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Économie

Sur quatre étages, le nouveau siège du Policy Center for the New South (PCNS) reflète une volonté de faire partie des grands think tanks au niveau mondial. Le centre concentre son action sur six programmes essentiels qui reflètent les transformations géostratégiques au Maroc et plus généralement en Afrique.

Le Policy Center for the New South (PCNS) a présenté à la presse son nouveau siège, jeudi soir à Rabat, dans le quartier cossu de Hay Riad. Un bâtiment de quatre étages doté des plus modernes commodités dont un think tank de cette envergure puisse disposer. Des salles de conférence, des espaces d’échanges façon «Silicon Valley », des salles de cours au profit des étudiants de l’Université Mohammed VI Polytechnique de Ben Guérir, une bibliothèque… rien n’a été laissé au hasard. Depuis 5 ans que le PCNS existe, le temps est venu pour cette institution de voler de ses propres ailes. Le changement de nom (d’OCP Policy Center à PCNS) acté vers la fin de l’année 2018 a été un point d’inflexion pour affirmer l’indépendance du centre et sa vocation de plateforme ouverte à tous. Il ne s’agit pas non plus d’un divorce. L’OCP a été cette force cinétique qui a propulsé le centre dans l’écosystème mondial des think tank mais comme pour un enfant qui arrive à l’âge de maturité, rester dans le giron parental peut être interprété comme une faiblesse.

Bien maîtriser les enjeux africains
Le centre voulait renforcer son autonomie et participer aux mutations que l’Afrique est en train de vivre. Il ambitionne aussi d’enrichir la réfl exion sur les politiques socioéconomiques au Maroc et dans les pays du sud de manière générale. Karim El Aynaoui, président du PCNS, a surtout mis l’accent sur la nécessité aujourd’hui de redéfinir le dialogue entre l’Afrique et le reste du monde, principalement avec l’UE. Dans un contexte marqué par une grande rivalité des puissances mondiales (USA, Chine, Russie) sur le continent africain, il devient impératif de bien cerner ce genre d’enjeux pour ne pas les subir. Dans cette optique, le PCNS oeuvre à aider le Maroc à s’ouvrir sur les pays avec lesquels il n’a pas forcément de relations comme l’Afrique du Sud ou le Brésil. Il fait aussi un vrai travail de réseautage et de lobbying grâce notamment à l’aura et la qualité de ses senior fellows dont 25 sont des étrangers et 12 des Marocains. Leur travail a permis au centre d’occuper le premier rang des think tanks au Maroc et au Maghreb et la 8e place dans la région MENA. Chaque semaine, le centre produit deux ou trois rapports et compte en produire davantage depuis qu’il dispose de la logistique et du cadre propice à la réflexion et la production d’idées. En 2018, le centre a doublé le nombre de ses publications, à savoir 212 contre 112 en 2017.

Les 6 programmes du centre
Selon El Aynaoui, six grands programmes rythment le travail du centre. Il s’agit notamment du Maroc dans son environnement géopolitique, l’Afrique dans le monde, les défi s de la sécurité en Afrique, une nouvelle économie marocaine ou encore les transformations sur le continent africain. S’y ajoute un programme fort intéressant qui porte sur les politiques publiques au Maroc dans une approche de terrain qui privilégie le contact de proximité au niveau des communes, des acteurs locaux et des jeunes.

L’Atlantic dialogues, une marque d’excellence
Le PCNS s’est fait une réputation mondiale à travers l’organisation de l’Atlantic dialogues dont la 7e édition a eu lieu en décembre dernier à Marrakech. Cette agora a connu la participation de 350 personnes de 90 nationalités dont des sommités comme Madeleine Albright, ancien secrétaire d’État américaine et Pedro Pires, ancien président du Cap vert. Le Policy center a une vocation africaine qui trouve explication dans la pertinence des problématiques actuelles. «L’Afrique est la dernière frontière de développement et c’est un bien public pour le monde. D’abord parce qu’elle pollue peu et que son défi de développement est une opportunité de croissance pour le reste du monde», a souligné El Aynaoui. Le centre se trouve désormais engagé dans cette dynamique qui fait du continent le futur centre du monde. L’essoufflement de la croissance mondiale pousse les puissances économiques à chercher de nouveaux marchés et de la main-d’oeuvre qualifi ée. L’Afrique est capable de capter cette demande et d’y répondre à condition de mener les réformes institutionnelles et économiques nécessaires.

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