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03-12-2019 10:12

Thé et café: l'AMITC reçoit une délégation chinoise

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Les banques islamiques, dites aussi participatives ou «halal» sont dans de sales draps. Les Marocains n’y adhèrent pas comme on s’y attendait, et ce pour plusieurs raisons. On est loin de l’image d’Épinal des Marocains sortant leurs économies de sous les carreaux et se précipiter à la première agence «halal» pour lui confier l’épargne d’une vie. Aujourd’hui, à l’ère de l’Internet et des nouvelles technologies, les Marocains sont de plus en plus exigeants. Ils savent comparer et surtout «benchmarker» les droits et les obligations du client. Déjà, pas mal de promesses n’ont pas été tenues, notamment en matière d’assurance et de coût. Toutes les banques butent aujourd’hui sur le modèle de l’assurance participative, le Takaful.

Du coup, les crédits ne sont pas assurés avec ce que cela implique comme risque de crédit, ou alors couverts par des assurances conventionnelles, assimilées à du «non-halal». Résultat, deux années après le lancement du process, le secteur n’a pu drainer plus de 1,6 MMDH de dépôts, l’équivalent des dépôts d’une seule succursale d’une grande banque marocaine !

En revanche, les crédits marchent plutôt bien, ce qui est normal, mais une question se pose. Comment a-t-on financé la différence entre dépôts et encours crédits? Car si cela est fait auprès de banques classiques, tout le sens de la finance «halal» est perdu. Les clients qui recourent à ces organismes souhaitent manipuler de l’argent «clean», l’intérêt même de ce mode de financement. Il y a donc des pièces qui manquent donc à ce puzzle financier, ce qui fait ressurgir le problème de confiance. S’agissant du coût, c’est un facteur qui n’arrange non plus les affaires de ces banques puisqu’elles sont à court d’arguments pour justifier le coût du «halal». Maintenant, Bank Al-Maghrib fait part de ses inquiétudes, mais sans aller jusqu’à dénoncer la fragilité et les risques que présentent les banques participatives !

La dernière sortie de Jouahri est intéressante de par son franc-parler et la teneur de ses recommandations. Égal à luimême, son diagnostic est poignant. Ainsi, le wali de Bank Al-Maghrib a passé en revue les grandes lignes de la structure financière du pays. L’épineuse question des délais de paiement qu’on croyait résolue, avec la fermeté affichée par le ministre de l’Économie et finances dès sa nomination, reste malheureusement d’actualité. Nous avons crié victoire trop tôt. Mea culpa. Jouahri chiffre les dettes inter-entreprises à 400 MMDH, soit 40% du PIB, et demande à la CGEM de faire le ménage. Sauf que les premiers responsables du rallongement des délais de paiement sont les établissements publics et l’État (ministères) qui rechignent à respecter le délai moyen prôné par le ministre des Finances himself.

Les 400 MMDH en stock en sont la conséquence directe. Car si l’État ouvre ses robinets et que les entreprises encaissent leur dû, elles paieront leurs fournisseurs et la situation se débloquera par une baisse substantielle du stock dettes inter-entreprises. Nous l’avons ressassé à maintes reprises, les banques ne peuvent se substituer à l’État, ce n’est pas leur rôle. Et puis la générosité des banques est payée cash, ce qui plombe davantage les frais financiers et la situation de l’entreprise. Il faut donc une solution structurelle.

Le lancement d’un fonds public de restructuration des entreprises peut-il en être le remède, comme le propose Jouahri ? Rien n’est moins sûr, car tout est question d’argent. Et c’est justement l’huile qui manque à la mécanique financière du pays car si les établissements publics manquent de liquidités et ne peuvent payer leurs arriérés, il n’y aura aucune solution. Tout ce que l’on pourrait alors imaginer comme solution ne serait que bavardage et ne constituerait nullement une rupture avec la situation actuelle.

Nous l’avions écrit dans cet espace il y a quelques mois, le prix de la paix sociale risque de peser lourd sur les finances publiques. Jouahri vient de le confirmer. En effet, le wali de Bank Al-Maghrib vient d’annoncer les données macroéconomiques du Maroc pour l’année écoulée et les projections relatives à 2019 et 2020. L’un de ses innombrables constats est sans appel.

Le coût des dernières augmentations de salaires va aggraver le déficit budgétaire. Ce franc-parler rend service au gouvernement dans la mesure où il constitue un warning, afin de mettre en place les outils à même de limiter le creusement du déficit budgétaire.

