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L'égalité femme/homme en entreprise : à quand la fin de la discrimination ? La Toulouse Business School Casablanca pose le débat à quelques semaines de la journée mondiale de la femme le 8 mars.

L’écart entre genres n’est pas seulement un ressenti au Maroc. C’est aussi une réalité dans tous les domaines du monde du travail. Il faut dire que le rendez-vous entre les promesses de la Constitution de 2011 et les nombreuses attentes des Marocaines n’a pas encore eu lieu. C’est en tout cas l’argument qui a été le mieux partagé lors d’un débat organisé mardi 12 février à Casablanca par Toulouse Business School Casablanca dont le thème était : «L'égalité femme/homme en entreprise : à quand la fin de la discrimination?» dans le cadre de son cycle mensuel de conférences. Selon l’ancienne ministre PPS du développement social, de la famille et de la solidarité, Nouzha Skalli, en matière d’égalité hommes/femmes, le Maroc a encore du chemin à faire. «Les femmes ont moins accès aux ressources et au pouvoir, comme on peut le constater avec l’héritage où la femme prend la moitié de l’homme». Les inégalités entre les genres sont également très marquées dans le monde de l’entrepreneuriat.

Selon Nouzha Skalli, «pour accéder aux crédits, certaines Marocaines sont obligées d’utiliser des noms d’emprunt de Marocains parce que les femmes aux jeux des banques n’inspirent pas confiance». Résultat, seulement 10% des entrepreneurs au Maroc sont de sexe féminin alors que les femmes actives au Maroc restent encore très minoritaires, a regretté pour sa part la juriste Wassila Kara-Ibrahimi.

«Deux personnes sur dix (2/10) qui travaillent au Maroc sont des femmes alors que nous sommes 50% de la population», a affirmé la fondatrice dirigeante de Bil Consulting soulignant que ces chiffres sont alarmants et devraient servir d’alerte parce que l’espace de travail de la gent féminine est en train de se réduire comme peau de chagrin.

«Nous avons un frein, un système patriarcale qui veut que la femme reste toujours à la maison. On a beau être docteur dans un domaine pointu, notre rôle selon la société marocaine se limite à s’occuper des travaux ménagers», s’indigne Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié.

Et pourtant, contrairement à ce qu’on pourrait penser, les femmes ne refusent pas l’émancipation. Au contraire, elles aspirent à plus de responsabilités et de pouvoir et d’ailleurs, figurez-vous qu’au Maroc malgré les discriminations dont sont victimes les filles pour accéder à l’école, 50% des diplômés de l’enseignement supérieur sont du sexe féminin. Ce chiffre est encore plus révélateur dans les métiers modernes où les femmes excellent plus que les hommes, notamment dans les domaines du marketing et du digital. En médecine dentaire, 76% des diplômés sont des femmes. Malheureusement, malgré toute cette volonté d’émancipation, les Marocaines restent toujours marginalisées dans les recrutements au profit des hommes et lorsqu’elles arrivent à obtenir un emploi, les femmes occupent généralement des postes à responsabilités très bas et/ou perçoivent des salaires en-dessous de leurs compétences, ce qui fait que dans la région Mena, le Maroc est encore très loin de faire figure de proue en matière de parité. Selon un rapport du World Economic Forum (Global Gender Gap 2017), le royaume occupait en effet la 136e place en 2017 contre la 137e en 2016 dans la zone (MENA). Un petit gain certes mais les inégalités entre les genres restent encore béantes quand on sait que les écarts de salaires entre les hommes et les femmes sont de l’ordre de 17% de moins pour les employés de sexe féminin. Une injustice «sociale et économique» dont les conséquences sur l’économie marocaine sont terribles. Le coût de la discrimination des femmes est estimé à 575 milliards de dollars dans la région Mena et pourtant il existe des mécanismes juridiques qui répriment cette mauvaise pratique néanmoins les cas de jurisprudence sont encore très minimes comparés aux préjudices. Allez comprendre ! 


Wassila Kara-Ibrahimi
La fondatrice dirigeante de Bil Consulting
Deux personnes sur dix (2/10) qui travaillent au Maroc sont des femmes alors que nous sommes 50% de la population.

Nouzha Skalli
Ancienne ministre PPS du développement social, de la famille  et de la solidarité
Pour accéder aux crédits, certaines Marocaines sont obligées d’utiliser des noms d’emprunt de Marocains parce que les femmes aux jeux des banques n’inspirent pas confiance.

Nabila Mounib
Secrétaire générale du Parti socialiste unifié
Nous avons un frein, un système patriarcal qui veut que la femme reste toujours à la maison. On a beau être docteur dans un domaine pointu, notre rôle selon la société marocaine se limite à s’occuper des travaux ménagers.

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