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13-12-2019 09:17

La Gambie annonce l’ouverture prochaine d’un consulat général à Dakhla

La Gambie a annoncé, jeudi à Rabat, sa décision d'ouvrir prochainement un consulat à Dakhla."Nous…
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Un projet de loi permettrait à la HACA d’étendre son pouvoir de contrôle des contenus à la toile. Est-ce possible pour une structure incapable de cerner ce qu’on consomme sur trois télés et quatorze radios ? Qu’en serait- il alors des milliers de sites en question ? Sur le fond, on ne peut que louer cette initiative puisque nous martelons, depuis des années, qu’il faudrait mettre un terme à cette anarchie digitale qui inscrit le contenu éditorial en porte à faux vis-à-vis de l’éthique et de la déontologie du journalisme. Encore faut-il disposer des moyens à même d’alimenter un tableau de bord global de ce qui s’écrit ici et là, en dépit du caractère compliqué de cette tâche.

Sur la forme, il y a boire et à manger dans cet océan de médiocrité numérique, et croire qu’une loi va révolutionner le contenu digital, c’est tout ignorer de ce monde virtuel car nous avons des centaines de lois dans divers domaines qui peinent à être appliquées sur le terrain. Et puis, avant de pondre une loi, il y a lieu de se concerter avec les professionnels du métier, ce qui n’a pas été fait.

La Fédération marocaine des éditeurs de journaux, principal partenaire du ministère de Communication, n’a pas eu vent de ce virage qui permettrait l’intervention de la HACA. Est-ce normal d’être pris au dépourvu par une nouvelle donne qui comptera beaucoup dans l’exercice de la presse électronique ? En tout cas, si l’adhésion des professionnels n’est pas requise, ce projet risquera fortement de tomber à l’eau. Et puis, il ne faut pas oublier que les ressources humaines de la HACA ne lui permettent pas l’élargissement de son rayon d’intervention. Elles s’en sortent déjà difficilement avec dix-sept supports, qu’adviendra- t-il d’elles avec des centaines de sites d’informations réglementaires et des milliers qui continuent à exercer sans autorisation formelle du parquet ? Attendons donc de voir la réaction du Secrétariat général de gouvernement pour juger de la suite des événements.

La tension dans l’enseignement supérieur et les menaces de grève et de boycott des examens, par les professeurs, trouvent leur origine dans une décision controversée au sein du ministère des Finances. De quoi s’agit-il en fait? Le Syndicat national de l’enseignement supérieur avait mené plusieurs rounds de négociations avec le ministère de tutelle pour améliorer la situation matérielle du corps professoral. Un accord aurait été scellé avec la bénédiction du gouvernement; le seul hic, c’est qu’au moment de la mise en oeuvre, il y a eu blocage. En effet, Fouzi Lekjaâ, directeur du Budget, parfaitement dans son rôle, a brandi un veto justifié qu’il a communiqué au ministre de l’Économie et des finances.

En résumé, cet accord, qui coûterait au Budget de l’État 5 MMDH, n’aurait pas été provisionné au titre de la loi de Finances 2019! On se demande alors si les politiques mènent des négociations salariales sans l’appui des équipes techniques et sans corrélation avec les moyens de l’État. L’approche est ainsi inversée, ce qui crée des tensions qu’on voulait éviter en annonçant des accords à la hâte, ce qui, au final, génère des effets parfois catastrophiques. Il n’y a pas plus compliqué que de gérer la rareté, et le rôle du directeur du Budget est le même que celui d’un DAF dans une entreprise. Il doit anticiper et tirer la sonnette d’alarme sur les risques financiers inhérents au déséquilibre potentiel entre le train de vie de l’entreprise et ses propres moyens. C’est pourquoi, en entreprise, un DRH n’avance rien en termes d’arrangement social sans l’aval préalable du DAF.

Pour les affaires de l’État -encore plus pour un État dont le budget est déficitaire et le niveau d’endettement en augmentation continue- le verrou autour des finances doit être un préalable. Espérons que cette maladresse n’impactera pas le bon déroulement des examens d’une fin d’année qui s’annonce compliquée.

