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16-07-2019 21:02

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Il y a à peine vingt ans, le monde rural était presque enclavé, électriquement parlant. Un mode de vie dur sinon invivable, un lointain souvenir aujourd’hui. Il y a quelques jours, les Marocains ont suivi ces garçons d’un douar perdu dans le Haut-Atlas qui regardaient un match de la sélection nationale depuis un téléphone portable. Première satisfaction, il y a bel et bien un réseau mobile au milieu de ces montagnes. Deuxième satisfaction, quand on leur a offert un téléviseur, il l’ont branché au réseau électrique et instantanément utilisé. Une scène impensable en 1999. C’est devenu possible puisque depuis cette date, l’État a déployé un effort phénoménal pour l’électrification du monde rural et, ainsi, le désenclavement des patelins les plus éloignés. Des partenaires de renom ont aidé le Maroc pour ce faire, à savoir l’Allemagne, le Japon, l’Agence française de développement et d’autres organismes internationaux. Ils l’ont fait car ils ont d’abord jaugé la bonne volonté politique de notre pays avant de s’y impliquer pleinement.

L’ONE, à l’époque, a certes commis quelques erreurs dans sa maîtrise d’ouvrage ici et là, mais il a globalement conduit ce gigantesque projet de main de maître, soutenu par l’État marocain qui en a fait l’un des chantiers du règne de Mohammed VI. Un défi amplement relevé puisque la connexion électrique au Maroc atteint le seuil de 97% avec un autre succès qu’est la production d’énergie propre.

À cet égard, nous aurons l’occasion de revenir sur deux projets, en lien avec ce qui a été précité, lesquels positionneront le Maroc parmi les pays les plus énergiquement propres. En effet, le solaire et l’éolien ont largement contribué au désenclavement électrique de l’arrière-pays. Un chantier suivi directement par le roi, comme en attestent les dizaines de réunions de travail menées par le souverain en présence des ministres et hauts fonctionnaires concernés. Un projet qui changera le visage du Maroc à l’horizon 2030.

S’il y a un événement politique à retenir sur les 20 ans de règne, il s’agit bel et bien de la réaction face au mouvement du 20 février 2011. Cela a été un cas d’école. Flash-back : Les rues de plusieurs pays arabes sont en ébullition, deux présidents sont déjà tombés et d’autres secoués violemment. Aucun pays n’est à l’abri d’une révolution populaire. Au Maroc, il y a un mouvement spontané, dit «20 Février», qui a atteint plus de 50 villes où des dizaines de milliers de citoyens ont manifesté simultanément afin de réclamer des réformes économiques et politiques.

Je rappelle qu’à l’époque, on redoutait le pire et on attendait de savoir comment allait réagir le pouvoir. La réponse était, on ne peut plus, claire. Un, laisser les gens manifester pacifiquement. Deux, les médias publics ont ouvert leurs plateaux à des personnalités jadis bannies afin qu’elles s’expriment librement sur le paysage politique du pays et son avenir en marge de ce qui se passe dans le monde arabe. Trois (last but not least), tout le monde attendait la réaction du roi face à ce mouvement et la réponse a été à la hauteur de l’événement, tant par la rapidité de la réaction que par les décisions révolutionnaires annoncées par le souverain en un mémorable 9 mars 2011. Le lendemain, nous titrions à la Une: «Merci Majesté». Merci d’être intervenu à temps afin de protéger notre pays des facteurs de déstabilisation, mais surtout de prôner un tournant politique historique en confiant un certain nombre d’attributions au chef de gouvernement qui n’est plus un Premier ministre dépourvu de pouvoirs. La Constitution, qui allait voir le jour trois mois plus tard, traduisait cette volonté d’amorcer ce virage marqué par le partage des responsabilités entre le palais, le Parlement et le gouvernement. Ce fut donc une page essentielle dans le parchemin des 20 ans de règne, plébiscitée à l’échelle nationale et citée en exemple de par le monde.

En ces jours de CAN 2019, nous rappelons que si le Maroc n’a pas eu de chance en termes de palmarès, ses réalisations en infrastructures sont honorables. Ainsi, loin des résultats techniques et des échecs successifs sur les terrains, notre pays a sensiblement renforcé son infrastructure sportive.

