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La révision du modèle politique s’impose, de l’avis non seulement des observateurs mais aussi de nombre de politiciens qui reconnaissent la faillite du système actuel qui est désuet et miné par moult défaillances. Plusieurs pistes sont proposées pour retisser le lien de confiance entre les citoyens et les institutions.

C’est un constat universel : le modèle politique est déterminant dans la définition des choix sociaux et économiques et leur mise en œuvre. C’est un axe fondamental dans la réflexion autour du nouveau modèle de développement auquel tend le Maroc. En effet, ce n’est pas uniquement le modèle économique qui s’est essoufflé mais le modèle politique est également mis sur la sellette par les dirigeants politiques eux-mêmes. Il est temps de passer à une vie politique saine et à un nouveau modèle politique car l’actuel a été dépassé, comme l’a souligné récemment Saâd Eddine El Othmani lors d’une réunion interne du PJD. Comment donc transformer la vie politique au Maroc et mettre fin à la crise de confiance avérée dans les institutions aussi bien nationales que politiques? El Othmani cite notamment la nécessité de garantir l’indépendance des partis politiques, d’avoir une administration impartiale et d’éviter certains maux comme le clientélisme.

Des pistes que partagent plusieurs acteurs politiques contactés par Les Inspirations ÉCO qui estiment qu’il faut entamer une nouvelle étape en veillant à éviter les erreurs du passé. En tête des priorités, il y a la restitution du rôle de médiation des partis politiques qui sont des rouages vitaux pour exercer la démocratie. Cela ne sera possible qu’en effectuant une sérieuse auto-évaluation au sein des formations partisanes en vue de s’attaquer aux maux qui rongent l’échiquier politique et qui sont soulevés, à plusieurs reprises, par non seulement les observateurs mais aussi les acteurs politiques. Il s’agit, entre autres, de la faiblesse d’encadrement des citoyens chez une grande partie des partis politiques, du clientélisme dans la gestion des accréditations électorales et dans l’accès aux postes décisionnels partisans, de l’absence d’idéologie claire dans la majorité des partis, d’une communication politique défaillante comme en témoigne le discours politique en déphasage avec les attentes des citoyens, d’une gestion opportuniste des alliances politiques qui sème la confusion dans les esprits des citoyens…Ainsi, un véritable débat d’idées s’impose pour pouvoir enfin emprunter le chemin de réforme qui mènera vers la réconciliation souhaitée entre les partis politiques et les citoyens, selon nombre de politiciens. Ce ne sera pas de tout repos au vu de l’ampleur de la crise qui frappe de plein fouet l’échiquier politique. Le débat ne devra pas être uniquement d’ordre technique. La transition vers le nouveau modèle politique tant attendu nécessite une réelle volonté politique de la part de tous les acteurs concernés par ce dossier.

Arsenal électoral à réviser
Outre la réforme du mode de gouvernance des partis politiques, la révision de l’arsenal juridique électoral est jugée nécessaire par plusieurs politiciens. Le secrétaire général du Mouvement populaire, Mohand Laenser estime que le système électoral actuel est peu favorable à l’émergence des compétences et qu’il est temps de penser à le revoir. À moins de deux ans des élections législatives, un débat sur cette question doit être ouvert pour se mettre d’accord sur les pistes de réforme. On s’attend en premier lieu à discuter la réforme du mode actuel de scrutin qui a été instauré, rappelons-le, après quatre décennies marquées par l’adoption du scrutin majoritaire uninominal à un tour. Les discussions autour de ce point s’annoncent d’ores et déjà animées car les acteurs politiques sont divisés en la matière. Certains dirigeants politiques ont déjà affiché la couleur il y a quelques mois en se prononçant en faveur du scrutin uninominal. Le premier secrétaire de l’USFP Driss Lachguer était parmi les premiers à défendre cette orientation même si son parti avait plaidé en 2002 pour l’instauration du mode de scrutin proportionnel plurinominal.