L’appel à trois sommets en trois jours illustre parfaitement le degré d’inquiétude qui gagne Riyad et Abou Dhabi. Mais est-ce la bonne démarche que d’arracher un soutien arabo-musulman? Rien n’est moins sûr. Passons au crible cette stratégie pour mieux comprendre les objectifs escomptés de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. L’appel à un sommet des pays du Golfe, avec une invitation solennelle envoyée au Qatar, intervient alors que cette structure est paralysée depuis 2017 à cause d’une tentative d’OPA sur Doha qui s’avère être un échec total. Comment, aujourd’hui, ce petit État pourrait- il faire confiance à des pays qui le boycottent, l’encerclent et le combattent sur tous les terrains? Autant dire, un sommet qui promet d’échouer avant même son démarrage. Quant au sommet arabe, il s’agit d’un exercice connu pour être dominé par la langue de bois, et qui n’a jamais fait avancer une cause arabe d’un iota. Il faut ajouter à ce facteur d’échec l’état de dispersion totale du panarabisme aggravé par Riyad et Abou Dhabi, qui mettent leur nez dans les affaires internes de plusieurs pays arabes (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Qatar, Yémen, Soudan, Syrie, Liban, Irak...).

Enfin, gageons que ce sommet des pays islamiques ne sera pas une formalité pour les organisateurs qui cherchent à isoler l’Iran! Par ailleurs, des États puissants comme la Turquie, l’Indonésie, la Malaisie ont toujours été souverains dans la prise de décisions au sein de ce groupement. Le pétrodollar n’a aucun effet sur ces pays qui, avec l’Iran, ont toujours fait bloc face aux tentatives d’hégémonie de l’Arabie saoudite, notamment pour des raisons doctrinales. Ces échecs cumulés mettraient les deux pays du Golfe à la merci des États-Unis qui ne cesseraient de demander de plus en plus de fonds, à la limite de l’extorsion. Riyad et Abou Dhabi récoltent ainsi ce qu’ils ont semé, comme zizanie, même auprès de leurs alliés historiques. Déplorable! 

Qu’est-ce qui a poussé Jared Kushner, conseiller principal et gendre de Trump, à se rendre à Rabat pour rencontrer le roi ? Au menu du ftour, une question cruciale qui préoccupe l’administration Trump. Un plan de paix sur-mesure ! On sait parfaitement que le président des États-Unis fait du conflit israélo- palestinien une priorité de son mandat. Son objectif n’est pas de ficeler une paix juste, équitable et durable mais de consacrer Israël comme seul État assorti d’une armada de garanties sur sa paix et sécurité. Le reste n’est que de la poudre aux yeux.

D’ailleurs, Kushner ne voile pas ses positions pro-israéliennes puisqu’il exige, comme prérequis à son plan, la déclaration officielle, par toutes les parties, de Jérusalem capitale de l’État hébreu et l’éviction pure et simple de la solution à deux États. Rien que ça. Sa visite à Rabat, à quelques jours de la conférence de Manama pour exposer son plan au président du comité d’Al-Qods avant de s’envoler à Amman pour faire de même avec le garant des lieux sacrés de Palestine, le roi Abdallah, ne serviront en rien sa «propagande». Les deux souverains arabes sont intransigeants, refusant d’imposer Jérusalem comme capitale, et soutiennent mordicus la solution à deux États. D’ailleurs, c’est la position de tous les pays arabes, hors Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, dont les positions panarabes sont de plus en plus floues.

Ces gesticulations de Kushner sont vouées à l’échec puisque la base même d’un plan de paix, le consensus, n’est pas de mise. La principale partie concernée, la Palestine, n’y prendrait pas part selon son ministre des Affaires étrangères, qui met Washington dos au mur en qualifiant ce plan de «pacte de reddition». Désormais, Trump et son gendre font cavaliers seuls, avec le refus catégorique de Moscou et les réserves de l’Union européenne quant à l’abandon du plan à deux États. La paix n’a jamais été aussi loin de Jérusalem !

Appeler à un sommet arabe dans cette conjoncture est une autre illusion qui dénonce certains régimes arabes qui torpillent cette région de l’intérieur et demandent sa mobilisation en même temps! L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis n’ont toujours pas compris qu’ils ne pouvaient compter sur les États-unis pour éradiquer le «danger» iranien.

La stratégie de Trump est trompeuse dans la mesure où il essaye de faire brandir une menace iranienne sur la stabilité des pays du Golfe à la seule fin de soutirer toujours plus de pétrodollars. Il est donc clair que les États-unis ont tout à gagner à faire de Téhéran un épouvantail et à faire durer le statu quo. Il hausse le ton et le baisse en fonction de ses intérêts propres et non de ceux des pays du Golfe.

