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21-05-2019 09:54

21-05-2019

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Finances

Après avoir bouclé l’année 2018 sur une perte de plus de 8%, les professionnels de la place se tournent désormais vers 2019, espérant que les événements attendus pour cette année puissent dynamiser le marché. Levées prévues du Trésor, émergence de nouveaux instruments de placement, relance du marché boursier... la prudence reste tout de même de mise. Détails.

«Des perspectives mitigées en 2019», annoncent d’emblée les analystes d’Upline Securities. Une hésitation qui survient après un exercice 2018 bouclé sur un retrait de 8,27%, et ce, après deux années de hausse. Plus qu’une normalisation des cours, cette correction s’appuierait, selon les analystes d’Upline, sur un recul de la performance financière des sociétés cotées, dont la masse bénéficiaire s’est délestée de 3,9% au premier semestre 2018. Pour l’équipe de la société de Bourse MSIN, la masse bénéficiaire de la place devrait enregistrer une légère baisse de 2,1% à fin 2018. Celle-ci s’explique d’une part par la faible dynamique économique durant cette période et, d’autre part, par l’évolution défavorable de certains secteurs, notamment les secteurs immobilier, minier et des BTP. À ce stade, et tenant compte de la structure de l’offre et de la demande de titres, «l’année 2019 devrait normalement s’inscrire dans la continuité de la précédente, d’autant plus que les résultats 2018 s’annoncent peu reluisants avec le début précoce de la vague des profit warnings (6 ayant déjà été annoncés)», remarque Upline.

Malgré la tendance baissière enregistrée en 2018, le PER de la place casablancaise reste un peu élevé par rapport à celui des autres Bourses du marché frontière. En chiffres, le PER du marché est estimé à 18,7 fois les bénéfices de l’exercice 2018 contre 20 fois les bénéfices de l’exercice 2017. La cherté du marché est tirée par quelques valeurs de grande capitalisation: c’est le cas particulièrement de Ciments du Maroc (26 fois ses bénéfices) et Managem (30x), dont les pondérations dans le MASI s’élèvent à, respectivement, 4,38% et 0,99% à fin décembre 2018. Le dividend yield de la place devrait, de son côté, tirer profit de la baisse des cours en 2018. En effet, il «devrait continuer à être intéressant en 2019, en tenant compte simplement du maintien d’une politique de distribution de dividendes au même niveau que l’année précédente», déclare MSIN. Et de souligner que «sous l’hypothèse de la stabilisation des taux d’intérêts au même niveau que 2018, le taux de rendement de dividendes devrait rester plus attrayant, notamment en comparaison avec les bons du Trésor de 10 ans». En 2018, les taux des bons du Trésor ont subi une légère «correction» haussière due à une dégradation de la liquidité bancaire conjuguée à une hausse importante des levées nettes du Trésor sur le marché local. Le contexte monétaire national s’est caractérisé par une forte pénurie de liquidité bancaire. En effet, le besoin en liquidité des banques s’est établi, à fin octobre 2018, à 72,3 MMDH en moyenne hebdomadaire contre 55,6 MMDH une année auparavant. Cette aggravation du déficit de la liquidité résulte de la baisse des réserves de change de 4,42%, soit 10,7 MMDH en volume pendant l’année 2018. S’agissant des levées brutes du Trésor, elles se sont établies à 100,6 MMDH à fin novembre 2018, soit une baisse de 5,4% par rapport à la même période de l’année précédente. En 2019, l’orientation du marché dépendra essentiellement du recours de l’État à l’international pour son besoin de financement et de l’évolution du cours du pétrole. «Tenant compte de l’ensemble de ces éléments ainsi que de la sortie prévue du Trésor à l’international, nous supposons que, au titre de l’exercice 2019, les taux d’intérêts devraient rester globalement bas et stables, soit le même niveau qu'en 2018», commentent les analystes de MSIN.

À noter que pour sa première levée 2019, il y a quelques jours, le Trésor avait émis 1 MMDH de bons. Pour l’heure, la demande n’a pas été trop importante puisqu’elle n’avait pas dépassé les 2,53 MMDH. Toutefois, la faiblesse des rendements obligataires, couplée au manque d’alternatives d’investissement, rend le marché très sensible aux bonnes nouvelles qui peuvent remonter le moral des investisseurs. À ce niveau, l’année 2019 pourrait connaître la concrétisation d’un certain nombre d’événements. À cela s'ajoute le déclenchement des opérations de privatisation pour un montant attendu de 5 MMDH. Pour les analystes de MSIN, l’annonce de la privatisation de ces sociétés étatiques devrait booster le marché boursier. Celui-ci devrait afficher une reprise allant de 5% à 10%. Une progression qui sera également portée par l’amélioration de la situation économique en cas de maintien des cours pétroliers à des niveaux bas, et à travers le lancement de nouveaux véhicules d’investissement pouvant contribuer à l’amélioration de la liquidité sur le marché (marché à terme, OPCI, etc). D’ailleurs, 2019 devrait connaître l’arrivée d’un nouvel instrument de placement, l’OPCI. Le cadre fiscal étant de plus en plus attrayant, les OPCI devraient profiter du terrain lors de leur lancement afin d’attirer davantage d’investisseurs. En effet, outre les avantages fiscaux dont profitait l’instrument, la loi de Finances 2019 a accordé aux personnes morales un abattement de 60% des dividendes perçus par les fonds, contre une imposition totale en 2018. 


Perspectives économiques nationales

Les perspectives économiques pour l’année 2019 devraient, selon Upline Securities, être marquées par le renforcement du rythme de progression des activités non agricoles. Est ainsi projetée la poursuite de la montée en puissance des nouvelles activités à forte valeur ajoutée telles que l’automobile, l’aéronautique et l’électronique. Néanmoins, le sentier de croissance des activités non agricoles demeure toujours inférieur à son potentiel d’avant 2008. L’évolution du PIB non agricole reste largement tributaire de la croissance économique au sein de la Zone euro, dont l’activité devrait ralentir en 2019. Parallèlement, l’activité économique nationale aura été altérée, ces dernières années, par le léger regain des déséquilibres macro-économiques. Néanmoins, la perspective d’évolution des cours pétroliers en 2019 à des niveaux historiquement bas pourrait jouer en faveur d’une atténuation des grands déséquilibres, notamment de la balance courante et des réserves de change.

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