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Saad Mabrouk : Humoriste

La relève est bien là et elle est marocaine ! Le Marrakech du rire (MDR) peut être fier de proposer des têtes d'affiches mais surtout de créer les têtes d'affiche de demain. Avec les Masterclass et les scènes ouvertes, les talents se révèlent, apprennent, sont côtoyés par l'excellence, et surtout côtoient leur rêve et le touchent de près. C'est la cas de Hamza Alakhir, gagnant de la scène ouverte 2016 et de Saad Mabrouk, une des révélations de cette année. Leur point commun : l'envie de réussir ! Rencontre avec la relève de l'humour marocain.

Fraîcheur et bonne humeur, c’est ce que l'on reçoit lorsque l’on passe un moment avec l’humoriste Saad Mabrouk. Arborant un sourire Colgate à toute épreuve, le jeune homme au tarbouche ne passe pas inaperçu dans la vie comme à la scène où il propose une sorte de «Fresh Stand-Up», un humour proche du public, percutant et intelligent. Rencontre.
Sa bonne humeur est contagieuse et il a toujours le mot pour rire. «Normal pour un humoriste», vous me direz ! Et bien pas toujours. Les comiques sont connus pour être moins drôles dans la vie de tous les jours. Mais Saad Mabrouk a été épargné. Drôle et frais, le jeune humoriste est une des révélations du Marrakech du rire 2016 qui a séduit avec «Marockan Guy», son spectacle bien rodé. «Jouer en franco-darija, c’est peut-être une première particularité sur une scène humoristique marocaine, riche certes, mais manquant d’humoristes francophones.

J’essaie pour le moment de ne pas réclamer un style d’humour particulier… Dans mon spectacle, d’ailleurs, je passe de l’imitation à l’autodérision et l’humour d’observation aussi : Mon objectif est de faire marrer les gens d’une manière intelligente, bien mise en scène et surtout bien écrite. Touche personnelle ? Au-delà de mon chapeau rouge, mon effort consiste à jouer d’une manière proche du public en lançant quelques improvisations dosées et interactions…Une sorte de «Fresh Stand-Up», explique celui qu’on appelle également le child pour ses remarques décalées au quotidien, ses «N9aym» et ses réactions souvent jugées drôles, si drôles qu’on l’avait surnommé child-me (En référence aux personnages des Trolls). Lors de ses premières scènes, ses sujets de sketches collaient très bien à cet esprit enfantin, scrutant les détails négligés de certaines situations ou personnages. Il opte donc pour le nom de scène «Le child».

«J’aime bien raconter des histoires décalées, drôles et fluides intégrant un personnage spécifique (et surtout : à côté de la plaque !) … Cela me permet de faire un petit voyage avec le public, un voyage dans lequel on se permet pas mal de folie. J’aime bien aussi raconter quelques déboires personnels auxquels j’ajoute une pincée de fiction pour en faire un passage drôle. Le spectacle parle d’argent, des centres d’appels, des immigrés subsahariens au Maroc, de la communication non verbale aussi et même de musique !», continue l’humoriste qui a vécu le MDR comme catalyseur d'une belle aventure. Il a d’abord commencé par les Masterclass d’Oscar Sisto en 2013 qu’il surnomme même son pèlerinage annuel, et en fait un rituel depuis, considérant les cours comme une immense richesse où il apprend à écrire un sketch «selon les règles de l’art» où chaque mot est dosé, l’intonation est travaillée et où chaque mouvement a son importance. «Le MDR nous a permis de rencontrer un nouveau public, les conseils de professionnels…

Il nous permet de grandir en tant qu’artiste», ajoute le child qui a aussi participé aux scènes ouvertes du So. Et son nouveau-né s’appelle Marockan Guy, une sorte d’appellation, à mon sens, branchée & universelle pour désigner le jeune Marocain d’aujourd’hui : «Mon spectacle ne parle pas trop du passé mais de fiction, observation & dérision de situations contemporaines… Il parle du jeune Marocain 2.0». Passionné par l’humour et le théatre depuis toujours, il s’inspire à la fois de Jamel Debouzze et Hassan El Fad comme Kevin Hart, Fary, Verino, John Oliver ou El Atrassi. «Je trouve toujours un côté «drôle» dans n’importe quelle situation (… et non je ne suis pas un Junky, lol !). Ça m’aide à me ressourcer en trouvant un côté positif dans tout, il est aussi rare de me voir sérieux (sauf en pleine réunion de travail ou face au guichet automatique en fin de mois). L’humour est pour moi un mélange de sentiments très variés, joie, surprise, choc et même de tristesse : on finit toujours par trouver le geste ou le mot adéquat pour rire (ou faire rire)». Saad Mabrouk est actuellement en rodage de son spectacle et fait la tournée des petites scènes de Casablanca voire du Maroc en espérant pouvoir fouler la grande scène du MDR 2017.