Encore une fois, nous rappelons le discours du roi Mohammed VI, lors du sommet des pays du CCG en avril 2016, dans lequel il a clairement indiqué que la région arabe était menacée par un complot, fait de certaines puissances. Des propos qui trouvent tout leur sens dans la réalité de la géostratégie d’aujourd’hui. Quant à nos «amis» arabes sur lesquels comptent Ryad et Abou Dhabi, ils n’ont jamais été aussi divisés qu’aujourd’hui. Ironie du sort, les capitales qui en appellent à la solidarité arabe sont celles-là mêmes qui ont largement contribué à la miner en créant des guerres (Yémen), en ravivant les conflits dans d’autres pays (Libye), en essayant de déstabiliser des pays traditionnellement amis et alliés (Maroc) et en voulant saboter les révolutions populaires (Algérie et Soudan). Difficile, dans ce contexte, d’attendre le moindre résultat de ces sommets de façade qui n’ébranleront en rien l’Iran. Maintenant, il est temps de se regarder dans le miroir, de reconnaître les torts de ces deux pays, de revenir à leurs fondamentaux et de regagner la sympathie des peuples, seul rempart face à Téhéran.

Les syndicats ont fait de l’augmentation des salaires une question de survie, mais qu’en est-il des «porteurs d’uniformes » auxquels on interdit curieusement le syndicalisme ? Le cas par cas est de rigueur ! En effet, si ces 600.000 salariés et fonctionnaires ont bénéficié d’une revalorisation de salaire conséquente, nos policiers, gendarmes et militaires, qui se comptent par centaines de milliers, sont lésés de par leur statut spécifique. Pourtant, ce policier, debout des heures durant sous un soleil de plomb ou des pluies torrentielles, ce gendarme parfois confronté au manque de moyens dans des agglomérations de plusieurs dizaines de milliers d’habitants, ce militaire qui se sacrifie à chaque instant pour la sécurité de la patrie et la dignité du citoyen... ces gens-là ne doivent pas être laissés-pour-compte.

Hammouchi a donc bien fait d’enfiler la casquette du syndicaliste pour défendre les siens et améliorer leurs conditions de travail, en attendant que les autres uniformes lui emboîtent le pas. Parallèlement à ces actions exclusivement pécuniaires, il y a lieu de réconcilier le citoyen avec les sécuritaires du front, en l’occurrence la police, les forces auxiliaires et la gendarmerie.

Le triste épisode de l’artiste Amine Radi devrait pousser ces métiers à plus de sensibilisation, de formation au civisme et à la culture des droits de l’Homme, car le citoyen est souvent leur «client» avec qui la stricte application de la loi. Ce parchemin des droits et obligations, devrait être sacré. Mais force est de constater que les prérequis sont d’ordre matériel afi n de tirer le contrat d’engagement vers le haut, et de moraliser ces métiers ô combien importants pour la stabilité du pays. Maintenant, El Otmani devrait prendre cela en compte et ce n’est pas parce qu’ils ne peuvent manifester ou décréter une grève qu’il faudrait les oublier. Il faut y penser...

Sommes-nous en train de retourner à la case départ dans l’épineux dossier du Sahara ? En tout cas, la démission de l’émissaire spécial de l’ONU lance un pavé dans la mare. L’ancien président allemand Horst Köhler jette officiellement l’éponge pour des raisons de santé, mais les observateurs évoquent des difficultés dans l’exercice de sa mission. Pourtant, l’homme a réalisé en quelques mois ce que ses prédécesseurs n’ont pu faire en plusieurs années.

L’analyse de cette situation est aussi complexe que les contours du dossier lui-même. Et les interrogations que suscite cette décision sont légitimes. A-t-il cédé face à la pression américaine? Est-il vrai que Trump voudrait placer l’un de ses proches pour précipiter l’adoption d’une solution ? 2021 serait-elle l’échéance retenue pour mettre un terme à ce conflit qui dure depuis 45 ans ? En tout cas, la diplomatie américaine et Trump himself ne veulent plus continuer à dépenser de l’argent indéfiniment sur le plus vieux conflit du continent. Il ne veut pas non plus courir le risque de création d’un nouvel État dont les promoteurs auront été historiquement plus proches de Moscou que de Washington. C’est pourquoi la nomination d’un nouvel émissaire ne se fera pas attendre, et ce serait une personnalité américaine - sauf surprise - qui facilitera la mise en oeuvre de la vision américaine d’une solution qui écarte la thèse de l’indépendance, comme précité. Il faudrait donc s’attendre à une reprise des rounds de dialogue de Genève lancés par Köhler, mais force est de constater que la situation incertaine en Algérie pourrait freiner cet élan, sans aller jusqu’à envisager des hypothèses utopiques quant à un éventuel changement radical de cap pour Alger.

