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Chaque partie campe sur ses positions. Saïd Amzazi qui défend le nouveau système de recrutement ne compte pas dialoguer avec la coordination des enseignants contractuels mais entend discuter le dossier avec les syndicats les plus représentatifs. S’achemine-t-on vers une impasse ?

Tout dialogue avec la coordination des enseignants-cadres des académies est exclu par le gouvernement, du moins pour le moment. Saïd Amzazi, ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique est on ne peut plus catégorique sur ce point. Il entend régler le dossier avec les syndicats les plus représentatifs. En l’absence d’un contact direct entre les deux parties, le problème risque de durer et d’impacter de plein fouet le déroulement de l’année scolaire. Ces enseignants constituent aujourd’hui une force numérique. 55.000 contractuels exercent actuellement aux quatre coins du Maroc et lors de la prochaine rentrée scolaire, ils vont atteindre 70.000 soit environ le quart du corps enseignant. En dépit des arguments de l’Exécutif pour défendre le système actuel de recrutement et le nouveau statut, les enseignants contractuels ne veulent rien entendre et brandissent la menace d’une grève ouverte. Une seule doléance au cahier revendicatif : être insérés dans la fonction publique. Une requête qui semble, pour le moment, impossible. Le gouvernement ne compte pas se rétracter sur le nouveau système qu’il veut dupliquer au niveau d’autres secteurs, à commencer par la santé. Ce choix «irréversible» est justifié par la mise en œuvre de la régionalisation avancée et la déconcentration administrative.

Comment le gouvernement compte sortir de cette impasse ?
L’Exécutif mise visiblement sur la communication pour mettre fin à ce mouvement de grève jugé «injustifié». «On compte leur expliquer qu’ils ont tort», souligne le ministre de l’Éducation nationale en réponse à une question des Inspirations ÉCO. Amzazi tient à préciser que les enseignants des académies et ceux du ministère ont les mêmes droits et devoirs et qu’ils gagneraient à signer l’avenant à leur contrat initial pour qu’il soit intégré dans l’actuel système régi par le nouveau statut. Cette signature est obligatoire pour continuer de percevoir les salaires (promotion de 2016) et pour être titularisés après le passage de l’examen professionnel.

Dans plusieurs académies, les salaires des enseignants de la promotion de 2016 ont été suspendus. Techniquement, la signature de l’avenant, deux ans après la signature du contrat, s’impose pour que les trésoriers payeurs continuent le versement des salaires. Les protestataires dénoncent le recours à ce moyen de pression et n’hésitent pas à faire miroiter le spectre d’une année blanche. Les syndicats sont appelés à entrer en ligne pour apaiser les esprits mais on ne s’attend pas à des miracles à ce niveau là au vu de la crise du syndicalisme au Maroc qui est en perte de vitesse. Les coordinations dans tous les secteurs ne cessent en effet d’être de plus en plus fortes contrairement aux syndicats. Le rapprochement des positions des deux parties s’impose. En tout cas, l’Exécutif ne compte pas céder et faire marche arrière concernant la réduction de la masse salariale dans la fonction publique. Les enseignants contractuels sont appelés à lâcher du lest sur leur principale et unique doléance et à se concentrer plutôt sur la réforme de leur statut. Le ministre de l’Éducation nationale vient de réitérer l’engagement du gouvernement à améliorer le statut des cadres enseignants des académies. Amzazi ne s’est pas prononcé lors du point de presse qu’il a tenu mercredi dernier sur les points qui seront amendés. Mustapha El Khalfi a insisté, la semaine dernière, sur deux points : le droit à l'accès au concours des inspecteurs et la suppression de la clause vertement critiquée ayant trait au licenciement sans préavis ni indemnité. Même le mot «contractuels» devra disparaître dans la réforme en vue. Il restera l’épineuse question de la retraite des enseignants contractuels qui ne bénéficient pas de la Caisse marocaine des retraites (CMR) comme c’est le cas des fonctionnaires mais sont plutôt soumis au RCAR (Régime collectif d’allocation de retraite). Ce dossier devra être réglé dans le cadre de la réforme globale du système de retraite visant la mise en place d’un système bipolaire, selon le porte-parole du gouvernement.

S’agissant de la question de la stabilité, le ministre de l’Éducation nationale se veut rassurant : la réforme escomptée de l’enseignement ne pourra pas aboutir sans la garantie de la stabilité des enseignants. Toute décision devra être prise dans le cadre d’une commission dans laquelle ces cadres sont représentés. Les clauses disciplinaires qui figurent dans le statut des cadres enseignants des académies sont les mêmes appliquées aux fonctionnaires du ministère, tient-on à préciser. D’ailleurs, chaque année, le nombre des fonctionnaires suspendues au ministère pour abandon de poste est de 400 alors que le nombre des contrats résiliés entre 2017 et 2019 est de deux seulement. 


Le recrutement en masse, une nécessité

Le recours au système de contractualisation en 2016 a été dicté par l’impératif de résorber le déficit en enseignants et régler la problématique de la saturation des classes. Le nombre des postes budgétaires consacrés chaque année au secteur ne permettait pas de combler le déficit qui ne cessait de se creuser en raison des départs à la retraite mais aussi le départ volontaire lancé au milieu des années 2000. Une opération qui a asséné un coup de massue au secteur. Les besoins en recrutement ne cessent de croître. À l’horizon 2030, le système d’enseignement connaîtra le départ à la retraite de quelque 92.258 enseignants. À ce chiffre s’ajoutent quelque 30.810 enseignants qui bénéficieront de la retraite anticipée. Pour la mise œuvre de la réforme, les besoins entre 2019 et 2030 sont de 206.096 enseignants. On s’attend à ce que le taux de renouvellement soit de 80% du total du corps enseignant à l’horizon 2030.

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