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05-12-2019 14:15

Achraf Hakimi demande la main de Hiba Abouk

L'actrice espagnole d'origine tunisienne, Hiba Abouk et le footballeur marocain, Achraf Hakimi,…
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Le Maroc n’est pas un pays de football et ce ne sont pas ses performances et son nombre de licenciés qui contrediront cet état de fait. Paradoxalement, c’est le sport national qui draine la quasi-totalité du financement public. En effet, 400 millions de dirhams sont alloués, annuellement, à la FRMF pour pratiquement zéro résultat et l'absence d’une vision stratégique. L’enquête publiée en pages 16 et 17 plonge dans les dysfonctionnements de tout un système. Cependant, on est en droit de s’interroger sur cet intérêt démesuré de l’État face à un sport en quasi-faillite alors que d’autres disciplines réalisent de bonnes performances dans une marginalisation totale. En voici des illustrations. Il y a quelques semaines, le champion Lahcen Ouiddar a été élu meilleur chevalier du monde en 2015 par la Fédération internationale des sports équestres sans qu'aucun responsable ne lui adresse même un message de félicitations. Tout au long de l’année écoulée, les cyclistes marocains dominaient en long et en large l’Afrique, qualifiant au passage quatre cyclistes aux Jeux olympiques avec une misère comme budget. Hind Jamili est une jeune expatriée qui représentera le Maroc aux prochains JO dans la très compliquée discipline du kayak, alors qu’on ne lui paye même pas un billet d’avion pour ses déplacements de préparation ! Et récemment, tous les Marocains ont découvert dans quelles conditions s’entraînait Mohamed Rabii qui, pourtant, a remporté le Championnat du monde de boxe. Ce sont des disciplines et des champions qui méritent cet argent public, ne serait-ce que pour services rendus à l’image du pays. À bon entendeur…

Il y a des vérités qui font mal mais qui peuvent servir pour construire l’avenir en s’attelant sur le respect de certains principes. Le dernier passage de Mohamed Ziane sur la TVM était très révélateur, en dépit du poids très moyen de sa formation politique. L’homme a clairement dit qu’il dira tout haut ce que la majorité murmure tout bas. Ainsi, il a tiré à droite et à gauche mais a relevé certains points qu’aucun parti n’a pu franchir. Nous avons trois exemples. Primo, l’intérêt grandissant de la Cour des comptes à la finance de 33 partis politiques, qui se partagent quelque 60MDH, et c’est son rôle. En revanche, cette même cour regarde ailleurs quand il s’agit de gros bonnets publics monnayant des dizaines de milliards de dirhams ! On peut citer des exemples flagrants que les salons casablancais et rbatis se relayent à débattre depuis belle lurette. Driss Jettou gagnerait donc à revoir ses priorités. Secundo, la démission de l’État d’un certain nombre de services publics. L’exemple le plus récent est la délégation du paiement de la vignette au privé, acculant le contribuable à payer le coût de ce service. Sous d’autres cieux, cela aurait été assimilé à un scandale. Tertio, l’État, encore une fois, se substitue aux opérateurs télécoms pour endosser la responsabilité des restrictions opérées sur des services gratuits cherchant un gain indu. Moralité de l’histoire, la politique a besoin d’hommes politiques qui savent traduire le désarroi du citoyen lambda sans aucun populisme ni démagogie. Un exercice de plus en plus rare.

