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Économie

Dans son dernier rapport relatif à l’exercice 2018, la Cour des comptes a mis le doigt sur «un gros point noir» très préjudiciable à l’efficacité énergétique au Maroc : l’absence de stratégie nationale dans ce domaine.

L’efficacité énergétique qui est érigée en priorité nationale, depuis 2009, date de lancement de la stratégie énergétique nationale par l’équipe d’Amina Benkhadra, n’a toujours pas sa stratégie nationale propre. Pourtant, la loi 47-09, qui l’a instituée le 29 septembre 2011 l’a implicitement prévue. C’est pourquoi, l’ADEREE (Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique) de l’époque - AMEE (Agence marocaine de l’efficacité énergétique) d’aujourd’hui – a organisé, les États généraux de l’efficacité énergétique il y a cinq ans. Un grand rassemblement, tenu à Marrakech, qui avait notamment permis à Saïd Mouline et son équipe d’élaborer un premier draft de projet de stratégie nationale de l’efficacité énergétique. Un projet de stratégie dont nul ne peut malheureusement dire aujourd’hui à quel niveau du circuit d’approbation il est bloqué.

140 milliards d’économie en jeu
Cette situation est bien entendu très préjudiciable au deuxième pilier de la stratégie énergétique nationale. En effet, si cette absence de vision stratégique perdure, c’est toute l’efficacité énergétique qui court un risque majeur de survie. Ce qui compromettra son objectif de réduire la facture énergétique du pays de 20% à l’horizon 2030, soit un montant estimé à 140 MMDH qui est donc en jeu. Pourtant, si l’on se fie au rapport de la Cour des comptes qui a passé au peigne fin le projet de stratégie, il semblerait que rien n’est encore perdu ! En effet, «le projet souffrirait de plusieurs imperfections qu’il est possible de rattraper avant son entrée en vigueur», est-il signalé. Par exemple, il n’aurait pas prévu de procédures permettant de faciliter aux gestionnaires et aux évaluateurs le calcul des économies d’énergie relevées par les parties prenantes. Le projet de stratégie n’aurait pas également prévu de dispositif permettant le traitement des éléments d’incertitude (erreurs de modélisation, d’échantillonnage ou liées au système de collecte des données) et des effets multiplicateurs futurs sur le marché de certaines mesures d’économie d’énergie qui ne relèvent pas systématiquement de l’intervention publique.

Corriger rapidement les imperfections
Autre carence relevée, le projet n’aurait pas prévu la mise en place de systèmes de suivi et d’évaluation basés sur des outils et des instruments d’évaluation notamment un système informationnel efficient, un système de «reporting» et des indicateurs pertinents pour la prise de décision. Selon les experts de la Cour des comptes, cette carence en matière d’approche de suivi et d’évaluation toucherait même la stratégie énergétique nationale. Or, pour apprécier les besoins énergétiques des agents économiques, il est nécessaire de disposer de données quantitatives et qualitatives classées par secteur d’activité et par type de produits énergétiques. 


Les recommandations de la Cour des comptes

Élaborer une stratégie nationale d’efficacité énergétique qui définit la vision, les objectifs attendus, les orientations stratégiques, les plans d’actions à
mettre en œuvre à court et moyen termes par secteur d’activité et les impacts escomptés ;
Décliner les choix stratégiques en portefeuille de projets et programmes d’investissement par secteur d’activité, tout en assurant une cohérence des choix
de mesures retenues et une priorisation des actions à impact significatif ;
Hiérarchiser et décliner les plans d’intervention sectoriels en définissant pour chaque action un descriptif technique suffisamment documenté, les
impacts attendus et les parties cibles, les moyens et les mécanismes adéquats pour son financement et la circonscription du calendrier prévisionnel de
mise en œuvre distinguant les mesures à court et moyen termes des actions à long terme ;
Décliner la stratégie d’efficacité énergétique au niveau territorial en créant notamment des structures régionales et/ou locales chargées de mettre en
œuvre des programmes adaptés aux conditions spécifiques de chaque collectivité territoriale ;
Engager une politique volontariste de sensibilisation et de communication auprès des parties prenantes pour les inciter et fédérer autour des objectifs
stratégiques fixés et abandonner les campagnes génériques et classiques.

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