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Finances

Malgré un contexte peu favorable marqué par la baisse des ventes du ciment, l’opérateur arrive à tenir tête en enregistrant un résultat opérationnel en hausse contrairement aux revenus du groupe. Une résilience qui conforte les analystes dans leurs recommandations du titre. L’action est «à conserver» dans les portefeuilles.

Encore une année en berne. Le secteur du ciment connaîtra un exercice 2018 du même acabit que l’exercice précédent. «Au vu des chiffres de troisième trimestre, il est peu probable que le secteur puisse se redresser en 3 mois seulement», commente un analyste de la place. La dernière note de conjoncture du ministère de l'Économie et des finances révèle qu’à fin septembre 2018, les ventes de ciment - principal indicateur du secteur du BTP - ont poursuivi leur tendance négative entamée en 2017 mais en décélération. En effet, le volume de ces ventes s’est réduit de 2,7% après un retrait de 4,9% un mois plus tôt et de 4,2% il y a une année tirant profit d’une bonne tenue lors des mois de septembre (+20,1%) et de juillet (+7,8%). Ceci étant, le marché semble à l’affût du moindre signe de reprise dans le secteur puisque les valeurs y afférent restent «à conserver» dans les portefeuilles. C’est le cas de Ciments du Maroc qui obtient les faveurs des analystes malgré un contexte peu favorable. Le secteur en surcapacité pousse les opérateurs à réduire leur régime de production pour pallier la baisse de la demande.

Au terme du premier semestre 2018, les ventes de Ciments du Maroc et de sa filiale Indusaha ont accusé un recul de 2,6% quand la consommation nationale de ciment a enregistré de son côté une baisse de 2,9%. Il en résulte un chiffre d’affaires de 1,9 MMDH en baisse de 4,2% et un bénéfice de 573 MDH en repli de 5%. En revanche, l’EBE s’est inscrit en hausse de 9,3% à 1 MMDH. Une résilience qui conforte les analystes dans leurs estimations. Certains d’ailleurs espèrent que le cimentier continue à faire face à des facteurs conjoncturels peu favorables sur le moyen terme. «Dans le sillage d’un ralentissement du rythme de repli des ventes de ciments au plan national en 2018 et d’une amélioration de l’activité commerciale dans les régions de prédilection de la filiale d’HeidelbergCement Group, en lien avec les efforts de l’État en matière de chantiers d’infrastructures, nous pensons que l’activité commerciale du cimentier devrait reprendre des couleurs sur le moyen terme», soulignent les analystes d’Upline Securities.

Aussi, l’activité du groupe cimentier pourrait s’étendre davantage en Afrique, capitalisant notamment sur son appartenance au Groupe HeidelbergCement qui jouit d’une présence renforcée en Afrique de l’Ouest. Côté bilanciel, le cimentier repose sur une solide assise financière marquée par un important excédent de trésorerie totalisant1,18 MMDH à fin juin 2018, dont il n’a toujours pas fixé le déploiement. «Cela démontre tout de même une capacité à soutenir une hausse durable du dividende», souligne un professionnel de la place. Sur cette base, Upline Securities table sur une croissance annuelle moyenne à l'horizon 2028 de 2,3% du chiffre d’affaire et de 5,3% du résultat net part du groupe. Des arguments partagés également par les analystes d’Attijari Global Research (AGR) qui mettent aussi en avant le retour aux bénéfices de la filiale Suez Cement au premier trimestre 2018. Une situation qui a été soutenue par le redressement progressif de l’économie égyptienne. Après avoir provisionné 1,3 MMDH sur cette filiale, Cimar disposerait in fine, d’un double effet positif. Il s’agit d’une part de la remontée des dividendes et d’autre part d’un potentiel de reprise sur provisions important. Selon AGR, le titre Ciments du Maroc justifierait une valorisation boursière de 1.800 DH (vs. 1.606 DH pour Upline Securities et 1.651 DH pour CFG Markets), équivalente à un rendement du dividende récurrent de 5% et un multiple VE/EBE de 10 fois à l'horizon 2020. CFG, de son côté, anticipe également une augmentation du dividende par action en 2019 pour atteindre un DPA de 62 DH pour l’exercice 2018 et de 65 DH pour l’exercice 2019. Au terme de la séance du 10 janvier, le titre Ciments du Maroc s’échangeait à 1.525 DH. 


Fatma Charfi
Analyste chez Alpha Mena

À l'instar de l'ensemble du secteur du ciment au Maroc, la filiale marocaine d'HeidelbergCement pâtit encore d’un contexte handicapant où les volumes de vente suivent leur trend baissier et la morosité du secteur immobilier continue de peser. En dépit des efforts des autorités notamment par le biais d’incitations fiscales visant à stimuler les ventes de logements sociaux, nous restons sceptiques sur une reprise imminente de la demande immobilière en 2019. Ainsi, la consommation de ciment au Maroc ne devrait pas se redresser cette année. Nous prévoyons une baisse de 2% en 2018 et pas de reprise attendue en 2019. Toutefois, Cimar a fait preuve d’une bonne résilience en maintenant ses marges d’EBITDA à un niveau appréciable autour de 52% durant le premier semestre 2018. La société a vraisemblablement réussi à maîtriser ses charges opérationnelles et ceci en dépit de la flambée des coûts d’énergie. Cependant, le titre n’a pas bien démarré l’année 2019 en accusant une perte YTD de 7,6% due à une conjoncture sectorielle peu favorable (demande en déclin et une surcapacité désormais structurelle). Ciments du Maroc se traite à des niveaux de valorisation moins chers qu’avant (2019 VE/EBITDA à 10,2x contre 11,4x pour ses comparables). Nous sommes à accumuler avec un objectif de cours de 1.650 DH. 

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