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L’accord signé entre le Maroc et la Grande-Bretagne est un signal fort sur la nouvelle portée de la diplomatie économique. Un créneau qui n’est pas que du ressort de l’État, car le Brexit concerne l’ensemble du tissu économique marocain, et ses retombées toucheront et l’entreprise, et l’État dans son ensemble. Il faut juste rappeler la part de marché de certains produits marocains en Grande-Bretagne pour s’en rendre compte. 60% pour les sardines, 25% pour les tomates, 20% pour les agrumes, 19% pour les olives, 11% pour l’huile d’olive, etc. Qu’ont fait nos exportateurs pour anticiper cette nouvelle donne qui va chambouler le commerce en Europe? Et quel est le rôle de la CGEM pour soutenir ses membres opérant dans l’agro-industrie? En tout cas, le Royaume-Uni est aujourd’hui un espace ouvert à toutes les possibilités.

Les parts de marché des produits marocains sus-cités sont encadrées par l’accord d’association entre le Maroc et l’Union européenne. Une fois le Brexit effectif, d’autres concurrents investiront le marché britannique en quête de débouchés; s’ensuivra un véritable combat pour la compétitivité car le Maroc n’a pas le monopole de l’orange, de la tomate ou de l’olive. C’est donc un tournant qu’il faut savoir négocier. Ou on améliorera nos parts de marché, ou on cédera du terrain à de nouveaux entrants. Tout dépendra de notre capacité à anticiper et à améliorer notre rapport qualité/prix. Il y a quelques jours, j’ai suivi ce même débat sur une chaîne tunisienne où des exportateurs de ce pays se disaient prêts à conquérir le marché britannique avec l’appui de leur gouvernement en jouant même la carte du processus démocratique post-révolution du Jasmin.

La diplomatie marocaine a certes joué le jeu en n’attendant pas l’application effective du Brexit pour agir, mais, sur le terrain, tout dépendra de la réactivité de nos opérateurs économiques du secteur privé. Dans le business, il n’y a guère d’acquis ou de sentiments, il n’y a qu’un concours d’intérêts.