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16-09-2019 13:15

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Dans un mois, le gouvernement devra soumettre son projet de loi de Finances 2020 aux débats parlementaires. Mais quel cabinet assurera cette tâche? El Otmani I ou II? Il ne faut pas oublier qu’en ces jours où, en principe, la priorité du gouvernement consiste à se focaliser sur la structure du Budget de l’année prochaine, les composantes de la majorité sont occupées à batailler pour s’assurer, chacune de son côté, un maximum de «gains» lors du montage final du remaniement ministériel. Les bruits de couloirs parvenus à notre rédaction évoquent des divergences qui retardent la mouture finale du cabinet El Otmani II.

Certains partis auraient fait preuve d’un appétit démesuré, et d’autres veulent profiter de ce mouvement pour introduire enfants, proches et amis. Et ça coince. Sinon, pourquoi la coalition reste-t-elle dans sa coquille et évite-t-elle de communiquer autour d’un sujet que tous les Marocains, y compris le microcosme économique et les investisseurs internationaux, attendent? On continue malheureusement à oublier le facteur temps qui pèse sur l’économie nationale et sur le moral du citoyen.

Ce dernier attend de nouveaux profils avec un nouvel élan et espère surtout que ce remaniement apportera une amélioration de son quotidien.

Rappelons que le 11 octobre, le roi Mohammed VI présidera l’ouverture de la nouvelle session parlementaire et prononcera un discours à l’Hémicycle. La logique voudrait que le remaniement soit acté avant cette date et que le discours royal porte sur les orientations générales du nouveau gouvernement pour qu’on entame enfin le travail. Les défis sont contraignants et les perspectives compromettantes. N’oublions pas que nous sommes à la veille d’une crise financière internationale, plus sévère que celle de 2008 selon les experts, et que les tensions au Moyen-Orient pourraient propulser le prix du baril vers la barre des 100 $. Les temps difficiles n’ont pas encore pointé le bout de leur nez !

On ne peut certes pas bâtir une démocratie sans partis politiques mais on peut, en revanche, diriger un pays, à ses risques et péril, en outrepassant cette règle. C’est ce qui est en passe de se réaliser en Tunisie. Les élections de ce dimanche ont émergé deux figures en tête contre toute attente. Un professeur universitaire et un homme d’affaires, tous les deux indépendants ou presque. Les observateurs constatent donc une double sanction infligée par les électeurs à la vie politique dans le berceau du printemps arabe. Huit ans après la révolution du jasmin, il est clair que les Tunisiens n’ont plus confiance en la classe politique, pour preuve deux actions qui caractérisent le séisme de ces élections.

Un, les deux candidats qui disputeront le deuxième tour des présidentielles sont l’indépendant Kaïss Saïed et l’homme d’affaires Nabil Karoui, qui vient à peine de créer un parti.

Deux, le taux de participation n’a guère dépassé 44%. Ces deux constats constituent un désaveu à l’échiquier politique tunisien et militent pour une revue de la méthodologie d’approche des partis.

La cuisante défaite des Chahed, premier ministre, Zbidi, ministre de la Défense et Marzouki, ancien chef d’État, est un message clair, net et précis et démontre que les partis ont échoué et que l’électeur les a sanctionnés. Ceci est la face de la médaille. En revanche, son revers est inquiétant car dans quelques semaines, les électeurs auront à choisir leur députés pour former le Parlement et émerger un gouvernement qui sera issu des partis politiques. Se dressera alors la problématique de la cohérence entre un président de l’État, investit des prorogatives liées à la Défense et aux Affaires étrangères et un chef de gouvernement en charge de la gestion opérationnelle du pays. La cohabitation sera alors une condition sine qua non de la bonne marche des affaires en Tunisie. En tout état de cause, il est clair que ces élections constituent le prélude de la naissance d’une grande démocratie dans le monde arabe. Bravo aux frères tunisiens.

