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Économie

Une étude de la DEPF montre le rapport étroit entre l’émergence et le niveau de complexité économique. La procédure utilisée par la DEPF a permis d’identifier 1.370 produits sur 4.575 sur lesquels le Maroc gagnerait à se positionner.

La Direction des études et de la prévision financière (DEPF), relevant du ministère des Finances, apporte sa pierre à l’édifice. Elle vient de rendre publique une étude sur les processus de diversification de l’économie nationale en perspective du nouveau modèle de développement. Alors que tout le monde attend la mise en place imminente de la Commission ad hoc, les contributions scientifiques ne courent pas les rues ou elles sont gardées jusqu’au top départ de ladite commission. Très attendue, la copie de la DEPF est basée sur des constats vérifiés et des idées passées au crible de la méthode économétrique et du principe de complexité économique. D’entrée de jeu, l’étude annonce la couleur en soulignant que les efforts consentis jusqu’ici n’ont pas induit un relèvement conséquent du rythme de croissance économique en général et celui du PIB par habitant en particulier. Certes, une moyenne de croissance annuelle de 4,2% entre 1999 et 2017, a permis de résorber progressivement la pauvreté. Mais cette croissance n’a pas été assez rapide pour inscrire l’économie dans une dynamique de convergence. Le rapport du PIB par habitant du Maroc par rapport à celui des États-Unis a progressé d’un peu moins de 2 points de pourcentage entre 1970 et 2017. Il est passé de 4,4 à 6,2%.

Durant la même période, ce même ratio est passé de 1 à 13,8% pour la Chine et de 7,8 à 49,2% pour la Corée du Sud. Ce qui veut dire que dans les années 1970, le Maroc faisait mieux que la Chine, mais chemin faisant, cette dernière a pris le TGV, tandis que le Maroc a préféré marcher. L’étude montre l’existence d’un fort corollaire entre la convergence et le niveau de complexité économique d’un pays. Il en ressort que la convergence économique rapide de certains pays était proportionnelle à leur classement en termes de complexité économique.

Dans ce sens, la Chine a progressé, entre 1990 et 2016, de la 40e place (sur 107) à la 17e et la Corée du Sud a atteint la 3e place en 2016 alors qu’elle était à la 19e place en 1990. D’autres pays, qui figuraient en bas du classement en 1990, ont réalisé des bonds spectaculaires. Le Vietnam et l’Ouganda, en particulier, ont progressé respectivement de la 93e et 101e places à la 47e et 61e places. Pour sa part, le Maroc a connu une légère progression de son classement, passant de la 69e à la 65e place. On en déduit que la lenteur du processus de convergence économique au Maroc, traduit l’insuffisance du rythme d’acquisition de nouvelles capacités productives. C’est d’autant plus crucial que l’émergence dépend du maintien d’un niveau d’avantage comparatif sur certains produits et d’en développer d’autres.

Selon l’étude, le Maroc est positionné sur la quasi-totalité des produits de l’habillement et exporte en plus certains produits naturels ou agricoles. Il a réussi, toutefois, grâce à l’industrie automobile, à acquérir un avantage comparatif sur certains produits industriels qui peuvent constituer des leviers pour une plus grande diversification de son économie. Toutefois, celle-ci s’est effectuée dans un rythme lent sachant que plusieurs opportunités pourtant accessibles restent inexploitées. Surtout dans la manufacture, le textile ainsi que la partie la moins complexe de l’industrie.

La procédure utilisée par la DEPF a permis d’identifier 1.370 produits sur 4.575 sur lesquels le Maroc gagnerait à se positionner. Pour faciliter le processus de diversification, l’étude recommande, primo, de mobiliser à brève échéance les gisements d’opportunités offerts au niveau de plusieurs secteurs de l’économie. Dans ce sens, l’agroalimentaire s’érige en levier de croissance et un facteur clé pour améliorer la situation des populations rurales. S’y ajoutent les métiers mondiaux du Maroc pour satisfaire le marché domestique et propulser davantage l’offre exportable. Dans les services, il serait judicieux de promouvoir les activités structurantes comme la logistique et les secteurs liés à la nouvelle économie. Secundo, favoriser le passage à un nouveau palier d’industrialisation avec une bonne articulation commerciale et d’attractivité des investissements étrangers. Et surtout s’adapter au nouveau contexte concurrentiel en prenant en compte les exigences environnementales. À ne pas perdre de vue la force que pourrait avoir une industrie culturelle et artistique au même titre que les secteurs fortement intensifs en savoir-faire traditionnel accumulé par le Maroc sur des générations. Tertio, relayer de manière permanente l’action des pouvoirs publics par des mesures d’accompagnement à caractère transversal. Il s’agit principalement d’améliorer le climat des affaires à travers la dématérialisation des procédures, la lutte contre la corruption et l’accès au foncier. Cela sous-tend également un bon fonctionnement de la régulation (Conseil de la concurrence en particulier) pour une concurrence saine et pour restaurer la confiance des opérateurs. À ne pas oublier une meilleure territorialisation des politiques publiques pour en faire un instrument de convergence structurelle. Ce qui ne manquera pas de mobiliser à grande échelle les multiples potentialités dont disposent les régions. 

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