La politique des villes sans bidonvilles est comme un verre à moitié plein... ou vide. Sous Taoufik Hjira, un programme intégré à été adopté pour rendre leur dignité aux locataires des habitats insalubres. Une initiative qui n'a pas pu être menée à terme en raison d'une entrave principale qui continue à freiner cet ambitieux programme sous Nabil Benabdallah. Il s'agit de l'implication sans détour du ministère de l'Intérieur, car c'est bien ce département qui tient les rênes de la mise en œuvre de cette stratégie. Le ministère de l'Habitat ne fait qu'élaborer la politique générale dans ce sens, mais c'est au département de l'Intérieur que revient le travail ingrat. Sonder les bénéficiaires, déloger les réfractaires, superviser le relogement des familles, contrôler les dépassements des agents de l'autorité, etc. En somme, n'importe quel ministre de l'Habitat, quelle que soit sa bonne volonté, ne pourra avancer d'un iota si son homologue de l'Intérieur n'est pas investi de la même ferveur. En d'autres termes, c'est une question de gouvernement, et le principal responsable demeure le chef de l'Exécutif, qui est le seul à pouvoir exiger de l'Intérieur une totale implication. Seulement, sur le terrain, est-ce le cas? Rien n'est moins sûr car les mêmes pratiques, qui plombaient les efforts de Hjira, freinent l'engagement de Benabdallah. Moqaddems, cheikhs et autres agents de l'autorité continuent à y régner en maîtres, notamment en périodes électorales où la destruction de bidonvilles cohabite avec les constructions nocturnes d'habitats destructeurs de dignité humaine. Et tant que passivité et impunité remportent la bataille, on continuera de rêver.

C’est fait, Ilyas El Omari est secrétaire général du PAM. C’est de bon augure dans la mesure où ce parti met fin à une ambiguïté qui l’a accompagné depuis sa création. C’est un poste à haute symbolique politique, car le secrétaire général d’un parti est potentiellement chef de gouvernement après les prochaines élections, ce qui requiert une qualité première, à savoir la transparence de l’engagement direct dans l’acte politique. Les Pamistes ont fait leur choix et l’assument. Ils assurent qu'El Omari est l’homme de la situation, comme l’a confirmé Fatima-Zahra Mansouri, élue présidente du Conseil national. Il faut féliciter le PAM pour avoir réussi le pari de la parité, ce qui fait de lui un parti modèle concernant cet aspect qui rencontre encore une résistance au sein des partis du mouvement national, dont ceux qui prônent la modernité comme socle de leur engagement. Maintenant, le PAM aura pour pari de se défaire de tous les stéréotypes qui plombent son image et sur lesquels surfent ses adversaires. Sa réussite dépendra de sa rupture vis-à-vis d’une politique de détournement de notables qui l’a souvent mis dans la ligne de mire des partis politiques et a même provoqué un certain isolement. Les dernières élections sont là pour témoigner de la riposte de ses principaux alliés, à savoir l’Istiqlal et l’USFP. El Omari sait pertinemment, de par son intelligence politique, que ce pari ne pourrait pas être gagné par une logique d’affrontement, d’où la priorité, dans le document politique, réservée à l’intérêt de la nation.

On l'a répété à plusieurs reprises : l'affaire des enseignants stagiaires requiert raison et sagesse. Ni ces enseignants, ni le gouvernement n'ont intérêt à s'engager dans un bras de fer qui, au final, laisserait des stigmates. Cela, d'autant plus que certaines forces politiques, affichées ou à peine voilées, ne cachent pas leur opportunisme en poussant vers une logique d'affrontement plutôt que vers un dialogue constructif. On comprend bien l'élan de solidarité par des mouvements et courants politiques qui prônent la liberté d'expression, mais l'on déplore les tentatives qui visent à monter la sauce ! Comme dans le dossier des étudiants médecins, on disait que le gouvernement n'aurait pas dû faire valoir le principe de rétroactivité dans sa décision de revoir à la baisse la bourse des enseignants stagiaires. Car, il n'est point logique d'entamer une formation sur la base d'une bourse à 2.450 DH, pour se la voir amputée de moitié. Nous le ressassions pendant des mois, n'importe quelle réforme requiert la postériorité et non la rétroactivité et puis, ce n'est pas cette coupe sur la bourse de dix mille stagiaires qui réconfortera les finances de l'État. Cette mesure doit prendre effet à partir de la prochaine rentrée pour les nouveaux enseignants stagiaires qui intégreront alors ce cycle en connaissance de cause. S'agissant de l'embauche, il est clair que tous les Marocains doivent comprendre, une fois pour toutes, que le recrutement direct est révolu et que seule la méritocratie est prise en compte. Il faut enfin se féliciter que la raison commence à s'imposer face à la logique de l'épreuve de force, n'en déplaise aux nihilistes ! 