La seule certitude dans cette affaire réside dans la position claire et constante du Royaume du Maroc qui reste droit dans ses bottes, en dépit des aléas que connaît la géopolitique mondiale.

Ça grince des dents entre les banques et l’administration des impôts, et pour cause les avis à tiers détenteurs (ATD) provoquent la colère des clients, auxquels certains préfèrent remédier en retirant leurs dépôts des banques. C’est une situation délicate dans une conjoncture tendue marquée par une morosité économique et donc par des liquidités sur mesure. Une ambiance qui ne permet plus aux banques de gérer les ATD qui vont à l’encontre de leur intérêt commercial et qui, souvent, mettent à nu l’effort déployé par les équipes du front offices des banques.

En effet, ces commerciaux restent impuissants devant la colère des clients qui subissent des prélèvements à la source, pas toujours justifiés, sans en être informés au préalable ! Certes, la DGI a essayé de rectifier le tir, par sa note diffusée en avril 2019, mais force est de constater que la problématique demeure entière car elle dépasse la forme. C’est justement le principe de base de l’ATD qui est remis en cause et qui est fortement critiqué de par sa nature nuisible au business et à la liberté de circulation des capitaux. Il est donc temps de se projeter sur des alternatives et de mettre le code de recouvrement des créances publiques dans l’ère du temps. Il n’est pas normal que le secteur privé galère pour se faire recouvrer par les administrations publiques, des mois durant, alors que celles-ci se servent directement dans les comptes des clients des banques ! Ce diktat doit cesser, si nous voulons favoriser le climat des affaires, la DGI devrait moderniser son mode opératoire de recouvrement, quitte à faire appel à la justice en référé.

Ce débat a eu lieu au Parlement il y a quelques années mais a été abandonné pour des raisons inexplicables. Aujourd’hui, il s’impose au législateur afin de garantir à l’État de recouvrer son dû mais tout en respectant les règles de forme et de fonds et les droits d’autrui sur leur patrimoine.

Le gouvernant ne déclare pas son patrimoine, l’entreprise triche dans son bilan, le citoyen et l’artisan cherchent à esquiver le fisc. Cela devient un sport national qui fait de nous la lanterne rouge des classements mondiaux de transparence et d’honnêteté. À quoi cela est-il dû, et quels remèdes peuvent être préconisés ? Déjà, on se demande pourquoi la déclaration du patrimoine des membres du gouvernement, élus et hauts responsables n’arrive pas à être opérée en dépit des multiples appels de certaines instances constitutionnelles, à l’instar de la Cour des comptes. Pourquoi les «moralisateurs» au sein de l’Hémicycle rechignent-ils à donner l’exemple ? On a souvent posé cette question aux concernés, sans jamais obtenir de réponse satisfaisante tant la résistance est forte, et la transparence est le cadet des soucis des responsables. Dans le monde du business, il n’y a qu’à voir le taux d’entreprises qui déclarent avoir réalisé des bénéfices pour s’apercevoir que cette tricherie tourne au ridicule.

D’après les dernières Assises de la fiscalité, la quasi-majorité des entreprises marocaines déclare des bilans déficitaires ! Pourtant, une bonne partie de ces entreprises s’en sort bien, et ne manifeste pas les prémices d’une quelconque difficulté.

Sur le plan individuel, l’opacité est légion, notamment dans les professions libérales, et s’il n’y avait pas de retenue à la source, le bilan serait critique du côté des salariés aussi. C’est donc un état d’esprit qui prévaut chez une bonne partie de personnes morales et physiques -pour ne pas généraliser. Il renvoie à une crise de transparence liée à une autre, structurelle : la crise de confiance ! Il faut donc commencer par le haut de la pyramide afin d’amorcer une bonne communication institutionnelle basée sur une sensibilisation effective qui génère des ondes positives. Le passage des hauts responsables à l’Office de déclaration du patrimoine est obligatoire. Dans l’attente des premiers «grands» noms qui se prêteront à cet exercice...

