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Économie

Le PLF 2020 ne devrait pas apporter de grandes ruptures. L’éducation, la protection sociale, la régionalisation et le soutien à l’investissement privé continueront à être les priorités du gouvernement. Les détails.

Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Économie, des finances et de la Réforme de l’administration, a présenté, devant le roi Mohammed VI un exposé sur les orientations générales du projet de loi de Finances (PLF) pour l’année prochaine lors du Conseil des ministres du 9 octobre. Il ressort de cette présentation une réduction des priorités du PLF 2020. A contrario avec la lettre de cadrage du chef du gouvernement qui avait listé plus de 27 priorités et autant de chantiers, l’argentier du royaume a donné la priorité à quatre chantiers «majeurs». Il s’agit de l’éducation et la formation professionnelle, la protection sociale, la régionalisation et la relance de l’investissement. Des priorités qui cadrent avec les orientations contenues dans les derniers discours royaux.

Quatre priorités
Première des priorités majeures: L’éducation et la formation professionnelle. Le ministre de l’Économie et des finances et de la réforme de l’administration a rappelé que le gouvernement œuvrera dans le cadre du PLF 2020 à «la mise en oeuvre effective de la loi-cadre relative à la réforme du système d’éducation et de formation». Ce texte est même la «base pour réduire les disparités, consacrer le principe de l’égalité des chances, renforcer le soutien social à la scolarisation». Deuxième dans ce volet, la formation professionnelle. Le gouvernement compte «mettre en application la feuille de route relative au développement de la formation professionnelle, particulièrement en ce qui concerne la création des Cités régionales des compétences et des métiers et la modernisation des curricula à travers la formation par alternance et la formation par apprentissage ainsi que l’adéquation et le développement de l’esprit d’entrepreneuriat, notamment chez les jeunes travaillant dans le secteur informel», indique le communiqué du cabinet royal, diffusée à la suite du Conseil des ministres.

Deuxième priorité majeure : «La mise en place des mécanismes de protection sociale». Ce chantier en cours depuis 2017 avec le Registre social unique (RSU) vise plusieurs objectifs, notamment le soutien de la classe moyenne et le renforcement du ciblage des catégories démunies. Ces objectifs se traduiront par «l’amélioration et la généralisation des services médicaux, l’élargissement de la couverture médicale et l’opérationalisation de l’assurance maladie ainsi que la mise en œuvre des engagements du dialogue social, l’amélioration du ciblage des catégories en situation de précarité, le développement progressif des aides directes dont elles bénéficient, l’accélération de la mise en œuvre du programme de lutte contre les disparités territoriales et sociales en milieu rural et l’accompagnement de la troisième phase de l’Initiative nationale pour le développement humain», énumère le ministre de l’Économie et des finances et de la réforme de l’administration. La troisième priorité du PLF sera «l’accélération de la mise en œuvre de la régionalisation». Ce processus de réforme de l’État est qualifié de «vecteur essentiel pour remédier aux disparités territoriales et réaliser l’équilibre escompté entre l’effort de développement général et les spécificités de chaque région». Cette réforme devrait permettre «l’augmentation des ressources des régions et l’accélération de la mise en œuvre de la Charte de déconcentration administrative».

Enfin, la quatrième priorité veut «imprimer une nouvelle dynamique à l’investissement et au soutien de l’entreprise». Ce chantier compte de nombreuses mesures. Parmi elles, mettre l’accent sur la mise en œuvre des recommandations des troisièmes assises nationales sur la fiscalité, la poursuite de la liquidation de la dette relative à la taxe sur la valeur ajoutée, la réduction des délais de paiement en plus de la création d’un Fonds de promotion et de soutien financier aux petites, très petites et moyennes entreprises. Ces objectifs devront s’aligner sur les prévisions macro-économiques présentées auparavant lors du Conseil du gouvernement du 9 octobre.

Maîtrise de déficit et dépenses sociales
La croissance économique devrait atteindre 2,9% en 2019. Le taux de croissance des activités hors agriculture devrait s’élever à 3,3% contre 2,6% en 2018, avait indiqué le ministre des Finances dans un exposé sur les préparatifs du projet PLF 2020, présenté devant le Conseil du gouvernement. «La croissance économique nationale est soutenue par la demande intérieure», avait indiqué le ministre.

La maîtrise du déficit budgétaire devra se poursuivre en 2019 pour atteindre 3,5% contre 3,7% en 2018. «La maîtrise du déficit budgétaire a pu être opérée en dépit des mesures sociales prises en 2019, en particulier l’accord issu du dialogue social d’un coût global de plus de 14 MMDH, dont 6 MMDH pour la seule année 2019», a souligné Benchaâboun qui a également cité à ce propos le poids des dépenses de la Caisse de compensation (18 MMDH) dans un contexte marqué par la hausse des prix du gaz butane ainsi que le coût des programmes sociaux avec la généralisation du Programme Tayssir au niveau du monde rural, l’augmentation des bourses universitaires, le renforcement du RAMED et la poursuite des programmes d’appui aux femmes veuves et aux personnes en situation de handicap.

Le ministre a également fait observer que cette maîtrise budgétaire a pu être réalisée dans le contexte de la poursuite des programmes sociaux mis en œuvre par le royaume et qui pèsent fortement dans le budget de l’État, soulignant à ce propos le lancement de la phase III de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) 2019-2023 pour une enveloppe budgétaire globale de 18 MMDH. Le ministre a aussi mis en avant les avancées réalisées en ce qui concerne la mise en œuvre du programme de lutte contre les disparités spatiales et du chantier de la régionalisation avancée, relevant que les affectations budgétaires consacrées aux régions se sont élevées à plus de 3,6 MMDH. Le déficit budgétaire a pu également être maîtrisé malgré «les efforts économiques en faveur des entreprises», particulièrement après la décision de faire de 2019 l’année du règlement de la question du remboursement des arriérées de l’État au titre de la TVA au profit des entreprises estimées à 40 MMDH en début 2019.

Au début de son exposé, Benchaâboun a rappelé que le PLF 2020 a été élaboré en tenant compte «des directives contenues dans les derniers discours royaux à l’occasion de la Fête du trône et de l’anniversaire de la Révolution du roi et du peuple ainsi que du programme gouvernemental et de la note d’orientation adressée par le Chef du gouvernement aux différents départements ministériels». D’ailleurs, l’actuel projet de loi de Finances intervient dans un contexte international marqué par d’importants défis économiques à la lumière des tensions que connaissent plusieurs régions dans le monde ainsi que dans le sillage du ralentissement de la croissance économique en Europe.


La note de S&P, une bonne nouvelle pour Benchaâboun

Selon Benchaâboun, les indicateurs économiques observés en 2019 expliquent pour beaucoup la décision de l’agence de notation S&P Global Ratings de rehausser de «négatif» à «stable» la «perspective» de la note de la dette à long terme du royaume. Cette amélioration de la note du Maroc intervient à la veille de sa sortie sur le marché de la dette internationale. S&P Global Ratings a rehaussé de «négative» à «stable» la «perspective» de la note de la dette à long terme en devise et en monnaie locale du Maroc, tout en confirmant son statut d’Investment grade «BBB-». S&P Global Ratings justifie ce rehaussement par plusieurs facteurs, notamment les nouvelles orientations de la stratégie budgétaire globale telles que les opérations de privatisation.

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