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Les Cahiers des ÉCO / Afrique
Albert Muchenga, Commissaire au commerce et à l’industrie de l’Union africaine

Les Inspirations ÉCO : Comment évolue le processus de concrétisation de la ZLEC?
Albert Muchenga : Nous sommes sur la bonne voie. Plusieurs avancées sont réalisées actuellement. Les pays continuent de signer et de ratifier l’accord sur la ZLEC. Concernant les signatures, 49 pays ont aujourd’hui signé l’accord. Six ne l’ont pas encore fait et nous continuons de mener des discussions avec eux afin qu’ils y adhèrent car nous voulons que cet accord regroupe l’ensemble des pays africains, sans exception. S’agissant des ratifications, Six pays ont déjà ratifié l’accord. Il s’agit du Rwanda, du Kenya, du Niger, de l’Eswatini (ex Swaziland), du Tchad et du Ghana. Plusieurs pays prennent actuellement des dispositions idoines pour faire de même. Nous recevons de leur part des signaux encourageants. Nous pensons que d’ici fin août, nous aurons 8 autres États qui vont ratifier la ZLEC, suivis par 8 autres d’ici fin décembre, ce qui fera 22 pays et donc permettra à l’accord d’entrer en vigueur vers début janvier 2019.  

Avez-vous entamé les négociations sur les questions techniques, notamment celles relatives aux règles d’origine?
Lors de la signature de l’accord en mars dernier à Kigali, il a été convenu que tous les pays devaient faire leurs propositions sur les questions tarifaires avant fin décembre 2018. À ce jour, des pays sont en train de nous faire parvenir leurs propositions. Ainsi, une fois ce point réglé, nous entrerons dans la phase effective de négociations sur l’application de la ZLEC. Il est évident que les questions relatives aux règles d’origine y seront discutées. À l’heure où je vous parle, nos équipes mènent des rencontres avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEC) afin d’étudier les moyens de préparer l’application des questions relatives aux règles d’origine.

Vous vous appuyez sur les communautés économiques régionales pour concrétiser la ZLEC. Au Maghreb, l’UMA est quasi-inexistante. Comment allez-vous y procéder ?
L’Union du Maghreb arabe (UMA) est effectivement l’une des organisations régionales reconnues par l’UA. Pour ce qui est de la ZLEC, en plus des organisations communautaires, nous discutons avec les hommes d’affaires directement. C’est déjà le cas dans certaines régions comme l’Afrique de l’Ouest. Le moment venu, nous entrerons en contact avec les businessmen maghrébins pour discuter avec eux. L’UMA ne peut pas aujourd’hui intervenir sur les questions tarifaires car ce n’est pas encore une zone de libre-échange comme c’est déjà le cas dans la CEDEAO par exemple. Les pays qui font partie de communautés économiques régionales qui sont déjà dans une zone de libre-échange viendront en bloc sous la houlette de leur communauté régionale. Pour ceux dont ce n’est pas le cas, les négociations se feront directement avec chaque pays.

Si vous aviez à expliquer la ZLEC aux entreprises marocaines, que leur diriez-vous?
Le principal message que je lance à l’ensemble des entreprises africaines est le suivant : arrêtez de raisonner juste selon votre marché local, mais pensez plutôt sur une échelle continentale. Aujourd’hui, votre marché domestique, c’est l’ensemble du continent africain et non plus votre marché national. C’est un marché immense de 1,2 milliard de personnes. Développez vos business plans en fonction de ce marché gigantesque !

Viendrez-vous au Maroc pour parler de la ZLEC?
Bien sûr, nous viendrons parler de la ZLEC au Maroc. Nous allons établir un programme pour nous rendre dans les pays africains et expliquer la ZLEC aux acteurs concernés.

Enfin, pensez-vous que le Nigeria va bientôt signer l’accord sur la ZLEC?
Le gouvernement nigérian mène actuellement des concertations avec ses opérateurs économiques. Ces discussions vont bientôt s’achever et je suis certain qu’ils vont finir par entrer dans la ZLEC. J’ai eu des discussions dans ce sens avec leur ministre des Affaires étrangères récemment lors du 31e sommet de l’UA à Nouakchott et il m’a rassuré à ce propos et m’a expliqué les différentes phases de concertations internes que le Nigeria s’est résolues à suivre avant d’entrer dans la ZLEC. Je pense que c’est un processus démocratique que nous respectons et encourageons. Il n’y a pas d’inquiétude à se faire, le Nigeria va intégrer la ZLEC. 

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