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17-10-2019 09:42

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Le dernier rapport de Roland Berger sur l’entrepreneuriat féminin en Afrique révèle que les africaines disposent du taux de création d’entreprises le plus élevé au monde. Sauf que celles-ci restent confrontées à de nombreuses difficultés dont notamment le manque de financements et d’infrastructures.

Décidément, l’Afrique est la terre de l’entreprenariat féminin. Selon rapport du cabinet de conseil Roland Berger-édité à l’occasion de la 3ème édition du sommet Women In Africa (WIA) tenue à Marrakech les 27 et 28 juin, les femmes africaines possèdent le taux de création d’entreprises le plus élevé au monde, mais restent encore pénalisées par le manque de financements et d’infrastructures. Ce sont ainsi 24% des femmes actives à avoir créé leurs propres entreprises et seraient à l’origine de 65% de la richesse du continent (soit entre 150 et 200 milliards de dollars de valeur ajoutée créée). Un taux qui révèle également d’importantes disparités en fonction de la zone géographique. Cela va de 7% pour l’Afrique du Nord à 27% pour l’Afrique subsaharienne. Pour la très grande majorité de ces femmes, l’entrepreneuriat est surtout un moyen d’assurer leur subsistance et celle de leur famille, un écart attribué à des différences «socio-économiques et aux réalités culturelles». « Souvent, les femmes se lancent dans l’entrepreunariat parce qu’elles ne peuvent pas entrer sur le marché du travail, et possèdent peu ou pas de diplômes», explique Anne Bioulac, co-managing Partner chez Roland Berger Paris.

À noter que l’Europe enregistre également un taux de 6%. «Quand les femmes ont accès à un marché de travail plus structuré, elles se positionnent sur des emplois plus stables et prennent moins de risque», ajoute Bioulac. Selon l’étude, la motivation pour créer sa propre entreprise diffère entre femmes et hommes. Les femmes sont guidées par la recherche d’impact positif (84%) avec une volonté profonde de changer le monde et leur environnement. Alors que les hommes cherchent à devenir leur propre patron et à acquérir leur indépendance en se lançant dans l’entrepreneuriat. Si l’entrepreneuriat féminin est très dynamique en Afrique, les entrepreneures sont souvent très vite confrontées à de nombreuses difficultés. Trois failles majeures ont été identifiées. il s’agit de la rareté des infrastructures, le manque de formation et la difficulté de trouver des financements. Selon une étude du Global Entrepreneurship Monitor, qui répertorie les entrepreneurs dans le monde, ces difficultés peuvent ne pas entraver le lancement même de l’entreprise, mais peuvent empêcher son développement. Le continent compte ainsi le plus grand nombre d’échecs d’entreprises créées par des femmes. L’étude rapporte ainsi que 39 % des chefs d’entreprises qui ont cessé leur activité l’avaient fait par manque de profit. Plus de15 % des femmes doivent cesser leurs activités, car elles n’ont pas accès aux financements nécessaires pour les développer.

«Un pourcentage qui pourrait facilement être renversé si nous pouvions permettre aux femmes entrepreneurs d’accéder à des formations business à l’entreprenariat, à des structures de soutien et à des infrastructures bancaires et de télécommunication adaptées», souligne Bioulac. Elle ajoute: « l’Afrique manque aujourd’hui d’infrastructures de formation tels que les incubateurs. Ces structures sont limitées sur certaines régions, mais fortement présentes dans d’autres comme le Nigeria ou l’Afrique du Sud…. Le développement de ces écosystèmes doit être une des priorités à prendre en charge».

Autre obstacle pour les entrepreneures africaines, reste le manque de compétences. Le déficit de formation adaptée à la création d’entreprise empêche les femmes de poursuivre leur activité. Monter un business plan, tenir une comptabilité, savoir vendre son projet devant des investisseurs.. Ce sont ainsi des compétences qu’elles n’ont pas pu acquérir durant leurs parcours. Obtenir des financements devient ainsi plus difficile pour une femme. L’inégalité hommesfemmes n’arrange pas les choses. Les femmes sont invitées à fournir des garanties supplémentaires lorsqu’elles essaient de lever des fonds. Selon l’étude de Roland Berger, les femmes entrepreneuses se sentent désavantagées par rapport aux hommes entrepreneurs, une perception non partagée par ces derniers. Seulement 36% d’entre eux estiment que les femmes sont désavantagées, contre 70% des femmes. Pourtant, «des expériences ont été effectués en France et aux États Unis qui démontre une différence de traitement des investisseurs et qui semble le plus souvent être en faveur des hommes… Ces derniers ont eu plu lever deux fois plus de fonds que les femmes pour exactement le même projet», remarque Anne Bioulac. Il ressort aussi de cette étude que les secteurs principalement investis par les femmes (l’éducation et l’agriculture) se caractérisent par des marges plus faibles et des besoins d’investissements plus importants limitant la capacité de développement de ces entreprises. Malgré les difficultés, l’entrepreneuriat féminin semble avoir de l’avenir. Près d’une femme africaine sur deux prévoit de se lancer dans l’entrepreneuriat d’ici trois ans. Une tendance qui devrait renforcer le leadership africain en matière d’entrepreneuriat féminin.

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