Au sein du PJD, le sujet ne suscite manifestement pas l’enthousiasme car le parti de la lampe a pu obtenir des scores élevés grâce au scrutin de liste. Les partisans du scrutin actuel plaident plutôt pour la révision du seuil électoral qui a été abaissé lors des dernières législatives, de 6% à 3% en vue de limiter la balkanisation. Néanmoins, cet argument est dépassé car l’expérience démontre que la révision du seuil électoral au niveau des circonscriptions locales, à elle seule, s’avère une fausse piste comme en attestent les résultats des législatives de 2016. Alors qu’on s’attendait à l’augmentation du nombre des partis politiques représentés au Parlement, c’est le contraire qui s’est produit. Plusieurs formations partisanes se sont vues éjectées de la Chambre basse et d’autres ont vu leurs sièges se réduire comme une peau de chagrin alors qu’elles s’attendaient à l’amélioration de leur score. Le nombre des partis représentés au Parlement a baissé du tiers (de 18 à 12 partis). On s’attend aussi à des débats autour de la révision du découpage électoral pour l’adapter aux nouvelles réalités démographiques et mettre fin aux déséquilibres constatés dans la représentation. Parmi les requêtes figure l’impératif de prendre en considération le poids démographique dans le découpage électoral en vue de garantir l’équité en matière de représentation.

Le gouvernement est appelé à lancer des concertations élargies avec les partis politiques autour du découpage électoral. D’autres points qui font toujours l’objet de polémiques doivent être débattus comme la liste nationale des femmes et des jeunes qui est considérée comme une rente politique par nombre de citoyens. Rappelons qu’à la veille des élections législatives de 2016, la tendance était vers l’annulation de la liste des jeunes à travers l’amendement de l’article 23 de la loi organique relative à la Chambre des représentants mais finalement le système a été maintenu contre vents et marrées et il a fortement impacté la cohésion interne de nombre de partis politiques. L’évaluation de ce mécanisme s’impose pour juger de son efficacité et sa pertinence. Et même les mécanismes de promotion de la représentativité féminine doivent être revus pour faire émerger les femmes les plus compétentes.

Par ailleurs, le débat pour la révision du modèle politique doit englober également, selon certains politiciens, une éventuelle révision constitutionnelle portant, entre autres, sur l’article 47 de la loi fondamentale qui stipule la nomination du chef de gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections. Les appels se sont multipliés, au cours des derniers moins, pour la révision de cet article mais le PJD n’entend visiblement pas lâcher du lest sur cette question.


Des pistes partisanes

Les partis politiques qui ont présenté leur mémorandum sur la révision du modèle de développement insistent sur l’aspect politique. À titre d’exemple, le parti de l’Istiqlal propose plusieurs pistes portant sur les réformes politiques et institutionnelles, à commencer par la mise en place d’une nouvelle vision de la pratique politique à travers la proximité territoriale avec les citoyens, le plaidoyer en encadrant le débat public et animant les espaces de dialogue civil, la réflexion et l’orientation stratégique et l’action en traduisant les attentes des citoyens en mesures concrètes. À cela s’ajoute l’impératif de restaurer la confiance dans la politique pour que la médiation partisane et politique puisse jouer son rôle. Le PI plaide pour le renforcement des partis politiques démocratiques et des institutions de médiation sociales et civiles et l’enracinement de la culture de la concrétisation des engagements. Les héritiers de Allal El Fassi proposent aussi le renforcement de la démocratie représentative et la démocratie citoyenne. Pour permettre aux partis politiques de jouer pleinement leur rôle en matière d’encadrement et de propositions, «il faut aussi réviser le financement public qui leur est dédié». Du côté du PPS qui vient de quitter le navire gouvernemental, on insiste sur l’urgence de la réhabilitation de l’action politique de par sa fonction d’encadrement et de direction ainsi que le lancement d’une véritable réconciliation ente le citoyen et la chose politique tout en veillant à la crédibilité et à l’indépendance des partis politiques. Les progressistes plaident pour le renforcement du rôle des acteurs politiques et la valorisation des missions et des attributions des institutions élues tout en assurant un véritable équilibre des pouvoirs et en reconnaissant la capacité de tous ces intervenants dans la conduite du processus du changement.

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