On n’a pas cessé de répéter que la dissuasion est le meilleur prélude au respect de la loi. Le prononcé de jugement par un tribunal de Rabat, vient montrer la voie à la sévérité nécessaire face à une violence de plus en plus montante. On rappelle que la capitale s’est doté de bus flambants neufs et modernes, de quoi satisfaire une population qui a trop souffert d’une flotte à la fois réduite en nombre et techniquement obsolète. Sauf que cette première vague de 150 bus, sur une quantité globale de 500, a subi quelques dégâts dès le premier jour. Des délinquants ont eu la fâcheuse idée de les bombarder de projectiles. L’un d’eux a écopé d’un jugement de trois années de prison ferme. Il n’est jamais bon de se réjouir à la condamnation d’un citoyen sauf que dans certains cas, l’intérêt de la communauté passe avant tout. Et dans ce cas, l’intérêt de la ville de Rabat, c’est de voir ces énergumènes derrière les barreaux. Car, ce qui alimente la violence, c’est justement la légèreté des jugements face aux dépassements de certains voyous.

Flash back. Un certain jeudi noir, des centaines de jeunes délinquants ont tout ravagé à Casablanca, sur leur chemin au stade Mohammed VI. Tous ceux qui furent incarcérés ont été libérés quelques jours après. Depuis lors, la violence dans l’enceinte des stades, et autour, s’est exaspérée ! On ne peut que saluer ce magistrat qui a pris ses responsabilités et a appuyé sur le champignon. Nous continuons d’espérer que les juges du royaume en fassent de même face à ces «malades» qui terrorisent les Marocains dans leur sérénité d’âme et leur intégrité physique. La société marocaine est unanime face aux actes de délinquances qui alimente désormais le quotidien des citoyens. C’est un ras-le-bol général auquel il y a lieu de remédier sans délai avec sévérité et fermeté.

Il est facile de tout mettre sur le dos de l’État quand il s’agit de l’éducation de notre progéniture et des valeurs à leur inculquer. Mais quel est le rôle des parents ? Le jour d’Achoura, commémoré cette semaine, a encore une fois dévoilé des comportements qui n’ont à voir ni avec la religion, ni avec les fondamentaux de la société marocaine. Des mineurs de 12 à 15 ans ont fait la loi, infligeant aux filles et aux femmes qui ont eu le malheur de se trouver sur leur chemin les pires humiliations et agressions. La veille, ces mêmes «ados» ont fait veiller plusieurs quartiers de plusieurs villes avec leurs délires de pneus brûlés et d’explosifs improvisés jusque tard dans la nuit. Mais où diable sont les parents ?
Comment ces derniers peuvent-ils fermer les yeux alors que leurs enfants, de surcroît des adolescents, doivent retourner au collège le lendemain matin ? Malheureusement, nous sommes face à un phénomène pour le moins inquiétant pour la stabilité et la sécurité de l’ensemble de notre société. La démission des parents. Au Maroc, une grande partie des familles ont baissé les bras face aux errements de leurs enfants et, au lieu de déployer l’effort nécessaire pour les ramener sur le droit chemin, ils les laissent faire en les poussant même vers la rue espérant avoir la paix chez eux. Dès lors, ces jeunots sont exposés à tous les affres de la délinquance, dont l’addiction aux psychotropes, entre autres.

Ces derniers sont à l’origine de l’insécurité montante, constatée notamment dans les quartiers populaires où même les parents ne sont pas épargnés, et leur intégrité physique n’est pas assurée. Il est temps, pour la société, d’ouvrir le débat, et pour le gouvernement de prendre les décisions adéquates afin de responsabiliser les parents et de revoir notre système éducatif avec un partage équitable des responsabilités. En parallèle, il y a lieu de s’orienter vers la dissuasion et la sévérité dans les sanctions. En attendant, et à défaut de valeurs fédératrices, reconnaissons que notre société est complètement malade. 

Le ministère de l’Intérieur voudrait imposer le vote obligatoire dès les échéances de 2021. Est-ce la bonne solution pour inciter les foules à se ruer sur les urnes? Les sociologues peuvent répondre à cette question, mais l’on peut d’ores et déjà décrypter l’enjeu et les risques de cette décision. Il est clair que si on a recours à la manière forte, le risque de voir les bureaux de vote désertés est élevé. Il ne faut pas avoir la mémoire courte et oublier les réactions populaires, relayées principalement par les réseaux sociaux.

Hier encore, en 2016-2017, les Marocains avaient vécu le pire feuilleton politique de l’histoire des élections du royaume. Pas besoin d’un flash-back, l’exercice est douloureux. Mais on se rappelle du discrédit qui a altéré le processus électoral suite à ce que l’on appelle communément le «blocage». Déjà, lors des élections 2016, il y a eu un fort boycott avec à peine 38% de taux de participation et un taux d’abstention élevé qui ramène le taux de voix exprimées à 21%! En d’autres termes, sur 15 millions d’inscrits, moins de 7 millions se sont rendus aux urnes et seulement quelque 4 millions ont mis dans l’urne un bulletin valide.

