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Cette crise qui se généralise au Maroc touche notamment le secteur immobilier. Des promoteurs peu scrupuleux entachent l’image du secteur et des groupes les plus réputés. Les exemples sont légion, mais deux se présentent à nous. Il y a des promoteurs de mauvaise foi qui bâtissent leur stratégie sur la vente avant construction et empochent des avances conséquentes. Après, le chantier avance au rythme des fonds encaissés, au mépris des délais contractuels. À ce niveau, la législation en vigueur ne présente pas de dispositif solide de dissuasion.

Dans la seule ville de Casablanca, des dizaines de projets sont toujours en chantier alors qu’ils devaient être livrés il y a trois, quatre années, voire plus. Ces dépassements touchent toutes les catégories d’immobilier, de l’économique au très haut standing, qui atteint dans certains cas 10 MDH ! Les clients sont ainsi abandonnés à leur sort face à des promoteurs qui, dans certains cas, s’évanouissent dans la nature. Mais les acheteurs ont leur part de responsabilité car, au moment de conclure l’acte d’achat, ils sont moins regardants sur les clauses de réalisation et les délais de remise des clés, ainsi que les pénalités qui devraient être contenues dans ledit contrat. Deuxième niveau d’escroquerie grevant certains projets immobiliers, le non-professionnalisme des notaires choisis par certains promoteurs peu soucieux des intérêts de leurs clients, en amont et en aval.

Le promoteur casablancais, qui a récemment vu son notaire filer avec la bagatelle de 40 MDH, laissant sur le carreau des dizaines de clients, est un exemple qui se répète depuis des années sans que personne ne réagisse pour l’interpeller ni pour éradiquer ce genre de malversations qui plombent la confiance et mettent tout un secteur en danger. Enfin, les associations professionnelles de la promotion immobilière doivent agir afin de préserver leur image en dressant des listes noires de promoteurs et de notaires malhonnêtes. Un mal nécessaire.

L’émergence économique passe par les métiers à valeur ajoutée, orientés export, comme ce fut le cas du modèle coréen à ses débuts. Au Maroc, l’industrie pourrait jouer ce rôle avec quelques préalables. C’est le constat que l’on pourrait tirer de la 3e édition des Industry Meeting Days, qui se poursuit aujourd’hui. Car le Maroc dispose désormais d’une stratégie et surtout d’une visibilité avec un premier objectif réalisé, celui de la création de 500.000 emplois, et d’autres perspectives en matière d’exportations.

Cependant, le préalable évoqué ci-dessus est bel et bien la compétitivité. Si les métiers mondiaux réussissent leur challenge, d’autres industries, au potentiel énorme, sont toujours à la peine. L’exemple de l’agro-industrie est parlant, de l’avis même du ministre, puisque ce secteur ne sait où se positionner. Ministère de l’Industrie ou celui de l’Agriculture... il reste en marge des deux. Bien des secteurs et sous-secteurs se sont organisés en écosystèmes et tirent profit du soutien public; il va donc falloir y souscrire. Car l’agro-industrie marocaine souffre d’un déficit de compétitivité face à des opérateurs méditerranéens tels que l’Espagne, la Tunisie ou même Israël, pour certaines filières. Cela devrait être une priorité des opérateurs marocains du secteur, mais aussi du gouvernement, puisque l’agro-industrie figure parmi les champions en termes de création de postes d’emplois.

Les 405.000 emplois déjà créés dans l’industrie depuis 2014 auraient été beaucoup plus nombreux si ce secteur n’avait pas perdu du temps. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire, comme on dit. Gagner en qualité et en compétitivité permettrait de pénétrer davantage de marchés difficiles et consommateurs comme les États-Unis, les pays scandinaves et quelques dragons asiatiques. Mais bravo aux organisateurs des Industry Meeting Days qui créent l’environnement propice à ce genre de débats.