En vingt ans de règne, Mohammed VI a lancé la construction de stades d’envergure internationale comme ceux de Marrakech, Agadir et Tanger. La course à l’organisation de la Coupe du monde du football à trois reprises (2006, 2010 et 2026) n’a certes pas été couronnée de succès, mais elle a permis au Maroc de construire les trois nouveaux stades précités, d’en rénover plusieurs autres (Fès, Rabat, Casablanca, Oujda, etc.), de renforcer les réseaux de transport et la capacité d’hébergement.

Pour ces raisons-ci, la malchance qui a plusieurs fois été la nôtre et le rêve brisé d’abriter une coupe du monde ne peuvent être qualifi és d’échec. Car les travaux n’ont pas été arrêtés au lendemain du vote de la FIFA: le Maroc a capitalisé sur les premières expériences et compte aller jusqu’au bout de ce rêve qui anime les Marocains. Bientôt, le plus grand stade du Maroc, doté d’une capacité de 80.000 spectateurs, verra le jour dans la périphérie casablancaise. Il sera le temple du sport marocain puisqu’il s’ouvrira, en plus du football, à d’autres disciplines qui seront accueillies dans ses annexes. Mais au-delà du sport de haut niveau -le Maroc accueillant un round de la prestigieuse Diamond League en athlétisme et de grands rendez-vous de football- le sport de proximité connaît une extraordinaire mue avec la mutliplication de stades de mini-foot dans toutes les villes du Maroc, et ce, depuis une dizaine d’années.

Le Maroc a donc pu relever le «défi de la pierre», en attendant une véritable révolution au niveau des ressources humaines et des compétences de haut niveau qui pourront sortir le sport national d’un coma profond. Et cela n’est certainement pas une affaire de sous, mais de passion et de «grinta».

En vingt années, le Maroc a pu multiplier son PIB par 2,5; pourtant, il aurait pu mieux faire. Les atouts ne manquent pas. En 1999, notre pays produisait sans créer une véritable valeur ajoutée, comptant sur l’export brut des produits agricoles et phosphatiers, en plus des services et du tourisme. Dès l’an 2000, la donne allait changer avec la libéralisation des télécoms et l’émergence de champions nationaux. 2005 sera marquée par le virage historique de l’OCP qui hissera son chiffre d’affaires à l’export à 6 MM$ en 2018, contre 2 MM$ cette année-là.

En 2014, le Plan d’accélération industrielle place les métiers mondiaux, notamment l’automobile, sur les radars internationaux avec plus 7 MM$ à l’export l’année passée, et une projection de 10 MM$ en 2021. Ces performances, parmi d’autres, ont pu changer le visage du Maroc et son rating en Afrique, cinquième PIB du continent, réalisé sans hydrocarbures. Mais est-ce suffisant? Et pourquoi la croissance peine-t-elle à dépasser 3,5% dans le meilleurs des cas, alors que notre économie ne peut créer de la richesse qu’à partir de +5,5% par an? La réponse a été donnée par le souverain lorsqu’il a affirmé, il y a deux ans, que notre modèle de développement avait atteint ses limites. Depuis, on a constaté un grand cafouillage autour de ce sujet, notamment de la part du gouvernement et des politiciens. Résultat, on continue à perdre du temps et, avec, de la valeur par une croissance limitée et en dents de scie à cause d’une grande dépendance à l’agriculture. Le challenge du Maroc, dans l’immédiat, est de faire mieux que les 20 dernières années, soit tripler le PIB sur les 20 prochaines années. Oui, un PIB à 300 MM$ en 2040 est possible à condition de mettre en application un nouveau modèle de développement avant 2022, de réduire le train de vie de l’État et surtout d’activer la reddition des comptes. Pour ce faire, il faut miser sur les bonnes ressources humaines. On ne peut pas réussir les défis futurs avec des «losers», et le Maroc compte des compétences de classe mondiale par centaines.

Le Maroc a-t-il besoin d’un TGV alors qu’il est confronté à de multiples priorités ? Comment est-on passé du train à vapeur à une ligne grande vitesse à la pointe de la technologie ? C’est certainement le sujet qui a suscité le plus de débats et parfois de virulentes polémiques de la part de certains activistes de la société civile. Contrairement à d’aucuns, j’ai trouvé cette opposition d’idées très enrichissante et révélatrice d’une société vivante qui interpelle les gouvernants sur tous les sujets. Sur le coeur du sujet, l’histoire des chemins de fer a évolué ces vingt dernières années.

À la différence de son père, Mohammed VI n’emprunte le train que rarement lors de ses déplacements, mais il a en revanche donné un véritable coup de fouet à l’infrastructure ferroviaire. Jusqu’en 2000, le Maroc comptait encore un réseau limité marqué par l’absence de doublement de lignes et des voitures et locomotives dignes du far-west américain.

