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20-09-2019 11:44

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Les Cahiers des ÉCO / Afrique

À l’instar de tous les pays producteurs de pétrole, l’Angola est frappé de plein fouet par la chute des prix du baril. Cette conjoncture risque de porter un coup dur à la politique d’investissements massifs dans les infrastructures.

Pour Coface, un nouveau ralentissement de l’activité économique est «difficile à éviter en 2016» en Angola. Le secteur pétrolier pourrait tirer l’activité angolaise durant cette année, à condition que l’exploitation des nouveaux champs soit lancée comme prévu et que les compagnies étrangères ne réduisent pas leurs capacités de production. Une hausse des investissements publics, en particulier dans le secteur des transports (ligne ferroviaire, aéroport…) pourrait contribuer à soutenir l’activité de la construction et des services. Pour sa part, la production agricole devrait rester contrainte par la faiblesse des infrastructures et reste dépendante des aléas climatiques (conséquences potentielles d’El Niño). Les investissements privés devraient être freinés par des taux d’intérêt élevés et les mesures de restrictions d’accès aux devises. La consommation des ménages, malgré les mesures de soutien budgétaire, devrait pâtir de la hausse des prix.

Taux directeur à 10,5%
L’inflation devrait en effet être supérieure en 2016 au niveau observé en 2015, compte tenu de l’impact de la dépréciation du kwanza face au dollar. Après avoir rehaussé son taux directeur à 10,5% en juillet 2015, la marge de manœuvre de la banque centrale (BNA) est désormais réduite dans un contexte de faible croissance. Le déficit budgétaire devrait continuer à se creuser en 2016. Compte tenu du poids du secteur pétrolier dans les revenus de l’État (trois quarts du total), les recettes fiscales pourraient progresser modérément grâce à l’augmentation de la production. Par ailleurs, la dépréciation du kwanza devrait neutraliser l’impact sur le budget, libellé en monnaie locale, du prix bas du pétrole. Enfin, le gel annoncé des embauches dans le secteur public devrait contribuer à certaines économies. Toutefois, le projet de budget 2016 (établi sur la base de l’hypothèse conservatrice d’un baril à 45 USD) prévoit une hausse des dépenses destinée à soutenir l’économie. Les investissements (usine hydroélectrique, ligne ferroviaire, projets immobiliers) seront privilégiés, mais les dépenses sociales et de sécurité devraient également augmenter, afin d’endiguer la détérioration du climat social.

Émission obligataire
La dette publique, libellée à plus de 60% en devises, devrait augmenter sous l’effet de la dépréciation du kwanza, mais aussi de la souscription de nouveaux prêts à des conditions non concessionnelles (émission obligataire de 1,5 milliard de dollars en octobre 2015, crédits chinois). Enfin la forte augmentation des garanties accordées aux entreprises publiques pourrait peser sur le budget, en raison de la situation financière dégradée de certaines entités publiques. Le solde courant devrait continuer à se détériorer en 2016, malgré une légère augmentation attendue des exportations de pétrole (plus de 90 % des recettes), sous l’effet de la hausse des importations en relation notamment avec les projets d’investissements publics. La dépréciation du kwanza devrait en outre renchérir le prix des biens importés, notamment de produits alimentaires.


 

Lacunes dans l’environnement des affaires
Le pays est dirigé, depuis son indépendance, par José Eduardo dos Santos et son parti (MPLA). Le poids de l’opposition, même s’il augmente, reste insuffisant pour envisager une alternance. La Constitution a été amendée pour permettre à l’actuel président de conserver la présidence jusqu’en 2022. Son âge, et des rumeurs sur son état de santé, laissent penser qu’un changement pourrait intervenir avant cette date. Compte tenu de l’emprise politique et économique du président et de son parti, une succession chaotique pourrait déstabiliser le pays. Par ailleurs, le mécontentement de la population face aux inégalités et à la pauvreté, renforcé par le ralentissement économique et l’accélération de l’inflation, intensifie les tensions sociales. La gouvernance est un point faible du pays, en raison notamment de l’omniprésence de la corruption (l’Angola occupe le 202e rang sur 215 selon l’indicateur de la Banque mondiale).

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