Le rôle des médias est d’apporter de la critique constructive même si cela dérange. L’exemple le plus frappant est celui de» la Cité Mohammed VI Tanger Tech». Au lendemain de la signature du mémorandum d’entente, en mai 2016, avec le groupe chinois Haite, des médias marocains, dont LesEco.ma et Le Desk, ont émis des interrogations sur l’absence de références techniques et les limites capitalistiques de ce groupe, spécialisé dans la maintenance aéronautique ! Car on présentait alors les maquettes d’une nouvelle ville intégrée avec 300.000 habitants, 200 usines avec 100.000 emplois et un investissement de 100 MMDH (10% du PIB), ce qui requiert une assise technique et financière très solide. Les responsables de la société de gestion et le président de la région avait pourtant présenté Haite comme un géant du secteur, assurant que le début des travaux était prévu à partir de 2017 et la livraison de la première usine en 2019. Les sorties des médias n’ont pas plu aux promoteurs du projet alors qu’ un an après la première annonce, il n’y avait encore que du désert sur place, en dépit d’une visite improvisée au profit des journalistes afin de contredire les inquiétudes exprimées par la presse ! En juin 2018, nos confrères de TelQuel annonçaient que Haite a disparu des radars.

Du côté officiel, silence radio sauf une déclaration du président de la région dans laquelle il confirma à nos confrères que « les Chinois (Haite) ne font plus partie du tour de table», sans un mot de plus ! Les médias marocains avaient donc raison de s’inquiéter quant à la capacité de Haite de porter ce projet en y mettant un milliard de dollars et en y assurant la mise en oeuvre technique. Après des mois de silence, on apprend en fi n de semaine passée, qu’un autre mémorandum d’entente a été signé avec un autre groupe chinois, CCCC. Qui est ce groupe sur lequel on mise pour rattraper deux ans et demi de retard ? La réponse dans notre édition de mardi.

Le bilan de mi-mandat du gouvernement est toujours un bon exercice de réflexion, de diagnostic et même de proposition d’améliorations. Qu’en est-il de celui du cabinet El Othmani, et quelles sont les perspectives de la seconde moitié dudit mandat? S’agissant du diagnostic, notre modeste contribution se trouve dans l’analyse ci-contre où l’on peut qualifier le satisfecit d’El Othmani de démesuré vu la réalité des réalisations, et par conséquent l’état des lieux de son mi-mandat aujourd’hui. Mais quid de la seconde moitié de cette législature? El Othmani a-t-il la capacité de redresser la barre? Va-t-il se focaliser sur le colmatage des brèches de sa majorité? Quelle est sa perception du temps électoral? En d’autres termes, combien de mois vat- on se coltiner la pré-campagne électorale? Autant de questions qui conditionnent les deux années à venir, et dont les réponses pourraient hypothéquer l’avenir des Marocains. Les combats de coqs, les querelles intestines et les guéguerres intra-majorité, les Marocains en ont marre et à la limite s’en fichent royalement. Ce que l’on attend en revanche d’un gouvernement et d’une majorité, quelle que soit leur mosaïque, c’est d’apporter des réponses et des solutions effective à la problématique de l’enseignement et de l’éducation. La question des langues n’est qu’un prétexte pour noyer le poisson et faire oublier aux Marocains la gravité de la dégringolade du niveau de l’enseignement. Quant à la santé, tant qu’on attribue des rendez-vous de consultation dans les hôpitaux publics, pour des délais dépassant parfois une année, on demande aux Marocains de «reposer en paix». Les millions de jeunes qui errent dans les rues sans éducation ni emploi constituent une bombe à retardement et un facteur indéniable d’instabilité. Qu’a-t-on fait pour leur redonner espoir? De grâce, soyez à la mesure des attentes de la population et «pondez » des solutions réalisables, ce Maroc mérite mieux et peut faire mieux.

Il y a exactement un an, le Maroc a vécu un fait inédit. Les citoyens-consommateurs avaient brandi la sanction face à trois marques. Quid des enseignements à tirer ? En effet, l’on se rappelle que ce mouvement spontané évoquait «le diktat» de quelques enseignes leaders dans leurs secteurs en matière de prix appliqués. Le succès fut phénoménal de par ses portées économique et médiatique internationales. La récente publication des résultats des groupes industriels concernés a clairement montré l’impact financier, qui s’est élevé à des milliards de dirhams. Mais au-delà des pertes subies par les trois sociétés, c’est l’ensemble du microcosme économique qui a été déstabilisé et les grands groupes, notamment de l’agro-industrie, savent aujourd’hui qu’il faudrait désormais composer avec cette opinion publique. Sur le plan médiatique, le traitement a été diamétralement opposé, entre intérêts de certains médias, qui redoutent le boycott publicitaire, et l’objectivité des autres. Mais au-delà des frontières, ce mouvement était présenté comme la noble expression d’un ras-le-bol, et c’en était vraiment un.

