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12-12-2019 15:54

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Les banques sont au centre des discussions de salons et dans l’espace public. Pourquoi gagnent-elles autant d’argent ? Et comment doivent-elles sauver les PME ? Recadrons ce débat. La vocation des banques, notamment privées, est de faire du business et de satisfaire les investisseurs, les actionnaires. Il n’a jamais été dit qu’elles devaient jouer le rôle de mécène.

En revanche, elles sont tenues d’accomplir leur rôle d’entreprises citoyennes : payer leurs impôts, en réinvestir ne serait-ce qu’une part et proposer une tarification en cohérence avec le marché. Sur ce plan, on peut débattre sans populisme ni complaisance.

Certes, les banques payent l’impôt le plus élevé au Maroc (39%) mais elles dopent en revanche leur produit net bancaire par le biais de services chèrement payés comparativement aux pays qui nous ressemblent. Et en plus, elles jouent sur les dates de valeur. Une aberration que seul le CIH a pu faire sauter à juste titre. S’agissant du financement de l’économie, force est de constater que les banques jouent, malgré elles, le rôle de trésorier des PME afin de garder ces dernières en vie.

En effet, dans un pays où les délais de paiement dépassent six mois -et dans certains cas un an- les PME sont vouées à la disparition si ce n’était une certaine souplesse des banques. Et justement, en ce qui concerne les PME puisque l’on parle beaucoup d’elles ces jours-ci, il ne faut pas croire que les banques ne font rien et que ce n’est que maintenant qu’elles vont s’activer. Il n’y a qu’à voir le catalogue des lignes de financement proposées et les budgets alloués pour se rendre compte que le soutien existe bel et bien.

Sur ce registre, il faut demander à la Banque centrale d’alléger les ratios de risque et de solvabilité afin de permettre aux banques de «tendre davantage leurs mains». Jouahri doit prendre ses responsabilités et s’inscrire dans la volonté politique qui prône l’encouragement de l’initiative privée et la création d’emplois. Ce n’est qu’ensemble qu’on pourra relever ce défi.

L’obscurantisme n’est pas une étiquette qui colle aux musulmans, en dépit des tentatives des extrémistes occidentaux de créer l’amalgame et le mélange des genres, comme c’est le cas en France depuis quelques semaines. Le cliché est dégainé après chaque attentat terroriste: pour les blancs, c’est un déséquilibré mental, pour les «têtes noires», c’est un islamiste! Et pour couronner le tout, on ouvre l’accès dans les antennes et colonnes de presse aux voix haineuses afin de régler leurs comptes avec leurs concitoyens de diverses origines pour la simple raison de différence de confession religieuse. Ce qui se passe actuellement en France est une honte pour les valeurs de la République et du pays de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Un extrémiste égaré comme Éric Zemmour est invité sur les plateaux de télévisions publiques, LCI étant la dernière, pour infliger aux Français, issus d’horizons divers, un affront digne de l’ère nazie. Zemmour croit opportun de déclarer, en live sur une chaîne publique, que «les problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’Islam». On a franchi un cap où on inflige un jugement de valeur à 1,2 milliard de musulmans sans aucune retenue.

Faut-il rappeler à nos amis des médias français que l’«offrande» de l’islam à la République française est incarnée par ceux qui leur ont ramené la Coupe du monde comme Paul Pogba, N’Golo Kanté, Adil Rami et les autres, ou encore ceux qui ont illuminé la République par leur pensée et la richesse littéraire comme Malek Chebel, Tahar Benjelloun ou Leila Slimani. N’oublions pas qu’à un moment donné, certains voulaient ériger une statue en l’honneur de Zinedine Zidane. Il ne faut donc pas fustiger toute une religion, quelle qu’elle soit, pour réprimander une poignée d’égarés. Il est temps que la voix de la raison chasse celles du nihilisme, de l’extrémisme et de la haine. La France doit clairement choisir son camp.

Qui a dit que l’Afrique n’était pas une terre de démocratie et de démocrates? La perception néo-coloniale qui voudrait asseoir la tutelle occidentale sur le continent est plus que jamais dépassée. Outre l’Afrique du Sud, l’exception africaine, il y a l’Éthiopie, le Kenya, le Nigeria, le Sénégal, le Rwanda, le Ghana et j’en passe. Cette fois-ci, l’exemple nous vient de tout près, d’un pays situé dans une zone de turbulences, la Tunisie. Les élections présidentielles tunisiennes requièrent de la part des observateurs internationaux une attention particulière puisque la véritable démocratie rencontre toujours des obstacles dans la zone MENA.