Gérer la rareté commence par une bonne gouvernance, qui pourrait s’avérer être une intéressante manière de renflouer les caisses et une façon de limiter la dépendance à l’endettement. Nous l’avons ressassé dans cet espace : en dépit de nos revenus limités, nous pouvons faire mieux en optimisant nos dépenses et en combattant la prévarication.

En d’autres termes, il faut mener un train de vie qui sied à un pays dont le PIB est d’à peine 108 milliards de dollars, réduire les dépenses non productives, en finir avec la corruption qui prive les caisses de l’État de plusieurs milliards de dirhams et enfin améliorer la productivité par la valeur travail. Sans cela, nous continuerons à crouler sous l’endettement sur les 15 à 20 prochaines années. Cela reviendrait à hypothéquer l’avenir des générations 2035- 2040. Pourtant, la solution est là ; encore faut-il faire montre d’une ferme volonté politique. On pourrait citer un exemple minime mais toutefois révélateur. Dans les différents sites historiques du pays, les recettes touristiques (visites, achats, souvenirs...) ne dépassaient guère les 15 MDH par an. Des cacahuètes ! Les fonctionnaires passaient leurs journées à lire les journaux et savourer un thé pour être payés en fin de mois.

Aujourd’hui, ce chiffre est passé à 180 MDH grâce à une nouvelle approche de la gouvernance. Mise en place d’un contrat d’objectifs, intérêt suscité par des primes spéciales, suivi quotidien de l’activité par un canal digital... Il n’y a donc rien de sorcier car avec les mêmes ressources humaines, on a pu obtenir des résultats exceptionnels. Imaginez que l’on promeuve, dans toutes les administrations, cette valeur travail et l’optimisation des coûts : le Maroc gagnerait sûrement des points de PIB et réduirait drastiquement sa dépendance à l’endettement. Cela ne passe pas nécessairement par des études à n’en plus finir et des stratégies difficiles à mettre en oeuvre. Il faut le vouloir...

Devant son incapacité à plafonner les marges sur les prix à la pompe, le gouvernement est appelé à anticiper une imminente flambée mondiale des cours. Comment peut-il y arriver? Déjà, officiellement, la piste du plafonnement n’est pas totalement abandonnée en dépit des tergiversations du ministre des Affaires générales, Lahcen Daoudi, et du rejet catégorique du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM). Un membre du gouvernement nous a confirmé que l’Exécutif pourrait y aller en solo s’il le faut (notre édition d’hier), mais en réalité, cette démarche est semée d’embûches. D’abord, au sein même du gouvernement, les tiraillement des deux principales composantes du cabinet El Otmani, le PJD et le RNI, constitue en soi un frein à toute décision collégiale.

Ensuite, rappelons-nous de l’avis défavorable du Conseil de la concurrence concernant le plafonnement et ses recommandations d’adoption de quatre leviers pour rendre le marché plus concurrentiel.

Enfin, le GPM considère que le plafonnement ne dispose pas de base juridique et que son adoption serait un retour à la situation de l’avant-libéralisation. Mais au-delà de ce débat entre le gouvernement et les professionnels, il ne faut pas oublier deux donnes cruciales dans toute décision à prendre: le strict intérêt du citoyen et la réalité des marchés internationaux, marquée par une tension quasi-explosive. Une question empêche El Otmani de fermer l’oeil: comment prendre le bâton par le milieu, protéger le consommateur d’une flambée des prix tout en maintenant l’intérêt commercial des distributeurs à des niveaux acceptés de tous ? Il est fort probable que l’Exécutif recourt à nouveau à la technique du «hedging », une assurance contre les hausses à venir, comme en 2013. Une solution coûteuse, qui ne rassure qu’à court terme. L’issue à cette problématique qui n’a que trop duré passe par une solution structurelle et définitive, aussi douloureuse soit-elle.

Un proverbe dit : «Si la parole est d’argent, le silence est d’or». Le Syndicat national des médecins du secteur privé ne cesse de s’enfoncer en essayant de prôner l’attaque comme meilleure défense quant aux propos de Chorfi , car leur plaidoyer est truffé de contradictions et de contrevérités.

