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Les Cahiers des ÉCO
Selma Elouardighi, fondatrice et directrice générale du Cluster industriel pour les services environnementaux (CISE)

Les Inspirations ÉCO : Le CISE fait partie des deux derniers clusters labellisés en 2016 par le ministère de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique. Depuis, que s’est-il passé ?
Selma Elouardighi : Nous sommes heureux de faire partie des clusters labellisés par le ministère de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique qui, à terme, seront quinze, conformément aux objectifs arrêtés dans le cadre de l’initiative Maroc Innovation. Nous sommes également heureux d’avoir été labellisés après le recadrage de la feuille de route des clusters, qui est maintenant plus conforme aux ambitions que nous pouvons effectivement atteindre sur le terrain, eu égard à notre statut d’association à but non lucratif et à nos moyens financiers et humains. Ceci étant, nous attendons avec impatience la nomination du gouvernement pour pouvoir lancer nos projets et bénéficier enfin de l’appui de la subvention du ministère.

Justement à propos de projets, qu’est-ce que le CISE propose à ses membres et au tissu industriel marocain en général ?
Nous proposons divers services parmi lesquels on peut notamment citer :
• La mise en place d’un réseau d’échanges de savoir-faire et d’expertises entre nos membres ;
• L’aide dans le développement de projets environnementaux ;
• L’aide dans l’identification du type de financements appropriés pour le projet environnemental de l’entreprise ;
• Le soutien dans l’élaboration de dossiers de demande de financement ;
• La mutualisation de différents services ;
• La facilitation d’accès à l’information de pointe ;
• L’aide à la bonne gestion de l’image de nos membres.

Plus concrètement qu’est-ce tout cela donne ou a déjà donné sur le terrain ?
Sur le terrain, nous proposons aux industriels une plateforme de discussions sur les questions d’écologisation des processus industriels. Ces questions sont notamment discutées au sein de groupes composés de compétences pluridisciplinaires dotées d’expériences très enrichissantes, ce qui permet de faire émerger de nouvelles idées, très souvent transformées en projets sur lesquels la réflexion est poussée jusqu’au retour sur investissement, en passant par la faisabilité, le choix de la technologie et de l’expertise idoines, etc. Par ce biais, le CISE permet ainsi aux industriels d’accéder à un savoir-faire et à une expertise de pointe qui leur permettent de répondre intelligemment et à long terme à la hausse régulière du coût des matières premières dont l’énergie. D’ailleurs, je tiens ici à vous le dire : si besoin, nous n’hésitons pas à aller chercher du soutien hors de nos frontières nationales, notamment auprès de nos partenaires que sont certaines universités européennes et américaines. Par exemple, le Center for Leadership in Global Sustainability de l’Université de Virginie met à notre disposition un groupe de consultants qui nous aide à mener différentes études comparatives et de faisabilité.

Et vos partenaires marocains, qui sont-ils ?
Parmi nos partenaires marocains, nous comptons beaucoup sur notre ministère de tutelle, en l’occurrence le ministère de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, mais également sur le ministère délégué à l’environnement. Nous collaborons aussi avec le CE3M qui est l’un des tous premiers clusters créés au Maroc autour de deux projets. D’une part la mise en place d’une plateforme de gestion des déchets par objets connectés. À ce sujet, nous sommes en train de chercher des partenaires, c'est-à-dire des communes et/ou des délégataires qui seraient intéressés par notre offre. D’autre part, nous travaillons avec le CE3M sur la création d’un répertoire qui intègre tous les financements actuellement disponibles pour des projets de développement durable. Ce second projet sera incessamment sous peu lancé.

Vous avez également créé des startups qui sont actuellement en incubation au sein du CISE. Combien sont-elles et dans quels domaines opèrent-elles ?
 Effectivement, nous avons créé des startups grâce au programme «Entreprenariat Vert Maroc», que nous avons lancé en partenariat avec l’Université Virginia Tech, qui est financée par le Département d’État américain. Globalement, ce programme vise à accompagner 15 startups intervenant dans le secteur de la valorisation des déchets. Parmi ces 15, 7 sont porteuses de projets de R&D destinés à être versés sur le marché, tandis que les 8 autres portent sur des projets de logistique et de transformation légère, à savoir de collecte et de broyage de pneus usagés ou de bouteilles plastifiées.

À ce jour, le cluster a créé 13 startups en phase d’accompagnement dont quelques-uns sont en incubation. Il s’agit notamment d’un projet de valorisation du grignon d’olive en charbon actif. Porté par Mehdi Louarrat, ce projet vise à recycler le grignon d’olive en charbon actif, un élément très prisé dans les mécanismes de filtration en vigueur. Ce projet contribue à la réduction de la quantité de biomasse, tout en réduisant la quantité de charbon actif importé. Un premier client est déjà identifié pour ce projet. Il participe déjà activement dans le développement du produit fini et est engagé à soutenir l’équipe créatrice dans son initiative. Nous avons également le projet Biomethaneo, porté par Laila El Jaouhari, qui est une écostartup marocaine dédiée à la collecte et à la valorisation de déchets organiques issus de l'agriculture, de l'élevage, de l'industrie agroalimentaire, du commerce alimentaire, de la restauration et des collectivités locales. Elle a mis au point un procédé innovant qui permet de produire à partir de ces déchets, des énergies renouvelables sous plusieurs formes (électricité, chaleur, biocombustibles et biocarburants) ainsi que des amendements organiques et des engrais compatibles avec l’agriculture biologique mais également de l'eau pour irriguer les cultures.

Enfin, il y a également l’exemple de SeaSkin porté par Nawal El Alaoui. SeaSkin est une entreprise qui produit et commercialise des produits de maroquinerie de luxe à base de cuir de poisson obtenu en transformant les déchets de poisson en un cuir waterproof, résistant plus que le cuir normal et avec différentes textures qui ressemblent à celles du serpent, du crocodile, du tigre, etc. Les femmes des pêcheurs de la région d’El Brahma qui exercent un travail saisonnier (ramassage et traitement d’algues et d’oursins) dans des conditions précaires, avec un revenu insuffisant pour subvenir à leurs besoins primaires, sont désormais intégrées à l’activité de tannage végétale (où aucun produit chimique n’est utilisé), ce qui leur permet de mieux gagner leur vie.

Comment accompagnez-vous ces porteurs de projets sur le terrain ?
 Nous organisons régulièrement des boot-camps et des formations au profit de nos startups. Les boot-camps sont centrés sur le développement personnel et visent à élever le niveau de confiance que ces jeunes porteurs de projets doivent avoir en eux. Ils visent également à leur donner tous les outils nécessaires dont ils ont besoin pour parler et faire connaître leurs projets. Nous donnons aussi des formations plus théoriques pour permettre à nos startups d’avoir les connaissances nécessaires pour bien ficeler leur business plan ou encore leur stratégie marketing. Ce mélange Boot-camps/Formations nous permet d’allier théorie et pratique afin de préparer au mieux ces jeunes au monde professionnel. 

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