Les titres les plus prestigieux de par le monde n’ont pas tari d’éloges sur cette jeune expérience qui mérite soutien et parrainage. Le New York Times, le Washington Post, Le Monde, Der Spiegel, El País se sont tous focalisés sur ces élections qu’ils ont qualifiées d’exceptionnelles. Il faut dire que nos amis et frères tunisiens ont compris, après la Révolution du Jasmin, qu’un système démocratique réussi passe par le partage des pouvoirs. Oui, le partage. Un mot qui ne devrait pas faire peur. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont prôné un système parlementaire où les pouvoirs du Premier ministre dépassent ceux du président de la république. Ils ont voulu protéger la volonté populaire exprimée par les urnes d’éventuels égarements du chef de l’État.

Cette jeune expérience suit un chemin semé d’embûches, à l’instar de l’éclatement du paysage politique, confirmé par les résultats des législatives, l’instabilité des pays voisins entraînant des risques sécuritaires, une crise économique annonciatrice de contestations populaires, etc. Face à ces défis, la Tunisie a gagné la confiance de ses citoyens et le respect international. Deux éléments clés, gages d’une reconstruction sur des bases solides. Le commissaire de l’Union européenne n’a-t-il pas exprimé «la disposition de l’UE à soutenir par tous les moyens cette jeune démocratie»? Que le jasmin prospère !

L’Afrique n’est pas qu’un continent de guerres civiles, de pauvreté et de drames humains. C’est aussi un continent faisant montre d’ingéniosité et de grandes valeurs. Abiy Ahmed vient rappeler cette réalité au monde entier. En effet, le Premier ministre éthiopien a su, en moins de deux années au pouvoir, faire pencher la balance du côté de la paix dans un conflit vieux d’un quart de siècle entre son pays et l’Érythrée, ce qui lui a valu le prestigieux prix Nobel. Voici un homme doué d’une implacable fermeté et d’une volonté de fer, qui aspire à mettre son pays sur les rails du développement. Il a compris qu’il ne pourrait parvenir à cet objectif sans mettre fin à un conflit armé à ses frontières. Il préfère investir dans la construction de son pays plutôt que dans un conflit qui ne fait que le bonheur des négociants d’armes.

Abiy Ahmed nous rappelle les grands de notre continent, Patrice Lumumba, Nelson Mandela, Kofi Annan, Mo Ibrahim...ceux qui ont laissé une empreinte indélébile sur le parchemin de l’histoire africaine. D’autres viendront sûrement compléter cette œuvre qui ne s’achèvera jamais car l’Afrique est une terre qui enfante des génies. D’ailleurs, notre continent présente aujourd’hui un modèle qui mérite d’être analysé afin de cerner ses facteurs de succès en matière de développement humain et d’essor économique, à l’instar du Rwanda mené par l’exceptionnel Paul Kagame. Il s’agit donc d’un continent où les facteurs de succès existent bel et bien et où la volonté des gouvernants d’essor et de développement pèse lourd.

S’agissant d’Abiy Ahmed, c’est un fin politicien arrivé au pouvoir il y a à peine 17 mois mais qui compte y rester au moins une dizaine d’années (deux mandats) pour mettre à exécution ses plans de développement. Rendez-vous est donc pris pour 2023 puis en 2028 pour apprécier la puissance de l’Éthiopie sur le continent et au-delà. En attendant, nous, Africains, sommes fiers de son prix Nobel.

Un discours royal est toujours une occasion de décrypter les orientations stratégiques du pays. Celui de vendredi n’a guère dérogé à cette règle. Le souverain était on ne peut plus clair sur certains aspects de bonne gouvernance, de financement de l’économie mais surtout de responsabilité.

