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Les Cahiers des ÉCO / Afrique

L’économie mozambicaine continue d’enregistrer des taux de croissance honorable mais peine à accélérer son rythme, en raison de plusieurs facteurs internes et externes. Décryptage.

Selon les prévisions de Coface, la croissance ne devrait pas accélérer en 2016 au Mozambique. La progression du PIB devrait rester toutefois à un niveau très honorable de 6,2%, après les 6% de l’année 2015. Le secteur agricole devrait progresser après une année marquée par des conditions climatiques très défavorables (inondations). L’activité industrielle, en particulier la production de charbon pourrait bénéficier de la mise en service mi-2015 d’une nouvelle ligne ferroviaire reliant les mines du centre du pays au port de Nacala. Pour leur part, les investissements dans le secteur minier devraient se poursuivre mais à un rythme moins soutenu et ceux dans le domaine de l’énergie (gaz naturel) pourraient être freinés par les incertitudes sur l’évolution du marché.

Exportations
Le secteur de la construction, traditionnellement porteur pour l’économie mozambicaine, devrait continuer à ralentir. Par ailleurs, la modeste reprise dans l’espace UE, le ralentissement de l’économie chinoise, mais surtout sud-africaine, limiteront la progression de la demande extérieure. Les cours des principales matières premières exportées par le Mozambique (aluminium et charbon) ne devraient pas rebondir en 2016 après la forte baisse observée en 2015, limitant la contribution des exportations au PIB. Sur un autre volet, la hausse des prix devrait être alimentée en 2016 par le relèvement du prix de certains services publics (transports urbains, électricité) et les effets de la dépréciation du metical. Le taux d’inflation devrait toutefois demeurer inférieur au plafond fixé par la Banque centrale (6 %) grâce à la relative stabilité du metical, voire son appréciation vis-à-vis du rand sud-africain (l’Afrique du Sud est le principal fournisseur du Mozambique, hors pétrole) et au maintien d’un prix du pétrole bas.

Ajustement budgétaire
Depuis la forte détérioration du solde budgétaire observé en 2014 (le déficit a presque doublé entre 2013 et 2014), le gouvernement a mis en place des mesures de consolidation budgétaire. L’accord conclu avec le FMI en octobre 2015 pour une ligne «stand-by» devrait conduire à leur renforcement. L’ajustement budgétaire passera par une réduction des dépenses, en particulier d’investissement, ainsi qu’une augmentation des recettes grâce à des mesures visant à élargir la base d’imposition et améliorer le recouvrement (extension du système de paiement électronique, modernisation de l'administration fiscale, réforme de la TVA).

Dettes
La dette publique a fortement progressé, en particulier la dette extérieure bilatérale (prêts chinois), dont les conditions, moins favorables que les prêts multilatéraux, alourdissent la charge de remboursement. La dépréciation du metical accroît l’endettement de l’État, libellé à plus de 80% en devises. Enfin, le gouvernement doit faire face aux obligations liées à sa garantie sur la dette des grandes entreprises publiques. Ainsi, les difficultés financières d’EMATUM ont contraint le gouvernement à régler en septembre 2015 la première échéance (plus de 100 millions de dollars) au titre d’une dette de 850 millions de dollars.


 

Environnement des affaires difficile
La situation sociale demeure instable en raison du mécontentement croissant de la population face à la lenteur des progrès en termes de lutte contre la pauvreté et de baisse du chômage, ainsi qu’à la persistance des incertitudes politiques qui nuisent aux investissements étrangers. L’environnement des affaires reste difficile au Mozambique. Ses performances, selon les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale, sont globalement inférieures à celle de ses principaux voisins (à l’exception du Zimbabwe). Le pays recule dans le classement, en particulier en ce qui concerne la lutte contre la corruption (151e rang sur 2015 pays en 2014 contre 124e en 2010), le respect des lois (164e contre 129e) et surtout la stabilité politique (recul de 49 places depuis 2010 pour atteindre la 141e en 2014).

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