Face à cette réalité, qui a empiré les deux dernières années du fait des tensions et déceptions sociales, obliger les électeurs à voter n’est certainement pas la parade. Cette «trouvaille» pourrait produire l’effet inverse et accentuer le boycott. La solution idéale serait l’obligation, pour les partis, de faire émerger une élite jeune, de prôner la méritocratie dans l’ascenseur des responsabilité et, surtout, de tenir leur promesses électorales. Après, il s’agira de passer à l’étape de sensibilisation, quand le citoyen sera prédisposé à écouter ce message, sur la base des réalisations honorables des partis et du gouvernement. Obliger un «esprit» déprimé et désespéré à obtempérer n’a jamais donné les résultats escomptés. Enfin, attendons de voir...

Le débat sur les compétences refait surface depuis le discours du Trône, et, plus que jamais, les partis politiques sont face à leur responsabilité de renouvellement des élites. Mais la question qui se pose est en rapport avec la prise en compte ou non de la méritocratie.

Aujourd’hui, l’on peut aisément décrier ce critère au sein de la majorité écrasante des partis politiques. Ces derniers privilégient ceux qui apporteront de la «valeur» sonnante et trébuchante qu’ils parachutent directement dans les bureaux politiques et parfois sur les fauteuils ministériels.

Le parti exige ensuite de ces parachutés des «recrutements ciblés» pour les cabinets et les principaux postes de responsabilité des ministères en question, d’une armée de «militants» en guise de récompense pour «services rendus» au parti et non à la patrie. On prend exemple sur ce qui fait l’actualité au sein du ministère de la Santé. Ce dernier, aujourd’hui bondé de membres du PPS, vit au rythme d’une affaire strictement partisane dans la délégation régionale de Souss, dont le directeur est membre de ce même parti et qui vient de recommander le limogeage de son rival, responsable d’un département sous son autorité mais appartenant à un parti adverse. Le ministre cautionne la décision et la rend officielle sans aucune justification ! Franchement, «Si Ali» devrait être en train de se retourner dans sa tombe. Et c’est une pratique qui n’est pas l’apanage de ce parti.

Dans ce genre de délires, ils se valent tous. C’est pourquoi tant que l’on ne change pas de mentalité et de façon de faire, y compris dans la gestion partisane, tout le débat sur le nouveau modèle de développement ne sera que du folklore. Il est clair que les partis politiques sont face à leur responsabilité historique de faire émerger une nouvelle élite et de faire valoir les compétences...les vraies. Car, in fine, qu’on le veuille ou non, c’est avec les partis politiques qu’on bâtit une démocratie mais il ne faut pas non plus que l’avenir de tout un pays soit hypothéqué par des esprits post-coloniaux !

Il y a presque un an, Mohamed Benchaâboun, alors fraîchement nommé ministre de l’Économie, lançait de grandes promesses. A-t-il pu relever le défi ? Pas si sûr ! On se rappelle de cette remarquable entrée en la matière de Benchaâboun qui avait promis de payer pas moins de 40 MMDH de butoir et de réduire les délais de paiement à 60 jours. S’agissant du remboursement des arriérés de TVA, force est de constater que le système bancaire a sauvé le ministère de l’Économie et des finances en jouant pleinement le jeu. Le niveau de factoring a crevé le plafond, notamment pour le secteur privé, passé par ce canal à plus de 80% de sa quote-part. Il faut dire qu’au niveau du public, ce n’est pas aussi simple mais, globalement, Benchaâboun est en passe de réussir ce challenge.