Aujourd’hui, cette date anniversaire est pour nous l’occasion de rappeler que les associations de défense des droits des consommateurs au Maroc, qui ont été mises à l’écart par la spontanéité du mouvement, n’ont fait aucun effort post-boycott. Ni leurs méthodes, ni leur passivité, ni encore moins leur impuissance face aux producteurs et aux distributeurs n’ont changé d’un iota. Ces associations -et parfois même des fédérations- sont souvent cantonnées à des cartes de visite qui servent plus leur porteur qu’une quelconque cause. J’aimerais bien recevoir un jour le rapport d’activité de l’une de ces entités avec une liste de dossiers traités et de procès engagés envers les fraudeurs. Je continue d’attendre et d’espérer.

La CGEM jette un pavé dans la mare de la fiscalité marocaine. Son étude de perception confirme ce que nous écrivions ici-même, il y a quelques semaines sur la problématique de l’équité fiscale et le sentiment d’injustice. Les conclusions dudit rapport confirment l’iniquité et pointent du doigt les grands exploitants agricoles et les grandes entreprises qui bénéficient des avantages fiscaux, quand la PME est pleinement taxée. Ce rapport, qui s’est focalisé sur l’entreprise, pourrait être étayé par d’autres cas d’évasion fiscale dans des secteurs «de niche» mais très porteurs.

Ainsi, l’art et le sport sont exonérés de fait, au Maroc. Toute la presse évoque les sommes faramineuses de transferts de joueurs sans que cela suscite le moindre intérêt auprès du fisc. Aujourd’hui, vous avez des contrats de joueurs à plus de trois millions de dirhams par an, qui sont signés, légalisés et déposés auprès de la Fédération royale marocaine de football. Aucune déclaration fiscale n’est faite, ce n’est un secret pour personne.

Dans le monde artistique, des chanteurs gagnent des millions auprès des GAFA sans qu’ils déboursent le moindre dirham en contribution fiscale ! Il y a quelques jours, une chanteuse marocaine, connue, postait fièrement sur son compte Instagram son cachet qui atteint des pics de 700.000 dirhams l’heure. Une déclaration qui a toute la force juridique pour actionner l’appareil fiscal, par ailleurs habilité à intervenir juste par l’effet des signes extérieurs de richesse. Quid, alors, d’une déclaration en bonne et due forme ? Comment voulez-vous que des personnes touchant à peine 50.000 dirhams ou même 100.000 dirhams se voient taxées à la source, alors que des millionnaires entassent leur fortune sans en être inquiétés ? L’équité fiscale commence par cela : démonter l’évasion fiscale quasi-déclarée avant de s’attaquer aux fausses déclarations et autres formes de fraudes fiscales.

Ils se sont retrouvés en masse à Skhirat, ont applaudi l’accord, puis chacun est reparti au front avec ses convictions et, surtout, ses accointances. Voilà l’ambiance qui règne dans ce complexe conflit en Libye où trois clans, non des moindres, plombent toute tentative de compromis. Vous avez d’un côté le gouvernement Fayez Serraj, reconnu par les Nations Unies, et face à lui le général retraité Khalifa Haftar, qui roule pour l’axe Riyad-Abou Dhabi. Le plus drôle dans cette histoire, c’est le jeu incompréhensible -et pour le moins schizophrène- des puissances mondiales.

Ainsi, les États-Unis et la Russie, que tout oppose, décident ensemble, contre toute attente, de soutenir le mercenaire Haftar face au légitime pouvoir de Serraj. L’Europe, droite dans ses bottes, continue de soutenir la légitimité internationale du pouvoir en place à Tripoli, Londres et Berlin en premier lieu, au moment où Paris joue sur tous les tableaux. Elle ne cache pas son soutien au terroriste Haftar mais, en même temps, ne perd pas de vue ses homologues européens. La Libye devient ainsi un champ d’expériences pour les novices en géostratégie et les schizophrènes qui dénoncent à longueur de journée le terrorisme qui les guette, mais en revanche, ne font même pas semblant en en soutenant ouvertement des milices, comme les a qualifiées le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, sans sourciller.