Certes, l’Exécutif a des marges de manoeuvre limitées pour ce faire, mais son rôle est justement d’actionner une ingénierie qui puisse parer ce genre de risques. S’endetter davantage ou vendre ses biens pour subvenir aux besoins de fonctionnement n’a rien d’ingénieux ; pis encore, cela contribue à déséquilibrer les structures des finances publiques.

Hier, les résultats de l’OPV d’une partie des actions de l’État dans Maroc Telecom ont été présentés non sans fierté suite à l’engouement qu’a suscité l’opération. Une analyse, aussi superficielle soit-elle, laisse constater que l’essentiel de ces parts a été repris par des établissements publics et semi-publics, dont certains traversent une crise existentielle ! C’est reporter les effets de crises à une date ultérieure, peut-être avec un autre gouvernement, mais ce sera toujours avec le même peuple. Jusqu’à quand continuera-t-on de s’endetter pour résoudre des problématiques financières et budgétaires structurelles ? C’est l’interrogation de l’un des responsables de la gestion opérationnelle des finances publiques, qui se retrouvent otages de contraintes qui ne leur incombent pas : les raisons électoralistes. Enfin, face aux prévisions pessimistes des analystes financiers sur les marchés internationaux, qui s’attendent à une nouvelle crise financière internationale plus aiguë encore, qu’a-t-on fait pour en atténuer les effets ?

La femme en Afrique gagne ses galons et s’impose toujours plus dans les postes à responsabilité. Qu’en est-il du Maroc par rapport à son environnement régional? Le forum Women in Business de l’Africa CEO, organisé à Paris les 17 et 18 juin, était l’occasion de présenter le bilan d’étape de la promotion de la femme sur notre continent. La présence de femmes à grandes responsabilités et la présentation de leur retour sur expérience donne de l’espoir mais un long chemin reste à parcourir.

Au Togo, la patronne de la compagnie pétrolière a livré un témoignage qui a laissé la salle admirative. Celle qui a démarré de l’échelle intermédiaire a arraché une phrase révélatrice du big boss de Shell, son premier employeur: «On a de la chance d’avoir parmi nous une femme comme vous». Cela change de cette phrase répétée à chaque femme qui réussit: «vous avez de la chance!», mais il est toujours difficile de parler globalement de la situation de la femme, notamment de la femme leader en Afrique, 9% seulement des postes à responsabilité étant occupés par des femmes. La situation est tellement hétérogène, d’où la dureté du combat.

Au Maroc, l’impression qui se dégage est que la femme marocaine a accès à toutes les fonctions. Sur le terrain, la réalité est toute autre. Nos partis politiques continuent d’exercer leur tutelle sur la femme en la reléguant au second rang, à une exception près: celle de Nabila Mounib, élue secrétaire générale du PSU. Les mêmes partis, quand ils accèdent au pouvoir, font valoir leur caractère misogyne en dressant un barrage aux femmes méritant d’être à la tête de ministères de poids, se voyant plutôt confier des secrétariats d’État marginaux.

Dans le business, les hautes fonctions à responsabilité ne sont généralement attribuées aux femmes qu’à défaut de profils masculins idoines! Pourquoi, alors, n’avons-nous pas de présidentes de banques ou de dirigeantes de grandes entreprises publiques ? Le débat est ouvert.

Un baril à 100 dollars, c’est possible dans les prochaines semaines, contre à peine 60 dollars prévus par notre loi de Finances. Que faire alors face aux nouvelles donnes de la géostratégie ? Donald Trump menace matin et soir l’Iran d’une guerre pour défendre ses protégés du Golfe arabe, ce qui fait surchauffer les prix et les a déjà fait grimper de 10 à 15 dollars par baril sur les six derniers mois. Cette courbe ascendante des cours sur le marché du Brent persiste en dépit d’une pression américaine sur les principaux producteurs, sans laquelle les cours atteindraient des niveaux hallucinants.