En revanche, au niveau des délais de paiement, l’argentier du royaume a du pain sur la planche. Les choses ne s’arrangent guère et la PME souffre de plus en plus. L’entrepreneuriat devient un terrain impraticable où une chaîne d’impayés sans fin lie fournisseurs et clients, car chaque entrepreneur est à la fois fournisseur et client, et chacun répercute le retard de ses clients sur ses fournisseurs. Les premiers à céder ferment boutique et entraînent leurs créanciers dans des sables mouvants. Le ministre des Finances gagnerait à commencer par les établissements publics et les exhorter à jouer le jeu en étant de bons élèves. Il se trouve que la plus grande partie du retard émane de ces établissements qui font pleinement jouer leur diktat de donneurs d’ordre ! Benchaâboun ne pourrait gagner cet autre challenge sans rendre ces établissements disciplinés, et ceci par les actes et non par le seul verbe. Jouahri avait annoncé il y a quelques semaines que le volume de créances non réglées dans les délais s’élève à 400 MMDH, soit 50% du total des encours des crédits à l’économie. De quoi faire tomber tout le gouvernement. 

Est-ce qu’il y a une presse au Maroc ? La question mérite d’être posée, mais la réponse renvoie à plusieurs écoles de presse et non à un corps unifié. D’aucuns diront c’est en conformité avec ce qui existe même dans les pays disposant d’une grande histoire de presse comme l’Angleterre. Le lectorat est diversifié et, naturellement, il est en quête de diverses options de lecture. Mais chez nous, l’affaire est tout autre. Une majorité de kiosquiers marocains répètent que notre presse est quasi-inexistante et, au mieux, ne dispose pas d’autonomie et d’indépendance. Le comble est que ces donneurs de leçons n’achètent guère de journaux et ne souscrivent pas un abonnement à un support papier ou électronique. Il est donc facile de dénigrer une industrie qui doit vivre de ses ventes pour gagner en autonomie face aux annonceurs.

L’autonomie vis-à-vis des centres d’influence, dont la publicité, nécessite des moyens importants pour investir dans la production d’un contenu de haut niveau, ce qui renvoie au recrutement de profils pointus chèrement payés. On ne peut pas lire un journal gratuitement dans un café, ou le louer auprès d’un kiosquier véreux, et critiquer le contenu ou pointer du doigt la dépendance de ces centres d’intérêt économique. Aux États-Unis, les deux supports phares, à savoir le Washington Post et le New York Times, disposent de plusieurs millions d’abonnés, «en majorité des abonnements de solidarité pour la survie d’une presse crédible dans l’intérêt du modèle démocratique américain», tient à préciser un chevronné de la presse américain. Recadrons le débat. Au Maroc, il y a de tout en matière de style journalistique, mais certains supports arrivent quand même à maintenir un niveau qualitatif honorable en dépit des contraintes liées au changement de modèle économique. Cela reviendrait fatalement à miser sur les revenus d’un lectorat en quête de contenus de profondeur. Ça viendra....

L’agriculture prend de l’ampleur de par le monde, notamment en Afrique, et précisément au Maroc. Il est question de sécurité alimentaire avec une démographie de plus en plus importante. Chez nous, le secteur primaire continue à dominer le tissu économique en dépit d’un secteur tertiaire dynamique et d’une industrie qui a trouvé de bons filons dans l’automobile et l’aéronautique, mais l’agriculture d’aujourd’hui vit au rythme d’énormes transformations. On est loin du capital technique traditionnel qui repose sur la mécanisation tous azimuts. Aujourd’hui, les nouvelles technologies et la digitalisation révolutionnent l’agriculture et sont en passe de chambouler les fondamentaux de jadis.

À Accra, un forum sur la révolution verte en Afrique, événement placé sous l’égide de l’Union africaine, a rassemblé les experts des quatre coins du monde pour présenter la nouvelle cartographie de l’agriculture d’aujourd’hui et de demain. Les startups sont venues chercher des opportunités de business avec des offres parfois hallucinantes.

Comme cette expérience au Ghana où a été testée une application qui indique le taux d’humidité du sol afin d’optimiser les quantités de fertilisants. Ce sont pas moins de 3.000 agriculteurs qui ont été dotés de smartphones munis de cette application et les résultats tels que présentés dégagent à la fois satisfecit et optimisme.

Les climatologues étaient également présents avec de nouvelles méthodes pour prévoir les intempéries et alerter sur la sécheresse avec de nouveaux outils appuyés sur les satellites de géolocalisation... L’agriculture saute à pieds joints dans l’ère de la data où les exploitations sont désormais «drivées» à partir de computers bardés de technologies de pointe où l’effort manuel est réduit au strict minimum et frise dans certains cas le néant. L’agriculture intelligente et durable est l’avenir de l’humanité. L’a-t-on compris chez nous? En tout cas, sur 2.500 participants, il n’y avait aucune délégation officielle marocaine !