Dans notre zone arabe, il n’y a point de surprises. Cherchez dans les différents foyers de tension des pays arabes, vous trouverez un dénominateur commun: l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. Pas étonnant, donc, que le mercenaire Haftar soit reçu par le roi d’Arabie trois jours avant de lancer son offensive sur Tripoli. Ici, Rabat a dès le début soutenu la légitimité et fait de Skhirat la capitale de la Libye, le temps des négociations, se démarquant encore une fois du clan des fauteurs de troubles. 

Créateurs de contenus ou diffuseurs de médiocrité? Telle est la question que se posent les experts du digital dans un monde qui perd la tête et ses valeurs. C’est la tendance, affirment certains, quand d’autres avancent l’argument du trafic, mais très peu sont soucieux de l’association de l’image et de la qualité du contenu. Ainsi, les annonceurs, dans une course effrénée au nombre, finissent par perdre le nord en installant des amalgames dans l’esprit des consommateurs.

Dans le monde entier, la mode des influenceurs a gagné du terrain mais sans jamais piétiner les valeurs de la société et de l’entreprise. Une firme internationale ne peut en aucun cas associer son image à celle d’un rigolo, encore moins d’un illustre inconnu dont le seul «atout» de son CV est une communauté de quelques centaines de milliers de followers.

Au Maroc, les choses ressemblent plus à un couscous aux sept légumes où l’influenceur vante les «vertus» d’une banque et juste après balance une anecdote interdite aux cardiaques! Lors d’un échange amical, un grand patron de la place ne tarissait pas d’éloges à l’égard d’un jeune influenceur ayant collaboré avec son groupe jusqu’à ce que je lui montre un «troll» à forte connotation politique, publié quelques minutes après leur capsule promotionnelle. Je vous épargne sa réaction. C’est pour cela qu’il ne faudrait pas se mélanger les pinceaux et laisser les métiers de la communication et des médias aux professionnels. Car in fine, il n’y a que la qualité qui l’emporte, et c’est justement cette qualité qui interpelle une audience qualifiée. Il est question de segmentation en fonction du pouvoir d’achat et de catégorie du marché, et au final, cela se mesure par le retour sur investissement.

Ainsi, cette vague d’influenceurs n’est qu’un effet de mode qui finira par disparaître à défaut de modèle économique fiable et d’une offre sérieuse de contenu, sans parler d’une concurrence acharnée à la limite de l’éthique. Le retour aux fondamentaux ne se fera pas longtemps attendre.

Nous avons souvent évoqué certaines fortunes du pays qui se soucient peu de la situation socio- économique de la majorité des Marocains, notamment de ceux vivant en-dessous du seuil de pauvreté. Aujourd’hui, l’incendie qui a ravagé une bonne partie de la cathédrale Notre-Dame, à Paris, nous permet de faire des comparaisons qui sont, au final, douloureuses. En France, il a fallu moins de vingt-quatre heures pour que les riches de l’Hexagone se mobilisent pour la restauration de ce bijou du patrimoine culturel mondial. Un milliard d’euros ont été levés en une seule journée et l’élan de solidarité se poursuit pour répondre à l’appel du président de la république aux Français à effectuer un don. Les premières fortunes françaises exemptent ainsi le peuple de cette contribution qui allait intervenir à un moment marqué par des tensions sociales, chose qui auraient pu les exacerber davantage.

Ces grosses pointures qui placent ainsi l’équivalent de 11 milliards de nos dirhams sont allés, dans leur élan de solidarité, jusqu’à demander à ne pas bénéficier des 60% d’abattement fiscal sur ce genre d’opération comme le prévoit la loi. Nos riches, qui s’enrichissent toujours plus sous notre ciel à tous et on demanderait à ce qu’ils gagnent davantage pour en faire plus profiter la société par leur contribution fiscale gagneraient aussi à imiter leurs homologues français, comme ils le font déjà en termes de train de vie et de signes extérieurs de richesse.

Certes, aucun monument n’a brûlé ici, Dieu soit loué, mais nous avons pire. Une économie aux abois, un enseignement en quasi-faillite, une santé qui se dégrade et un chômage qui s’aggrave chez les jeunes. Vivement donc un tel élan de solidarité pour concrétiser ce patriotisme que d’aucuns ne connaissent que pour s’entre-déchirer! Nos amis français du CAC 40 devraient le savoir et, quand ils rencontrent les capitaines de l’industrie et de la finance au Maroc, ils devraient les imprégner du véritable patriotisme et des valeurs de solidarité sociale.