La Cour des comptes vient de publier son rapport d'audit, portant sur l’utilisation des fonds de subvention de l’État réservés aux partis politiques. De facto, l’on constate que 93% des fonds distribués ont été utilisés à bon escient, ce qui est en soi un bon score. Deuxième satisfecit tiré de cet exercice: les grandes formations politiques s’appliquent, quant aux règles en la matière, et la majorité des constatations des auditeurs de Jettou concernent de petits partis dont les structures administratives sont approximatives. Mais au-delà des chiffres et des constats, il faudrait plonger dans le fin fond de cette logique de subvention. Est-elle réellement nécessaire? Les critères d’octroi sont-ils équitables? Y a-t-il un cahier des charges qui engage les partis à s’acquitter de leur mission continuellement ? Car sur les 36 partis qui existent aujourd’hui au Maroc, force est de constater que seule une dizaine est dynamique. Les deux tiers des formations politiques peuvent être assimilés à des boutiques électorales que l’on ne voit que sporadiquement à quelques semaines des grandes échéances. Il faut reconnaître que la responsabilité de l'État est aussi engagée pour avoir été passif face à ce genre de pratiques où la politique est assimilée, par certains, à un opportunisme aussi flagrant que scandaleux. C’est pourquoi, si les conclusions du rapport de Jettou confortent globalement les partis dans la transparence de leur gouvernance, l’acte politique risque d’être biaisé par des partis sans identité, et encore moins dotés d’objectifs ou de finalité. 

En juillet 2015, les Inspirations ÉCO titrait : «48 tonnes de cannabis saisies en Espagne : une affaire embarrassante». L'on se rappelle que la presse ibérique avait crié au scandale et que les autorités espagnoles avaient invité la presse mondiale pour apprécier l'ampleur du «butin». Le Maroc avait promis d'ouvrir, illico presto, une enquête pour mettre en lumière les différents niveaux de responsabilité. Depuis, sept mois se sont écoulés dans un black-out total et sans que personne ne s'inquiète de ce silence ! Curieux, car c'est quand même la plus grosse prise espagnole de drogues d'origine marocaine, ayant déjoué le dispositif draconien de contrôle au port Tanger Med, de l'histoire. Hier, la presse espagnole s'est fait l'écho d'une mafia qui transporte le cannabis des terres marocaines vers le sud de l'Espagne, à bord d'hélicoptères, évoquant l'arrestation d'un pilote ukrainien dans un assaut de la Guardia civil. Du côté du Maroc, on attend toujours une réaction à cette information lourde de retombées sécuritaires, car il en va de la protection de l'espace aérien marocain. En somme, il y a lieu de rappeler que le socle de la Constitution est la reddition des comptes, qui n'a pas été actionnée par le gouvernement dans l'affaire précitée. À défaut d'appliquer, à la lettre, les termes du texte suprême, Benkirane pourra continuer à promettre aux Marocains de combattre la gabegie, la prévarication et la corruption, conformément à un plan à l'horizon 2025.

Le satisfecit exprimé au Maroc quant à la position suédoise concernant l'affaire du Sahara doit être nuancé. Et pour cause, le rapport intégral, établi par Frédéric Florin, n'a pas été publié au Maroc et seuls certains extraits ont été diffusé dans les médias nationaux. Or, pour bien cerner cette affaire, il faudrait voir la vérité en face. On le disait dans le numéro du week-end, il y a bel et bien un cafouillage dans ce dossier et les Marocains gagneraient à ne rien lâcher et surtout ne pas crier victoire très tôt. Et cette vérité commence par une lecture attentive, sereine et surtout pas tronquée du texte intégral du rapport de Florin que Les ÉCO publie en exclusivité (page 27). Oui, l'ambassadeur suédois à Tunis et Tripoli écrit, noir sur blanc, que «les conditions de reconnaissance de la RASD ne sont pas remplies ....». Et d'ajouter que «moins de 40 pays, seulement, reconnaissent le Polisario et plusieurs pays ont retiré leur reconnaissance». Cependant, le revers de la médaille et le non-dit de ce rapport, c'est le passage dans lequel il est explicitement dit que «la Suède devra continuer à soutenir le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination ainsi que les efforts de l'ONU visant à trouver une solution via les négociations...». Autant dire qu'il s'agit d'un rapport qui souffle le chaud et le froid et qui requiert du Maroc un maximum de vigilance. Certes, le gouvernement de la Suède a adopté la partie qui renvoie une éventuelle reconnaissance de la pseudo-RASD aux calendes grecques, mais notre pays doit prendre en considération la fragilité de la coalition au pouvoir à Stockholm. Vigilance, vigilance....!