Ainsi, s’il y avait un seul message à retenir, ce serait sans aucun doute celui qu’aucune dérobade n’est possible dans le cadre d’une stricte application du principe de reddition des comptes. Cela intervient au moment où les rapports de la Cour des comptes ont généré un débat houleux, sur les réseaux sociaux et les colonnes de la presse, ayant trait au sort à réserver aux reports de Jettou, allusion faite à l’impunité. Cette directive claire, nette et précise devra être la devise de tous les magistrats du royaume afin de traiter avec audace et rigueur les cas de fraude, de malversation et de dilapidation des deniers publics. Premier défi devant la justice: aller jusqu’au bout dans dans le traitement d’un procès à forte coloration politique puisqu’il concerne deux personnalités régionales et non des moindres. L’opinion publique a vocation à voir des têtes tomber. Ce n’est pas un appel à la vindicte populaire, loin de là. Il faut juste prouver à cette opinion publique, avec des actes concrets, que la loi est véritablement au-dessus de tous et qu’il n’y a point d’impunité. C’est la meilleure façon de reconquérir la confiance du citoyen, laquelle confiance a disparu depuis des années, chose qui s’est accompagnée par un discrédit des institutions.

Le discours a aussi évoqué le renforcement du contrôle et d’inspection, l’objectif étant la moralisation de la gestion publique en parfaite harmonie avec le principe de reddition des comptes. La Cour des comptes, le HCP, le Conseil de la concurrence le CESE doivent, entre autres, appuyer sur le champignon. Ils ont l’appui suprême; à charge pour la justice de les suivre au pas. 

On a enfin notre remaniement ministériel, mais a-t-on rempli l’impératif de compétence et de jeunesse ? Les lectures se multiplient et naturellement divergent. Ainsi, en matière de compétences, il est difficile de se prononcer pour le moment. C’est un élément «subjectif» en amont car il n’est mesurable qu’à l’aune des résultats obtenus et du taux de réalisation des objectifs.

Or, à ce jour, ce gouvernement n’a pas encore annoncé les objectifs et les priorités sur lesquels El Otmani et ses ministres seront évalués et jugés. Se prononcer d’emblée sur la compétence d’un des ministres fraîchement nommés est un risque à ne pas prendre. Il faut leur donner le temps de faire leurs preuves. Or justement, ce cabinet n’a pas le temps de définir les orientations prioritaires et de mettre en place les process permettant d’atteindre les objectifs. Concrètement, nos nouveaux ministres n’ont que dix-huit mois pour tout faire. S’imprégner des spécificités du département, relever les priorités, définir les angles d’attaque et se fixer des objectifs à atteindre. Ce serait trop demander en si peu de temps. Une telle configuration requiert un minimum de continuité. Par exemple, on comprend mal comment on redéploie un ministre qui avait entamé une sérieuse réforme, parmi les rares en cours de réalisation : celle de l’administration et la fonction publique. Maintenant, est-ce que ce remaniement a répondu à l’impératif de rajeunissement des élites ? La moyenne d’âge des six nouveaux ministres est de 45 ans pour une moyenne globale du cabinet El Otmani de 58 ans, ce qui n’est pas une prouesse.

En tout cas, il reste à leur souhaiter plein succès dans leur mission puisqu’il y va de celui du gouvernement et donc du pays, sachant que les défis sont très lourds. En attendant, soyons attentifs à la composition de la commission du nouveau modèle de développement et surtout aux synergies à mettre en place avec le cabinet El Otmani.

Pendant que les partis de la majorité s’écharpent pour avoir un maximum de postes, l’administration est au point mort. À présent, place au boulot.

Pendant plusieurs semaines, le service public était réduit au strict minimum et les intérêts des citoyens relégués au second rang. Des marchés publics ajournés, le paiement des factures est au point mort et plusieurs décisions reportées sine die. L’argument des fonctionnaires fut la passivité soudaine des responsables, ministres et hauts fonctionnaires, dans l’attente du «verdict» du remaniement. Ils ne sauraient plus où donner de la tête, passant plus de temps au téléphone que dans des réunions de gestion courante.
Maintenant que la nomination du cabinet El Otmani II est officielle, il y a lieu de désigner de nouveaux secrétaires généraux en fonction de la nouvelle architecture et entrer au vif du sujet. Vivement donc une ouverture du Parlement avec les nouvelles têtes pour nous imprégner des orientations du discours royal, très attendu.