Le Maroc est en passe de travailler sereinement sa carte diplomatique en Afrique avec le business en toile de fond et l’OCP comme acteur principal. On l’avait dit à plusieurs reprises, après le retour du Maroc dans l’Union africaine (UA), la diplomatie du royaume est fortement appuyée par l’intelligence économique d’une part et le business win-win d’autre part. Le souverain l’avait dit dans son discours de retour où la coopération économique sud-sud fut au centre de son allocution.

Depuis, les projets se multiplient dans plusieurs pays africains avec des dimensions à géométrie variable en fonction des opportunités d’investissements qui s’offrent aux opérateurs marocains. Aucune restriction pour des raisons géographiques ou de positions politiques n’oriente cette démarche qui s’avère payante au jour d’aujourd’hui. L’on se rappelle des projets phares du gazoduc entre le Nigeria et le Maroc et les projets industriels de l’OCP en Éthiopie, au Kenya et dans d’autres pays du continent. Une position de leadership qui s’affirme aujourd’hui avec cette signature historique scellée hier à Accra. C’est une première que représente ce mémorandum d’entente signé entre l’Union africaine à travers son Agence de développement et OCP. L’objectif étant un transfert de savoir-faire en matière d’intelligence agricole qui profitera à tous les pays africains (détails en page 8).

Le Maroc se positionne ainsi dans les tableaux de bord de tous les pays du continent, ce qui représente un avantage indéniable pour la diplomatie du royaume. En revanche, il faut regretter l’absence officielle de notre pays dans cette messe du Forum africain de l’agriculture durable auquel des dizaines de ministres et de hauts responsables ont pris part. C’est dans les coulisses de ce genre d’événements que les relations s’affirment et où les opportunités d’affaires se concrétisent. Le Maroc a plusieurs atouts à faire valoir, il ne faut rater aucune occasion pour les exhiber.

C’est une rentrée sociale, économique et politique des plus chargées. Gouvernement et classe politique devront faire preuve d’ingéniosité pour sortir le pays de sa léthargie. Déjà, il va falloir traiter les tensions sociales qui s’annoncent pour la semaine prochaine. Enseignants contractuels, médecins et personnel de la santé publique comptent investir la rue et faire entendre leur voix. Leurs revendications sont exprimées depuis plus d’une année sans que l’Exécutif puisse trouver des pistes de sortie de crise. Résultat des courses, le gouvernement El Otmani devra concilier recherche de la paix sociale et concentration sur les remaniements à venir, ce qui nous amène à évoquer un calendrier politique en ébullition, puisque les partis de la majorité, à l’instar du cabinet El Otmani, s’attellent déjà à choisir les noms à écarter et ceux à proposer. Un exercice susceptible de diviser encore plus une coalition déjà vulnérable. Vont-ils faire prévaloir l’intérêt suprême en choisissant un cabinet restreint et des postes clés proposés à de hautes compétences qui allient méritocratie et dynamisme, avec une préférence pour les quadragénaires? Exit, donc, ceux qui ont déjà leur carrière derrière eux et les bras cassés au sein du gouvernement et des partis politiques, sans oublier les technocrates dépassés du fait de l’âge et l’évolution en innovation et en management.

Sur le plan économique, la CGEM va ouvrir le bal avec son grand espace de débats, l’université d’été, et le sujet d’actualité qu’est le nouveau modèle de développement. Pendant ce temps, tout le Maroc doit s’activer et faire une rentrée en fanfare pour commencer à produire des idées, des propositions et des pistes avant que la commission ad hoc ne commence le boulot. C’est l’affaire de tous, chacun dans son périmètre. À vos marques...

Une affaire toute banale est en passe de constituer une crise entre le corps des médecins et la corporation des journalistes. Mais que fait un ministre au milieu de cet engrenage ? Tout a commencé avec une émission sur la radio nationale animée par le chevronné Mohamed Ammoura, qui a plus de 25 ans de radio au compteur. L’animateur fustigeait l’erreur médicale et «certains» médecins véreux. Tout au long de l’émission, il n’a cessé de rappeler qu’il ne généralisait pas, cela n’a pas empêché le syndicat des médecins de porter plainte auprès de la HACA.

