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Économie

 Le constat est certes posé depuis quelques années mais les pistes de sortie sont toujours brouillées. Si le Maroc arrive à maintenir un taux d’investissement élevé (34%), les performances de son économie et la création d’emplois demeurent faibles. Certains pays tels que la Colombie, les Philippines et la Turquie ont atteint des taux de croissance similaires ou supérieurs avec des niveaux d’investissement nettement inférieurs. Dans un rapport relatif au secteur privé, la Banque mondiale a essayé de débroussailler le chemin pour les opérateurs et les décideurs économiques.

D’abord, en posant le postulat de départ selon lequel ce sont les nouvelles entreprises et les entreprises à forte croissance qui créent le plus d’emplois. Selon les données de l’OCDE, si les entreprises de cinq ans ou moins représentent environ un cinquième de l’emploi total, elles créent près de la moitié des emplois. Bien que peu d’entre elles survivent, les jeunes entreprises contribuent au dynamisme économique en injectant de la concurrence sur les marchés et en stimulant l’innovation. «Au Maroc, 37% des entreprises enregistrées ont moins de cinq ans. Cependant, peu d’informations sont disponibles sur leur taux de survie ou leur impact sur la création d’emplois».

Assurer une concurrence équitable

Ainsi, ce dynamisme injecté dans l’économie vient d’un malaise de départ : un marché qui donne l’impression d’être sclérosé. Pour pénétrer les marchés, prospérer et créer des emplois, les PME marocaines doivent avoir accès aux services essentiels : un système de concurrence équitable, du capital humain et des compétences, un accès aux chaînes de valeurs mondiales, des financements et du capital-risque aux stades critiques de leur développement, un accès au foncier, aux infrastructures et aux services TIC indispensables pour une économie moderne et une culture favorable aux affaires.

Pour réduire les coûts associés à l’échec, une culture entrepreneuriale dynamique a également besoin de politiques du marché du travail actives et fortes ainsi que d’une large couverture en matière de sécurité sociale. Il est essentiel de disposer d’institutions et de politiques de soutien car les petites et nouvelles entreprises sont relativement plus touchées par les lacunes des politiques que les entreprises en place.

Il est particulièrement important de faire respecter les contrats, d’assurer que les paiements entre entreprises se fassent en temps voulu, d’appliquer des procédures de mise en faillite dans un délai raisonnable et de garantir un système de justice civile efficient. Au Maroc, nombre de ces ingrédients, essentiels pour les entreprises nouvelles et en croissance, doivent être renforcés. Un secteur privé plus dynamique et opérant dans de meilleures conditions de contestabilité du marché est important pour attirer et retenir les talents au Maroc.

«Aujourd’hui, toutefois, les salaires élevés encouragent un grand nombre de personnes talentueuses et qualifiées à accepter des emplois prestigieux dans le secteur public plutôt que de s’aventurer dans un secteur privé où l’initiative et la prise de risques sont contrecarrées par des conditions de concurrence inégales. D’autres rejoignent les grandes entreprises et les entreprises publiques», indique l’étude.

Un système bancaire plutôt absent

Dans un climat peu propice à l’entrepreneuriat et à la prise d’initiative, le secteur financier est particulièrement absent dans les phases initiales de développement des entreprises lorsque l’accès aux capitaux propres est le plus important. Les jeunes entreprises innovantes à fort potentiel de croissance ont également du mal à obtenir des prêts à des conditions accessibles. Il en va de même pour les TPE en général, peu d’entre elles comptent sur les banques pour leur fonds de roulement ou pour développer leurs activités.

Les exigences élevées en matière de garanties poussent nombre d’entre elles à compter sur les prêts de microfinance. «Le capital-risque (CR) et les investisseurs providentiels (business angels) sont pratiquement inexistants», assurent les experts de la Banque mondiale.

Les retards de paiement généralisés s’ajoutent aux problèmes chroniques de trésorerie de nombreuses TPE. Les autorités se sont engagées à relever ces défis afin de mettre à profit les capacités du secteur financier à soutenir un secteur privé plus dynamique et plus entrepreneurial : en particulier, en 2018, la Caisse centrale de garantie (CCG) a augmenté son soutien aux MPME (sous forme de garanties et de co-financements) de 15%, à 20 milliards MAD, sur un total de prêts bancaires aux PME de 144 milliards MAD en 2018; la CCG, avec des investisseurs initiaux a cofinancé 57 startups dans la première année suivant le lancement du Fonds Innov’Invest. D’autant que l’écart entre le développement avancé du système bancaire et le développement du marché des actions est important.

Les instruments de financement à long terme, le financement en fonds propres et les marchés des capitaux sont sous-développés au Maroc, ce qui affecte non seulement les PME mais aussi les jeunes entreprises innovantes et les grandes entreprises qui ne sont pas à l’abri des contraintes financières.

 

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