A lire aussi

11-12-2019 11:13

Performance climatique: Le Maroc se classe 3e du classement

Résultat de recherche d'images pour "noor leseco"
Selon le rapport publié par Germanwatch, NewClimate Institute et Climate Action Network, le Maroc…
Rejoignez nous sur :

La croissance pose problème dans le monde par l’absence d’équité et de productivité. Au Maroc, il y a absence de croissance tout court. Car, les niveaux bas réalisés depuis au moins cinq années, en moyenne 3%, restent très insuffisants pour la création de richesse, notamment en matière d’emploi.

Notre pays a besoin d’une croissance moyenne d’au moins 6% par an sur les cinq années à venir. De plus, deux préalables s’imposent afin que cette croissance ait un sens. Un, il faudrait que la valeur créée soit équitablement répartie entre les citoyens. Deux, il faudrait que la richesse générée aboutisse à la création d’emplois de façon à réduire le chômage à des niveaux inférieurs à 8%.

En dehors de cet état de fait, une croissance élevée ne servirait à rien. En Afrique subsaharienne, par exemple, des pays qui ont réalisé des taux de performances parmi les meilleurs au monde vivent dans une précarité quasi- totale. D’autres facteurs entrent en jeu dont la mauvaise gouvernance, l’opacité et la corruption.

Étienne Giros, président délégué du Conseil français des investissements en Afrique, dénonce ce phénomène en soutenant que le continent ne profite pas pleinement de ses richesses naturelles à cause des politiques publiques menées, entachées par la prévarication qui tire ces pays vers le bas. Au Maroc, le modèle de développement, basé sur la clémence du ciel, a atteint ses limites et quand bien même on arriverait à réaliser des taux de croissance de l’ordre de 5%, cela ne se ressentirait nullement sur l’économie en général et le quotidien du citoyen en particulier. C’est pourquoi chaque année qui passe sans que l’on revoie de fond en comble ce modèle coûte très cher à des dizaines de milliers de jeunes et condamne des générations à la précarité. Nos décideurs, dans le confort de leurs bureaux, paraissent peu se soucier de ce facteur temps qui continue, malheureusement, à plomber notre avenir.

Le nouveau modèle de développement au Maroc a eu le privilège de faire l’objet d’un débat de haute facture à l’Institut d’études politiques (Sciences Po) de Paris. Le genre de débats que nous réclamons depuis plus d’une année, en vain. Devant une salle comble, la qualité de l’assistance présente, sur invitation personnelle, à cet événement renvoie à un intérêt particulier vis-à-vis de cette thématique. Avec une présence marocaine bien pensée, entre officiels et chercheurs indépendants, l’actuel modèle de développement a été disséqué.

Les officiels, dans leur rôle, se sont attardés -trop même- sur les réalisations socio-économiques en se projetant dans les défis à venir. Mais ils ont carrément fait l’impasse sur les limites de l’actuel modèle, pourtant fortement critiqué par le souverain. Mounia Boucetta, secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, a, quant à elle, procédé à une présentation générale et dressé un bilan des acquis, reconnaissant au passage qu’il y a une pléthore de diagnostics à faire, pour conclure sur le souhait de voir des idées novatrices se concrétiser ! La réponse ne s’est pas fait attendre, la représentante de l’OCDE demandant au Maroc de «ne pas s’endormir sur ses lauriers» et de «mettre en musique ses différentes politiques sectorielles».

Heureusement, les experts marocains indépendants ne sont pas venus les mains vides, proposant des pistes de solutions, notamment la nécessité de mettre de l’ordre dans les priorités du pays, de mieux cibler et segmenter les actions prioritaires et d’assurer la cohérence entre les différentes politiques sectorielles.

Enfin, si ce genre de débats est nécessaire, de grâce, ne tombons pas dans l’auto-satisfaction, notamment face aux étrangers. Les Français nous connaissent très bien, c’est pourquoi nous gagnerions à aller au fond de la problématique et, surtout, à chercher les solutions pour avancer dans la mise en œuvre de ce nouveau modèle de développement, le sésame tant recherché.