Aujourd’hui, l’infrastructure d’accueil dans les principales gares se situe à des niveaux entre l’acceptable et le luxueux. La LGV, première du genre sur le continent, est un succès sur tous les plans. Citoyens, touristes, hommes d’affaires...tous plébiscitent ce moyen de transport ultramoderne et surtout très pratique. Aujourd’hui, le détroit, dont les 14 kilomètres nous séparent de l’Espagne est à seulement une heure de la capitale et à à peine deux heures de Casablanca. Le voyage devient un plaisir au lieu d’une corvée comme jadis. D’autres offres, notamment pour Marrakech, Fès ou Oujda, proposent des trains rapides avec de meilleures conditions de confort.

Enfin, pour répondre à ceux qui avancent que l’argent du TGV aurait dû être utilisé pour renforcer les structures d’enseignement, je leur dis que cela fait vingt ans que nous n’avions pas de LGV, cela n’a pas révolutionné la situation de notre enseignement pour autant. Le populisme ne devrait pas nous mener sur la voie du nihilisme. Pendant ce temps, les Marocains revendiquent plus de voitures d’Al-Boraq pour répondre à une demande croissante...

Au bout de quinze années de diplomatie économique, le Maroc a pu réintégrer l’Union africaine par la grande porte. Une stratégie bien huilée nous a permis de vivre des moments historiques. Car ce 31 janvier 2017 restera marqué d’une pierre blanche, non seulement par cette entrée triomphale à la salle Mandela mais aussi par tout ce qui a précédé comme efforts politiques, diplomatiques et économiques. Si je devais résumer cette success story en un seul fait, je garderais toujours en mémoire la maestria avec laquelle la normalisation des relations diplomatiques avec l’Éthiopie avait été opérée. Tous les Marocains apprennent le 16 octobre 2016 que le roi est en visite en Éthiopie, pays historiquement anti- «thèse marocaine» dans le dossier du Sahara. Qu’à cela ne tienne.

Le souverain a décidé de secouer ce cocotier et, pourquoi pas, faire basculer une position vieille de plus d’une trentaine d’années. Car, in fine, qui ne tente rien n’a rien. Ce jour-là, on a aussi découvert que le Maroc et l’Éthiopie franchissaient un pas en lançant, en joint-venture, un mégaprojet de 3 milliards de dollars consistant en une usine de production de fertilisants.

Cette action, officiellement annoncée en 2016, a en réalité été enclenchée en 2012. Cinq années d’échanges, d’études et de phases de laboratoire avant le premier coup de pioche. C’est dire que l’Afrique est dure et que chaque réalisation se fait au prix fort en matière de diplomatie, lobbying, doigté et business. Avoir connaissance de cette facette de la diplomatie en Afrique donne encore plus de valeur à ce qui a été concrétisé par le royaume sur son continent. La dynamique royale en Afrique a non seulement permis au pays de s’y positionner en tant qu’acteur incontournable dans la politique générale, mais aussi comme investisseur en chef, notamment dans les pays les plus hostiles. Le business win-win finira par faire fléchir les plus entêtés. Les temps changent, l’Afrique aussi.

Il y a vingt années, le Maroc ne pesait pas lourd en Afrique. Aujourd’hui, il est économiquement déterminant et diplomatiquement incontournable. Comment cela est-il devenu possible ? Au prix d’une diplomatie royale très dynamique avec l’économie comme fer de lance. Dès 2002, on s’est aperçu que la politique de la chaise vide a coûté cher au pays en termes politique et économique. Revirement total de stratégie : on décide alors d’occuper le terrain, de fidéliser les amis et de conquérir les adversaires. Quinze années après, le résultat est sans appel. Économiquement, le Maroc devient le premier investisseur en Afrique et ses champions nationaux dominent plusieurs secteurs comme les finances, les télécoms, l’aérien, l’immobilier et l’industrie. Politiquement, plusieurs pays retirent leur reconnaissance à la pseudo-RASD.