Sur la forme, le rôle de victime ne leur sied guère et la tactique des menaces à l’égard du ministère de l’Économie et des finances d’une part et des médias de l’autre ne fait que desservir leur cause, si cause il y a. Sur le fond, avancer le rôle citoyen du secteur privé de la santé et l’emploi de milliers de Marocains est discutable. Les cabinets médicaux et les cliniques privées sont assimilés à des entreprises économiques qui prônent la rentabilité et le gain, chose somme toute logique, mais ils ne peuvent être qualifiés de centres de services citoyens. Demandez à tous les Marocains qui ont eu affaire à une clinique s’ils n’ont pas été obligés de libeller un chèque à l’ordre de ces «anges» avant de mettre le pied dans la salle de consultation. Demandez-leur combien de fois ils ont été contraints de passer par la case «noire». Ce syndicat doit donc cesser de vouloir s’essayer à l’intimidation, même en étant à court d’arguments et d’outils de défense. Il gagnerait à saisir cette occasion pour entamer sa mue, procéder à une autocritique et balayer devant sa porte. On lui tirera le chapeau s’il lance une campagne de sensibilisation à l’adresse de ses affiliés et des citoyens marocains pour éradiquer le «noir» et l’évasion fiscale.

«Les Inspirations ÉCO» et beaucoup de confrères sont prêts à y contribuer en vous offrant des pages publicitaires pour la bonne cause; encore faut-il avoir la volonté de moraliser et de réformer. A contrario, tous les Marocains, les médias en premier lieu, feront front commun. On se demande si ces gens-là sont coupés de notre réalité marocaine. Faites un tour sur la toile, cela pourrait être un bon début de cure... de conscience.

Il n'y a qu'au Maroc que l'on peut être juge, partie et se dénoncer en même temps. Ce qui arrive ces jours-ci dans le monde du football donne le tournis. Il y a eu ce désormais fameux match du Kawkab face à Berrechid où tout le monde a crié au scandale tant la connivence était évidente. D'aucuns diront que c'est monnaie courante, dans le football. Soit. Sauf que dans ce cas précis, on a eu affaire à un dilemme hallucinant. Le député du PAM Noureddine Haouchi, a saisi au nom de son parti le ministre de la Jeunesse et des sports, et l'a sommé d'ouvrir une enquête afin de déterminer les responsabilités durant les péripéties de ce match. Or, il se trouve que les présidents des clubs concernés, à savoir Fouad Ouarzazi du Kawkab et Noureddine Baidi de Berrechid, sont des membres du PAM. Idem pour Said Naciri, président de la Ligue professionnelle! Ces trois personnalités ont pour points communs une étiquette politique et un ballon rond qu'ils dirigent à leur guise. En fait, Ouarzazi est le bras droit de Naciri; n'est-il pas de facto le vice-président de la Ligue professionnelle? Vous voyez que le PAM est le dernier à même d'exiger du ministre l'ouverture d'une enquête qu'il pourrait lui même diligenter depuis son siège, sis boulevard Mohammed VI à Rabat.

Et Fouzi Lekjaâ, président de la fédération, dans tout cela? On dirait que l'homme connu pour sa fermeté a été englouti par des sables mouvants. Au moment où plusieurs clubs crient au scandale, le responsable en chef du football national paraît plus occupé par la finale de la CAF de son club que par les intérêts du système footbalistique, en proie à des rumeurs qui sapent toute sa crédibilité. Pire encore, cela renforces les thèses -discutables- des Tunisiens et Égyptiens qui tirent à boulets rouges sur Lekjaâ.

C'est donc un silence incompréhensible qui alimente les polémiques; preuve, peut-être, d'une impuissance face au trio PAMiste Naciri-Baidi-Ouarzazi qui siège au bureau exécutif de cette même fédé', dirigée par Lekjaâ. Notre football ne cessera jamais de nous étonner!

Il y a des chiffres qui donnent le tournis, comme ce million de logements qui ne trouvent pas preneur, dans le seul axe Casablanca- Rabat. Les causes sont multiples mais le résultat est le même. Ainsi, des projets capitalistiques à perte de vue sont quasi-vides et des deuxièmes tranches annoncées en grande pompe sont tout simplement abandonnées. Les raisons sont multiples mais sont d’abord et surtout dues à une inadéquation entre l’offre et la demande. Aujourd’hui, il est presque impossible de trouver, dans les deux métropoles, un logement de moyen standing de 80 m² pour moins d’un million de dirhams.