Ce sera donc la rentrée officielle avec le nouveau gouvernement, et probablement la commission du nouveau modèle de développement, assortie d’une cascade de nominations dans l’administration territoriale et les hautes fonctions publiques. Et que le travail commence dès la semaine prochaine, histoire de mettre fin à trois mois d’attentisme ô combien coûteux sur les plans social et économique. Concrètement, il faut avouer que cette phase juillet-octobre n’a pas été bien préparée et gérée sur les plans administratif et partisan. La course effrénée aux compétences, que les partis au pouvoir n’ont pas retardée, a mis le citoyen face à une administration passive, pour qui le facteur temps ne compte pas. Il faut demander aux entrepreneurs et autres investisseurs de décrire la galère qu’ils vivent dans les couloirs de l’administration, surtout depuis cet été. Espérons que ce feuilleton prendra fin ces jours-ci, et qu’enfin chacun s’acquitte de ses devoirs et de ses missions avec la rigueur requise.

On s’acharne sur les fonctionnaires quand il faut dénoncer la corruption et la gabegie, sans pour autant pousser la réflexion plus avant ni s’interroger sur l’origine de cette corruption. Certes, la loi sanctionne aussi bien le corrompu que le corrupteur, mais tout le monde (médias compris) se focalise trop sur ce fonctionnaire, de quelque échelle que ce soit, tout en ignorant royalement celui qui a «enclenché le processus». L’exemple le plus souvent cité, ayant trait aux marchés publics, est un cas d’école en la matière.

D’un côté, nous avons des fonctionnaires qui ne respectent pas les règles du jeu en privilégiant des adjudicataires au détriment des plus méritants.

De l’autre, nous avons des entrepreneurs du privé qui n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour s’adjuger le marché, répercutant a posteriori le «coût» de la corruption. Si on veut sérieusement se lancer dans l’éradication de la corruption, il y a lieu de s’attaquer à la racine, mais aussi à son «point de sortie», le client. Et à ce niveau, la CGEM a un réel rôle à jouer en matière de sensibilisation à la bonne gouvernance. Cela se fait certes au niveau des commissions, mais il faudrait appuyer un peu plus sur le champignon et médiatiser davantage les actions en la matière car elles demeurent inaudibles. Et pourquoi ne pas aller jusqu’à expulser de ses rangs les membres pris la main dans le sac puisqu’une minorité plombe la réputation de la majorité ?

Le plus drôle dans cette histoire, c’est que lorsque les corrupteurs croisent le chemin de corrupteurs plus puissants, ils n’éprouvent aucune gêne à pleurnicher en dénonçant la corruption et l’inégalité des chances ! Bref, s’il est salutaire de protéger les dénonciateurs de cas de corruption, il est aussi important d’aller au fond de la problématique et de traiter de la même manière corrompus et corrupteurs afin de s’attaquer au mal à la racine.

Au moment où nous mettions sous presse, la déclinaison du nouveau cabinet El Otmani n’avait pas encore été rendue publique. Cela ne nous empêche pas de débattre de sa structure qui a «fuité» il y a quelques jours. Il s’agit d’un cabinet réduit de moitié, comparé aux gouvernements précédents.

Ces derniers ont toujours été montés avec un seul souci: satisfaire l’appétit démesuré des partis de la majorité comme s’il s’agissait d’un gâteau à partager entre copains et coquins! Et c’est justement cette approche qui discréditait l’action gouvernementale auprès du peuple marocain. Un fait aggravé par l’impossibilité d’atteindre la cohérence, voire l’efficacité requise pour tout cabinet gouvernemental désireux d’atteindre les objectifs escomptés. Plusieurs ministres vont aujourd’hui quitter leur poste sans laisser la moindre empreinte de leur mandat, voire même sans que les Marocains retiennent leurs noms. Abdelahad Fassi Fihri (PPS), Mohcine Jazouli (SAP), M’Barka Bouaida (RNI), Khalid Samadi (PJD), Mounia Boucetta (SAP), Hamou Ouheli (UC), Fatna Lkhiyel (MP), Mohamed El Gherras, Rkia Derham (USFP), Lamia Boutaleb (RNI)... dont la majorité n’a pas obtenu d’arrêté d’attribution signé par le ministre de tutelle, qui leur accorde une délégation de pouvoirs et de signature. Ils sont restés sans pratiquement rien faire pendant deux années et demi, aux frais de la princesse. Ils partiront dans l’anonymat quasi-total mais avec des indemnités et un salaire substantiels. Qu’est-ce, sinon une «rente VIP»? Une situation qui incombe aux partis qui font, hélas, de la politique un «champ de partage» des intérêts personnels plutôt qu’une mission de service public. Vivement donc une nouvelle façon de choisir les compétences, avec une priorité accordée à la qualité des profils plutôt qu’au nombre et à la rente politique.