La tactique était très intelligente et consistait à tendre la main à tous les pays de l’Afrique subsaharienne, y compris ceux qui étaient historiquement hostiles à notre pays. L’exemple le plus frappant est celui de l’Éthiopie, le pays qui abrite le siège de l’Union africaine et celui qui a été parmi les premiers à reconnaître le Polisario. Avec ce pays, le Maroc développe aujourd’hui un partenariat industriel hautement stratégique pour l’Éthiopie puisque l’OCP assure désormais à ce pays sa sécurité alimentaire grâce à une joint-venture qui lui permettra dès 2021 de devenir un exportateur de fertilisants. Inédit. Le projet du pipeline gazier Nigeria-Maroc s’inscrit dans la même logique ainsi que dans d’autres projets au Kenya, au Ghana et ailleurs. L’initiative privée marocaine est présente dans plus d’une trentaine de pays africains. Elle est animée par l’orientation générale du royaume qui a fait du business et du principe du winwin un préalable au terrain politique. Janvier 2017 marquait la consécration... On se projettera dans ses coulisses les plus édifiantes.

Après avoir parcouru 285 km en pipeline, notre phosphate brut arrive à bon port, à Jorf Lasfar. Il sera, alors, traité et combiné pour donner un fertilisant de qualité mondiale. Comment est-ce devenu possible? C’est une histoire à connaître, puisqu’il s’agit de la première richesse nationale. Car il ne s’agit plus de l’export à l’état brut.

En effet, avant toute étape de production, la roche doit être lavée et, de ce fait, cette phase est très consommatrice d’eau. La solution apportée par l’OCP est au diapason de la politique du royaume en matière de développement durable. Désormais, l’office assure une grande partie de ses besoins hydrauliques à partir de ses stations d’épuration des eaux urbaines usées et de dessalement de l’eau de mer. Une part de ces eaux sert aussi à la production de l’énergie utilisée sur le site de Jorf. Ces investissements, très capitalistiques, porteront la capacité de production et de traitement de la roche de 12 à 30 millions de tonnes en 2023 avec une enveloppe budgétaire de 10 MMDH.

Cette cartographie d’investissements de l’OCP chamboule le marché mondial des engrais et met le Maroc, plus que jamais, au-devant de la scène mondiale de la sécurité alimentaire. Deux données importantes pour l’illustrer. Un, l’OCP rafle le leadership mondial aux Américains. Il s’impose désormais comme le premier producteur mondial d’engrais, ce qui renforce la position du royaume sur la carte internationale. Deux, dans le sillage de la politique royale en Afrique, l’office triple ses exportations de fertilisants à destination des pays africains en à peine cinq années. Il a ainsi battu l’Afrique du Sud et l’Arabie saoudite sur le continent noir. L’avenir proche (horizon 2025) nous réserve de belles surprises, et la saga du phosphate nous attachera davantage à cette noble roche.

Hier, on parlait de l’OCP, ce groupe industriel qui a mis sur la table un gigantesque programme d’investissements dès 2008, et qui fait aujourd’hui de lui un leader mondial dans différents segments. Mais comment a-t-il pu y arriver ? Je me rappelle de ces trains à vapeur, au nombre interminable de wagons qui passaient pas loin de notre quartier quand j’étais tout petit.

À chaque fois, on pariait sur le nombre de wagons, qui se situait généralement entre 65 et 75. Il s’agissait en fait de la roche phosphatière extraite à Khouribga et transportée au port de Casablanca pour l’exporter à l’état brut.

Aujourd’hui, c’en est fini de ces trains d’un autre âge, qui polluaient l’atmosphère et accusaient du retard dans la chaîne d’export, en plus de leur coût élevé. OCP a, dès 2014, lancé son projet de pipeline qui relie sur 235 km les mines de Khouribga au port Jorf Lasfar, ce qui lui a, de facto, permis de doubler la capacité du transport du minerai, mais surtout de réduire de 90% les coûts logistiques. Un processus révolutionnaire qui a nécessité un investissement global de 145 MMDH, mais dont les retombées, à l’horizon 2025, devraient révolutionner le secteur. Voilà une étape, une parmi tant d’autres, de cette saga du premier groupe industriel marocain qui marque, à juste titre d’ailleurs, cette transformation du royaume d’un pays en développement à un pays en quête d’émergence et de modernité. Atteindre le rang d’économie émergente est en effet un souhait qui anime tous les Marocains, le roi le premier, comme en témoignent ses propos dans plusieurs discours. Un défi qui ne pourrait être relevé que par la recherche & développement et l’export à forte valeur ajoutée. Et c’est justement là que l’OCP, au centre de la vision royale, a fait preuve d’ingéniosité et plus encore...d’audace. Demain, nous raconterons comment il a mis les deux pieds dans la cour des grands... et leur a damé le pion.

