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Les Cahiers des ÉCO / Afrique
Alphadi, Styliste

Seidnaly Sidhamed, le «Magicien du désert», mondialement connu sous le nom Alphadi, prépare activement la 11e édition de son Festival international de la mode en Afrique (FIMA). Cet événement phare de l’agenda culturel africain, lancé en 1988, se tiendra en novembre prochain à Dakhla, une première. Alphadi en parle, ainsi que du rôle que le Maroc peut jouer pour le développement de l’art africain.

Les Inspirations ÉCO : Vous préparez activement la tenue à Dakhla du Festival international de la mode en Afrique (FIMA). Parlez-nous de cet événement ?
Alphadi : Nous fêtons les 20 ans du FIMA à Dakhla. Cet événement s’est tenu depuis toujours au Niger et il donne la chance à la jeunesse. Nous organisons des concours pour encourager les talents africains issus de l’ensemble des pays africains. Durant le FIMA, des concours de top models sont également organisés, en plus de mettre en scène les créateurs africains pour démontrer que l’industrie de la création a une image et elle est porteuse d’emploi. L’industrie de la mode africaine ne peut pas être reléguée au dernier plan parce que l’on a tendance a oublié l’économie de la mémoire et de la création. Le FIMA, c’est également une rencontre entre les 5 continents, en faisant rencontrer les créateurs du Nord et ceux du Sud. Enfin, des colloques y sont organisés et s’intéressent aux thématiques de la migration, de la paix et de l’éducation.  

Pourquoi avoir choisi Dakhla pour le FIMA 2018 ?
Nous avons choisi Dakhla parce que Dakhla est une ville du Sud. Tous les festivals que j’organise se tiennent dans le désert du nord du Niger. J’ai eu l’occasion d’aller visiter Dakhla lors du Forum Crans Montana, et je suis tombé sous le charme de cette ville. J’ai ainsi demandé d’y tenir ce festival, avec la magie d’y ouvrir la porte d’une ville qui est incroyablement belle et touristiquement attractive.

Que peut apporter le Maroc au développement du cinéma africain ?
Le principal problème que nous avons, est que les gouvernements pensent plus politique que culture. La politique culturelle au niveau du cinéma, de la mode et de la création doit être une priorité. Pareil pour l’éducation. L’autre souci est que les gouvernements sont élus pour des mandats de 5 ans, donc il n’y a pas de continuité. Alors que le Maroc est un royaume, donc une continuité à vie. Si nous nous basons sur des pays comme le Maroc, nous pouvons aller beaucoup plus loin pour développer l’industrie cinématographique africaine. Nous avons aujourd’hui la chance de compter sur une Afrique qui bouge et qui change. Le Maroc est un porte-flambeau d’une Afrique unie, d’une Afrique émergente et d’une Afrique qui crée. C’est cela que nous voulons démontrer.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’industrie cinématographique africaine ?
Elle est en train de devenir une vraie industrie. Le Nigeria est un vrai symbole aujourd’hui de cette percée. Nollywood est une chose incroyable qui fait évoluer le cinéma africain, qui, aujourd’hui, a pris son envol. Je ne peux qu’encourager cet élan, sachant que ma fille est elle-même actrice. La percée du cinéma africain ne peut que nous apporter de la dignité, de la créativité, et donner une bonne image au continent africain. C’est le cas notamment du Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), auquel je participe depuis une quarantaine d’années. C’est un festival qui évolue. J’avoue que le cinéma africain a un regard très moderne et c’est une industrie que nos gouvernants doivent encourager.

Comment l’artiste africain peut-il s’en sortir économiquement ?
Aujourd’hui, la mode et l’art africains sont à la mode. En faisant des tissages et de la broderie africains, en s’inspirant du textile africain, l’artisan africain peut s’en sortir, même s’il faut reconnaître que la plupart de ces tissus sont confectionnés hors du continent. Les couleurs africaines sont en mode, elles plaisent, donc il faut maximiser dessus. Les jeunes actuels sont formés dans de grandes écoles et rentrent en Afrique pour moderniser nos produits qu’ils exportent ailleurs. La mode africaine ne peut que marcher, sachant que notre continent, avec son milliard d’habitants, compte une large classe moyenne qui fière de porter de africain et écouter des musiques africaines.

Pensez-vous que l’art africain est suffisamment financé par les banques ?
L’art et la mode africains ont besoin d’accompagnement financier. Il est grave de constater que les financiers africains, notamment les grandes banques, ne croient pas à la création africaine. Ils préfèrent miser sur d’autres secteurs que sur celui de la création. La culture africaine a besoin d’être promue, d’avoir des partenaires financiers qui mettent de l’argent. La mode ce n’est pas uniquement le créateur qui dessine, c’est un processus qui a également besoin d’être produit, distribué et marketé. Tout cela nécessite de l’argent. Il est donc grand temps que les financiers et les industriels du monde entier croient en la mode africaine et y mettent de l’agent. Je reste convaincu que les créateurs africains sont les meilleurs, car derrière tout créateur européen, on trouve un créateur africain. On note beaucoup de copies de la mode africaine, et beaucoup de pillages également. C’est aux dirigeants africains d’en prendre conscience et de travailler à l’essor d’une industrie culturelle africaine robuste.

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