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Les Cahiers des ÉCO / Afrique

La croissance du PIB de l’Île Maurice devrait avoisiner 4% en 2016, dans un contexte de forte dépendance du secteur des services de la demande européenne.

L’économie mauricienne, organisée autour de quatre secteurs clés (tourisme, textile, sucre, finance) est dominée par les services (plus de 70% du PIB). L’activité de l’île est très dépendante de celle des pays européens, d’où sont originaires les deux tiers des touristes. La croissance modérée en Europe devrait continuer à soutenir modérément le secteur tertiaire, alors que les efforts de diversification destinés à attirer les voyageurs d’autres pays, en particulier d’Asie, tardent à produire leurs effets. Le secteur manufacturier devrait rester handicapé par les problèmes d'approvisionnement en énergie ainsi que par la hausse des salaires qui pèse sur la compétitivité de l’industrie locale.

Investissements
Cependant, la politique budgétaire relativement expansionniste devrait soutenir la demande des ménages. Les investissements, privés et publics, encouragés par des mesures gouvernementales, sont censés contribuer au dynamisme de la croissance. Le vaste projet de création de villes intelligentes (smart cities), visant à créer des zones urbaines qui soient à la fois lieu de travail, de logement et de loisirs, pourrait notamment attirer les investisseurs privés, locaux et étrangers. Le rythme de l’inflation pourrait accélérer légèrement en 2016 sous l’effet combiné d’une demande interne plus vive, d’une politique monétaire plus souple (baisse des taux en novembre 2015) et d’une légère augmentation des prix des biens alimentaires. Les mesures de contrôle des prix sur certains biens et la baisse des prix de l’essence décidée fin 2015 devraient néanmoins atténuer le rythme de la hausse des prix.

Déficit budgétaire
En 2016, le déficit budgétaire devrait s’aggraver en raison de l’augmentation des dépenses annoncée par le gouvernement. L’engagement relatif à la réduction des inégalités passera notamment par une augmentation des allocations sociales et l'introduction d'un salaire minimum. La hausse des dépenses d'éducation figure également parmi les priorités de la nouvelle équipe dirigeante, et les besoins en infrastructures restent importants. L’État encourage cependant le recours aux financements privés pour ces projets afin d’éviter une trop forte dégradation des finances publiques, compte tenu de son engagement de réduire la dette publique (56 % du PIB en 2015) à 50% à l’horizon 2018. L’objectif reste ambitieux, mais le profil de la dette, majoritairement concessionnelle, limite fortement le risque de surendettement.

Consommation
Le solde courant devrait également se dégrader en 2016. L’augmentation de la demande dans les pays destinataires des exportations mauriciennes (pour les 2/3 européens) devrait être modérée, de même que l’évolution des flux de touristes. Les prix des produits énergétiques et alimentaires, qui pèsent fortement dans les importations de l’île, ne devraient pas être orientés à la baisse. La demande des biens de consommation devrait être entretenue par la hausse de la consommation des ménages et la réalisation des projets d’infrastructure nécessitera l’importation de biens d’équipement. L’économie mauricienne devrait continuer à d’attirer d’importants flux d’IDE, provenant essentiellement des pays européens (France), mais aussi d’Afrique du Sud et de Chine. En outre, les efforts d’élimination de la double imposition et de la protection des investisseurs continueront d’attirer les dépôts des non-résidents dans les centres d’affaires, ressource supplémentaire de financement.


 

Un modèle de gouvernance
L’île Maurice est une démocratie installée. Les élections législatives de décembre 2014 ont conduit au retour au poste de Premier ministre de Sir Anerood Jugnauth (85 ans), qui avait déjà occupé cette fonction (1982-1995 et 2000-2003) ainsi que celle de président (2003-2012). Il profitera d’une majorité parlementaire confortable grâce à la large victoire de l’alliance Le Peuple (Lepep, 51 sièges sur 69) qu’il représentait. Des dissensions existent toutefois au sein de cette coalition tripartite, laissant planer des doutes sur sa capacité à mettre en œuvre les réformes. L’attente de la population est pourtant forte, face aux inégalités et l’absence de progrès dans ce domaine pourrait provoquer des mouvements de mécontentement, sans toutefois remettre en cause la stabilité politique et sociale du pays. Enfin, l'Île Maurice bénéficie d’une gouvernance efficace et un climat des affaires favorable. Son classement selon les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale est l’un des meilleurs d’Afrique subsaharienne, et elle figure en tête des pays africains (32e au niveau mondial) du classement Doing Business.

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