La problématique des délais de paiement demeure entière, en dépit d’une tentative de la Direction des établissements et entreprises publics (DEEP) de dresser un tableau «rose», peu réaliste, de la situation des établissement publics.

Dans une sortie médiatique, le patron de la DEEP nous «informe» que le délai moyen de paiement pour les établissements publics est passé de 146 jours en 2016 à seulement 39 jours en 2019. Un miracle. Cependant, ce haut fonctionnaire nous laisse sur notre faim en taisant les secrets de cette prouesse! Concrètement, Mostafa Meftah, directeur délégué de la Fédération nationale des BTP, a affirmé à nos confrères de La Vie Éco que la situation des établissements publics n’enregistre aucune amélioration. Je le crois volontiers puisque notre entreprise de presse, comme celles de la majorité des confrères, souffre, de la même manière que des établissements publics, plus que le privé. Nos interventions dans les médias nous permettent d’estimer le degré de nuisance au climat des affaires des pratiques moyenâgeuses dans le secteur public. Nous recevons des appels et rencontrons des entrepreneurs au bord du suicide, sans exagération aucune, alors que des fonctionnaires peu scrupuleux sont dans le confort de leurs bureaux exerçant un diktat de fait. Il ne s’agit pas que d’établissements publics de «second rang», mais aussi de grands opérateurs tels que l’ONEE, Al Omrane et certaines filiales de la CDG.

Le plus grave dans cette histoire, c’est que ce n’est pas toujours faute de budget ou de liquidités que les paiements sont bloqués, mais du fait de comportements opaques qui persistent. Les témoins directs de cet état de fait sont les banquiers qui sont parfois appelés à placer les surliquidités de certains établissements et, en même temps, à accorder des crédits de trésorerie à leurs créanciers! Il faut arrêter ce massacre en commençant par dénoncer l’amère réalité.

La circulation de l’information est l’un des obstacles les plus rencontrés au Maroc, et le droit à l’accès à l’information est bafoué au quotidien. Aujourd’hui, le HCP confirme ce triste constat. Ahmed Lahlimi, patron de cette institution officielle, a lancé cette semaine un gros coup de gueule contre les établissements publics qui rechignent à lui fournir les données statistiques lui permettant de s’acquitter de sa mission convenablement. Voilà un fait que vivent, au quotidien, les Marocains (société civile, médias, entreprises, etc.), mais de là à empêcher l’accès à l’information à l’organe chargé de l’élaboration des statistiques du royaume, dont le haut commissaire est nommé par le roi...c’est à n’y rien comprendre ! On sait que les sorties du HCP dérangent le gouvernement, notamment quand il produit des statistiques ou des prévisions qui contredisent ceux de l’Exécutif.

Néanmoins, sa mission n’est pas, justement, de plaire au gouvernement, mais de produire des données en toute indépendance. C’est pour cela d’ailleurs que sa nomination n’est pas du ressort du chef de l’Exécutif. Ne pas avoir compris le rôle de cette institution en 2019 est gravissime. En tout cas, cette sortie salutaire confirme aujourd’hui, aux femmes et hommes des médias, que nous ne sommes pas les seuls à souffrir de cette situation ; il faudrait creuser et croiser une information avant de la livrer au grand public.

Une autre manie est à déplorer chez nos hauts responsables, non des moindres : c’est ce mode «en off» de plus en plus privilégié face aux questions des journalistes, au lieu de répondre aux sollicitations des médias officiellement et librement, ce qui altère la crédibilité et la qualité de l’information. Lahlimi, pour qui ces établissements publics se replient dans leur tour d’ivoire, a ainsi jeté un pavé dans la mare. Peut-être arrivera-t-il à rappeler à ce beau monde le caractère constitutionnel de l’accès à l’information.

Dans cette histoire de remaniements «très» attendus, on use et abuse du mot «compétences», comme si c’était là que résidait la solution magique. Flash-back. Il y a vingt-trois ans, Hassan II décrétait ce qu’on appelait communément le gouvernement bis. Un «club» de profils bardés de diplômes, apolitiques et, disait-on, indépendants. Ils avaient pour mission d’imaginer un Maroc meilleur avec des solutions magiques et surtout réalisables à court terme. Deux ans après, le défunt roi prononçait le fameux discours où il annonçait que le Maroc était au bord de «l’arrêt cardiaque».

