niveau dans l’administration, d’autres des chefs d’entreprises. Le Sénégal a même eu un chef d’état-major général des armées formé au Maroc. «Nous sommes les exemples patents de l’excellence de la coopération entre le Sénégal et le Maroc en matière de formation», explique Aboubacry Thiam, président de l’Amicale des anciens étudiants et stagiaires sénégalais au Maroc (AMESMA). C’est à partir de la fin des années 1980 et le début des années 1990 que les étudiants sénégalais, qui traditionnellement vont en France, ont commencé à opter massivement pour le Maroc qui offre une formation «de même type», surtout dans le privé. Vu du Sénégal, le Maroc n’a presque rien à envier à l’Hexagone en matière de formation universitaire. Un constat valable pour les curricula, mais aussi pour le matériel didactique. «Beaucoup d’étudiants de notre génération ont touché pour la première fois un clavier d’ordinateur dans ce pays», se souvient Aboubacry Thiam, aujourd’hui chef d’entreprise.

450 boursiers
Dans un récent entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS), l’ambassadeur du Sénégal au Maroc, Amadou Sow, a révélé qu’il y a environ 450 étudiants sénégalais boursiers inscrits dans les différents établissements d’enseignement supérieur marocains. Ce décompte ne prend pas en compte ceux qui vont étudier les établissements privés. En vertu de l’accord d’échange d’étudiants signé entre les deux pays, le Sénégal envoie, chaque année, 100 étudiants bousiers au Maroc et le Maroc envoie le même nombre dans les facultés de médecine sénégalaises, notamment à Dakar. «Nous devons voir comment développer davantage cette coopération, surtout dans le domaine de la formation professionnelle, parce que c’est un levier qui contribue au développement économique et social et l’émergence de nos deux pays», explique Moulay Abdelhady Kacimi, adjoint de l’ambassadeur du Maroc au Sénégal.

Business
Selon Aboubacry Thiam, cette coopération en matière de formation a permis de favoriser les relations d’affaires entre les deux pays, grâce aux liens affectifs qui se créent. Le fait d’avoir vécu dans un pays ou d’en parler la langue facilite évidemment le business. C’est sans doute le pari que font les autorités. La perspective d’adhésion du Maroc dans la CEDEAO sera «très bénéfique» pour des importateurs de produits marocains comme Aboubacry Thiam. Mais, tempère-t-il, cette entrée du Maroc dans la communauté économique ouest-africaine n’augure «rien de bon pour nos entreprises, si elles ne travaillent pas pour avoir le niveau de qualité des entreprises marocaines».


Aboubacry Thiam
Président de l’Amicale des anciens étudiants et stagiaires Sénégalais au Maroc

Comment jugez-vous la coopération sénégalo-marocaine en matière de formation ?  
 Hormis les banques, dont l’arrivée est plutôt récente, la forme de coopération la plus visible entre les deux pays est sans doute la spiritualité et la formation. Le Maroc a toujours octroyé des bourses aux étudiants sénégalais par le biais de la Rabita des oulémas. Le Sénégal a énormément gagné dans cette coopération.

Est-ce que cela favorise les relations d’affaires ?
Le fait que beaucoup de cadres sénégalais – devenus des décideurs ou chefs d’entreprises – soient formés au Maroc favorise forcément les relations d’affaires entre les deux pays. Dans mon cas,  j’étais directeur général du pôle alimentaire du groupe CCBM, et grâce à mon penchant pour le Maroc, j’ai fait entrer beaucoup de produits marocains au Sénégal. En tant qu’importateur d’olives, je préfère aller au Maroc plutôt qu’en Malaisie, non seulement pour le gain de temps, mais aussi parce que j’ai un lien affectif avec ce pays.

Le diplôme français ou canadien garantit l’emploi aux étudiants sénégalais de retour au pays. Qu’en est-il du diplôme marocain ?
Au début c’était difficile. Il nous fallait aller à l’université chercher des équivalences. Aujourd’hui, avec l’installation d’entreprises marocaines au Sénégal, les postes de responsabilités des anciens et le lobbying de notre association, il y a une meilleure insertion pour les étudiants sénégalais qui reviennent du Maroc.


Formation diversifiée

Les étudiants sénégalais au Maroc sont recensés dans les filières d’engineering, dans les facultés des sciences, de management, tourisme, journalisme, agriculture et vétérinaire. Ils sont presque dans toutes les branches. En ce qui concerne la répartition géographique, toutes les villes marocaines reçoivent un nombre important d’étudiants sénégalais, de Casablanca à Oujda et de Tanger à Agadir, en passant par Fès ou Meknès, indique le président de l’AMESMA. Il relève la bonne qualité de la formation marocaine et la diversité de l’offre. Autant de facteurs qui faisaient cruellement défaut au Sénégal, même si la situation a considérablement changé ces dernières années, avec le boom des business school à Dakar à partir des années 2000 et qui font « à peu près ce que font les écoles marocaines ». Les ressources humaines formées au Maroc constituent aussi un vivier de recrutement pour les entreprises marocaines qui s’installent.

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