Bourita vient de confirmer que l’approche marocaine consistant à dissocier l’économique du diplomatique est aussi appliquée avec l’Afrique du Sud. Il invite clairement Pretoria à oeuvrer main dans la main pour une meilleure coopération Sud-Sud. Ceci s’inscrit dans le prolongement de la démarche adoptée par le souverain avec le Nigeria et l’Éthiopie, les deux autres géants anglophones africains, avec qui la brillantissime idée de faire ensemble du business win-win ayant commencé à assouplir les positions politiques. Cela prendra cinq ou dix ans, mais arrivera le jour où l’intérêt économique de ces peuples l’emportera sur un égarement politique vieux de plus de trois décennies.

Bourita, s’exprimant sur un journal sud-africain, a utilisé la notion de «coopération économique» à trois reprises. Plus encore, il invite Pretoria à travailler avec Rabat sur un modèle d’émergence économique du continent. C’est du lourd, et cela ne pourrait pas être que des paroles en l’air. Il faut donc jeter ce pont entre les deux capitales de l’extrême nord et de l’extrême sud du continent, et cela ne serait possible, dans l’état actuel des relations, que par l’intermédiaire des hommes d’affaires et de la société civile.

Rappelez-vous qu’il y a moins de deux années, le roi Mohammed VI a rencontré le président sud-africain de l’époque, Jacob Zuma, à Abidjan, en marge du sommet UA-UE, et l’optimisme avait régné au sein de la communauté des affaires, à telle enseigne qu’une grande banque avait manifesté son souhait de s’implanter à Johannesburg. C’est dire qu’en langage politique, l’impossible est exclu, et en raisonnement économique, l’homme d’affaires avisé est celui qui sait se montrer précurseur et visionnaire. Bourita savait bien pourquoi il devait surfer sur la fibre du business panafricain et de l’émergence économique du continent. Il n’en fallait que peu pour qu’il le hisse au rang de patriotisme africain.

Ça y est, le gouvernement et les syndicats sont enfin tombés d’accord. Mais le prix à payer va saigner le Budget, sans aucun engagement de la part des fonctionnaires pour autant. Car une augmentation générale de 500 DH constitue une réelle manne prélevée des caisses de l’État, déjà peu fournies et plombées par un endettement record! Était-ce la meilleure solution à ce bras de fer qui a duré plusieurs mois? Certainement pas. L’on sait que dans toute négociation, chaque partie propose des engagements qui aboutissent à des droits et des obligations.

Aujourd’hui, l’État s’engage à mettre en application une augmentation des salaires généralisée à tous les fonctionnaires avec une ponction sur le Budget de pas moins de 5 MMDH. Quid, alors, de l’engagement des syndicats, qui représentent ces centaines de milliers de fonctionnaires ? Les citoyens auront- ils droit à un meilleur service ? Ces milliards de dirhams qui vont être piochés, encore une fois, dans les poches des citoyens seront-ils compensés par une baisse du recours au privé en matière d’enseignement et de santé? Rien n’est moins sûr. C’est notre pays et nous savons comment on y fonctionne.

Ces fonctionnaires jouiront de cette augmentation, qui porte la moyenne des salaires du secteur public à 6.800 DH, et camperont sur leur rythme lent en l’absence d’un système de notation et d’évaluation annuelle. Ils attendront deux ou trois années cette opportunité, intervenant dans un contexte de tension sociale, pour pratiquer leur exercice favori de chantage à la paix sociale et revendiquer d’autres augmentations. Pendant ce temps, on continuera d’exiger du secteur privé plus de qualité et de performance avec des conditions de travail difficiles en majorité, pour un SMIG ne dépassant guère 2.800 DH! La paix sociale, c’est aussi l’équité et la justice dans les droits et les obligations, comme dans la méritocratie, la compétence et l’évaluation

Le message royal remis par Bourita au roi de l’Arabie Saoudite nous renvoie à un mouvement qui mérite analyse loin des spéculations autour d’une éventuelle accalmie. L’enjeu pourrait être plus sérieux qu’on ne le pense. En effet, si personne ne peut plus nier une certaine tension entre Rabat d’un côté et Ryad et Abou Dhabi de l’autre, force est de constater que les choses vont rapidement plutôt dans un sens contre-productif. Le Maroc, droit dans ses bottes, explique à chaque fois que sa diplomatie est et restera toujours indépendante de toute influence extérieure, fut-ce à l’égard de «grands amis».