Le congrès du PAM est un virage historique, à plus d'un titre. Primo, le parti, contrairement à plusieurs autres formations politiques, ne redoute pas les effets d’une année électorale pour réélire ses instances dirigeantes.

Secundo, il met sur la table une question cruciale ayant trait au bien-fondé du projet politique qui guide cette formation. Tertio, il essaye de taire, une fois pour toutes, les préjugés publics liés à la naissance et aux desseins de ce parti.

Dans cette ambiance, l’on remarque une certaine tergiversation marquée, à quatre jours du congrès, par un flou inquiétant autour des candidatures. Ainsi, Mustapha Bakkoury et Ilyass El Omari ne se prononcent pas, et aucun autre candidat potentiel ne se manifeste! En revanche, des critiques tiraillent les rangs des PAMistes. Deux ténors du parti, Hassan Benaddi et Abdellatif Ouahbi, préférent ouvertement Bakkoury à El Omari.

Le premier se contredit, de manière flagrante, quand il recommande à Akhchichen et à El Omari de se concentrer sur les régions qu’ils président, ignorant, au passage, que la plus grande région du pays est présidée par Bakkoury qu’il plébiscite. Le second plaide pour la démocratie au détriment du tribalisme! Une formule qui renvoie vers le débat identitaire qui prévaut au sein du parti.

Tout cela pèse sur l’ambiance générale d’avant-congrès, et d’aucuns, au sein du parti, parlent déjà d’un statu quo qui garderait Bakkoury à la présidence, avec El Omari comme adjoint. Question de passer l’exercice électoral dans les meilleures conditions et sans fissures internes.    l

Même en pensant avoir raison, on peut se tromper ! C’est le cas du gouvernement, qui paraît toujours en communication de crise au lieu d’anticiper l’impact. On l’a vu dans le dossier des étudiants en médecine ; le revoilà maintenant dans le dossier brûlant des enseignants stagiaires. Pourtant, l’issue est toute simple. Il faut éviter d’«agir en épée de Damoclès» à chaque fois. Ni la loi, ni la logique ne plaident pour l’exécution, illico presto, des décisions. On le disait quand Louardi présentait le projet de service obligatoire, qu’il voulait appliquer dès la rentrée universitaire et on le répète aujourd’hui dans le dossier des enseignants stagiaires. Il fallait annoncer l’application des deux décrets pour la prochaine rentrée, soit septembre 2016 car le principe et le fond du sujet donnent raison au gouvernement, mais ce dernier a été extraordinairement desservi par le passage direct à l’acte. Le résultat est cette solidarité presque unanime avec leur cause, sans que le commun des mortels ait pris connaissance du bien-fondé des revendications. Aujourd’hui, la sagesse voudrait qu’une annonce gouvernementale reporte l’exécution de cette décision d’une année et éteigne ce feu qui menace d’embraser la sérénité du pays. In fine, la même logique, qui a renvoyé le démarrage de la réforme de la retraite à 2017, pouvait bien prévaloir, pour ce chaud dossier. Enfin, on ne peut pas gouverner un pays en jurant chaque fois «sur sa tête» de ne pas revenir sur telle ou telle décision. La politique, c’est de la souplesse, de l’intelligence et beaucoup de sagesse.

