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Si l’annonce du renforcement du producteur aurifère français Auplata dans le capital de la Compagnie Minière Touissit (CMT) peut motiver certains investisseurs à se positionner sur le titre. D’autres restent prudents à cause des évènements géopolitiques et commerciaux opposant la Chine aux États-Unis. Détails.

Les cartes sont rebattues pour Compagnie Minière de Touissit (CMT) après le vœu du producteur d’or français Auplata de renforcer sa participatoin indirecte dans le capital de la compagnie marocaine. La firme avait annoncé avoir avancé dans son processus d'augmentation de capital au profit de l’opérateur Brexia Gold Plata Peru (BGPP) qui lui a permis de mobiliser 10,5 millions d'euros. Les fonds levés au titre de l'augmentation de capital en numéraire seront exclusivement affectés à l’exercice d’une option d’achat permettant d’augmenter la participation indirecte d’Auplata dans la Compagnie Minière de Touissit , à hauteur de 18,50% de son capital et de ses droits de vote. Rappelons que le groupe français avait, en 2017, acquis pour 4 millions d'euros, une participation de 4,8% dans le capital d'OSEAD Maroc Mining (OMM), qui est le premier actionnaire de la CMT, avec un capital de 38,2 % de participation. Cette acquisition intégrait une option valable 5 ans, qui lui permet dès lors qu'il franchit le seuil de 5% de capital, de lancer une offre d'achat pour contrôler 100% du capital d'OMM).

Une nouvelle rafraichissante pour le marché qui trouvait que les perspectives de croissance de CMT à moyen et long terme seraient très limitées. Et pour cause, le comportement des cours des métaux à l’international. Précieux ou de base, les métaux ont en vu de toutes les couleurs courant l’année 2018. L’or s’est replié de 0,9%, l’argent de 9,8%, le cuivre de 16,9%, le plomb de 21% alors que le cours du zinc s’est creusé de 25,6%. Une tendance qui pourrait perdurer en 2019. Sur le plan des métaux de base, le facteur déterminant reste la Chine. «Tant que ce pays continue à consommer massivement ces produits, leurs cours ne vont pas s’effondrer, malgré la demande atone aux États-Unis et en Europe», pensent certains analystes. Les métaux précieux ont aussi un côté imprévisible. Ballottés entre la hausse du dollar qui en affaiblit la demande et les inquiétudes croissantes des marchés, les investisseurs sont frileux. Du coup seuls les métaux précieux ou ceux nécessaires aux énergies renouvelables sont promis à un bel avenir.

Au niveau national, l’indice sectoriel des mines continue de se distinguer depuis le début d'année, affichant une performance annuelle de 11,76%. Des gains tirés par les progressions des valeurs Managem et CMT. Par ailleurs, Touissit a fait preuve d’une grande résilience face aux mouvements sociaux qui avaient affectés ses revenus à fin 2017. Six mois plus tard, la Compagnie a réalisé un chiffre d’affaires en nette progression de 57,8% à 291 MDH. Le RNPG a, quant à lui, plus que doublé passant de 64 MDH à 133 MDH durant la même période. «Ces réalisations confortent nos prévisions annuelles pour 2018 à travers des taux de réalisation supérieurs à 50% et ce, pour l’ensemble des indicateurs financiers», soulignent les analystes d’Attijari Global Research. D’ailleurs la banque d’affaires avait estimé, (dans sa dernière recommandation datant de septembre 2018), que le titre justifierait une valorisation de 2.100 DH. Or, l’action s’échange actuellement à 1.460 DH. Ces derniers évoquent également la capacité du groupe à assurer un dividende unitaire supérieur à 120 DH, un projet d’investissement à horizon 2020 visant l’augmentation de la production et la réduction des cash-cost ainsi que des fondamentaux solides du plomb à l’international.

Quant aux analystes de CFG Capital Markets, moins optimistes, ceux-ci s’attendent à une hausse de 17% des revenus 2018 de la Compagnie grâce à une croissance des volumes liée à la fin des grèves ayant affecté l’activité pendant 2016 et 2017. La croissance pourrait être, par contre, plus modeste pour l’année 2019, selon ces professionnels. 


Fatma Charfi
Analyste chez Alpha Mena

Le producteur français d’or Auplata a récemment annoncé la création d’une compagnie minière en rapprochement avec un autre opérateur péruvien BGPP. L’augmentation de capital de 10,5 millions d’euro sera allouée à l’exercice d’une option d’achat, permettant à Auplata de renforcer (indirectement) sa présence dans le capital de CMT à travers la société Osead Maroc Mining OMM, qui détient 37% de CMT. Par la suite, la participation indirecte d’Auplata atteindra 18,5% du capital de la minière de Touissit. Cette opération est une bonne nouvelle pour les investisseurs et renforcer ainsi les gains de ce début d’année. D’ailleurs, le titre CMT affiche une hausse de 14,5% YTD. Toutefois, la tendance baissière des cours des métaux, est une source d'inquiétudes. La chute des cours de l’argent, le zinc et le plomb respectivement plus de 5,2%, 22,9% et 19,1% pèsera sur les revenus du minier. Nous tablons sur une baisse du chiffre d’affaires de plus de 6% en 2018 en tenant compte non seulement du contexte prix défavorable mais aussi de l’environnement international incertain. Aux cours actuels, le titre se négocie à 6,67x 2019 VE/EBITDA et 13,8x ses bénéfices contre 14,2x 2019 VE/EBITDA et 26,7x 2019 P/E pour ses comparables.Selon notre modèle, CMT recèle encore un potentiel de 13,2%. 

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