Cependant, et il faut le dire clairement, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis veulent exercer un chantage mesquin sur le royaume chérifien qu’ils voudraient porter sur le terrain médiatique. Une stratégie satanique infiltrée de l’intérieur et orchestrée de l’extérieur. L’on se rappelle de ce groupe de journalistes marocains menés, à la charge d’Abou Dhabi, dans la capitale Émiratie officiellement pour mieux connaître le pays mais au final pour être officieusement «briefés» sur un exercice périlleux privilégiant l’interférence dans la vie politique marocaine.

En même temps, Abou Dhabi financerait le site d’informations marocain le plus influent, selon le site français bien connecté «Maghreb Intelligence» qui évoque une tentative de déstabilisation du royaume. Plus grave encore, il y a quelques jours, des révélations pour le moins inquiétantes, et à prendre très au sérieux, citent nommément deux chaînes télévisées en gestation financées par Abou Dhabi et Ryad avec un seul objectif ; nuire à l’image du Maroc. C’est pourquoi la vigilance doit être de mise et les voyants bien allumés, notamment en cette période dominée par des tensions régionales et un «risque pays» sous la loupe des observateurs internationaux. Au Maroc, la stabilité des fondamentaux est une ligne rouge infranchissable et on sait le faire savoir.

Au moment où nous mettions sous presse, l’armée soudanaise annonçait qu’elle se ralliait à la voix du peuple, comme c’est le cas en Algérie. Une «deuxième vague» du Printemps arabe s’apprête à déferler. Comment faut-il voir ces mouvements depuis le Maroc ? Quel en serait l’impact chez nous ? Telles sont les questions que l’on répète ici et là, des interrogations somme toute logiques.

À cet égard, il y a deux niveaux d’analyse. Sur le plan micro, on porte un intérêt particulier à ce qui se passe chez le voisin de l’Est, car les retombées, directes ou indirectes, seront nécessairement ressenties chez nous. D’un point de vue macro, ce «mouvement de foule» pourrait apporter des airs de liberté, conjugués à une démocratisation des sociétés, qui se propageraient dans plusieurs pays arabes par effet de contagion. Nous ne sommes donc pas face à des soulèvements isolés, mais à ce que des experts internationaux appellent depuis 2015 une deuxième vague de révolutions arabes. Sur le plan géopolitique, cette thèse trouve toute sa crédibilité dans le traitement post-révolution par la majorité des pays arabes.

En effet, une fois la zone des sables mouvants franchie entre 2011 et 2012, il y a eu retour des pouvoirs à leurs vieux démons. À Alger et Khartoum, puisque ce sont eux qui sont au centre du mouvement aujourd’hui, on a eu droit à un Bouteflika impotent du fait de la maladie, mais qui se présente quand même à sa propre succession en 2013, tandis que le général El-Bachir continuait à museler la jeunesse et les opposants comme si on était toujours dans les années soixante. S’il y a un enseignement à tirer de l’actualité, c’est la nécessaire implication des jeunes dans la mise en oeuvre de leur propre feuille de route d’avenir. Cependant, cela ne se réalisera jamais sans un réel partage du pouvoir ; en d’autres termes, une démocratie participative et une régénération des élites. Et c’est justement là que réside la véritable révolution.

La croissance pose problème dans le monde par l’absence d’équité et de productivité. Au Maroc, il y a absence de croissance tout court. Car, les niveaux bas réalisés depuis au moins cinq années, en moyenne 3%, restent très insuffisants pour la création de richesse, notamment en matière d’emploi.

Notre pays a besoin d’une croissance moyenne d’au moins 6% par an sur les cinq années à venir. De plus, deux préalables s’imposent afin que cette croissance ait un sens. Un, il faudrait que la valeur créée soit équitablement répartie entre les citoyens. Deux, il faudrait que la richesse générée aboutisse à la création d’emplois de façon à réduire le chômage à des niveaux inférieurs à 8%.