On a tendance à oublier rapidement... Il y a trois mois, tout le Maroc s'est mobilisé suite à une tentative de reconnaissance de la pseudo-RASD par la Suède. Moins de 100 jours après les tractations politiques, diplomatiques et économiques des suites de l'affaire précitée, que reste-t-il de celles-ci ? On n'en entend presque plus parler, alors que le dossier est loin d'être clos. On s'attendait à une nomination, par les Affaires étrangères, d'un ambassadeur connaisseur de la région, de la mise en place d'un pont diplomatique entre partis et parlementaires et, pourquoi pas, de contacts entre les ONG des deux bords. Il n'en est rien ! Mis à part les deux délégations partisanes dépêchées en catastrophe en septembre, c'est le black-out total. Entre-temps, le lobby pro-Polisario a activé ses connexions en infiltrant partis et médias. Déjà, la position de la Suède, favorable à un pourvoi en appel relatif au verdict du tribunal européen, a été décriée par les courants pro-séparatistes. Ces derniers font tout pour faire pencher la position officielle de Stockholm vers un endoctrinement séparatiste sans qu'il y ait le moindre contrepoids des amis du Maroc. À Rabat, on semble, en effet, oublier que la Suède attend, dans les semaines à venir, le rapport de son ambassadeur à Tripoli sur l'affaire du Sahara. Hormis une visite de Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des députés, prévue la semaine prochaine, personne ne bouge le petit doigt ! Au même moment, les pro-Polisario gagnent du terrain dans les médias et manipulent leurs pions dans certains partis (voir pages 6&7), comme le décrypte pour vous notre correspondant des ÉCO,  à Stockholm.

L’État marocain a commis une erreur monumentale en privatisant la Samir et en mettant le monopole d’un secteur stratégique entre les mains des étrangers. Ce sont les propos, on ne peut plus clairs, du chef de gouvernement devant la Chambre des conseillers. Ce n’est certes un secret pour personne, mais c’est la première fois qu’un haut responsable marocain reconnaît que cette privatisation était inutile puisque la société était rentable et surtout assumait un rôle capital dans la sécurité d’approvisionnement du marché local. Le reste des péripéties de ce mauvais feuilleton est connu de tous, avec à la clé un ministre qui privatise ce qui était jadis un fleuron de l’industrie marocaine pour passer tout de suite après aux commandes de la même société ! Hallucinant mais fidèle à l’image d’une gouvernance qui conduisait le pays droit dans le mur et dont on paye aujourd’hui les pots cassés. Les propos de Benkirane comportent une insinuation quant à un feu vert royal sur la fermeté avec laquelle le dossier est désormais traité. Il a aussi expliqué que les agissements des managers de ladite société, leurs menaces ne déstabilisent plus car même sans son pétrole raffiné le marché n’a connu aucune perturbation. La lecture entre les lignes de ces propos, notamment en évoquant le capital étranger pour un opérateur stratégique, renvoie vers une éventuelle reprise par un groupe ou un groupement marocain. Un fleuron acheté il y a 20 ans à 5MMDH, même cédé à un dirham symbolique, rendrait le propriétaire un homme heureux, car devant au pays 43MMDH. Quel gâchis !

Le Maroc, qui a entamé un virage important en 2011, ne doit pas voir ses avancées compromises par une surenchère politicienne car force est de constater que, depuis quelques semaines, le moindre écart de langage ou décision gouvernementale vire vers une levée de boucliers de la part d’une partie de l’opinion publique chauffée à blanc par d’aucuns. Devant cet état de fait, il y a lieu de rappeler des préalables. Certes, la Constitution garantit la liberté d’expression et de manifestation pacifique, mais le même texte interdit l’anarchie et la manipulation. L’intérêt suprême de la Nation plaide donc pour un raisonnement notamment de la part des acteurs politiques. On sait que c’est une année électorale où chacun essaie de se positionner et de décrédibiliser son adversaire, ce qui est, en soi, normal. Cependant, les rivalités politiques ne doivent en aucun cas exacerber les sentiments de haine et impacter les fondamentaux du pays. Le Maroc est un pays de droit et d’institutions, ce qui permet à tout un chacun de faire valoir ses droits auprès des institutions ad hoc. Il faut également rappeler que l’impunité n’a plus de place dans le Maroc de 2016 et que, devant la loi, tous les Marocains, individus et institutions, doivent être égaux. Protégeons donc l’image et la réputation du pays par une stricte application de la loi et aussi par l’effet de dissuasion. Ceux qui bloquent injustement la rue comme ceux qui abusent du «bâton», ou encore ceux qui allument la mèche, sont tous responsables et doivent rendre des comptes. 