Dans son édifice d’infrastructures, le Maroc n’a pas oublié sa matière première phare, le phosphate, dont l’histoire de son exploitation et de sa commercialisation a été totalement révolutionnée sous le règne de Mohammed VI. D’un groupe industriel qui faisait de l’exportation de la roche brute sa principale activité, on est passé à un géant mondial leader dans des produits finis et très influent sur la carte alimentaire internationale.

Afin de mieux cerner cette fulgurante ascension, il y a lieu de faire un flash-back et de rappeler qu’en 2005, le Maroc vendait la tonne de phosphate brut à 30 $ la tonne et que, dès 2007, ce prix a été triplé juste par un changement de management et par l’adoption d’une meilleure gouvernance.

Ensuite, une véritable saga allait s’enclencher sur trois terrains aussi importants l’un que l’autre. Un, l’OCP, que d’aucuns qualifient de bras industriel de l’État, devient société anonyme aux normes IFRS, intransigeantes en matière de transparence, et commence à communiquer au public ses états financiers détaillés. Deux, l’office entame un programme d’investissement très ambitieux qui lui permet de produire des fertilisants et d’en devenir ensuite leader mondial. Trois, l’OCP fait de l’Afrique une priorité.

À ce titre, il accompagne la politique africaine du roi et permet un plus grand rapprochement entre les peuples africains par l’investissement dans le secteur numéro un sur le continent, l’agriculture. On s’arrêtera dans les prochains épisodes sur chacun de ces points afin de raconter cette belle histoire qui fait aujourd’hui la fierté du Maroc, et d’expliquer comment la vision royale a permis à cet office de passer du statut d’une grande entreprise exportatrice à un groupe industriel d’envergure mondiale qui pèserait aujourd’hui pas moins de 30 milliards de dollars. Demain, on s’arrêtera sur ce programme géant d’investissement et ses retombées directes sur l’économie nationale.

Le Maroc a changé de visage le jour où il a décidé de faire de son arsenal d’infrastructures la véritable richesse qui comble son déficit de rente naturelle, le pétrole. En empruntant l’autoroute, dont nous avons vanté les mérites hier, on arrive au pourtour méditerranéen et plus précisément au port Tanger Med. La grandeur du projet et son imposante structure technique impressionnent au premier coup d’oeil et renvoient au génie marocain et à l’adage connu de tous: quand les Marocains veulent, ils peuvent. La façon avec laquelle le projet a été conçu, l’emplacement qui lui a été réservé, le budget colossal mobilisé, ses synergies avec le méga projet Renault-Tanger sont autant d’atouts qui font la force exceptionnelle de Tanger Med. Ce projet qui, rappelons-le, avait irrité l’Espagne, qui savait, il y a une décennie déjà, que ce port révolutionnaire lui damerait le leadership de la zone méditerranéenne, entre aujourd’hui dans le circuit très sélect des 20 premiers ports au monde. Avec l’extension Tanger Med II, notre joyau dessert désormais 186 ports et 77 pays, il dépasse les deux ports africains géants de Port-Saïd dans le canal de Suez en Égypte et celui de Durban en Afrique du Sud.

Ce projet, qui incarne une vision royale avant-gardiste, est aujourd’hui 17e au classement mondial du CNUCED et ne compte pas s’arrêter à ce stade car la volonté politique pour accéder au top ten des plus grands ports au monde est entière et est renforcée par des ressources humaines de haut niveau qui ont su relever le challenge et sauront sûrement relever cet énième défi. C’est dire que nous autres, Marocains, devons être fi ers de cette plateforme de renommée mondiale qui rivalise aujourd’hui avec des ports géants, notamment ceux portés par la production des hydrocarbures. Notre tournée de ce Maroc, entre 1999 et 2019, continue, et nous retrouverons demain un autre joyau ayant changé le visage de notre pays. To be continued...

Il y a 25 années, dans une autre expérience professionnelle, je devais parcourir le Maroc entier. Il m’arrive tout le temps de comparer ce Maroc pas si lointain à celui d’aujourd’hui. Le résultat est sans appel. Un Casablanca-Oujda ou un Casablanca-Nador constituaient les pires déplacements à cette époque. 650 km, dont 570 km de routes nationales, équivalaient à toute une journée de routes à avaler. Les aires de repos relevaient de la science-fiction et les tagines des villages mitoyens aux nationales faisaient l’affaire.