Avec une tension continue sur le Venezuela, imaginez un instant ce qui se passerait si une guerre se déclenchait en Iran avec toutes les conséquences que cela suppose. Maintenant, les États-Unis a ses propres intérêts et a énormément appris de l’expérience en Irak. Une aventure guerrière serait économiquement un suicide avec un baril atteignant les 200 dollars, et politiquement coûteuse puisqu’il faudrait pas moins de 500.000 hommes pour envahir un pays comme l’Iran, dont des milliers de morts américains, ce que ne pourrait se hasarder à faire Trump pour les beaux yeux de ses «alliés», mais dans cette ambiance de tensions et d’incertitudes, les barils continueraient à fluctuer dans une marge de 20 à 25 dollars le baril.

Le Budget marocain pourrait subir de plein fouet cette conjoncture internationale défavorable. Il faut rappeler que chaque dollar, dans la structure du prix du pétrole, coûte 60 millions de dollars, soit un surcoût de 600 millions de dollars pour un renchérissement de seulement 10$ dans le cours du baril sur les marchés internationaux. Et afi n de mieux illustrer ce désastreux impact sur l’économie marocaine, ce que le Maroc perd dans cette fluctuation moyenne sur l’année de 10$ est équivalent à l’enveloppe encaissée par l’État en cédant 6% de ses parts de Maroc Telecom. Pas évident d’être ministre des Finances au Maroc !

Au salon de l’immobilier de Paris, tous les Marocains ne sont pas sur la même longueur d’onde. Des opérateurs optimistes et d’autres déprimés, mais de potentiels acquéreurs pratiquement unanimes. Ce secteur prend aujourd’hui un virage vital dans la mesure où l’on pourrait dépasser cette crise qui n’a que trop duré. Un méga-événement comme le SMAP de Paris est un baromètre du business, puisque la diaspora marocaine en France constitue un bon segment de clientèle. Il se trouve que cette édition 2019 a connu une affluence «plutôt» normale par rapport aux éditions passées, mais avec moins de business, selon les témoignages, recueillis sur place, d’opérateurs-exposants. En effet, il y a eu beaucoup de questions sur la nature des projets, les modes de financement et les délais de livraison.

Cependant, les concrétisations se sont faites au compte-gouttes, et ce, pour deux raisons principales. Une, les acquéreurs se plaignent du non-respect des délais de livraison. D’aucuns ont été surpris de découvrir, une fois au Maroc, qu’on n’a pas encore donné le premier coup de pioche alors qu’on leur avait vendu des projets déjà entamés, lors du salon. Deux, pour ceux qui sont allés jusqu’au bout de l’acquisition, la déception se trouvait au niveau de la réception avec plusieurs défauts de finition. Cela dénote d’un manque de sérieux de certaines «marques», non des moindres, ce qui altère injustement la crédibilité et du salon et de l’ensemble des exposants. C’est pourquoi il y a lieu de revoir les fondamentaux de la relation opérateur-client, dont le socle est la confiance sans laquelle l’ensemble du secteur risque gros. Car comme dans tous les secteurs, les mauvaises pratiques de la minorité polluent l’image de la majorité. C’est peut-être l’occasion pour les professionnels de «nettoyer» le secteur des mauvaises pratiques.

Est-ce que quelqu’un s’est posé des questions sur la masse des retraités au Maroc ? Ce sont plus d’un million de personnes dont on se soucie peu et que les politiques n’essayent même pas d’approcher. Curieux ! Ils sont presque 400.000 pensionnés auprès de la CNSS et 600.000 dans les différents secteurs du public à être aujourd’hui royalement ignorés au Maroc. En chiffres, ils seraient aujourd’hui le 2e parti au Maroc s’ils venaient à créer une formation politique, derrière le PJD, vainqueur des élections 2016 avec 1,5 million de voix. Et pourtant, les partis politiques ne leur accordent aucune attention et n’ont pour eux aucun mot dans leurs programmes électoraux ! Inacceptable mais compréhensible de la part de partis qui continuent à travailler avec les méthodes d’il y a un quart de siècle. Aucune segmentation, aucune base de données.

En revanche, nos retraités, qui ont tant donné à leur entreprise et à leur pays, ne songent pas à se fédérer en une méga-structure qui puisse faire entendre leur voix. Les dizaines d’associations éparpillées sans fil conducteur ni vision globale affaiblissent leur position. Il est temps de se réunir autour d’une seule Fédération nationale des retraites (FNR) dotée d’un potentiel d’un million de membres ; de quoi provoquer un séisme dans la vie partisane et syndicale au pays.