En revanche, les offres d’appartements à partir de 2 MDH foisonnent ainsi que de villas dont les prix varient dans une fourchette de 5 à 10 MDH. Un petit tour du côté de Dar Bouazza donne une idée de la cadence des ventes tout le long de la route côtière. À Bouskoura, dans la ville verte et ses environs, le taux d’occupation est tellement bas que tous les services ne sont pas disponibles alors que des acquéreurs y résident depuis au moins cinq ans. Le problème est que les promoteurs, de façon générale, refusent de parler de crise et tournent autour du pot. Disons qu’il s’agit d’une vague de mévente qui n’a que trop duré, mais a-t-on analysé ses causes pour en prescrire les bons remèdes ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est en revanche certain, c’est que la classe moyenne, première catégorie concernée, vit une véritable crise économique. Ses revenus taxés à la source n’évoluent pas puisque les maigres augmentations de salaires sont aussitôt absorbées par l’effet d’inflation et le renchérissement galopant du niveau de vie.

Par ailleurs, à défaut d’études sur le changement de la perception du logement auprès des nouveaux ménages, on continuera à naviguer à vue, à feindre d’ignorer la crise et à se casser les dents. En effet, le marché de la location reprend de plus belle et c’est une réaction somme toute logique face à cette dichotomie du marché immobilier.

La liberté d’expression suppose respect des droits d’autrui; elle reste tributaire de la stricte observance des principes de déontologie et d’éthique. Dans la jungle du web, ce préalable est bafoué, voire piétiné. Nous avons toujours prôné l’élargissement du débat au grand public. Si les réseaux sociaux ont rendu la chose possible, ils ont aussi engendré tout le contraire. Car, si sur la toile, la problématique du foisonnement des sites dits «d’informations» est en cours de régularisation, de concert avec le ministère de la Communication et le Parquet général, l’anarchie fait des ravages sur les réseaux sociaux. En effet, l’on constate un élan injustifiable d’«audace négative» dans le sens où l’on verse dans la destruction morale et de l’image. Oui, c’est bel et bien une audace dans la mesure où des personnes prennent à partie des personnalités publiques sans l’ombre d’une preuve et le font à visage découvert ! Insultes, diffamations, menaces... Et le répertoire des dépassements est encore «riche» en délits relevant du pénal.

Certes, le Parquet ne peut passer au peigne fin toutes ces atrocités mais quand il s’agit de campagne de dénigrement organisée et de faire le buzz, il faudrait rapidement actionner les dispositions de la loi sur l’édition et la diffusion d’informations. Cela fait partie des garanties, par l’État à ses citoyens, de la sécurité et de la sérénité face aux délires du monde virtuel, plus retentissant que le monde réel. Il ne s’agit pas de museler la liberté d’opinion mais de la responsabiliser pour sauvegarder une société «vivable». On ne peut plus tolérer que des gens soient jetés en pâture, accusés de détournement de fonds publics sur de simples doutes et suspicions. Il faudrait désormais présenter des preuves tangibles; en l’absence de celles-ci, tout propos doit être pris pour de la diffamation et doit conduire leur émetteur en prison. Les pouvoirs publics gagneraient donc à lancer une grande campagne de sensibilisation avant de sévir en vue d’un toilettage de la toile.

La transition digitale au niveau de la société se fait dans l’anarchie totale avec une démission avérée des pouvoirs publics, appuyée par l’absence des médias publics. Le résultat est chaotique. En effet, un tour de la toile marocaine donne le tournis et révèle tous les maux de la société. Hypocrisie, schizophrénie, violence verbale, coups bas, fake news, diffamation... un concert de maladies sociétales déversées sans contrôle ni même une tentative de recadrage, nonobstant les termes de l’article 22 de la Constitution, qui stipule «qu’il ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque», ajoutant que «nul ne doit infliger à autrui des traitements cruels, inhumains, dégradants ou portant atteinte à la dignité humaine». Or, il n’y a que cela sur la toile et les gens se permettent tout, en dépit de l’existence d’une loi qui réprimande pareils comportements, car cette loi n’est généralement actionnée qu’en cas d’atteinte à l’État. Les individus y sont laissés pour compte et doivent donc galérer devant les tribunaux pour justifier du préjudice subi... et encore! Idem, d’ailleurs, pour la HACA et sa passivité face aux dérives de certaines radios, avec une lenteur exaspérante dans le traitement des plaintes, souvent rejetées en dépit de l’existence avérée du préjudice subi, mais cela est une autre histoire sur laquelle nous reviendrons.

Enfin, le rôle du Parquet pour mettre de l’ordre sur la toile reste la seule voie dissuasive via une intransigeance devant la diffamation et toute forme d’atteinte à l’article 22 de la Constitution.

