A lire aussi

15-10-2019 12:53

Voici l'ordre du jour du premier Conseil de gouvernement de la nouvelle équipe

Un Conseil de gouvernement se réunira jeudi sous la présidence du chef du gouvernement, Saad Dine…
Rejoignez nous sur :
Économie

 

Le gouvernement a décliné sa feuille de route des différentes réformes économiques pour les prochains mois. Au cœur de ces chantiers, le climat des affaires et la fiscalité.

C’était le grand oral pour Mohamed Benchaaboun et Moulay Hafid Elalamy, respectivement, ministre de l’Économie et des finances et ministre de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique. Invités en ouverture de la 2e université de la CGEM, les deux ministres ont tenu des engagements relatifs à l’amélioration du climat des affaires et la facilitation de l’acte d’investir, de quoi satisfaire les attentes du patronat qui promet de faire le suivi de cet agenda de réformes.

Le bilan d’une année
Les annonces faites lors de l’ouverture de cette université sont «importantes de la part du gouvernement», décrit Salaheddine Mezouar, président de la CGEM, dans son discours de clôture de cet évènement. Dans les détails, l’Exécutif s’engage à l’adoption «avant la fin de l’année» de la loi-cadre sur la fiscalité qui inspirera la LF 2020, de la loi sur les PPP, s’est engagé Benchaaboun. Le ministre des Finances inscrit ces réformes dans un cadre global, celui de «du choc de simplification des procédures lancé par le gouvernement». Pour sa part Elalamy a promis d’achever le chantier de la refonte des CRI ainsi que de clore la révision très attendue de la nouvelle Charte de l’investissement. Parmi les nouvelles mesures de cette charte un statut spécifique aux startups et aux entreprises à fort potentiel. Lors de cette séance inaugurale, l’argentier du royaume a eu l’occasion de présenter le bilan de son action en matière de remboursement de la TVA au secteur privé et à la réduction des délais de paiement.

«À fin 2018, 33 milliards ont été remboursés au secteur privé», indique le ministre. Le rythme des remboursements a doublé depuis le début de l’année, selon la même source. «À fin août, ce sont 8 milliards DH qui ont été remboursés, comme programmé dans le PLF 2019», précise le ministre. Et d’ajouter : «Ce dossier est en train de retrouver sa normalité».

La solution idoine pour le gouvernement est de pouvoir inscrire dans la loi la neutralité de la TVA. «Dans la loi-cadre sur la fiscalité, nous allons inscrire dans le marbre le principe de la neutralité de la TVA. Ce qui nous permettra de supprimer ce problème», affirme Benchaaboun. En matière de délai de paiement, un travail reste à faire pour réduire les périodes pour les prestataires du secteur public. À fin 2017, le délai moyen pour des prestataires de l’État (administrations publiques) était de 90 jours. Cette période aurait baissé à 35 jours. Dans le segment, Établissements et entreprises publics (EPP), «un effort est encore nécessaire pour arriver à des niveaux normaux», reconnaît Benchaaboun. Les délais sont passés d’une moyenne de 78 à 55 jours. Une période encore trop longue pour aider le secteur privé à faire face à ses besoins de trésorerie. «Je peux vous annoncer la signature des nouveaux contrats-programmes avec les EPP. Ces entreprises pourront recevoir une liquidité importante qui sera injectée dans les caisses des entreprises prestataires». Enfin, en matière de soutien au secteur privé, le ministre des Finances affiche son satisfecit des performances de la Caisse centrale de garantie (CCG). Ce qui a permis une progression de 180% du nombre de bénéficiaires des différents programmes de prêts de la CCG.

L’appel d’El Othmani
Saâd Dine El Otmani, chef de gouvernement, a été l’invité de clôture de cette université. Lors de son intervention, le patron de l’Exécutif a rappelé son engagement et celui de ses ministres lors de cette université. «J’adopte les engagements des ministres et nous sommes disposés à recevoir vos propositions et vos idées qui seront discutées dans le cadre d’une approche participative. Le mécanisme de dialogue instauré avec la CGEM servira à jouer ce rôle d’espace de communication. Nous répondrons positivement à ces propositions dans la mesure du possible», indique El Otmani.

Ce dernier n’a pas manqué de rappeler «les réalisations du gouvernement durant les deux dernières années sous la conduite de Sa Majesté». Et d’ajouter : «maintenant, nous sommes conscients que les attentes des citoyens et des entreprises sont grandes, nous sommes mobilisés pour répondre présent».

Pour y arriver, El Otmani appelle à réinventer les valeurs sociétales : «nous avons besoin d’adopter les valeurs profondes du développement et de la modernisation au sein de la société. Les valeurs du travail et du mérite doivent nous guider dans nos actions. Le respect de la loi et d’autrui et l’abnégation pour construire un avenir meilleur à notre pays devront être le socle de notre action au quotidien. À cela, nous devons faire de la culture de l’équité, du sens de l’évaluation objective, de l’espoir dans l’avenir comme des valeurs de nos démarches, loin de toute auto-flagellation». Pour sa part, Mezzouar, dans son allocution de clôture, insiste sur le rôle des entreprises qui «sont au cœur de l’équation de développement de notre pays : pour l’investissement, pour l’emploi, pour une croissance soutenable et durable».


Salaheddine Mezouar
Président de la CGEM

Notre rôle sera de suivre leur mise en œuvre et d’interpeller les départements concernés au besoin pour leur réalisation. […] À ce propos, nous nous réjouissons des annonces faites hier par les ministres présents. L’évolution du rôle de l’État vers davantage de planification et de régulation des marchés plutôt que dans les opérations.

Moulay Hafid Elalamy
Ministre de l’Industrie, de l’investissement, du commerce  et de l’économie numérique

Nous avons ensemble légèrement dérivé en tournant le dos aux investissements. Je dois vous dire que je suis plus rassuré que l’an dernier. Néanmoins, il nous reste quelques cases à combler. Je reçois davantage d’opérateurs économiques avec beaucoup d’entrain et qui réussissent dans leurs investissements. J’ose espérer que cette dynamique va pouvoir s’accélérer.

Mohamed Benchaaboun
Ministre de l’Économie et des finances  

Changer de méthode serait le bienvenu. J’ai eu la chance de travailler pour le privé et aujourd’hui de servir dans le public. Dans les deux côtés, des personnes formidables existent. Ce qu’il faut, c’est multiplier les canaux et les échanges pour trouver les meilleures formules. Il arrive que ce qui est conçu par l’administration ne convienne pas au monde des affaires, à nous d’ajuster et consulter les concernés.

Dernière Minute

Nos derniers Tweets...

Suivez-nous sur Facebook

Vidéos des ÉCO

Vidéos des ÉCO

0
Partages
0
Partages