Ces gens-là sont aujourd’hui lésés en matière de soutien social et subissent une injustice fiscale, obligés de contribuer au régime des impôts de la même façon que pendant les décennies de leur vie active. Il ne faut pas rêver pour s’attendre à une exemption mais, pour être pragmatique, il y a lieu d’exiger un régime spécial réduit. Cela ne pourrait être imposé aux groupes parlementaires afin qu’ils le votent en projet de loi, que si son portevoix dispose d’une puissance et d’une capacité de nuisance réelle. Les droits s’arrachent, ils ne s’offrent pas ; c’est pourquoi la balle est dans le camp de nos valeureux retraités.

Driss Jettou a mis la main dans un guêpier de prévarication qui devrait faire tomber des têtes. Cela se passe dans les régions, loin des yeux bienveillants du centre! En effet, il s’agit d’un travail de fourmi accompli par l’Inspection générale du ministère de l’Intérieur (IGI), mené par la dame de fer, Zineb El Adoui, qui a révélé une dilapidation de fonds publics à des fins électoralistes.

Ainsi, certains présidents de région, dont on taira les noms puisque la procédure est toujours en cours, se servent de l’argent des contribuables pour corrompre indirectement des élus, notamment ceux de l’opposition, par des avantages en nature, des indemnités de déplacements exagérés, etc. alors que l’arrêté ministériel fixe les indemnités à 80 DH par séance. La gestion de la chose publique est d’abord une action de volontariat non rémunérée.

Dans cette affaire, il y a lieu de retenir deux données qui réchauffent le coeur. D’abord, l’information a été remontée par certains élus qui ont refusé ce jeu de passe-droits au détriment de la bonne gouvernance. Cela montre qu’il existe des hommes et des femmes politiques intègres, ce qui devrait se savoir afin d’éviter les stéréotypes appliqués automatiquement aux politiciens. Ensuite, il faut noter le sérieux avec lequel l’IGI mène son enquête et l’implication de la Cour des comptes afin d’institutionnaliser cette démarche. L’étape suivante devrait logiquement actionner le principe de reddition des comptes qui constitue le meilleur moyen de dissuasion concernant la gestion de l’argent public.

Il y a aussi la publication des noms des présidents de conseil de région pris dans cet imbroglio financier qui devrait être opérée dès la fin de l’instruction. L’objectif étant de mettre chacun devant ses responsabilités vis-à-vis de la loi, mais surtout de ses électeurs. Le succès de la régionalisation passe par la rigueur et la sanction.

Le ministre de l’Enseignement est dans de sales draps. Amzazi a échoué dans le dossier des enseignants contractuels et réédité son échec dans celui des étudiants-médecins. Amzazi partage certes cette déconfiture avec son collègue, le ministre de la Santé, mais il endosse l’essentiel de cette responsabilité pour avoir mené les négociations. Le boycott à 100% des examens par les étudiants-médecins, soutenus par le corps professoral, témoigne de l’arrogance du ministère de l’Enseignement qui a pris de haut les revendications des étudiants. Ces derniers ont posé, à raison, une véritable problématique vis-à-vis de laquelle le gouvernement a péché par manque de prévision. Créer une «université» privée des métiers de la santé à Casablanca, où une faculté de médecine s’acquitte bien de sa mission, pose plusieurs questions sur ce projet commercial approuvé et soutenu par le gouvernement!

Aujourd’hui, les étudiants et leurs familles mènent un combat pour la survie de ces branches publiques «indûment » concurrencées, selon les coordinations d’étudiants, et contre qui voudrait procéder à une «OPA» sur les CHU, toujours selon la même source. L’Exécutif, qui avait validé la création de cette université privée, devait exiger dans son cahier des charges l’existence de l’équivalent d’un CHU ayant la capacité d’intégrer ses étudiants en cours pratiques et en résidanat. Il se trouve que l’hôpital Cheikh Khalifa, qui devait initialement assurer cette mission, n’en a ni la capacité ni les compétences! C’est comme mettre la charrue avant les boeufs. Les facultés de médecine publique du Maroc ont avancé de solides arguments et, surtout, fait montre d’une solidarité dans leur «combat»; ils imposent malheureusement au gouvernement une année blanche très coûteuse politiquement et financièrement. En termes d’image, le cabinet El Otmani essuie un coup dur et paye cash le fait d’avoir laissé ce dossier épineux entre les mains d’un seul ministre. Un énième couac !

