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Entré en vigueur en 2003 au Maroc, le système LMD (Licence-Master-Doctorat) a fait couler beaucoup d’encres. L’ISGA appelle les responsables du secteur à repenser cette réforme suivant une démarche participative avec l’ambition de démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur et dépasser les dysfonctionnements auxquels il fait face.

L’Institut supérieur d’ingénierie et des affaires (ISGA) a organisé, le 20 juillet, un workshop autour du thème «Le système LMD au Maroc et les défis de la poursuite des études», auquel des journalistes ont été conviés à analyser le bilan dudit système en la présence de Mohammed Diouri, fondateur d’ISGA, Khalid Benzakour, directeur général et directeur R&D de l’école, et Nabil Cherkaoui, directeur ISGA Casablanca. 

Système LMD, la réforme du IIIe millénaire 

Le LMD est l’acronyme d’une réforme de l’enseignement supérieur qui structure le système en trois grades de diplômes : Licence (Bac+3), Master (Bac+5) et Doctorat (Bac+8). D’après Daniel Franck Idiata, «il s’agit d’une nouvelle architecture de l’enseignement supérieur qui répond à la volonté de construire un Espace européen de l’enseignement supérieur (EEES) entre les pays membres de la communauté, facilitant ainsi la mobilité des étudiants en Europe et assurant la reconnaissance mutuelle des diplômes européens, permettant de mettre en cohérence les différents systèmes nationaux».

 Après son entrée en vigueur en Grande-Bretagne en 2000, en France en 2002, le Maroc s’est trouvé obligé d’entreprendre sa réforme universitaire en 2003 afin de réduire l’hétérogénéité de ses établissements d’enseignement supérieur, de répondre aux standards internationaux et permettre aux étudiants marocains une mobilité à l’échelle nationale qu’international. 

Le secteur privé reconnu 

Réussir la réforme LMD au Maroc est tributaire d’un engagement des deux secteurs, public et privé en l’occurrence. Ainsi, et pour la première fois, l’enseignement supérieur public est mis sur le même pied d’égalité que son homologue privé, faisant de ce dernier un partenaire loin de toute démarche concurrentielle. D’ailleurs, l’article 1er de la loi 01-00 portant sur l’organisation de l’enseignement supérieur au Maroc le mentionne que «l’enseignement supérieur comprend l’enseignement supérieur public et l’enseignement supérieur privé».

«Désormais, l’enseignement supérieur public et l’enseignement supérieur privé sont indéniablement complémentaires. Les acteurs de l’enseignement dans le secteur public et privé devraient le comprendre. Ils devraient par conséquent œuvrer de concert pour améliorer la qualité des formations et relever le grand challenge de l’enseignement au Maroc, car ce n’est qu’à cette condition qu’on pourra arriver à ce que notre pays puisse donner de son système d’enseignement une image valorisante», souligne Mohammed Diouri, fondateur de l’ISGA. 

Focus sur les difficultés du nouveau système 

La réforme LMD au Maroc n’est pas une pure réussite, c’est ce qui a fait écho lors de ce workshop. En fait, la philosophie même de ladite réforme veut que l’étudiant, une fois intégré au système, puisse avoir la possibilité d’«aller jusqu’au bout». Cependant, le nombre d’étudiants licenciés est en constante évolution alors que les places et offres des parcours dans les filières Masters sont limitées dans le secteur public. En même temps, «le secteur privé n’accueille que 4 à 5% des étudiants du cycle supérieur. Cela est dû à l’incapacité d’une grande partie d’étudiants de financer leurs études au niveau des établissements d’enseignement privé», explique Khalid Benzakour, directeur général de l’ISGA.

En plus, la massification universitaire et le passage d’un système de validation annuelle à un système de validation par modules nécessite, selon Mohammed Diouri, le déploiement des moyens financier, logistique, technologique et humain considérables, «on ne peut pas parler du système modulaire quand on manque de moyens», a-t-il martelé. Ce manque de moyens rend difficile, voire même impossible, l’intégration des modules optionnels permettant aux étudiants de développer les soft skills et choisir des modules qui riment avec leurs compétences et centres d’intérêt. 

Enfin, selon les hauts responsables de l’ISGA, la loi 01-00 est obsolète et doit être repensée suivant une démarche consultative et participative. Cette nouvelle réforme doit faire profiter le système d’enseignement supérieur des avancées technologiques et des nouvelles pratiques en vigueur dans les pays développés. Elle doit, en plus, réglementer la formation continue ainsi que la formation par alternance, et institutionnaliser la formation à distance pour participer à la démocratisation de l’accès de tous les citoyens à l’enseignement supérieur. N’est-il pas vrai que cela est un droit constitutionnel ?

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