Le leader du PAM, parti d’opposition, embarrasse le gouvernement -et donc la majorité- dans un dossier en rapport avec la liberté d’expression et des droits de l’Homme. Comment? Hakim Benchamach, puisque c’est de lui qu’il s’agit -et c’est probablement la dernière fois qu’on écrira son nom dans cet espace- a en effet mis Mustapha Ramid, ministre d’État chargé des Droits de l’Homme, dans de sales draps. Et pour cause, le chef de file du PAM et président de la deuxième chambre a traîné en justice quatre journalistes, représentant quatre supports de presse, pour avoir publié des informations vraies.

Le problème réside dans la manière avec laquelle ces journalistes ont pu mettre la main sur un scoop, bien qu’il ne s’agisse pas d’une information hautement sensible, mais du dossier de la réforme des retraites. L’année prochaine, le Maroc devra se défendre auprès de la Commission des droits de l’Homme des Nations unies dans cette affaire où quatre journalistes se retrouvent condamnés à six mois de prison pour avoir «divulgué» une information recoupée et reconnue conforme à la réalité. Notre pays ne mérite pas d’être mis dans la peau du coupable suite à une débilité commise par la quatrième personnalité du pays, au moment où un effort colossal est déployé par l’État afin de soigner son image auprès des organismes internationaux. Aujourd’hui, une large partie de la presse marocaine a décidé, à juste titre, de boycotter ladite personnalité et toutes ses activités en guise de protestation à l’égard de ce dérapage de trop, assimilable à un excès de zèle.

D’ailleurs, une question légitime se pose. Ne s’agirait-il pas d’un règlement de comptes entre opposition et majorité dont les dégâts collatéraux touchent le journalisme, mais surtout l’image de tout un pays? Franchement, certaines pratiques politiciennes contribuent de plus en plus au bannissement de la politique et c’est très préjudiciable à la démocratie.

Royal Air Maroc (RAM) est en train de déployer ses ailes au dessus de l’Afrique et le reste du monde. Elle porte d’abord la marque Maroc avant d’être une compagnie commerciale comme une autre. C’est pourquoi le gouvernement avait mis en place un contrat-programme de soutien à la compagnie visant le désenclavement de certaines régions marocaines, l’accompagnement de la politique africaine du souverain en s’érigeant en compagnie continentale et, enfin, le renforcement de l’internationalisation de RAM. Or, ce contrat est échu depuis 2016, et le deuxième contrat-programme est prêt depuis au moins deux années.

Cependant, le changement de gouvernement et l’affiliation de la Direction de l’aviation civile au ministère du Tourisme, au lieu du ministère du Transport et de l’équipement, a tout chamboulé. Mohamed Sajid, ministre du Tourisme, paraît avoir d’autres priorités qu’il est le seul à connaître. Ses interminables voyages l’empêchent peut-être de consulter ses parapheurs.

Pendant ce temps, RAM risque de rater son objectif de 2020 avec 100 appareils contre une soixantaine actuellement, avec ce que cela peut supposer comme retombées négatives sur l’image du pays car notre compagnie nationale n’est pas seule sur le marché, et l’espace africain est le théâtre d’une concurrence acharnée, souvent inéquitable de la part des compagnie low-cost. Le temps est compté et les concurrents avancent leurs pions au moment où la tutelle regarde curieusement ailleurs ! Une attitude incompréhensible témoignant d’une insensibilité aux défis du pays et à son image, à quelques semaines de la mission des auditeurs de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Une mission qui pourrait coûter cher au Maroc au vu de l’anarchie dans laquelle baigne la Direction de l’aviation civile qui relève d’un Sajid hors jeu. La balle est désormais dans le camp de Saâdeddine El Othmani, chef de gouvernement, qui devrait intervenir avant qu’il ne soit trop tard.

Le débat sur les langues refait surface, et ce, de la manière la plus politiquement incorrecte qui soit. Au fait, le véritable problème de l’enseignement marocain est-il vraiment celui du choix de la langue ? N’importe quel citoyen marocain vous dira qu’outre la langue d’enseignement, l’essentiel est le choix des programmes, l’amélioration de l’environnement général du système éducatif et l’adaptation de l’enseignement au marché de travail. Car le fond du problème n’a jamais résidé dans le choix des langues arabe, française ou autres. La problématique de l’enseignement est l’inadéquation entre ce qui est dispensé à l’école et ce qui est conforme aux standards internationaux. Alors que des salles de cours manquent de l’essentiel, à l’instar des tables ou des tableaux, la craie est abolie sous d’autres cieux car l’outil didactique est désormais la tablette. Il n’y a aucun devoir à faire à la maison.