Dans un pays comme le Maroc, l'emploi direct est un luxe qu'on ne peut plus se permettre. Des gouvernements successifs avaient joué, à tort, la carte de l'apaisement social afin de gouverner dans la sérénité et la paix. En revanche, ils ont entraîné le pays dans une spirale inflationniste qui a plombé ses finances. C'est pourquoi, la politique de Benkirane, de surseoir à l'emploi direct, est plus qu'une nécessité, une question de survie de tout un système. Critiquer cette tendance par l'opposition et par des ONG est, somme toute, normal dans un Maroc qui se veut plus libre, plus ouvert et donc plus démocratique. Ce sont ces mêmes valeurs qui permettent à tous les Marocains de manifester leur accord ou désaccord, leur joie ou tristesse librement, conformément au texte suprême voté presque à l'unanimité. Cela étant précisé, il n'est plus permis, en 2016, de voir des forces de l'ordre s'attaquer à des manifestants pacifiques! Rappelons-nous, quand des policiers avaient été sauvagement attaqués par des délinquants, lors du derby WAC-Raja, tous les Marocains s'étaient solidarisés avec ces agents de l'ordre et avaient fermement condamné ces actes. Aujourd'hui, ce sont ces mêmes forces de l'ordre qui ont franchi la ligne rouge de la dignité. Ils ont donc mérité ces vagues d'indignations qui débordent des quatre coins du royaume. Attendons donc que justice contre ces agissements irresponsables soit faite et rappelons aussi à l'opposition qu'exacerber les contestations conduit à une déstabilisation destructrice de tous, y compris eux-mêmes.

Quand le contribuable s’acquitte de ses impôts en bon citoyen qu'il est, il s’attend, à juste titre, à un minimum de services publics. C’est le devoir de l’État de les lui garantir, dans les meilleures conditions et aux meilleurs standards. Or, il est constaté que le gouvernement brandit, depuis un certain temps, l'option de la gestion déléguée de certains services -et non des moindres-. Cela concerne essentiellement l’enseignement et la santé, mais aussi certaines prestations occasionnelles. La dernière en date est le paiement de la vignette automobile, confiée au privé. Le principe n’est pas discutable car c’est même une tendance d’externalisation en quête d’une qualité supérieure. Mais là où le bât blesse, c’est que c'est au citoyen de supporter cette migration d’un service public vers le privé. Quand un usager d’un véhicule paye sa vignette, c’est pour régler une contribution aux infrastructures et aux différents services y afférents. Les contraindre à payer un surplus en guise de prestation de service reviendrait à demander à un usager de contribuer au financement de la construction d’une route ou d’un pont. Cela pourrait être assimilé à une démission de l’État de ses engagements vis-à-vis des services publics. Et que l’on ne nous dise pas que le citoyen a le choix entre une prestation publique ou privée, car l’administration a tout simplement fermé ses guichets. Un État juste aurait proposé un paiement de la vignette à l’identique; à charge, pour le prestataire, de se faire payer lors du reversement à l’État.