À commencer par tous ceux qui postent des vidéos avec un contenu non recoupé, non vérifié, jetant le discrédit sur des personnalités publiques. Le cas le plus récent est la vidéo de cet acteur associatif de Ben Slimane qui affirme que le président de la commune aurait «acheté» ce poste à 3 MDH! Maintenant, le Parquet de cette ville doit bien agir en enquêtant et en décrétant les sanctions qui s’imposent. Un strict minimum.

La fiscalité nous colle décidément à la peau. Je voulais passer à autre chose, sauf que les éditos de jeudi et vendredi ont poussé d’aucuns à sortir leurs griffes. Je leur dis que la presse n’est pas le parent pauvre. Détrompez-vous. Médecins, peintres et sportifs, entre autres, sont bel et bien au centre de l’évasion fiscale. Un chiffre nous interpelle et en dit long sur le «civisme fiscal» de certaines blouses blanches. Seuls 2% de l’IR proviennent des professions libérales, dont les médecins. Aujourd’hui, nous savons tous qu’une consultation chez un spécialiste coûte rarement moins de 700 DH.

L’examen à l’échographie est devenu un passage obligé. Comptez en moyenne une dizaine de consultations par jour (il y a des pointes dépassant les trente) et multipliez par 200 jours, déduction faite des week-end, jours fériés et vacances, et vous aurez le pactole mensuel des recettes des médecins spécialistes. Personne ne leur en veut pour cela, au contraire, cela compense les longues années de dur labeur, mais contribuer en moyenne à hauteur de 30.000 DH d’impôts par an, c’est le summum du ridicule car cela équivaut à la contribution d’un salarié qui touche moins de 7.000 DH par mois. C’est pourquoi Zouhair Chorfi, numéro deux du ministère de l’Économie et des finances, a eu raison d’exprimer son mécontentement face à ces «gens» qui déclarent à peine 10% -voire moins- de leurs revenus réels. C’est une destruction pure et simple de l’économie, synonyme de pratiques frauduleuses et peu scrupuleuses.

D’ailleurs, même entre eux, ils ne se font pas de cadeaux. Coups bas, fake news, pratiques peu orthodoxes... Tout y passe pour avoir un maximum de patients, quitte à détériorer la qualité des prestations. D’ailleurs, l’Association nationale des cliniques privées vient de dénoncer certaines «grandes» cliniques qui «détournent» les patients en manipulant la fi lière des ambulances. Honteux ! Mais cela est une autre histoire. On y reviendra.

La fiscalité continue à s’imposer à nous. L’équité fiscale, grand slogan des assises, se trouve malheureusement bafouée dans pas mal de secteurs, outre l’immobilier et l’agriculture. Ainsi, côté sport et activités culturelles, il y a une exemption de fait. L’argent qui circule dans le sport marocain se compte en milliards de dirhams sans que le fisc y accorde le moindre intérêt. En football par exemple, dont le président de fédération est aussi le directeur du budget du royaume - et donc l’un des proches collaborateurs du ministre de l’Économie et des finances - il n’y a point de déclaration fiscale. Ces joueurs qui touchent des salaires dépassant parfois les 2 MDH par an reçoivent leurs émoluments par virement bancaire sans bulletin de paie, ni impôt sur revenu ou quelconque prélèvement fiscal. Si ce n’est pas l’iniquité fiscale affichée qui donnait cet amer sentiment d’injustice aux assujettis du prélèvement à la source, on se demanderait à quoi ressemblerait ce mode de deux poids deux mesures.

Pourtant, le fisc pourrait forcer la main à la fédération de football pour rendre les contrats de joueurs publics, en vue de plus de transparence, et exiger des copies à l’adresse de la DGI. Enfin, on dirait une affaire entre Faraj et Lakjaâ, deux collaborateurs du ministre de tutelle, qui pourrait s’arranger en un quart d’heure dans un bureau du ministère. Encore faut-il que l’on veuille joindre l’acte à la parole ! Du côté artistique, il y a à boire et à manger. Ces peintres dont la signature est payée à coup de millions de dirhams la toile sontils jamais passés par la case fisc, en déclaration et en paiement ? Rien n’est moins sûr ! Quand l’actualité artistique évoque la vente de toiles à des prix exorbitants, on se demande s’il s’agit de signes extérieurs de richesse. Pourquoi alors taxer quelqu’un qui achète une voiture à 600.000 DH et fermer les yeux sur ceux qui vendent ou acquièrent des objets d’art à des millions de dirhams ? Un peu de cohérence s’il vous plaît !

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