Commençons, ici, par le contenu des cartables, un véritable fardeau où l’on retrouve tout et n’importe quoi, notamment des manuels d’un autre âge. Or, c’est à ce niveau que l’on acquiert les bases de l’éducation, le socle de la formation, quelle que soit la langue, qui n’est, par ailleurs, qu’un outil de transmission des connaissances. Il faut avoir le courage de dire haut et fort que l’échec du système éducatif marocain réside dans la mauvaise gouvernance qui a atteint des niveaux inquiétants.

D’ailleurs, il y a un an et demi, nous tirions la sonnette d’alarme sur les zones d’ombre planant sur un gros marché de matériel didactique. Aujourd’hui, il s’avère que nous avions malheureusement raison; nous reviendrons en détail sur cette affaire. C’est pourquoi aucune réforme n’est possible en l’absence de moralisation de la gestion opérationnelle et, surtout, de contenu éducatif de qualité. Le reste n’est qu’un bavardage inutile de part et d’autre.

Le système fiscal marocain est marqué par des distorsions catastrophiques. C’est l’amer constat d’un expert et ancien ministre des Finances, ce qui a de quoi sérieusement inquiéter. Mohamed Berrada, puisque c’est de lui qu’il s’agit, sait très bien de quoi il parle. Car au-delà de ses fonctions précédentes, l’homme a travaillé sur le programme scientifique des Assises de la fiscalité prévues en mai prochain. Franc, comme à l’accoutumée, il prône une équité fiscale, l’orientation de la fiscalité vers le financement productif et, in fine, le non-encouragement de la rente.

Or, ce qui plombe le système fiscal actuel, c’est justement son caractère rentier et la primauté du financement du fonctionnement au détriment de la stimulation des investissements. Autre mal dont pâtit ce système, c’est que beaucoup de gens continuent à échapper à l’impôt en toute impunité, quand d’autres bénéficient de dérogations injustifiées, à l’instar de certains segments de l’immobilier et de l’agriculture. C’est une autre facette de l’économie de rente qui continue à plomber l’économie générale du pays en sapant son potentiel de recettes. Il y a également le contrôle limité du système fiscal, faute de moyens. Là aussi, on perd des milliards. Les assises de la Fiscalité sont une occasion pour le faire. La solution incontournable n’est autre que l’élargissement de l’assiette fiscale.

Le Maroc y gagnerait beaucoup sans recourir à une pression sans cesse exercée sur la même population. Celle qui subit une retenue à la source, principalement la classe moyenne. Et celle qui fait preuve d’honnêteté dans ses déclarations fiscales. Il faut aller chercher d’autres niches -et elles sont nombreuses- au lieu de sanctionner les meilleurs de la classe. Il est donc temps de trouver une solution équitable et pérenne pour le secteur informel afin de l’intégrer sans grands remous. Il est plus que jamais temps de passer à l’acte et de dépasser les discours vides de sens.

La diplomatie marocaine s’affirme une nouvelle fois. La visite du Roi Abdallah de Jordanie ou celle du pape François l’ont illustré de la plus belle des manières. Ainsi, le Maroc a choisi de conférer à sa diplomatie arabo- arabe un caractère bilatéral au lieu de surfer sur la vague défaitiste d’un panarabisme qui n’ose plus dire son nom.

Le roi Mohammed VI a une nouvelle fois insisté sur le renforcement des liens diplomatico-économiques avec un pays ami, sans ingérence dans les choix des relations internationales des uns et des autres. C’est ce qu’a d’ailleurs confirmé Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, en rappelant l’historique des relations du royaume avec les monarchies du Golfe et la nécessité puor les deux parties de les sauvegarder. Un message à peine voilé à l’égard de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, qui alimentent des amalgames qui n’ont aucun sens. Abou Dhabi, dont les relations avec Rabat étaient exemplaires, s’enfonce dans des sables mouvants depuis qu’elle a fait le choix d’interférer dans les affaires de certains pays arabes, avec des accointances dangereuses.