Certaines réformes vont faire entrer le gouvernement Benkirane dans l’histoire. Et contrairement à ce que d’aucuns insinuent, au niveau de la majorité, aucune formation, en l’occurrence le PJD, n’essaye d’accaparer une quelconque gloire. C’est, en tout cas, le témoignage recueilli par Les ÉCO auprès des leaders politiques des quatre partis au pouvoir. Ce gouvernement a le mérite d’avoir osé ce que ses prédécesseurs ont redouté, quitte à payer le prix de l’impopularité. Rappelons que Abderrahmane Youssoufi avait parlé de décompensation, Driss Jettou avait évoqué les problèmes de la CMR et Abbas El Fassi était au courant de la gravité du niveau du déficit budgétaire. Mais aucun de ces Premiers ministres n’a eu le courage politique d’entamer des réformes nécessaires qui auraient fait gagner au pays des années de croissance. Le plus apte parmi ces trois à pouvoir tout réformer, mais qui n’a pas pu ou voulu le faire, c’était Jettou de par son exemption de la contrainte de rendre des comptes par l’intermédiaire des élections. C’est pourquoi, nous avons toujours lié les réformes à la personnalité de ses artisans et à leur capacité à faire face à toutes les formes de résistance. Pourtant, la vision royale a toujours couvert les grandes réformes à vocation nationale de soutien et d’appui, comme c’est le cas pour la justice et la retraite. Cette dernière voit enfin le bout du tunnel contre vents et marées. En 2020, les Marocains apprécieront le poids, la pertinence et l’impact du prix payé aujourd’hui.

Le débat sur les retraites des ministres et des parlementaires nous renvoie vers une société civile dynamique et une opinion publique que les réseaux sociaux ont ravivées. Ceci étant, il ne s'agit nullement d'un discrédit total de la classe politique ou d'une idée inconcevable de suppression d'institutions. Les partis politiques sont l'essence même de la démocratie, nonobstant leurs tares, de par les attributions que leur confère la Constitution. Cependant, nos trente-huit partis gagneraient à s'autocritiquer, à écouter le peuple et à savoir réagir de la manière idoine et au moment opportun. Cette polémique autour des fameuses retraites est en principe du pain béni pour les partis, afin de se réconcilier avec l'opinion publique. Des parlementaires, qui proposeront un projet de loi supprimant la contribution étatique dans leur retraite, seraient considérés comme des représentants de la Nation, au vrai sens du terme. Ignorer tout ce débat, en pariant sur le temps pour voir s'essouffler cette tendance contestataire, relève de l'ignorance politique. Une telle initiative ne relève pas du gouvernement mais, bel et bien, des partis représentés dans l'hémicycle, en d'autres termes d'une dizaine de formations politiques et syndicales. S'agissant de l'Exécutif, Benkirane, Mezouar, Laenser et Benabdellah se présenteraient aux prochaines échéances en pole position en répondant favorablement à cette requête populaire. Ce ne sont pas plus de 122 anciens ministres qui bénéficient d'une rente, décidée il y a plus d'une vingtaine d'années, et qui ne peuvent retenir tout un pays, otage d'un débat pris au sérieux par la société civile et l'opinion publique.

Le Maroc a attendu deux semaines pour réagir au verdict de la Cour européenne hostile à son intégrité territoriale. Cela veut dire, qu’en dépit de la gravité de la réaction, la décision est mûrement réfléchie. C’est le côté forme de cet appel au gel des relations. Sur le fond, on est face à la crise la plus sérieuse entre le Maroc et l’UE sur les vingt cinq dernières années.
Car le décryptage de cette décision, tel qu’il a été recoupé avec les Affaires étrangères, renvoie vers un gel complet de toute forme de contact, de négociations, et même de simples rencontres. En d’autres termes, la délégation de l’UE à Rabat se trouve mise en quarantaine et donc dans une situation sans précédent, et nos interlocuteurs sur des dossiers, ô combien cruciaux, vont chômer le temps de dégeler la situation.
Plusieurs questions fusent, à ce niveau, comme l’impact des deux côtés, la pertinence de la décision et la durée qu’elle pourrait courir. De prime abord, il faut signaler que le Maroc est en droit de se défendre comme bon lui semble du moment qu’il s’agit de l’intégrité territoriale. En attendant, il faudrait bien faire du business et entretenir des relations politiques.
La seconde piste étant sur les rails, notre pays devrait focaliser ses efforts sur la diversification de ses débouchés.
On l’a ressassé depuis des années, le salut de l’économie marocaine passerait par son indépendance, et cette crise est là pour le prouver. Pour ce faire, il faut pénétrer les BRICS sans délai !. 

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