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14-11-2018 10:46

14-11-2018

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Les Cahiers des ÉCO / Afrique
Hurley H. Doddy, Co-président d’Emerging Capital Partners

L’Américain Emerging Capital Partners, un des plus grands capital-investisseurs en Afrique, entend renforcer ses investissements au Maroc. Pour son co-dirigeant, Hurley H. Doddy, le royaume, dont les entreprises se développent sur le continent, est plus attractif que jamais. Interview.

Les Inspirations ÉCO: Vous êtes un poids lourd du capital-investissement en Afrique. Comment évoluent vos activités sur le continent?
Hurley H. Doddy: Emerging Capital Partners est en effet l’un des plus anciens et plus grands acteurs du private equity investissant en Afrique. Nous avons pu lever, au fil des années, environ 3 milliards de dollars d’investissements en Afrique et réalisé plus de 60 opérations d’investissements. Nous disposons de 5 bureaux sur le continent à Johannesbourg, Lagos, Douala, Abidjan et Tunis. Grâce à nos investissements, nous avons pu contribuer au développement de grandes entreprises africaines aujourd’hui en forte croissance. Nous avons eu la chance d’avoir investi dans plusieurs entreprises-leaders en Afrique et dans d’autres de taille moyenne.  

Quels secteurs privilégiez-vous actuellement en Afrique?
Nous investissons dans quatre grands secteurs. Dans les télécoms, nous avons investi dans des compagnies de téléphonie mobile comme Orascom ou MTN, dont nous avons contribué à la croissance. Dans les télécoms toujours, nous intervenons dans les activités de télévision par câble et de haut débit. Le secteur bancaire figure également parmi ceux qui attirent nos investissements. D’ailleurs, notre plus grand investissement a été réalisé avec Orabank, qui est basée au Togo et est active dans toute l’Afrique francophone. En outre, Emerging Capital Partners investit dans les produits de consommation. Nous avons récemment participé au financement de Nairobi Java House, l’une des plus grandes chaînes de restauration en Afrique du Nord. Enfin, nous intervenons également dans la logistique, à travers des contributions dans le secteur de l’eau et de l’électricité en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

Comment se portent vos investissements au Maroc?
Nous avons déjà réalisé des investissements au Maroc. Nous avons créé une joint-venture avec Attijariwafa bank. Il s’agit du Moroccan Infrastructure Fund (MIF). Ce fonds est une réussite au regard des différents projets qu’il a permis de réaliser. Nous avons aussi investi dans l’activité de distribution de fertilisants. Sans parler de notre contribution avec Veolia dans le secteur de la distribution d’eau et d’électricité dans plusieurs villes marocaines, notamment Tanger, Tétouan ou Rabat.

Comptez-vous renforcer vos investissements au Maroc?
Nous sommes à la recherche de plus d’opportunités d’investissements dans ce pays, que nous considérons comme une destination où il faut investir. En un mot, je dirais que le Maroc est une économie attractive et nous apprécions beaucoup de bonnes choses dans ce pays. La taille du marché, de 34 millions de consommateurs, est à elle seule un bon indicateur. L’infrastructure et le climat sont très favorables. En plus, les entreprises marocaines cherchent à se développer sur les marchés d’Afrique subsaharienne, ce qui est également un élément très encourageant et offre de belles perspectives de croissance. Nous apprécions beaucoup le marché marocain parce qu’il se place en hub et en porte d’entrée pour l’Afrique.

Généralement, quels sont les différents défis auxquels vous êtes confrontés en Afrique?
Je pense que le premier obstacle est lié aux monnaies africaines, qui sont très faibles par rapport au dollar américain ou à d’autres monnaies étrangères. Il s’agit là d’un véritable obstacle auquel les entreprises qui investissent sur le continent sont confrontés. Elles réalisent de bons chiffres sur le plan local mais, lorsque ces montants sont convertis en dollars par exemple, ils ne pèsent pas si lourd que cela. L’autre défi est lié à l’absence de marché financier dans la plupart des pays africains, exceptés l’Afrique du Sud, l’Égypte ou encore le Maroc. C’est un fait qui ne permet pas aux investisseurs de mettre en valeur leurs investissements.

Êtes-vous optimiste quant aux perspectives de développement du private equity en Afrique?
Bien sûr que oui! Au niveau de notre entreprise, Emerging Capital Partners, nous sommes très optimistes quant à cette perspective. Nous voyons que les choses s’améliorent par rapport au début des années 2000. Le climat des affaires s’améliore sur le continent et le secteur privé se renforce. Toutefois, je crois que dans beaucoup de secteurs, il faudrait essayer de s’inspirer des expériences américaine et européenne afin de les rendre plus efficients et plus rentables. C’est notamment le cas de l’agriculture et de la logistique. 

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