D’ailleurs, les services secrets de ce pays ont récemment essayé d’inviter des journalistes marocains, au prétexte d’une visite culturelle, à être très critiques à l’égard du PJD. Si l’on ignore la fi nalité d’un tel acte, on a appris que cela a fâché à Rabat. C’était comme verser de l’huile sur le feu de relations déjà touchées par des tirs d’amis. La visite du souverain pontife est venue confirmer l’ancrage d’un pays comme le Maroc dans l’histoire depuis au moins douze siècles. Les valeurs partagées et exprimées par les deux souverains montrent comment le Maroc prend de la hauteur quand il le faut, et surtout pourquoi notre histoire ne nous permet pas d’être des suiveurs. Le Maroc a ce que d’aucuns ne peuvent avoir par la magie de l’argent: le respect.

Moins d’un mois après l’entrée en vigueur de la loi sur le droit à l’accès à l’information, le Conseil régional du tourisme de Souss-Massa a piétiné celle-ci de la manière la plus odieuse qui soit. Ce conseil, de concert avec les autorités de la ville, allait présenter sa feuille de route pour les trois prochaines années et sa vision du tourisme dans cette importante région, deuxième destination au Maroc. Tous les opérateurs et les intervenants directs et indirects ont été conviés à cette activité, sauf la presse. Celle-ci, censée jouer les intermédiaires entre tout ce beau monde et les habitants de la région pour une affaire qui concerne de très près ces derniers- a tout simplement été snobée! Cet acte condamnable, que le Syndicat national de la presse marocaine a fustigé dans un communiqué rendu public, montre que ces gens-là n’ont rien compris au tourisme. Un secteur qui doit impliquer le citoyen d’abord, et en faire un ambassadeur. Car, in fine, le CRT de Souss-Massa, ou celui de n’importe quelle région, ne peut se charger de la promotion de son produit en ignorant royalement le citoyen.

Ce dernier, faut-il le rappeler, est celui qui contribue au succès ou à l’échec de toute stratégie touristique. Messieurs les génies du CRT de Souss- Massa, vous pouvez élaborer la meilleure stratégie au monde; si le citoyen n’y adhère pas, via le contact avec les touristes, vous n’aurez aucun résultat. Le rôle de la presse est de l’en informer et de vous permettre de lui en expliquer l’enjeu et pour l’économie de la région, et pour son intérêt propre. La responsabilité incombe aussi à la wilaya et au conseil régional qui ont adhéré à cette démarche pour le moins maladroite. Les journalistes de la région ont décidé de boycotter à l’avenir les activités de ce CRT; c’est regrettable mais pleinement justifié. Nous ne pouvons que déplorer ce comportement et inviter tous ces «responsables» de Souss- Massa à prendre connaissance de la loi sur le droit à l’accès à l’information et à revoir leur copie.

Le général se présente devant les micros de la télévision publique, menace les manifestants et les accuse d’accointance avec l’étranger. Un mois après, il lâche son président et loue les valeurs des manifestants et leur droit au changement. Sauf que le changement auquel aspirent les Algériens, puisque c’est de nos frères et voisins qu’il s’agit, ne coïncide pas avec leurs aspirations, et à leur tête celles du commandant des forces armées Gaïd Salah. Celui-ci, après trois semaines de dénigrement des manifestants et de menaces non voilées, se rend compte que les choses ont pris une tournure qui menace les rentes dont profitent les généraux depuis plus d’un demi-siècle. Changement de cap. Le général en chef, peut être inspiré par un autre modèle dans la région, décide de perpétrer un putsch qui ne dit pas son nom. Car brandir l’article 102, qui met en évidence l’éviction du président en cas de grave maladie, ne tient pas. Rappelons que c’est bien ce même général qui déclarait, il y a à peine un mois, que le président Bouteflika disposait de toutes ses capacités mentales et lui avait même manifesté son soutien. C’est donc un coup d’État pour sauver les meubles et orienter les Algériens vers un autre débat au moment où la rue dénonce tout un système qui a pillé les richesses du pays.

D’ailleurs, la proposition des généraux dévoile leurs intentions puisqu’ils veulent mettre une autre marionnette du FLN aux commandes, ne serait-ce que pour préparer le terrain à un autre candidat issu de ce même système. Toutes ces manigances ont, dès leur annonce, été dénoncées par les forces vives. Celles qui aspirent à la liberté et à la démocratie. Celles qui veulent investir la richesse de l’Algérie dans l’épanouissement du peuple et l’émergence d’une jeunesse dont l’avenir est plein d’assurance et de sérénité. C’est pourquoi cette énième tentative de faire échouer la révolution civilisée de nos frères algériens sera vaine.