Près d’un quart de siècle après, on en revient à fonder un espoir sans limite sur une certaine élite de compétences à intégrer dans le système pour apporter de l’énergie à l’action, de la fraîcheur à la politique et surtout des solutions à la morosité économique. Sauf qu’il ne s’agit pas de «supermen» qui vont réaliser des miracles dans une ère où il n’y a point de miracles.

Cependant, il n’est pas dit que cette «armée» de compétences que l’on attend avec impatience n’a aucune chance de réussir. Elle peut bien s’acquitter de sa mission à condition d’assurer les prérequis et l’environnement adéquat permettant l’atteinte des objectifs escomptés. Est-ce possible ? Rien n’est moins sûr, surtout que l’on espère des résultats à court terme ! Quand je vois des politiciens évoquer 2021 voire 2022 ou 2023, j’ai envie de leur dire «Arrêtez de prendre les Marocains pour des imbéciles !». Et puis où sont ces compétences devant lesquelles on souhaite dérouler le tapis rouge ? Les partis politiques font tout pour bloquer l’adhésion de cette élite, en lui empêchant l’accès à l’ascenseur social. Ce n’est donc pas aujourd’hui qu’ils vont révolutionner leurs méthodes. Mais qu’est-ce qui a changé aussi pour espérer pousser cette élite à mouiller sa chemise pour la chose publique, dans un environnement marqué par l’opacité et le clientélisme ? Beaucoup de questions pour lesquelles chacun choisira ses «propres» réponses !

Que fait le Maroc en matière de législation et de sensibilisation concernant le phénomène de tabagisme? Rien, sinon une loi obsolète sur la commercialisation de la cigarette classique. Or, aujourd’hui, les scientifiques des industriels du secteur ont poussé leurs recherches vers des solutions moins nocives sous la pression des régulateurs américains et européens. Là où on accorde de l’intérêt à la santé publique. Ici, chez nous, cela fait maintenant des années qu’on commercialise la cigarette électronique sans base juridique, en l’absence d’une loi dédiée qui spécifie le contenu et le contenant de cette cigarette. Les autorités compétentes ne disposent même pas d’études scientifiques sur le degré de nocivité de cette cigarette. Aujourd’hui, d’autres cigarettes dites «à risque réduit» sont commercialisées au Maroc dans le circuit informel.

Bien entendu, le gouvernement ne s’y intéresse guère et préfère regarder ailleurs en dépit des risques de péremption et des effets y afférents. Au lieu de prendre le taureau par les cornes et de réguler leur commercialisation via un cahier des charges, dont le sacro-saint est la santé du citoyen, comme aux États-Unis, en Europe et en Asie, on préfère laisser faire jusqu’à nouvel ordre. Une attitude qui fait le bonheur des réseaux de trafic de cigarettes conventionnelles et électroniques qui inondent le marché de produits nocifs et contribuent à la fois à la détérioration de la santé des individus et à l’intensification de dépenses sanitaires qui auraient mieux servi dans d’autres segments de la santé. Le tabagisme existe au Maroc et à des niveaux préoccupants; pourtant, l’on en parle très peu et le gouvernement paraît curieusement indifférent. À défaut de pouvoir atténuer drastiquement cette addiction, il faudrait au moins s’atteler aux solutions alternatives menant à une réduction de la nicotine et de ses effets sur la santé, tout en combattant l’informel. Est-ce trop demander ?

Au moment où l’on plaide pour une émancipation de la société et une évolution positive sur la voie de la démocratie, des voix rétrogrades veulent nous tirer vers le bas. Le dernier exemple en la matière est illustré par un membre du Conseil des Oulémas qui exige le jugement du député Omar Balafrej, qui demande la suppression des sanctions pénales à l’égard de la sexualité hors-mariage.

Primo, Balafrej est un représentant de la Nation élu par les Marocains. Il est donc de son ressort de proposer et de défendre ses idées et son courant qui représentent ceux qui ont voté pour lui. À charge, pour les autres formations politiques, d’accepter ou de refuser cette proposition. C’est l’essence même de la démocratie. Secundo, ce membre du Conseil des Oulémas ignore-t-il le fond de la mission de ce conseil présidé par le Commandeur des croyants, et qui n’a pas le pouvoir d’exercer une quelconque tutelle sur le système démocratique,mais de prôner un islam modéré et dans l’air du temps? Tertio, notre «ami» gagnerait à bien lire la Constitution de 2011, celle-là même qui donne de larges prérogatives au processus démocratique et qui défend les libertés individuelles.

