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Le gouvernement a-t-il une stratégie de lutte contre la corruption? La réponse est affirmative, et un travail de fond se fait dans l’ombre. Mais pourquoi l’Exécutif ne fait-il aucun effort pour détailler aux Marocains sa feuille de route? Car si, aujourd’hui, le sport national numéro un consiste à tout dénigrer sans modération aucune, c’est que les institutions, de par leur mutisme, alimentent la rumeur et donnent libre cours jusqu’au mensonge. Je sais qu’à l’intérieur de la primature, une cellule scrute les médias et les réseaux sociaux pour lever le voile sur des affaires afférentes à la corruption. Une démarche qui a permis d’en démasquer pas mal et a donné lieu à des procès avec des peines de prison ferme. Nul n’ignore que ce genre d’informations ne plaisent pas et ne créent aucun buzz, mais qu’à cela ne tienne! Car à force de tout descendre, un train qui arrive à l’heure devient une information intéressante.

Aujourd’hui, le gouvernement a procédé à la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption à travers la création de la Commission nationale anti-corruption et l’élaboration du premier rapport national en la matière. C’est un travail de fourmi que certains cadres de la primature sont en train d’effectuer. Mais qui a eu vent de cette stratégie nationale, de cette commission ou même de l’Instance de probité et de lutte contre la corruption? Testez les Marocains, tendez-leur un micro dans la rue; vous serez surpris par ce que vous entendrez.

De plus, une lutte anti-corruption ne peut réussir sans l’implication du citoyen par le biais d’une démarche de partage. Mais à quoi servent les médias publics sinon à relayer ce genre d’informations, à contribuer à l’adhésion du public à ce genre d’initiatives et à jouer son rôle de sensibilisation? C’est le minimum requis pour un service public. Commençons donc cette campagne en dénonçant les corrupteurs et les corrompus par le procédé de «name and shame»...