L’absence de cohérence dans l’élaboration d’un nouveau modèle de développement et les combats de coqs intergouvernementaux font des remous. Laenser tape du poing sur la table. Le secrétaire général du Mouvement populaire, pourtant connu pour sa retenue, n’en peut plus de cette course prématurée aux élections de 2021 amorcée par le RNI et le PJD. C’est le constat de tous, car ces deux partis donnent l’impression de n’avoir pour objectifs que de gagner ces élections et être aux commandes du gouvernement alors qu’ils se partagent déjà cette responsabilité sans l’assumer pleinement.

Dans le monde entier, les périodes pré-électorale et électorale sont clairement définies par la loi, sauf au Maroc où l’on peut remporter les élections en 2016, composer une majorité en 2017 et se lancer dès 2018 dans la campagne électorale de 2021! En gros, le temps politique dans notre pays est si «brouillon» qu’il sape le peu de crédibilité dont jouissent les partis politiques. Hier, nous parlions du degré zéro de la majorité des partis dans le débat public sur le nouveau modèle de développement, abstraction faite du PPS. Aujourd’hui, nous avons une belle contribution de la société civile, incarnée par quatre universitaires qui déposent sur la place publique une proposition sérieuse sur ce plan.

Pendant ce temps, nous attendons toujours que les partis politiques nous fassent parvenir leur copie afin de lancer un grand débat public. Il faut rappeler qu’il ne s’agit pas d’une compétition dont la finalité consiste à élire le «meilleur» projet, mais d’une base au débat public.

Hors PPS, les partis font preuve d’une incompréhensible hésitation alors que les médias publics, cliniquement morts depuis belle lurette, ne suscitent en nous aucun espoir. Il y a un malaise social et économique qu’il faudrait disséquer pour crever l’abcès. Sans quoi, nous continuerons à tourner en rond et c’est dommage.

Une visite d’État, ce n’est pas que des intérêts économiques réciproques et de la courtoisie diplomatique. C’est bien plus. Le séjour du président de la Chine Xi Jinping en France en est la parfaite illustration. Emmanuel Macron a évité la capitale - et ses contraintes sécuritaires souhaitant conférer à la rencontre un caractère familier, détendu et humaniste. Bien sûr, au programme, il y a de gros contrats en perspective mais aussi les défis climatiques et de développement durable, le tout dans une atmosphère décontractée.

Le président chinois n’a d’ailleurs pas hésité à affirmer à son homologue français se sentir à l’aise à Saint-Tropez. Sur un autre registre, la télévision française a rapporté aux Français - et au monde entier - les détails de cette visite : organisation des corps sécuritaires, planification du déroulé de la visite, menu préparé par le chef, décoration de la salle du dîner, etc. Et au passage, des tables rondes et des multiplex ont été tenus afin de disséquer les enjeux de la visite pour les deux pays et discuter de l’avenir de la planète. Ce sont vraiment de grands moments de télévision qui nous font oublier tout cet océan de médiocrité largué par les réseaux sociaux, et qui nous rappellent les fondements du journalisme. Mais il faut reconnaître que les officiels français jouent le jeu et appliquent à la lettre le droit à l’accès à l’information. Ils le font par respect pour le citoyen, celui-là même qui ira les élire ou les sanctionner dans un parfait exercice de démocratie. Chez nous, on ne pense que «2021», on ne raisonne qu’en vue de 2021, et au passage on commence déjà à promettre monts et merveilles à l’horizon 2021.

En fait, il reste 30 bons mois qui nécessitent du travail, la mise en oeuvre de solutions et de l’ingéniosité dans la gestion. C’est là toute la différence entre un gouvernement qui partage avec ses citoyens le fin fond de sa pensée, et un autre qui ne voit en les citoyens qu’une machine à voix...Et puis s’en va.