Des centaines de milliers de lycéens passent aujourd’hui leur examen du baccalauréat. C’est, certes, une étape cruciale, mais l’après-bac reste la grande préoccupation pour les familles marocaines. Il faut d’abord rappeler, contrairement aux apparences, que c’est dans le public que la majorité des Marocains passent leur bac et c’est là aussi que l’on trouve les meilleures notes et moyennes. Maintenant, deux soucis majeurs se profilent pour ces étudiants et leurs familles. Décrocher une bonne moyenne -plus de 15/20- pour avoir accès aux concours et faire le choix des universités et grandes écoles. Ainsi, il y a lieu de noter, de prime abord, que le ministère de tutelle a bien fait de supprimer la note des contrôles continus pour une meilleure égalité des chances, mais ce ministère est justement appelé, au nom de cette même égalité des chances, à garantir un maximum de transparence dans les concours au sein des différents établissements publics du royaume. Aussi faut-il innover en intégrant la digitalisation des concours. Les candidats ne devraient pas être contraints de parcourir des centaines de kilomètres ou obligés de rater des concours qui coïncident avec d’autres. Il n’est pas normal qu’en 2019, les concours se passent de la même façon qu’il y a 35 ans, alors qu’Internet permettrait de révolutionner ce créneau.

Le bac n’est qu’un tremplin vers des études poussées qui facilitent l’accès au monde professionnel, d’où l’importance d’une bonne orientation à ce stade. Le désir de l’étudiant d’abord, puis le conseil de la famille s’avèrent importants dans ce choix. Une chose est sûre: tous ces étudiants ne seront pas un jour médecins, ingénieurs, avocats, architectes... le marché de l’emploi a également besoin de lauréats de formations techniques et spécialisées pour plusieurs filières. C’est pourquoi le premier pas du succès de sa formation et ensuite de sa carrière est bel et bien le choix de l’orientation. À bon entendeur...

Il n’y a pas plus humiliant que de tendre la main pour mendier. Un acte tuant toute fibre de dignité, encore plus quand c’est fait sciemment pour en faire une rente... de la honte. Et le plus inquiétant, c’est que ce phénomène prend de l’ampleur au Maroc au point qu’il menace un secteur névralgique qu’est le tourisme. Il n’y a pas moins de 150.000 mendiants selon les statistiques officielles et sûrement autant ou plus, non encore répertoriés, contre à peine 11.000 en Algérie. Les raisons de ce fl éau de société sont multiples et les responsabilités partagées entre ces commerçants des sentiments, les citoyens et le gouvernement.

Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité nationale, a affirmé au Parlement que l’État fait tout pour réduire ce phénomène : hébergement dans les centres d’accueil sociaux des personnes sans revenus et dans l’incapacité de travailler, aides directes aux veuves et à leurs orphelins, programmes de l’INDH pour la création d’activités génératrices de revenus pour les personnes sujettes à vulnérabilité, etc. Mais cela s’avère insuffisant pour dissuader les réseaux de traite humaine qui font de la mendicité une rente destructrice de la dignité des citoyens et des valeurs de la société. Malheureusement, la loi existe mais comme dans plusieurs cas elle n’est pas appliquée car la mendicité est passible de prison ferme de un à six mois et d’un an en cas d’exploitation d’enfants. Or, en dépit de cette disposition juridique, nos rues accueillent de plus en plus de mendiants que les Subsahariens renforcent davantage.

Aujourd’hui, s’arrêter devant un feu rouge devient un exercice délicat tant le phénomène prend les dimensions de mouvements de masses qui menacent la sécurité des individus et donnent une image d’un pays sous-développé. Hakkaoui a proposé au Parlement d’adopter une loi qui incrimine le citoyen qui aide à la prolifération de ce fl éau en mettant quelques dirhams dans les mains tendues. Elle a complètement raison. Il est temps de structurer la charité et de l’orienter vers des projets de société.

L’affaire Casino Saadi à Marrakech continue de défrayer les chroniques judiciaires. Et pour cause, elle représente un lot de dépassements procéduraux mais aussi d’ordre éthique. C’est une affaire qui dure depuis une décennie, depuis cette fameuse affaire de corruption d’élus «marrakchis» qui ont cédé un terrain mitoyen à l’hôtel Saadi pour en faire un casino. C’est le prix de cession qui a provoqué une levée de boucliers de la société civile puisque le Conseil de ville a cédé ledit lot à 500 DH/m² au lieu d’au moins 20.000 DH, soit 40 fois moins que la valeur réelle et plusieurs milliards de moins-values. Le problème, c’est que ce procès serait l’objet de pressions de la part, notamment, de partis politiques dont des personnalités influentes qui sont impliquées.