Cette maladresse ne doit pas passer inaperçue pour ne pas constituer une malencontreuse jurisprudence qui tende à tirer le Maroc vers «l’égyptisation» des esprits (tordus). L’on attend du Conseil supérieur des Oulémas une réaction pour recadrer son membre et, le cas échéant, l’évincer afin de sauvegarder la crédibilité de cette institution et son respect dû par les Marocains.

Au Maroc, nous avons une exception salutaire illustrée par le Commandement des croyants qui ne permet à personne de produire des fatwas, ce qui épargne au royaume, justement, ce genre de dérapages qui tentent d’instaurer un diktat et de prendre en otage une société qui tend plus vers la modernité que vers l’obscurantisme. Le traitement avec passivité de ce cas offrirait un terrain fertile à son étendue!

On parle beaucoup du nouveau modèle de développement (NMD), mais très peu de l’éducation et du système éducatif. Pourtant, l’Indice de développement humain (IDH), c’est surtout l’éducation. Je suis abasourdi de constater que le débat sur le NMD est surtout orienté vers le segment économique, alors que n’importe quel modèle choisi sera porté par les générations futures. Qu’a-t-on préparé pour ces générations afin de mener à bon port ce pays dans 20-30 ans ? Car un NMD n’est pas un concept pensé par des «génies» dans un laboratoire d’économie du savoir, c’est surtout sa faisabilité et ses chances de succès.

Or, ce modèle doit obéir à des prérequis prospectifs afin de ne pas pondre un projet mort-né car dépassé depuis la case départ. C’est pourquoi le préalable éducatif s’impose, histoire de préparer l’élite de demain, de multiplier les facteurs de succès dans l’école publique qui accueille 87% d’élèves marocains et de favoriser l’ascenseur social. Deux points de base sont indispensables pour réussir ce challenge, outre la qualité de l’enseignement à dispenser: les valeurs et les technologies. Il y va sans savoir qu’une société dépourvue de valeurs n’a ni les conditions de cohésion, ni les chances de pérennité nécessaires à sa réussite.

À ce titre, je suis tenté d’écouter les réactions des Marocains lambda sur les valeurs qui nous unissent en 2019. Par ailleurs, dans un monde où l’évolution technologique avance au rythme d’un réacteur supersonique, les peuples qui ne réussiront pas à s’y intégrer totalement seront en marge de notre globe. Il est donc impératif d’intégrer l’outil technologique du primaire jusqu’à l’université. Et il n’y a pas que l’outil, le contenant, qui importe comme l’utilisation de tablettes, mais aussi le contenu. Car en plus des matières incontournables, il y a lieu d’intégrer l’intelligence artificielle dans les programmes et les cours avec des initiations dès le plus jeune âge. Si cela nous paraît utopique en 2019, dans 15 ou 20 ans, notre IDH va se détériorer quelle que soit la «marque de maquillage» portée par notre modèle de développement.

Le président Erdogan sera bientôt en visite officielle au Maroc. Pourquoi cet événement sera-t-il hautement politique et résolument porteur de business ? On sait parfaitement ô combien les relations sont tendues entre Ankara d’une part et Ryad, Abou Dhabi et le Caire de l’autre. Le Maroc se démarque encore une fois des politiques arabes rétrogrades, suivant un Occident de plus en plus hypocrite. L’invitation du royaume s’inscrit dans l’âme du discours royal prononcé à Ryad un certain 14 avril 2016. Une allocution qui restera dans les annales des relations internationales, surtout dans notre région Afrique du Nord-Moyen-Orient.

Ainsi, Rabat maintient sa fermeté en matière d’indépendance diplomatique et consolide ses liens fraternels avec les amis turcs, n’en déplaise aux apprentis guerriers.

Sur le plan du business, le Maroc a beaucoup à gagner en développant des partenariats concernant la R&D et le modèle de développement. Déjà, il faut mettre sur la table l’accord de libre-échange conçu et mis en œuvre dans une conjoncture totalement différente de la réalité d’aujourd’hui qui pénalise pleinement le Maroc.