Plus de douze heures d’un voyage dur et très risqué contre sept heures seulement aujourd’hui sur des autoroutes confortables et plus sécurisées. Une différence énorme que seuls ceux qui ont «pratiqué» les deux versions sauront apprécier à sa juste valeur. Fini, les arrêts obligés de Bouznika, Ben Guerir, Ait Adrar, Taourirt entre autres.

Aujourd’hui, on peut aller le matin assister à une réunion à Marrakech et revenir en fin de journée comme si elle avait eu lieu à Rabat. Certains le font même pour un Casa-Agadir. C’est dire que le réseau autoroutier a changé la vie des Marocains pour les vacanciers, les hommes d’affaires, les camionneurs et les touristes. Ces derniers venus du monde entier à l’Aéroport Mohammed V sont désormais à moins de deux heures d’autoroutes pour rallier la capitale du tourisme Marrakech, outre les vols charters qui atterrissent directement dans la ville ocre. Bref, la nouvelle carte du réseau autoroutier a changé le visage du Maroc et ce n’est pas fini. Le grand Sud, jadis oublié, sera bientôt relié par un corridor en voie rapide de Tiznit à Laâyoune via Guelmim. Cet énorme effort, qui a nécessité des dizaines de milliards de dollars, empruntés en majorité et dont l’essentiel est aujourd’hui remboursé, mérite d’être raconté afin de rendre hommage à tout ceux qui y ont contribué, sous l’impulsion du roi en personne, de près ou de loin. De la sueur et du sang, le Maroc peut être fier de cette édifice cité en exemple en Afrique. Et l’histoire n’est pas finie...

On ne pouvait pas mieux commencer notre série de rappel de la révolution des infrastructures au Maroc, pendant les 20 ans de règne de Mohammed VI qu’avec cette inauguration de Tanger Med II. Flash back, nous sommes en 1999, il n’y avait que très peu d’aéroports, juste un tronçon de 78 kilomètres d’autoroutes, point de stratégie d’énergies renouvelables et un monde rural enclavé. Pendant tout ce mois de juillet nous remonterons le temps en guise de commémoration du 20e anniversaire d’intronisation du roi, et ce, à notre façon. On parlera de tous les domaines, mais avec un focus spécial sur l’évolution fulgurante des infrastructures au royaume. Car ce qui a été réalisé sur ce chapitre du parchemin de vingt années de règne est tout simplement une succes story pour un pays dont les moyens sont limités.

 Aujourd’hui, on peut être fiers d’avoir un port comme Tanger Med qui devient une référence mondiale et un leader en Méditerranée et en Afrique avec une capacité de 9 millions de conteneurs. Et la presse mondiale ne tarit pas d’éloges sur le programme solaire de Masen qui met le Maroc au rang des pays leaders mondiaux dans la production de l’énergie solaire. Les autoroutes traversent les quatre coins du Maroc avec pas moins de 1.800 kilomètres et la voie ferroviaire vient d’être renforcée du seul TGV en Afrique.

Tanger et Kénitra sont aujourd’hui dans la carte mondiale de l’industrie automobile et permettent au Maroc de rivaliser avec des pays européens sur leur sol. Sur un autre registre, la production des phosphates a dépassé le cap de l’exportation de la roche brute à la production des engrais et OCP devient leader mondial devant les puissants américains. Sur le continent africain, Casablanca devient un hub financier et les banques marocaines dominent le secteur dans le continent tirant dans leur sillage les secteurs du transport aérien, des télécoms, de l’immobilier, de l’industrie... etc. Le Maroc dépasse la France en termes d’investissements en Afrique. Tout un symbole. Toute une histoire à vous raconter ...

Donald Trump a le mérite de mettre le monde à nu. Au Moyen- Orient, il impose à l’univers le «grand Israël» sans que personne ne trouve rien à y redire, et menace les Européens au besoin. S’agissant des pays arabes, il ne leur accorde aucun crédit et encore moins du respect. Son «deal du siècle» géré par son gendre Koechner, venu se recueillir sur ses aïeux au cimetière juif de Casablanca, met le monde devant ses responsabilités. Ce silence assourdissant plaide par un accord au forceps.

