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Le titre est «à renforcer» dans les portefeuilles en raison des investissements entrepris afin d’améliorer la compétitivité du groupe tant au niveau national qu’international. Le contexte actuel sur la région MENA semble favorable pour le groupe. Détails.

«Le rendement du secteur sucrier marocain est de plus en plus efficient et meilleur. C’est même un exemple à suivre par les membres de l’OIS dont fait partie le Maroc», avait souligné José Orive, président de l’Organisation internationale du sucre (OIS) lors de la 3e édition de la Conférence internationale du sucre tenue la semaine dernière à Casablanca.

Les professionnels rappellent que cette filière a bénéficié d’investissements importants à hauteur de 1 MMDH durant ces cinq dernières années. Elle est dotée d’un outil industriel composé d’une raffinerie de sucre brut importé, deux sucreries à canne à sucre, 5 sucreries de betterave à sucre. Ce qui assure une capacité industrielle annuelle de 1,65 million de tonnes de sucre blanc, soit une capacité moyenne journalière de 6.500 tonnes. Elle satisfait actuellement 46% des besoins du pays en sucre, réalisant ainsi à 83% l’objectif fixé pour 2020 (55%).

Ainsi, le Maroc s’impose comme un modèle dans la région Mena compte tenu de ses performances encourageantes. D’ailleurs, les prévisions de récolte de la dernière campagne agricole auraient même été dépassées, puisqu’elles ont atteint 556.000 tonnes contre 515.000 prévus. Une performance qui a profité à l’opérateur coté en Bourse, Cosumar. Le titre recommandé «à renforcer» par les analystes de la place, tirerait profit des investissements entrepris au fil des dernières années et qui portent sur l’amélioration de la compétitivité et de la flexibilité de l’outil industriel et l’accompagnement des agriculteurs. Le groupe visait, par ailleurs, un taux de couverture des besoins nationaux de 56% et un rendement à l’hectare de 14 tonnes à l’horizon 2020. Sans oublier le volet export qui représente une réelle source «upside» pour la valeur, comme le définissaient les professionnels d’Upline Securities. Mohammed Fikrat, directeur général de Cosumar, avait annoncé lors de cette conférence avoir exporté un quart de sa production vers une quarantaine de pays en Afrique et dans le bassin méditerranéen en 2018, soit 50.000 tonnes. En effet, une enveloppe de 40 MDH afin de confectionner une raffinerie au port de Yanbu en Arabie-Saoudite. Cette raffinerie d’une capacité de 850.000 tonnes/an vise à la fois l’approvisionnement du marché local saoudien et l’exportation dans la région Mena. «L’état d’avancement des travaux à 70% …Si tout va bien, la production devra démarrer vers fin 2019», a souligné Fikrat.

L’ambition du sucrier est claire : devenir une grande puissance dans la région Mena. Un domaine à fort potentiel pour Cosumar qui se positionne sur un marché en croissance annuelle de 24% et qui rassemble un tiers des échanges mondiaux concernant l’or blanc. En parallèle, Cosumar a intégré le capital de la compagnie maroco-guinéenne de sucre (Comaguis). Ce qui lui a permis de lancer la construction d’une usine en Guinée-Conakry destinée au conditionnement et à la commercialisation du sucre blanc. Cette unité devra entrer en service au cours du troisième trimestre. Sa production est estimée à 50.000 tonnes par an. Ces actions permettront ainsi au groupe de rattraper les arbitrages précédents. Comme le soulignent les analystes de CFG Bank -qui recommandent de conserver la valeur. Selon la banque d'affaires, les revenus 2018 du groupe devraient s’établir à 10,6 MMDH en baisse de 6% impacté par une baisse de 33% du chiffre d’affaires à l’export. Les réalisations de 2019 promettent d'être plus attrayantes.

En outre, les prix internationaux du sucre sont largement influencés par les fluctuations de la monnaie brésilienne (le real), qui s’est raffermie face au dollar des États-Unis. Un real plus fort a pour effet de soutenir les prix du sucre parce qu’il limite les exportations de sucre brésilien sur le marché mondial, les producteurs nationaux transformant la canne à sucre en éthanol destiné au marché local. À noter aussi que la région Mena importe actuellement 75% des exportations brésiliennes de sucre brut. 


Imen Ben Ahmed
Analyste chez Alpha Mena

L’impact de la baisse des cours du sucre brut et raffiné à l’international s’est ressenti sur les indicateurs de Cosumar (Achat avec un potentiel de 24%). Au titre du 1er semestre 2018, le chiffre d’affaires a subi un double effet négatif à la fois au niveau des volumes exportés qu’au niveau des cours du sucre à l’international. Il serait difficile pour Cosumar de dépasser le record enregistré en 2017 pour l’activité à l'export. D’ailleurs, l’Égypte envisage également d’exporter du sucre vers les marchés africains. Dans le cadre d’un accord signé avec le gouvernement égyptien, la raffinerie «Dubai’s Al Khaleej Sugar Refinery» devrait construire un important complexe agro-industriel pour produire du sucre de betterave.  Les plus grands producteurs de sucre de la planète ont fait des récoltes abondantes, face à une consommation en baisse. La production mondiale connait aussi   le retour fulgurant de l'Union européenne. Cosumar affiche un potentiel important de 24%, soutenu   par le rendement en dividende. Le titre est moins cher du point de vue VE/EBITDA et P/E respectivement à 7,48x en 2019 contre 15,5x et à 16,0x contre 24,6x pour ses comparables Mena. Le défi de Cosumar reste la stabilisation de ses marges dans un contexte dominé par les incertitudes aussi bien sur le marché local qu’à l’international. 

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