De report en report et d’ajournement en ajournement, les ONG perdent patience et crient au scandale en avançant que le principe de reddition des comptes est piétiné dans cette affaire. Le verdict devait déjà être annoncé en juillet 2017 mais depuis les séances sont renvoyées à chaque fois à deux ou à trois mois et l’on s’achemine vers un énième report, ce qui vide ce procès de tout son sens. D’où la montée en puissance de l’association de défense des deniers publics qui réclame ni plus ni moins que l’intervention de Mustapha Faris, président de la haute autorité judiciaire, pour changer de président de séance et ses conseillers pour «incompétence ».

L’affaire prend donc une dimension extra-judiciaire, entre société civile et médias et l’on pourrait voir le bout de tunnel avec cette levée de boucliers. L’enseignement que l’on peut tirer de ce dossier, c’est que la justice continuera à dépendre du pouvoir d’appréciation du seul juge en dépit de son indépendance, comme un arbitre dans un match de football mais quand il s’agit d’une affaire d’opinion publique, il y a lieu de savoir au moins communiquer et surtout prendre la bonne décision au moment opportun.

Un projet de loi permettrait à la HACA d’étendre son pouvoir de contrôle des contenus à la toile. Est-ce possible pour une structure incapable de cerner ce qu’on consomme sur trois télés et quatorze radios ? Qu’en serait- il alors des milliers de sites en question ? Sur le fond, on ne peut que louer cette initiative puisque nous martelons, depuis des années, qu’il faudrait mettre un terme à cette anarchie digitale qui inscrit le contenu éditorial en porte à faux vis-à-vis de l’éthique et de la déontologie du journalisme. Encore faut-il disposer des moyens à même d’alimenter un tableau de bord global de ce qui s’écrit ici et là, en dépit du caractère compliqué de cette tâche.

Sur la forme, il y a boire et à manger dans cet océan de médiocrité numérique, et croire qu’une loi va révolutionner le contenu digital, c’est tout ignorer de ce monde virtuel car nous avons des centaines de lois dans divers domaines qui peinent à être appliquées sur le terrain. Et puis, avant de pondre une loi, il y a lieu de se concerter avec les professionnels du métier, ce qui n’a pas été fait.

La Fédération marocaine des éditeurs de journaux, principal partenaire du ministère de Communication, n’a pas eu vent de ce virage qui permettrait l’intervention de la HACA. Est-ce normal d’être pris au dépourvu par une nouvelle donne qui comptera beaucoup dans l’exercice de la presse électronique ? En tout cas, si l’adhésion des professionnels n’est pas requise, ce projet risquera fortement de tomber à l’eau. Et puis, il ne faut pas oublier que les ressources humaines de la HACA ne lui permettent pas l’élargissement de son rayon d’intervention. Elles s’en sortent déjà difficilement avec dix-sept supports, qu’adviendra- t-il d’elles avec des centaines de sites d’informations réglementaires et des milliers qui continuent à exercer sans autorisation formelle du parquet ? Attendons donc de voir la réaction du Secrétariat général de gouvernement pour juger de la suite des événements.

La tension dans l’enseignement supérieur et les menaces de grève et de boycott des examens, par les professeurs, trouvent leur origine dans une décision controversée au sein du ministère des Finances. De quoi s’agit-il en fait? Le Syndicat national de l’enseignement supérieur avait mené plusieurs rounds de négociations avec le ministère de tutelle pour améliorer la situation matérielle du corps professoral. Un accord aurait été scellé avec la bénédiction du gouvernement; le seul hic, c’est qu’au moment de la mise en oeuvre, il y a eu blocage. En effet, Fouzi Lekjaâ, directeur du Budget, parfaitement dans son rôle, a brandi un veto justifié qu’il a communiqué au ministre de l’Économie et des finances.