Le syndicat des journalistes a exprimé sa solidarité avec l’animateur, rappelant au passage qu’il s’agit d’une tentative d’intimidation qui vise à museler la presse. Tout cela me semble normal et chaque partie défend son périmètre, ce n’est pas une première. Mais l’affaire a pris une autre tournure quand le ministre de la Santé est entré en action et a soutenu le syndicat des médecins. On comprend bien que ce ministre voudrait atténuer ses divergences avec les médecins par cette prise de position, mais il a mal choisi «son» combat. J’imagine un instant ce qui se serait passé si le ministre de la Communication était, lui aussi, intervenu du côté du journaliste ! Moralité de l’affaire, la réaction du syndicat des médecins est démesurée car il n’y a pas que des anges parmi les médecins, comme dans tous les métiers et professions d’ailleurs, notamment de journaliste.

Maintenant, au-delà de cette querelle maladroite, il aurait été plus opportun pour le ministre d’épargner son temps et son énergie pour les problématiques de fond de son secteur, criblé de dysfonctionnements. Faut-il le rappeler, le Maroc figure parmi les pays les plus mauvais en matière de prestations sanitaires. En plus de cette triste réalité, le secteur de la santé publique est en ébullition depuis deux années, avec des grèves, des sit-in et des marches de protestations. C’est pour cela que la réaction du ministre par rapport à un différend, somme toute normal, est pour le moins très mal réfléchie.

Le ministère de l’Enseignement se sera entêté six mois durant pour rien. Les étudiants en médecine ont finalement obtenu gain de cause. C’est pourquoi nous disions tout au long de cette crise qu’il fallait opter pour plutôt la raison afin de trouver l’issue pouvant assurer à tout un secteur sa sérénité comme sa crédibilité. Rappelons que ces étudiants ont vécu un calvaire pendant plus de 150 jours avec des moments d’incertitude et de peur. Flash-back: le gouvernement, au lieu d’assister le ministère dans cette crise et de lui proposer des solutions alternatives, s’était lancé dans une campagne d’intimidation des étudiants, de représailles contre les parents et de vengeance à l’égard des professeurs solidaires avec leurs étudiants. C’est le genre d’erreurs constatées dans plusieurs conflits sociaux, non des moindres.

Pourtant, plusieurs voix, parmi la société civile, les médias et même des personnalités «respectables», avaient demandé un traitement qui requiert de la sagesse et beaucoup de recul. Et dès les premiers jours, il était clair, de par le ton adopté, que c’était parti pour un bras de fer qui n’avait pas lieu d’être, surtout dans un secteur où le Maroc perd annuellement quelque 500 médecins qui partent à l’étranger faire profiter d’autres pays d’une formation pourtant financée par le contribuable marocain.

Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales, avait déclaré que chaque lauréat en médecine coûte au Budget de l’État 1,2 MDH. Faites vos comptes et calculez les pertes sur dix ou vingt ans. Un médecin, c’est au minimum un bac+8, et il pourrait atteindre bac+14 avec des spécialités compliquées. Ces gens-là, parmi la crème de la société, méritent un traitement respectueux loin des menaces et de l’intimidation gratuite. Le pays a besoin de ces compétences et il doit améliorer leurs conditions d’étude et de travail afin de les retenir dans nos bâtisses médicales. On en a plus que jamais besoin.

Quoi de plus cher, pour un être humain, que sa progéniture? La question n’est pas fortuite, car elle renvoie à un nouveau phénomène au Maroc... pour le moins curieux. Ainsi, les autorités espagnoles se plaignent de plus en plus de parents marocains qui abandonnent délibérément leurs enfants dans les présides occupés de Sebta et Melilia. Comment est-ce possible? La pratique expliquée en détail dans notre article en page (....) nous laisse perplexe.

Les sociologues doivent se pencher sur ce phénomène apparu il y a six ou sept ans, mais avec une croissance qui s’est récemment accélérée, et qui se distingue de l’immigration classique. On était habitués à des pateras avec parfois des femmes et leurs enfants qui courent le même risque et se hasardent ensemble à emprunter le chemin de l’inconnu.