En dehors de cet état de fait, une croissance élevée ne servirait à rien. En Afrique subsaharienne, par exemple, des pays qui ont réalisé des taux de performances parmi les meilleurs au monde vivent dans une précarité quasi- totale. D’autres facteurs entrent en jeu dont la mauvaise gouvernance, l’opacité et la corruption.

Étienne Giros, président délégué du Conseil français des investissements en Afrique, dénonce ce phénomène en soutenant que le continent ne profite pas pleinement de ses richesses naturelles à cause des politiques publiques menées, entachées par la prévarication qui tire ces pays vers le bas. Au Maroc, le modèle de développement, basé sur la clémence du ciel, a atteint ses limites et quand bien même on arriverait à réaliser des taux de croissance de l’ordre de 5%, cela ne se ressentirait nullement sur l’économie en général et le quotidien du citoyen en particulier. C’est pourquoi chaque année qui passe sans que l’on revoie de fond en comble ce modèle coûte très cher à des dizaines de milliers de jeunes et condamne des générations à la précarité. Nos décideurs, dans le confort de leurs bureaux, paraissent peu se soucier de ce facteur temps qui continue, malheureusement, à plomber notre avenir.

Le nouveau modèle de développement au Maroc a eu le privilège de faire l’objet d’un débat de haute facture à l’Institut d’études politiques (Sciences Po) de Paris. Le genre de débats que nous réclamons depuis plus d’une année, en vain. Devant une salle comble, la qualité de l’assistance présente, sur invitation personnelle, à cet événement renvoie à un intérêt particulier vis-à-vis de cette thématique. Avec une présence marocaine bien pensée, entre officiels et chercheurs indépendants, l’actuel modèle de développement a été disséqué.

Les officiels, dans leur rôle, se sont attardés -trop même- sur les réalisations socio-économiques en se projetant dans les défis à venir. Mais ils ont carrément fait l’impasse sur les limites de l’actuel modèle, pourtant fortement critiqué par le souverain. Mounia Boucetta, secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, a, quant à elle, procédé à une présentation générale et dressé un bilan des acquis, reconnaissant au passage qu’il y a une pléthore de diagnostics à faire, pour conclure sur le souhait de voir des idées novatrices se concrétiser ! La réponse ne s’est pas fait attendre, la représentante de l’OCDE demandant au Maroc de «ne pas s’endormir sur ses lauriers» et de «mettre en musique ses différentes politiques sectorielles».

Heureusement, les experts marocains indépendants ne sont pas venus les mains vides, proposant des pistes de solutions, notamment la nécessité de mettre de l’ordre dans les priorités du pays, de mieux cibler et segmenter les actions prioritaires et d’assurer la cohérence entre les différentes politiques sectorielles.

Enfin, si ce genre de débats est nécessaire, de grâce, ne tombons pas dans l’auto-satisfaction, notamment face aux étrangers. Les Français nous connaissent très bien, c’est pourquoi nous gagnerions à aller au fond de la problématique et, surtout, à chercher les solutions pour avancer dans la mise en œuvre de ce nouveau modèle de développement, le sésame tant recherché.

Le leader du PAM, parti d’opposition, embarrasse le gouvernement -et donc la majorité- dans un dossier en rapport avec la liberté d’expression et des droits de l’Homme. Comment? Hakim Benchamach, puisque c’est de lui qu’il s’agit -et c’est probablement la dernière fois qu’on écrira son nom dans cet espace- a en effet mis Mustapha Ramid, ministre d’État chargé des Droits de l’Homme, dans de sales draps. Et pour cause, le chef de file du PAM et président de la deuxième chambre a traîné en justice quatre journalistes, représentant quatre supports de presse, pour avoir publié des informations vraies.

Le problème réside dans la manière avec laquelle ces journalistes ont pu mettre la main sur un scoop, bien qu’il ne s’agisse pas d’une information hautement sensible, mais du dossier de la réforme des retraites. L’année prochaine, le Maroc devra se défendre auprès de la Commission des droits de l’Homme des Nations unies dans cette affaire où quatre journalistes se retrouvent condamnés à six mois de prison pour avoir «divulgué» une information recoupée et reconnue conforme à la réalité. Notre pays ne mérite pas d’être mis dans la peau du coupable suite à une débilité commise par la quatrième personnalité du pays, au moment où un effort colossal est déployé par l’État afin de soigner son image auprès des organismes internationaux. Aujourd’hui, une large partie de la presse marocaine a décidé, à juste titre, de boycotter ladite personnalité et toutes ses activités en guise de protestation à l’égard de ce dérapage de trop, assimilable à un excès de zèle.