En résumé, cet accord, qui coûterait au Budget de l’État 5 MMDH, n’aurait pas été provisionné au titre de la loi de Finances 2019! On se demande alors si les politiques mènent des négociations salariales sans l’appui des équipes techniques et sans corrélation avec les moyens de l’État. L’approche est ainsi inversée, ce qui crée des tensions qu’on voulait éviter en annonçant des accords à la hâte, ce qui, au final, génère des effets parfois catastrophiques. Il n’y a pas plus compliqué que de gérer la rareté, et le rôle du directeur du Budget est le même que celui d’un DAF dans une entreprise. Il doit anticiper et tirer la sonnette d’alarme sur les risques financiers inhérents au déséquilibre potentiel entre le train de vie de l’entreprise et ses propres moyens. C’est pourquoi, en entreprise, un DRH n’avance rien en termes d’arrangement social sans l’aval préalable du DAF.

Pour les affaires de l’État -encore plus pour un État dont le budget est déficitaire et le niveau d’endettement en augmentation continue- le verrou autour des finances doit être un préalable. Espérons que cette maladresse n’impactera pas le bon déroulement des examens d’une fin d’année qui s’annonce compliquée.

L’appel à trois sommets en trois jours illustre parfaitement le degré d’inquiétude qui gagne Riyad et Abou Dhabi. Mais est-ce la bonne démarche que d’arracher un soutien arabo-musulman? Rien n’est moins sûr. Passons au crible cette stratégie pour mieux comprendre les objectifs escomptés de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. L’appel à un sommet des pays du Golfe, avec une invitation solennelle envoyée au Qatar, intervient alors que cette structure est paralysée depuis 2017 à cause d’une tentative d’OPA sur Doha qui s’avère être un échec total. Comment, aujourd’hui, ce petit État pourrait- il faire confiance à des pays qui le boycottent, l’encerclent et le combattent sur tous les terrains? Autant dire, un sommet qui promet d’échouer avant même son démarrage. Quant au sommet arabe, il s’agit d’un exercice connu pour être dominé par la langue de bois, et qui n’a jamais fait avancer une cause arabe d’un iota. Il faut ajouter à ce facteur d’échec l’état de dispersion totale du panarabisme aggravé par Riyad et Abou Dhabi, qui mettent leur nez dans les affaires internes de plusieurs pays arabes (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Qatar, Yémen, Soudan, Syrie, Liban, Irak...).

Enfin, gageons que ce sommet des pays islamiques ne sera pas une formalité pour les organisateurs qui cherchent à isoler l’Iran! Par ailleurs, des États puissants comme la Turquie, l’Indonésie, la Malaisie ont toujours été souverains dans la prise de décisions au sein de ce groupement. Le pétrodollar n’a aucun effet sur ces pays qui, avec l’Iran, ont toujours fait bloc face aux tentatives d’hégémonie de l’Arabie saoudite, notamment pour des raisons doctrinales. Ces échecs cumulés mettraient les deux pays du Golfe à la merci des États-Unis qui ne cesseraient de demander de plus en plus de fonds, à la limite de l’extorsion. Riyad et Abou Dhabi récoltent ainsi ce qu’ils ont semé, comme zizanie, même auprès de leurs alliés historiques. Déplorable! 

Qu’est-ce qui a poussé Jared Kushner, conseiller principal et gendre de Trump, à se rendre à Rabat pour rencontrer le roi ? Au menu du ftour, une question cruciale qui préoccupe l’administration Trump. Un plan de paix sur-mesure ! On sait parfaitement que le président des États-Unis fait du conflit israélo- palestinien une priorité de son mandat. Son objectif n’est pas de ficeler une paix juste, équitable et durable mais de consacrer Israël comme seul État assorti d’une armada de garanties sur sa paix et sécurité. Le reste n’est que de la poudre aux yeux.

D’ailleurs, Kushner ne voile pas ses positions pro-israéliennes puisqu’il exige, comme prérequis à son plan, la déclaration officielle, par toutes les parties, de Jérusalem capitale de l’État hébreu et l’éviction pure et simple de la solution à deux États. Rien que ça. Sa visite à Rabat, à quelques jours de la conférence de Manama pour exposer son plan au président du comité d’Al-Qods avant de s’envoler à Amman pour faire de même avec le garant des lieux sacrés de Palestine, le roi Abdallah, ne serviront en rien sa «propagande». Les deux souverains arabes sont intransigeants, refusant d’imposer Jérusalem comme capitale, et soutiennent mordicus la solution à deux États. D’ailleurs, c’est la position de tous les pays arabes, hors Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, dont les positions panarabes sont de plus en plus floues.