Réda Chami, président du CESE, a choisi pour sa première sortie médiatique une thématique des plus importantes : Quel nouveau modèle de développement pour le Maroc ? Un choix judicieux et qui fera sûrement salle comble à l’Iscae ce mercredi car après le silence des partis politiques, il était attendu qu’une institution officielle lance le débat autour d’un sujet qui suscite l’intérêt mais qui, curieusement, ne trouve aucun écho auprès de notre classe politique. Des patrons de partis avancent, en off, des prétextes non fondés sur l’embargo qui entoure leurs projets.

D’aucuns prétendent qu’ils ne peuvent livrer leur copie parce qu’elle a été déposée au cabinet royal. Ils n’ont donc rien compris au message royal qui ne cesse d’insister sur l’élargissement de la concertation afin d’aboutir au meilleur modèle qui puisse servir le pays. Voici donc une autre illustration de l’incapacité de cette classe politique à faire preuve de créativité pour mettre le pays sur les rails de l’émergence. Non pas parce que les partis ne servent à rien, même si certains milieux essayent d’ancrer cette idée dans l’esprit de la population mais parce que la vieille garde ne veut rien lâcher. Résultat des courses, les jeunes des partis deviennent de moins en moins jeunes. Ceux qui ont déjà la cinquantaine désespèrent de ne pouvoir prendre les rênes de leurs formations politiques et de les mettre au diapason de notre époque.

Aujourd’hui, nous avons besoin de dirigeants 4.0 qui maîtrisent le langage du troisième millénaire, qui comprennent les préoccupations des jeunes et qui disposent de qualités leur permettant d’être très innovants. Je suis tenté de demander à des membres de bureaux politiques les plus influents, leurs contributions sur l’élaboration d’un nouveau modèle de développement. Je vous vois déjà sourire...

Le jugement prononcé par le tribunal de Fès à l’encontre du président de la région de l’Oriental et du maire d’Oujda a fait l’effet d’une bombe. Le Maroc n’étant pas habitué à ce genre de verdicts, les poursuites judiciaires précitées n’ont même pas été suivies par les médias, croyant que l’issue de l’affaire était connue d’avance. Maintenant que le juge a rendu son verdict public, l’on peut nommer les concernés, à savoir le puissant homme d’affaire affilié au PAM, Abdenbi Bioui, et l’influent politicien du Parti de l’Istiqlal, Omar Hjira. Poursuivis pour détournements de fonds par la Cour des crimes financiers, ils ont les deux été condamnés à de la prison ferme. Ils ont droit au recours en appel, l’affaire n’est donc pas close.

Par ailleurs, ce jugement doit être perçu comme un message clair à destination de deux communautés, celles des affaires et de la politique. Et c’est aussi l’un des signaux les plus important quant à l’application du principe de reddition des comptes. Un exercice dans lequel le Maroc est toujours novice, mais celui-ci gagnerait à le faire étape par étape. Mais au delà du prononcé de jugement, c’est la portée du message qui est à disséquer. Car d’aucuns -des deux bords, le business et la politique- ont tendance à oublier les prérequis d’un État de droit. Je ne citerai point d’exemple car ce n’est pas l’objectif, mais je ne peux dissimuler mon enthousiasme quant à l’audace du juge. Oui, il faut de l’audace même dans l’application de la loi. Ce jugement, aux allures de séisme politico-économique, va secouer le microcosme économique et surtout les sphères politiques. Il est temps de conférer aux deniers publics un caractère sacré, comme en Chine où la peine peut aller jusqu’à la condamnation à mort. Car il en va du sort de dizaines de millions de Marocains qui voient la richesse du pays dilapidée par certains alors que la pauvreté les entoure, et la misère les guette.

L’OCP est au Maroc ce que la Sonatrach est à l’Algérie ou Aramco à l’Arabie saoudite. Une institution de souveraineté hautement stratégique, et ce, à plusieurs égards. Les informations relatives à cet office doivent être triées sur le volet, sécurité de l’État oblige. Pour le comprendre, il faut revenir une dizaine d’années en arrière, quand l’office marocain commençait à investir le segment de la production des fertilisants. D’aucuns avaient qualifié cela d’attaque frontale de l’industrie américaine, qui régnait alors sur ce marché en maître. Et l’hallucination a été totale lorsqu’un professeur de l’Université de Géorgie avait demandé, sans sourciller un instant, de «priver un pays tiers-mondiste d’avoir en main la sécurité alimentaire mondiale »!