D’ailleurs, le seul pays européen qui a réfuté ce deal est la France, laquelle en a pris pour son grade. Trump a violemment réagi au refus de Macron par un rappel douloureux. «Sans les États-Unis, la France parlerait allemand aujourd’hui », a-t-il lancé sans sourciller! Washington veut balayer d’un revers de la main la solution à deux États, entérinée sous l’administration Obama après 26 années de négociations, et imposer le «grand Israël» tout en mettant les Palestiniens au ban de l’État hébreu. Pis encore, Trump et Netanyahou se sont mis d’accord pour «envelopper» cet accord dans un sommet de «développement économique». 50 milliards de dollars sont mis sur la table pour sceller ce plan diabolique qui aspire à mettre un terme à un État palestinien. L’Égypte recevra 9 milliards de dollars, la Jordanie et le Liban 5 milliards chacun alors que le reste reviendra à Israël pour, soi-disant, construire un corridor entre Ramallah et Gaza et financer un plan de développement qui n’est autre que l’effort de guerre pour bouter les Palestiniens hors de leur territoire.

Maintenant, une question se pose: qui financera tout cela? Là aussi, Trump a été on ne peut plus clair. Il a affirmé que «certains pays» se chargeront de cela en plus de certaines entreprises désireuses d’investir en Israël. Concrètement, ce plan machiavélique sera financé par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar. En fin de compte, tout ce «beau» monde essuiera un échec cuisant, l’histoire le retiendra.

Le Maroc a suivi les élections chez son voisin du Sud avec attention. Les relations avec la Mauritanie connaissent des soubresauts depuis quelques années; est-ce la fin d’un cycle? Mohamed Ahmed Ghazouani est le président avec lequel notre pays devra désormais composer. Son prédécesseur, Mohamed Ould Abdelaziz, a eu le mérite de respecter la Constitution de son pays en refusant d’aller au delà de deux mandats, quoique son successeur n’est que son ancien ministre de la Défense, ami et compagnon de formation à l’école militaire de Meknès. Cela rappelle un certain Abdelaziz Bouteflika, dont la soupe des académies militaires marocaines n’a pas atténué son hostilité envers le Maroc. Bouteflika et Ould Abdelaziz n’ont jamais renvoyé l’ascenseur au Maroc; au contraire, ils lui ont toujours mené la vie dure. Quid, alors, de Ghazouani ? Sa proximité avec l’ancien président et sa participation aux décisions les plus hostiles au Maroc ne présagent rien de bon.

En revanche, il faut espérer que son poste de président, qui lui confère les pleins pouvoirs, modérera ses positions et nous réservera une bonne surprise.

D’ailleurs, des observateurs qui le connaissent bien affirment que l’homme garde la même distance avec Alger et Rabat. Une position qui nous arrange et qui nous garantit au moins une neutralité positive, au lieu d’un alignement affiché sur les thèses séparatistes, au cours de la dernière année. C’est pourquoi le Maroc a déjà préparé sa copie pour tourner définitivement la page Ould Abdelaziz. En effet, la diplomatie se démène et on verra bientôt Nasser Bourita à Nouakchott car le succès récemment rencontré par la diplomatie marocaine, notamment en Amérique latine, devrait être renforcé sur notre continent et en premier lieu au Maghreb, surtout en Mauritanie. On ose donc espérer que l’avenir sera meilleur et que la position du Maroc ne sera plus entravée par ses voisins, en attendant d’y voir plus clair du côté d’Alger.

Les ressortissants marocains à l’étranger commencent à affl uer massivement. Vont-ils trouver le «bled» changé après une année d’absence ? Rien n’est moins sûr. Sur le plan politique, la diaspora, dont le nombre dépasse les 4,5 millions, ne peut toujours pas participer à l’édification démocratique du pays. C’est une population qui, rappelons-le, n’a pas le droit d’avoir ses propres candidats alors qu’elle se compte en millions ! Aziz Akhannouch, secrétaire général du RNI, en visite en Allemagne, a promis aux Marocains qui y vivent d’oeuvrer pour rétablir ce droit. Un droit dénié pour des raisons incompréhensibles et bien que ces compatriotes de l’étranger jouent un rôle crucial dans l’économie de leur pays d’origine.

En effet, ceux-ci injectent annuellement quelque 6 MMDH dans le circuit économique, soit l’équivalent des exportations de phosphates ou des ventes de l’écosystème de Renault-Tanger. Ils sont donc pleinement en droit d’exercer un droit que la Constitution ne le leur confisque pas. Il faut louer cette initiative d’aller vers les Marocains d’Allemagne et auparavant de France (sûrement les autres après) tout en espérant que les autres partis en feront de même. Certains ont timidement franchi ce pas mais cela n’est guère suffisant car ces Marocains ne sont pas seulement des voix.

