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L’Assemblée générale annuelle du Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole (Front) remet sur la table l’option de la nationalisation et entend faire une proposition de loi pour réguler les prix des hydrocarbures. Les détails.

Le lieu de la tenue de l’Assemblée générale annuelle du Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole (Front) est symbolique. La salle publique choisie pour tenir cette rencontre porte le nom du fondateur de la raffinerie marocaine de pétrole, il s’agit d’Abderrahim Bouabid. Dans une des salles de ce théâtre situé dans le quartier populaire d’El Alia, une cinquantaine de personnes se sont donné rendez-vous le 31 octobre dernier pour faire le bilan de l’action de ce collectif associatif et politique menant des actions de plaidoyer «pour sauver la raffinerie de pétrole du Maroc et lutter contre le renchérissement des prix des hydrocarbures». Un an après la création de ce front, ses membres fondateurs «décident de poursuivre leurs actions» avec en ligne de mire deux propositions de loi et la création d’une association pour ester en justice des parties qualifiées «de responsables du naufrage de La Samir».

«Passivité du gouvernement»
Après avoir exposé le rapport annuel d’activité dudit front, le secrétariat national de ce collectif regrette la position «négative du gouvernement marocain en matière de gestion de la crise de la société La Samir et de renchérissement des prix des hydrocarbures», affirme Houcine El Yamani, coordinateur du front. Ce dernier poursuit : «Nous observons l’attitude passive du gouvernement qui se défausse de ses responsabilités et refuse de contribuer à sauvegarder ce joyau de l’industrie nationale comme de préserver les acquis que procure cette industrie au Maroc et aux Marocains».

Pour le front, «le gouvernement, par son attitude, est pleinement responsable des pertes et dommages causés à l’économie nationale, au pouvoir d’achat des citoyens, à l’emploi national, au développement local, aux droits des salariés, aux intérêts des créanciers et aux finances publiques», avance-t-il.

Pour relancer les efforts de sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole, le front lance une campagne pour changer la législation en vigueur dans le secteur. La première démarche est de préparer et de soumettre une proposition en vue de la loi de nationalisation de la société La Samir. «Il est établi que les obligations liées à la privatisation ont été violées», rappelle Mohammed Benmoussa, économiste et membre du secrétariat national dudit front. Et d’ajouter : «Nous avons présenté un mémorandum avec cinq pistes de sorties de crise parmi lesquelles la nationalisation. Nous proposons aussi le scénario de la création d’une société d’économie mixte avec un actionnariat composé d’un major international du secteur, l’État, les banques créancières, les distributeurs marocains d’hydrocarbures et les salariés. La finalité ultime étant de défendre les emplois et le pouvoir d’achat des Marocains».

La piste de la nationalisation nécessitera une mobilisation politique au sein du Parlement. «Pour l’heure, nous avons le soutien des membres de la fédération de gauche démocratique et du groupe de la CDT à la Chambre des conseillers», explique El Yamani.

La deuxième proposition de loi vise «à réglementer les prix des hydrocarbures», soit un retour à la situation qui prévalait avant décembre 2015. Quelles sont les raisons expliquant cette proposition ? «Après avoir constaté des infractions au droit de la concurrence et à la liberté des prix au détriment des droits des consommateurs, du pouvoir d’achat des citoyens et des intérêts des professionnels du transport, nous souhaitons apporter cette proposition de loi», indique El Yamani.

Cette proposition devrait être alignée sur l’avis du Conseil de la concurrence sur le même sujet. Pour mener à bien ces démarches de propositions de loi et entreprendre une bataille juridique devant les tribunaux du royaume, les membres du front comptent créer «l’Association le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole, en conformité avec les lois en vigueur». Un bureau exécutif a été élu, il est composé des membres du secrétariat national. «Les présents lui délèguent les pouvoirs requis pour mettre en œuvre les décisions de l’Assemblée générale et établir le plan d’action annuel visant à poursuivre le plaidoyer et à lutter par toutes voies possibles en faveur de la renaissance de la raffinerie de Mohammédia, de la protection des intérêts et des droits qui lui sont associés, de la lutte contre les prix élevés des hydrocarbures et du démantèlement des bastions de la domination sur le marché national des produits pétroliers», conclut le communiqué du front.

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