Entre cette histoire, survenue en 2008, et aujourd’hui, l’OCP s’est modernisé et a au passage ouvert ses livres de comptes au grand public suite à son passage au statut de SA et à son ouverture sur les marchés financiers internationaux. L’idée selon laquelle l’offi ce serait une caisse noire de l’État est loin derrière nous.

D’ailleurs, la première touche apportée par Mostafa Terrab, président du groupe, a été de privilégier l’indexation du phosphate sur les cours mondiaux aux négociations de gré à gré. Une approche qui avait multiplié par trois le prix de vente de la roche la plus précieuse au Maroc, assortie d’une épreuve de force l’opposant aux grosses pointures du marché. Comprendre cette infime partie des enjeux autour de ce secteur permettrait de mieux assimiler l’approche de la Cour des comptes qui a, par ailleurs, émis des recommandations pertinentes, acceptées et prises au sérieux par le management de l’OCP. Lundi prochain, l’office rendra public le bilan détaillé de 16 pages de ses activités au titres de l’année 2018. Libre à la presse et à l’opinion publique de le disséquer en toute transparence.

Le gouvernement change de tactique et opte pour la fermeté. Face à des enseignants qui désertent leurs classes et font planer la menace d’une année blanche, il fallait trancher. Replaçons les choses dans leur contexte. Il y a trois ans, des enseignants stagiaires ont paralysé l’école publique, réclamant leur embauche systématique en assimilant l’accès à la formation à un recrutement tacite. On se rappelle que le gouvernement avait tenu le bâton par le milieu, refusant l’embauche systématique mais proposant le recrutement contractuel. Et c’est là où le gouvernement avait péché par précipitation car, en voulant clore ce dossier, l’Exécutif avait omis de verrouiller ces contrats et de n’y laisser aucune brèche.

Du côté des enseignants, ils ne peuvent signer un contrat assimilé à un CDD et venir aujourd’hui réclamer un CDI. On parlait hier, dans cet espace même, de la méritocratie dans la fonction publique; on est en plein dedans avec cette affaire. Il faut prôner les valeurs de rentabilité et de productivité dans la fonction publique.

Les dizaines de milliers de contractuels concernés par cette affaire doivent savoir que seule leur compétence garantit leur titularisation. Au lieu de protester dans les rues, de déserter leurs classes et de risquer de perdre leur emploi, il leur faudrait penser à mobiliser cette énergie pour l’amélioration de leur niveau d’enseignement, déjà au plus bas, en vue d’une meilleure gestion de carrière. Aujourd’hui, l’Exécutif choisit la manière forte et met à exécution ses menaces de licenciement face aux absences injustifiées, après avoir concédé le recrutement de ces enseignants par les académies. Encore une fois, nous faisons face à une demande d’intégrer automatiquement la fonction publique, expression la plus traditionnelle de la rente. Il s’agit de fonctionnaires à revenu fi xe, qui ne sont pas tenus d’être rentables. Au-delà des calculs politiciens de certains, l’intransigeance du gouvernement est salutaire.

L’Administration publique n’arrive plus à attirer les hautes compétences pour plusieurs raisons. Cela est principalement dû à une rémunération largement inférieure au marché, mais surtout à un système de motivation des plus obsolètes. Le ministre délégué de la Fonction publique et de la réforme de l’administration, Mohamed Benabdelkader, veut réformer ce système en s’attelant à la gestion des ressources humaines par la récompense des compétences. Il sera désormais question de productivité et non d’ancienneté car, il faut le rappeler, la quasi-majorité des fonctionnaires ne fournit aucun effort exceptionnel, sachant que son salaire est préalablement fixé par une grille et que l’échelle des promotions répond souvent à des critères pour le moins opaques. Il est donc temps d’adopter un système méritocratique qui récompense la compétence, l’effort, la créativité et la productivité.

Pour ce faire, l’Administration marocaine doit disposer d’un dispositif de gestion de carrières clairement affiché avec une forte sensibilisation sur ce changement de cap. Le Maroc est inondé de dizaine de milliers de fonctionnaires dont l’apport, dans certains cas, est proche du néant! Ceux qui manifestent dans les rues pour intégrer la fonction publique doivent comprendre qu’ils auront des contrats d’objectifs obéissant aux mêmes règles de rigueur que celles prônées par le secteur privé. On ne lorgne pas un poste pour se garantir un salaire sans s’acquitter convenablement de ses engagements. Autrement, on est en plein système de rente. Les nouvelles règles que présentera prochainement le ministre de tutelle en Conseil de gouvernement doivent recueillir soutien et adoption pour le bien de notre pays. On ne peut aspirer à l’émergence sans un capital humain qualifié, productif et rentable. Il est temps de tourner cette page sachant que, même en entreprenant dès aujourd’hui cette mutation, l’Administration marocaine ne sera totalement marquée de la nouvelle empreinte qu’à l’horizon 2030.