Aujourd’hui, ces derniers se rendent au pays dans une ambiance folklorique digne des années quatre-vingt alors que le monde change et les générations avec. La diaspora de 2019 est dominée par une jeunesse qui continue à rentrer au «bled» pour la chaleur de l’accolade avec «L’walida» (maman), quand d’autres préfèrent lui envoyer un billet et passer avec elle un, voire deux mois chaque année au lieu de faire le déplacement en famille. Les vacances, ils les passent dans d’autres destinations paradisiaques à des prix cassés. Il faut donc écouter et «ramener» cette population aux sources en l’impliquant pleinement. Ce n’est pas trop demandé.

Le tourisme est avant tout une affaire de culture et de valeurs, et le citoyen en est le premier ambassadeur. Et là, ça passe ou ça casse. Après le match de l’équipe nationale à la CAN, au Caire, ville supposée être une grande destination égyptienne, des supportrices marocaines ont subi harcèlement verbal et attouchements à la limite de la violence. Il y a un an, jour pour jour, se jouait la Coupe du monde en Russie. La fête était partout et les supportrices des 32 équipes transportaient leur culture intacte au pays des Tsars. Chantant et dansant dans les rues, elles revêtaient des tenues estivales, parfois très légères, auxquelles personne ne prêtait attention. Ce qui s’est passé en Égypte relève ainsi d’une culture arabe qui incarne une forme de sous-développement que l’on retrouve aussi chez nous. Et dire que nous voulions organiser une Coupe du monde! Imaginez des fan zones où des Brésiliennes, des Américaines, des Européennes se rassembleraient par milliers sur une place de Casablanca, Tunis,

Le Caire... pour faire la fête ! Ces pays, pourtant touristiques, n’ont pas su inculquer à leurs citoyens les notions d’hospitalité et d’accueil, et leur faire comprendre que ces touristes créent des centaines de milliers d’emplois chez nous. Voilà pourquoi 35.000 Marocains se sont déplacés en Russie contre à peine 2.000 en Égypte. C’est donc une responsabilité de l’État en amont et du citoyen en aval. C’est, en somme, l’affaire de tous, ce qui plaide pour une sensibilisation à la citoyenneté et la maîtrise de préalables dans un pays à vocation touristique. Il y a quelques années, j’ai suivi un séminaire de dix jours à Séoul sur le modèle économique de la Corée du Sud. Au programme, il y avait une journée entière sur la valeur éducation dans son ensemble. En fi n de journée, on comprenait mieux la clé du succès de ce pays qui a choisi de faire de l’export sa «monnaie» vers le monde entier. Il n’est jamais trop tard pour apprendre et mieux faire... jamais.

Les banques islamiques, dites aussi participatives ou «halal» sont dans de sales draps. Les Marocains n’y adhèrent pas comme on s’y attendait, et ce pour plusieurs raisons. On est loin de l’image d’Épinal des Marocains sortant leurs économies de sous les carreaux et se précipiter à la première agence «halal» pour lui confier l’épargne d’une vie. Aujourd’hui, à l’ère de l’Internet et des nouvelles technologies, les Marocains sont de plus en plus exigeants. Ils savent comparer et surtout «benchmarker» les droits et les obligations du client. Déjà, pas mal de promesses n’ont pas été tenues, notamment en matière d’assurance et de coût. Toutes les banques butent aujourd’hui sur le modèle de l’assurance participative, le Takaful.

Du coup, les crédits ne sont pas assurés avec ce que cela implique comme risque de crédit, ou alors couverts par des assurances conventionnelles, assimilées à du «non-halal». Résultat, deux années après le lancement du process, le secteur n’a pu drainer plus de 1,6 MMDH de dépôts, l’équivalent des dépôts d’une seule succursale d’une grande banque marocaine !

En revanche, les crédits marchent plutôt bien, ce qui est normal, mais une question se pose. Comment a-t-on financé la différence entre dépôts et encours crédits? Car si cela est fait auprès de banques classiques, tout le sens de la finance «halal» est perdu. Les clients qui recourent à ces organismes souhaitent manipuler de l’argent «clean», l’intérêt même de ce mode de financement. Il y a donc des pièces qui manquent donc à ce puzzle financier, ce qui fait ressurgir le problème de confiance. S’agissant du coût, c’est un facteur qui n’arrange non plus les affaires de ces banques puisqu’elles sont à court d’arguments pour justifier le coût du «halal». Maintenant, Bank Al-Maghrib fait part de ses inquiétudes, mais sans aller jusqu’à dénoncer la fragilité et les risques que présentent les banques participatives !

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