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23-05-2019 11:41

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Les Cahiers des ÉCO / Afrique

Après une nette décélération en 2016 avec un taux de croissance qui a chuté de 6 à 3%, l’activité économique du Mozambique devrait croître en 2017 avec un PIB en hausse de 5%.

Au Mozambique, l’activité industrielle, en particulier la production de charbon est caractérisée par un ralentissement prononcé. L’exploitation de la ligne de transport de charbon Sena-Beira est suspendue depuis l’été 2016 suite à des attaques par la faction armée du principal parti d’opposition, mais l’industrie extractive pourrait bénéficier de la nouvelle ligne ferroviaire reliant les mines du centre du pays au port de Nacala, mise en service mi-2015. Les flux d’investissements directs et financiers devraient être fortement pénalisés par la révélation, en avril 2016, d’un important montant de dette (1,4 milliards de dollars, soit environ 10,7% du PIB), dissimulé par le gouvernement aux institutions financières multilatérales. En octobre 2016, le FMI a déclaré être prêt à aider le gouvernement à renégocier sa dette auprès de ses créanciers. Ceci laisse présager d’une reprise des échanges avec les bailleurs de fonds.

Matières premières
La baisse attendue des dépenses d’investissement public devrait en outre peser sur le secteur de la construction, traditionnellement porteur pour l’économie mozambicaine. La faiblesse de la demande extérieure et le niveau encore bas des cours des principales matières premières exportées par le pays (aluminium et charbon) devraient également limiter la contribution des exportations à la croissance. Enfin, la consommation privée pourrait être freinée par une inflation toujours élevée, alimentée par l’impact de la sécheresse sur les prix des biens alimentaires, la hausse de certains tarifs publics (en particulier électricité) et les effets de la dépréciation du metical.

Maîtrise des finances publiques
Depuis la forte détérioration du solde budgétaire en 2014, le gouvernement poursuit sa politique de consolidation budgétaire. Cette position fiscale pourrait être difficile à tenir en raison de la suspension actuelle de l’aide internationale. Même si le dialogue avec les bailleurs de fonds reprend, les garanties du gouvernement sur les prêts des entreprises publiques accroissent le risque de défaut souverain. La dégradation du solde budgétaire pourrait toutefois être atténuée par des mesures visant à élargir la base d’imposition et à améliorer le recouvrement des impôts ainsi que par des efforts sur les dépenses. En parallèle, l’endettement public (majoritairement externe) atteint un niveau record. La restructuration espérée de la dette, vraisemblablement conditionnée à la mise en œuvre de mesures plus poussées de consolidation budgétaire serait salutaire pour le pays.

Importations
Le déficit courant structurel élevé lié aux immenses besoins d’importations de biens et de services du pays pour développer ses infrastructures (gaz, transport) se résorberait un peu en 2017. Les exportations de produits miniers n’augmenteraient pas dans un contexte de faible progression de la demande extérieure et du niveau encore bas du prix des matières premières tandis que les importations s’inscriraient dans une tendance baissière. La dépréciation du metical s’est accélérée suite au scandale de la dette, induisant une forte inflation importée. 


Fiche pays
Mozambique

Taille
27,9 millions de consommateurs

Monnaie
Metical

PIB/Hbt
529 dollars

Croissance
3% (2016p.), 5% (2017p.)

Région économique
SADC

Note Coface
E

Doing business 2017
137e/189


Faiblesses en matière de gouvernance

Depuis les élections législatives d’octobre 2014, le Frelimo, parti au pouvoir depuis 1994, doit faire face à une opposition très vive du Renamo. Les tensions se sont exacerbées entre le parti au pouvoir et l’opposition jusqu’à prendre un tour violent. Le mécontentement de la société civile demeure une source d’instabilité politique, bien que le gouvernement soit prêt à prendre des dispositions en cas de soulèvement de la population. L’environnement des affaires reste difficile au Mozambique. Ses performances selon les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale sont globalement inférieures à celle de ses principaux voisins (à l’exception du Zimbabwe). Le pays recule dans le classement en particulier en ce qui concerne le respect des lois (168e rang sur 209 pays en 2015 contre 129e en 2010) la lutte contre la corruption et surtout la stabilité politique.

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