En d’autres termes, ils se jettent ensemble dans la mer par détresse. Mais là, les autorités espagnoles sont claires. Ces parents peu scrupuleux sont issus des villes limitrophes des deux présides occupés, notamment Tétouan et Nador, profitant de leur droit d’accéder à Sebta et Mellila sans visa et, du fait de cette proximité, abandonnent leurs enfants, généralement de moins de dix ans, près d’un commissariat pour leur assurer une «prise en charge» rapide. Allant encore plus loin, ils reviennent de temps à autre et rôdent autour du centre d’accueil des mineurs pour voir clandestinement leurs enfants. Leur seul mobile, comme ils l’affirment aux autorités espagnoles quand ils sont arrêtés en flagrant délit, est qu’ils veulent assurer l’avenir de leur progéniture. Un argument qui nous interpelle et qui devrait embarrasser le gouvernement. Sauf que ce dernier semble regarder ailleurs quand ce phénomène rejoint d’autres faits qui convergent tous vers de nouvelles formes d’immigration. Le système d’enseignement et d’éducation marocain fait peur aux parents, il faut le reconnaître. Ces derniers essayent de placer ailleurs leurs enfants, chacun en fonction de ses moyens. Il faut y penser, c’est alarmant.

Nouveau modèle de développement (NMD), remaniements, reddition des comptes, défis de la rentrée... comment le citoyen s’en informe-t-il réellement? En fait, l’été était bel et bien chaud; au-delà du soleil tapant, l’actualité était brûlante, alimentée par deux discours royaux à forte tonalité et une multitude  de fake news. Ainsi, selon les réseaux sociaux et des sites de bas étage, la rentrée sera placée sous le signe de l’assainissement.

En d’autres termes, des têtes vont tomber, et les prisons seront bondées. Or, ce qui est officiel, c’est la volonté de mettre en place un NMD avec tout ce que cela suppose et notamment l’émergence d’une nouvelle élite politique et économique. Les observateurs crédibles évoquent un remaniement ministériel et la nomination de nouveaux profils aux postes clés du royaume. Une démarche somme toute logique, condition sine qua non du succès du NMD. Mais comment le citoyen marocain doit-il faire le tri d’informations crédibles dans un océan d’informations manipulées qui desservent l’image du pays? Car, il n’y a point de campagne d’assainissement dans un pays de droit, et le Maroc en est un. Si des dépassements sont constatés, ils devront se soumettre à la procédure idoine, sans entorse aucune. Et c’est là que réside le rôle des médias publics, investis d’une mission de service public. Or, que font ces médias pour mettre le citoyen au cœur de l’information, la vraie, et le protèger des fake news et de la manipulation orientée? Rien, nada. Les grilles des télévisions marocaines n’ont pas été remaniées. Point de tables rondes ni de débats, aucune couverture des contributions en la matière de la société civile, le vide absolu sur les plateaux d’information, etc. Cela n’étonne plus personne, mais il est temps que cette nouvelle dynamique s’accompagne de la formation d’une opinion publique au fait des défis de son pays et mobilisée pour y prendre résolument part. 

Le Maroc abrite ces jours-ci une compétition inédite. Elle regroupe 54 pays et plus de 6.000 athlètes et pourrait être qualifiée de «mini-Jeux olympiques». En effet, c’est la première fois que les Jeux d’Afrique (JA) prennent une telle ampleur avec une organisation de haut niveau et une logistique importante.

Le Maroc a accepté ce challenge qui lui a été confié seulement neuf mois avant le jour J. Une prouesse. Il faut visiter les sites d’hébergement et d’entraînement dédiés aux différents sports pour constater l’enthousiasme des athlètes et la satisfaction des délégations.

On se rappelle de ces jeux lors des précédentes éditions et des conditions d’organisation...et l’on se rend compte de cette métamorphose, fruit de la forte volonté du Maroc d’en faire une compétition de renom. Notre pays a mobilisé 40 millions de dollars pour relever ce défi, plaçant, du coup, la barre assez haut. Car, désormais, il sera difficile de revenir à des niveaux d’organisation inférieurs à ceux de l’édition Rabat 2019, mais en même temps, la liste des pays capables d’organiser ces jeux avec les mêmes standards est bien courte. Rappelons que, souvent, des pays se portaient candidats à l’organisation des JA, dans leur ancienne version - c’est-à-dire de bas standard - mais au final se désistaient. C’est pourquoi Rabat met l’association des comités olympiques d’Afrique dans de sales draps puisqu’il lui sera très difficile de trouver preneur en dehors d’un cercle fermé de pays tels que l’Afrique du Sud, l’Égypte, la Tunisie...En somme, le Maroc a réussi son défi de l’organisation, ce qui nous laisse croire que les candidatures du royaume, ces trente dernières années, à l’organisation de la Coupe du monde n’ont pas été bien pensées et que son entêtement a été inutile. Essayons de relever le pari d’une Coupe du monde des U20 ou 17 en football, handball ou basket-ball... Essayons.