D’ailleurs, une question légitime se pose. Ne s’agirait-il pas d’un règlement de comptes entre opposition et majorité dont les dégâts collatéraux touchent le journalisme, mais surtout l’image de tout un pays? Franchement, certaines pratiques politiciennes contribuent de plus en plus au bannissement de la politique et c’est très préjudiciable à la démocratie.

Royal Air Maroc (RAM) est en train de déployer ses ailes au dessus de l’Afrique et le reste du monde. Elle porte d’abord la marque Maroc avant d’être une compagnie commerciale comme une autre. C’est pourquoi le gouvernement avait mis en place un contrat-programme de soutien à la compagnie visant le désenclavement de certaines régions marocaines, l’accompagnement de la politique africaine du souverain en s’érigeant en compagnie continentale et, enfin, le renforcement de l’internationalisation de RAM. Or, ce contrat est échu depuis 2016, et le deuxième contrat-programme est prêt depuis au moins deux années.

Cependant, le changement de gouvernement et l’affiliation de la Direction de l’aviation civile au ministère du Tourisme, au lieu du ministère du Transport et de l’équipement, a tout chamboulé. Mohamed Sajid, ministre du Tourisme, paraît avoir d’autres priorités qu’il est le seul à connaître. Ses interminables voyages l’empêchent peut-être de consulter ses parapheurs.

Pendant ce temps, RAM risque de rater son objectif de 2020 avec 100 appareils contre une soixantaine actuellement, avec ce que cela peut supposer comme retombées négatives sur l’image du pays car notre compagnie nationale n’est pas seule sur le marché, et l’espace africain est le théâtre d’une concurrence acharnée, souvent inéquitable de la part des compagnie low-cost. Le temps est compté et les concurrents avancent leurs pions au moment où la tutelle regarde curieusement ailleurs ! Une attitude incompréhensible témoignant d’une insensibilité aux défis du pays et à son image, à quelques semaines de la mission des auditeurs de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Une mission qui pourrait coûter cher au Maroc au vu de l’anarchie dans laquelle baigne la Direction de l’aviation civile qui relève d’un Sajid hors jeu. La balle est désormais dans le camp de Saâdeddine El Othmani, chef de gouvernement, qui devrait intervenir avant qu’il ne soit trop tard.

Le débat sur les langues refait surface, et ce, de la manière la plus politiquement incorrecte qui soit. Au fait, le véritable problème de l’enseignement marocain est-il vraiment celui du choix de la langue ? N’importe quel citoyen marocain vous dira qu’outre la langue d’enseignement, l’essentiel est le choix des programmes, l’amélioration de l’environnement général du système éducatif et l’adaptation de l’enseignement au marché de travail. Car le fond du problème n’a jamais résidé dans le choix des langues arabe, française ou autres. La problématique de l’enseignement est l’inadéquation entre ce qui est dispensé à l’école et ce qui est conforme aux standards internationaux. Alors que des salles de cours manquent de l’essentiel, à l’instar des tables ou des tableaux, la craie est abolie sous d’autres cieux car l’outil didactique est désormais la tablette. Il n’y a aucun devoir à faire à la maison.

Commençons, ici, par le contenu des cartables, un véritable fardeau où l’on retrouve tout et n’importe quoi, notamment des manuels d’un autre âge. Or, c’est à ce niveau que l’on acquiert les bases de l’éducation, le socle de la formation, quelle que soit la langue, qui n’est, par ailleurs, qu’un outil de transmission des connaissances. Il faut avoir le courage de dire haut et fort que l’échec du système éducatif marocain réside dans la mauvaise gouvernance qui a atteint des niveaux inquiétants.

D’ailleurs, il y a un an et demi, nous tirions la sonnette d’alarme sur les zones d’ombre planant sur un gros marché de matériel didactique. Aujourd’hui, il s’avère que nous avions malheureusement raison; nous reviendrons en détail sur cette affaire. C’est pourquoi aucune réforme n’est possible en l’absence de moralisation de la gestion opérationnelle et, surtout, de contenu éducatif de qualité. Le reste n’est qu’un bavardage inutile de part et d’autre.

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