Ces accords ne sont pas sacrés, ils peuvent donc être remaniés de sorte à être véritablement «win-win». Il faut oublier l’hostilité gratuite à l’égard de l’offensive des marques turques et essayer d’explorer ce modèle qui est en passe de devenir l’autre Corée du Sud sur l’échiquier économique mondial. C’est pourquoi les opérateurs économiques marocains doivent bien préparer leurs doléances et surtout leurs propositions de solution alternative. Le Maroc aurait davantage à gagner aux côtés d’une Turquie alliée politiquement et économiquement, et pourrait envisager des partenariats en terre africaine à travers des joint-ventures porteurs de valeur en matière d’économie du savoir et de richesse intrinsèque. Une visite plus que bienvenue.

Le hashtag a envahi la toile suite à une énième décision maladroite du ministre de l’Éducation nationale. Le ministre a ordonné de sanctionner une enseignante qui déplorait, en vidéo, l’état lamentable de sa classe. Au lieu de ce seul cas, que le ministère s’est efforcé de justifier pour tenter de donner l’impression qu’il est isolé, des dizaines d’enseignants se sont solidarisés avec leur collègue en publiant les photos d’une multitude d’écoles et de classes impraticables.

Le ministre osera-t-il tous les mettre à pied? On aurait préféré que le ministre de ce département, ô combien crucial, déploie toute son énergie afin de tirer vers le haut un secteur qui pointe le Maroc au 123e rang en terme d’IDH, derrière les pays les moins avancés ou carrément en guerre! Or, en moins de deux ans et demi, ce ministre a réussi «l’exploit» d’avoir sur le dos les enseignants contractuels et les étudiants médecins, entre autres, prônant à chaque fois l’affrontement et la manière forte sans pour autant qu’il puisse désamorcer la tension. On aurait aimé qu’il termine le travail entamé par Mohamed El Ouafa et poursuivi par Mohamed Hassad quant à l’instauration de la rigueur au sein de l’école publique.

Les enseignants du collège et du lycée publics excellent dans  l’art de «l’école buissonnière» et se «réfugient» dans l’école privée où ils se garantissent un revenu supplémentaire au détriment des élèves issus des couches défavorisées qui se retrouvent à la rue au moment où ils doivent être en classe.

Notre ministre a ignoré la circulaire d’El Ouafa, à croire qu’elle n’a jamais existé, donnant ainsi libre cours à tous les dérapages des enseignants peu scrupuleux qui recourent à cette tricherie lourde de conséquences. Enfin, attendons de voir la nouvelle configuration du cabinet El Otmani afin de revenir sur les maux nombreux de notre système éducatif.

C’est presque fait, El Otmani confirme la réduction du nombre de ministres avant de se pencher sur la nouvelle répartition du portefeuille. Pourquoi la structure du gouvernement est si importante à telle enseigne qu’elle conditionne le succès, ou pas, de n’importe quel cabinet ? Il est question d’efficacité et de cohérence. Un gouvernement sur-étendu, pour des raisons politiciennes, gaspille son énergie à régler de faux problèmes, notamment en matière d’attributions que l’on a constatées, notamment entre ministres et secrétaires d’État.

Le gouvernement El Otmani a été conçu de façon à satisfaire l’appétit démesuré de ses composantes en matière de portefeuilles ministériels au détriment de l’efficacité de l’action gouvernementale. Ce sont douze secrétaires d’États nommés sur insistance de leur «zaim» pour, en majorité, ne rien faire. D’ailleurs, il serait judicieux de faire un micro trottoir dans lequel on demande aux Marocains de citer les noms des secrétaires d’État qu’ils connaissent et vous allez bien rigoler ! Trêve de plaisanterie, le Maroc a plus que jamais besoin d’un cabinet réduit avec de super-ministres investis d’attributions élargies et surtout une volonté de fer pour servir la Nation.

Pourtant au sein du gouvernement on dispose d’un modèle qui a toujours bien fonctionné. Le ministère de l’Économie et des finances. Ce département comporte de hauts fonctionnaires qui assurent la gestion de volets importants dans diverses directions du ministère. Ils sont tous ou presque plus efficaces que les secrétaires d’État et ne coûtent pas autant au budget général. Il faut dupliquer cette expérience aux autres départements ministériels en prônant la compétence et l’efficacité loin de la main mise des partis qui prennent le gouvernement comme un gâteau à se partager. Mais attention, il y a un pré-requis afférent à la qualité des ministres à encadrer de super-directeurs. Là, il faudrait des profils jeunes, dynamiques, compétents et surtout engagés.

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