Le Printemps arabe a révélé une expérience inédite en Tunisie. L’émergence d’une démocratie arabe est inspirante sauf qu’elle rencontre encore quelques résistances. Ainsi, l’on constate que les prochaines élections présidentielles qui se dérouleront le mois prochain compteront plusieurs candidats. Concrètement au moins trois profils ont les faveurs des observateurs. L’actuel Premier ministre, Youssef Chahed, l’actuel ministre de la Défense, un civil, Abdelkarim Zbidi et Nabil Karoui, homme d’affaires et de médias. Sauf que vendredi dernier, un coup de théâtre venait ébranler cette jeune et encore fragile démocratie. Karoui est arrêté pour blanchiment d’argent.

Sur le fond, la justice tunisienne est à la fois libre et responsable de ses actes mais sur la forme, arrêter un sérieux candidat aux présidentielles quel qu’il soit à un mois du scrutin est assimilé à une entrave à la liberté de se porter candidat car dans certaines circonstances, la forme compte beaucoup. Il sera très difficile au gouvernement tunisien de convaincre le monde que cette interpellation s’inscrit dans le cadre d’une démarche judiciaire somme toute normale. L’élimination d’un fort candidat en dehors des candidats du gouvernement porte un coup dur à la crédibilité d’un scrutin très attendu sur le plan international.

La Tunisie étant perçue comme baromètre des régimes démocratiques post-Printemps arabe, elle ne peut donc se permettre de jeter derrière les barreaux des candidats aux présidentielles afin de les éliminer de la course. Cela nous renvoie à des régimes totalitaires pas loin du pays du Jasmin qui ne ressemblent pourtant en rien à la Tunisie d’aujourd’hui. Rappelons qu’on pourrait reprocher beaucoup de choses à Karoui, mais force est de constater que l’homme jouit d’une popularité ascendante en raison de son programme d’aides caritatives. Et c’est là, peut-être, qu’a germé l’inquiétude de ses rivaux politiques. Dommage pour cette Tunisie que nous aimons tant.

Au moment où le débat public porte sur l’avenir du Maroc sur fond de responsabilité, d’aucuns tiennent à maintenir le pays dans une logique rentière et réactionnaire. L’exemple le plus frappant nous vient du Parlement, et plus précisément de la Chambre des conseillers. Ainsi, le principe de déclaration du patrimoine à imposer aux parlementaires est en passe d’être rejeté par une grande frange de la deuxième chambre. Un grand parti d’opposition s’est allié à d’autres formations -y compris au sein de la majorité- pour stopper net cette proposition! C’est de la politique de bas étage et cela dénote la mentalité que développent certains politiciens qui aspirent à diriger le pays un jour.

Cet acte démontre que ces élus ont quelque chose à cacher, sinon ils auraient volontairement déclaré leur patrimoine sans qu’on le leur demande, et puis cela nous donne une idée sur cette «classe» politique à laquelle il est aujourd’hui demandé d’élaborer un nouveau modèle de développent, de proposer des pistes de sortie à cette crise des valeurs et de l’éducation et de repenser le modèle économique de façon à atteindre l’émergence avant 2035. Que nenni. Selon nos informations, les réunions de coulisses portant sur la méthodologie à adopter pour faire barrage à la déclaration de patrimoine mobilisent plus les «troupes» parlementaires que lors des débats sur la loi de Finances. Même les clivages opposition-majorité sont tombés face à cette «urgence» qui pousse d’aucuns à y consacrer du temps, même pendant les vacances. Les terrasses des cafés de Marbella et de Torremolinos ont été plus animées que l’enceinte du Parlement lors du vote du budget de certains départements.

Franchement, avec ce genre d’esprit, d’hommes, d’élus... Il est difficile de propulser le pays là où tout Marocain aspire à voir son pays. C’est pourquoi il est crucial de commencer par le capital humain. Plus que jamais, le Maroc a besoin d’une nouvelle élite et de nouvelles têtes pensantes.

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