Il y a quelques jours, le monde a connu un blocage technique des réseaux sociaux, notamment Facebook et Instagram, l’espace de quelques heures. Il n’en fallait pas plus pour que la planète soit perturbée et que des milliards d’humains se retrouvent «virtuellement paralysés». Aux quatre coins du monde, des individus voire des sociétés et de grands groupes industriels ont décrété une alerte sur leurs activités. Le monde réel s’est rendu compte à quel point il est devenu otage du monde virtuel. Mais focalisons-nous sur l’usage «domestique» des réseaux sociaux par des milliards d’individus. Ces réseaux sont devenus tellement haineux que même ses créateurs n’y comprennent plus rien. C’est comme la création de la dynamite, dont l’objectif initial était noble et pacifique, en l’occurrence l’assistance aux travaux d’infrastructures, avant de devenir l’arme la plus destructrice et tueuse de l’histoire de l’humanité.

Aujourd’hui, ces réseaux sociaux, outre une infime partie réservée à des activités professionnelles, ont été totalement détournés de leur objectif initial par l’usage personnel, faisant de cet espace virtuel un réel enfer. Que de familles disloquées, de jeunes tombés dans les filets du banditisme, de fillettes violées, de gens jetés à la vindicte populaire, de personnalités insultées en permanence...Des rumeurs ont détruit des individus, des collectivités... Ces quelques heures de «panne» ont libéré les esprits, les énergies. Car les gens, sans le sentir - et c’est là que réside la gravité - ont développé une addiction, devenant esclaves d’un monde qui n’a rien de réel. Essayez, comme beaucoup commencent à le faire, de vous libérer de cet esclavagisme du XXIe siècle. Vous allez sûrement reprendre goût à une vie «normale» avec plus de chaleur humaine, plus proche de notre environnement. Essayez..

La problématique des enseignants contractuels doit être résolue rapidement et sans populisme ni calcul politicien. Ce sont quelque soixante-dix mille enseignants concernés et qui contestent aujourd’hui leur statut revendiquant au passage leur intégration dans la fonction publique. Deux préalables s’opposent à tout débat sur ce sujet. Un, ces milliers de candidats ont volontairement signé des contrats à durée déterminée en connaissance de cause. Deux, ces grèves répétitives nuisent aux intérêts du pays dans la mesure où le gouvernement affiche une incompréhensible frilosité quant à la stricte application de la loi en matière de prélèvement sur le salaire des jours de grèves.

L’Exécutif continue de menacer de passer au prélèvement. Or, la loi stipule le prélèvement et non la menace. Pourquoi veut-on que ces enseignants regagnent leurs classes puisqu’ils sont payés même en étant dans la rue ! Certes, la Constitution institue le droit à la grève, mais la loi prévoit le prélèvement des jours non travaillés. Il n’y a pas d’autres explications ou jurisprudences.

Maintenant, sur le fond du sujet, les coordinations syndiquées privilégient un bras de fer avec le gouvernement plutôt que de trouver une solution à ces dizaines de milliers d’enseignants qui cherchent
une situation stable et non pas à de petites victoires politiques. Ils gagneraient à comprendre que les finances de l’État ne permettent pas l’intégration de tout ce monde, et même avec la meilleure volonté du monde, Saâdeddine El Othmani ne le ferait pas, car ce serait synonyme de suicide fi nancier.

La solution intermédiaire proposée par l’Exécutif est en fait une sortie honorable pour tout le monde, et sa mise en application par les AREF, en dépit des contestations des coordinations, est la seule alternative qui ne menacerait pas les fondamentaux de l’économie nationale. Arrêtez ce non-sens !

Dernière Minute

Nos derniers Tweets...

Suivez-nous sur Facebook

Vidéos des ÉCO

Vidéos des ÉCO