Ces gesticulations de Kushner sont vouées à l’échec puisque la base même d’un plan de paix, le consensus, n’est pas de mise. La principale partie concernée, la Palestine, n’y prendrait pas part selon son ministre des Affaires étrangères, qui met Washington dos au mur en qualifiant ce plan de «pacte de reddition». Désormais, Trump et son gendre font cavaliers seuls, avec le refus catégorique de Moscou et les réserves de l’Union européenne quant à l’abandon du plan à deux États. La paix n’a jamais été aussi loin de Jérusalem !

Appeler à un sommet arabe dans cette conjoncture est une autre illusion qui dénonce certains régimes arabes qui torpillent cette région de l’intérieur et demandent sa mobilisation en même temps! L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis n’ont toujours pas compris qu’ils ne pouvaient compter sur les États-unis pour éradiquer le «danger» iranien.

La stratégie de Trump est trompeuse dans la mesure où il essaye de faire brandir une menace iranienne sur la stabilité des pays du Golfe à la seule fin de soutirer toujours plus de pétrodollars. Il est donc clair que les États-unis ont tout à gagner à faire de Téhéran un épouvantail et à faire durer le statu quo. Il hausse le ton et le baisse en fonction de ses intérêts propres et non de ceux des pays du Golfe.

Encore une fois, nous rappelons le discours du roi Mohammed VI, lors du sommet des pays du CCG en avril 2016, dans lequel il a clairement indiqué que la région arabe était menacée par un complot, fait de certaines puissances. Des propos qui trouvent tout leur sens dans la réalité de la géostratégie d’aujourd’hui. Quant à nos «amis» arabes sur lesquels comptent Ryad et Abou Dhabi, ils n’ont jamais été aussi divisés qu’aujourd’hui. Ironie du sort, les capitales qui en appellent à la solidarité arabe sont celles-là mêmes qui ont largement contribué à la miner en créant des guerres (Yémen), en ravivant les conflits dans d’autres pays (Libye), en essayant de déstabiliser des pays traditionnellement amis et alliés (Maroc) et en voulant saboter les révolutions populaires (Algérie et Soudan). Difficile, dans ce contexte, d’attendre le moindre résultat de ces sommets de façade qui n’ébranleront en rien l’Iran. Maintenant, il est temps de se regarder dans le miroir, de reconnaître les torts de ces deux pays, de revenir à leurs fondamentaux et de regagner la sympathie des peuples, seul rempart face à Téhéran.

Les syndicats ont fait de l’augmentation des salaires une question de survie, mais qu’en est-il des «porteurs d’uniformes » auxquels on interdit curieusement le syndicalisme ? Le cas par cas est de rigueur ! En effet, si ces 600.000 salariés et fonctionnaires ont bénéficié d’une revalorisation de salaire conséquente, nos policiers, gendarmes et militaires, qui se comptent par centaines de milliers, sont lésés de par leur statut spécifique. Pourtant, ce policier, debout des heures durant sous un soleil de plomb ou des pluies torrentielles, ce gendarme parfois confronté au manque de moyens dans des agglomérations de plusieurs dizaines de milliers d’habitants, ce militaire qui se sacrifie à chaque instant pour la sécurité de la patrie et la dignité du citoyen... ces gens-là ne doivent pas être laissés-pour-compte.

Hammouchi a donc bien fait d’enfiler la casquette du syndicaliste pour défendre les siens et améliorer leurs conditions de travail, en attendant que les autres uniformes lui emboîtent le pas. Parallèlement à ces actions exclusivement pécuniaires, il y a lieu de réconcilier le citoyen avec les sécuritaires du front, en l’occurrence la police, les forces auxiliaires et la gendarmerie.

Le triste épisode de l’artiste Amine Radi devrait pousser ces métiers à plus de sensibilisation, de formation au civisme et à la culture des droits de l’Homme, car le citoyen est souvent leur «client» avec qui la stricte application de la loi. Ce parchemin des droits et obligations, devrait être sacré. Mais force est de constater que les prérequis sont d’ordre matériel afi n de tirer le contrat d’engagement vers le haut, et de moraliser ces métiers ô combien importants pour la stabilité du pays. Maintenant, El Otmani devrait prendre cela en compte et ce n’est pas parce qu’ils ne peuvent manifester ou décréter une grève qu’il faudrait les oublier. Il faut y penser...

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