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Économie

Il a émis le souhait de voir les professionnels s’en charger eux-mêmes laissant le ministère se concentrer sur l’amélioration des procédures et du contrôle. Le ministère vient de rendre publique une cartographie des risques liés aux pots de vin dans le secteur. Des listes des bénéficiaires des programmes de recasement avec une opération pilote à Rabat.

La corruption dans les secteurs de l’urbanisme et de l’immobilier a la peau dure. Un phénomène dont on constate les effets néfastes au quotidien et qui n’est pas prêt de s’estomper de sitôt. Hier à Rabat, le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville a levé le voile sur une étude très attendue. Elle porte justement sur une cartographie des risques de corruption dans ces deux secteurs et représente la base pour une stratégie préventive. Celle-ci devrait être axée sur la transparence qui garantit l’intégrité et instaure la confiance parmi les parties prenantes. Le temps du laisser-faire est révolu aujourd’hui que le secteur entame un nouveau virage visant la qualité et privilégiant l’écoute des besoins.

Intervenant à l’occasion, Saad Dine El Otmani a réitéré l’intérêt que son gouvernement porte à la lutte contre toutes les formes de corruption. Le chef de gouvernement n’a pas manqué d’exhorter l’ensemble des départements ministériels à faire de même en mettant en place des cartographies traçant les reliefs du phénomène et proposant des mesures de les mettre à plat. «La corruption lamine les efforts de développement et peut coûter 2 à 5% du PIB. Personne ne sort gagnant en suivant ces voies tortueuses», a-t-il souligné.

Pour Abdelahad Fassi Fihri, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, la professionnalisation des secteurs de l’urbanisme et de l’immobilier est primordiale pour améliorer le climat des affaires et instaurer la transparence. «Nous ne sommes pas dans une démarche punitive ou accusatrice. Nous voulons une approche en douceur basée sur l’écoute et l’implication des parties prenantes», a-t-il indiqué.

Dans cette veine, le ministre a expliqué que la loi 66.12 portant sur les sanctions dans le secteur mérite d’être améliorée. Mise en place il y a 3 ans, cette loi a permis de distinguer entre les prérogatives d’autorisation et celles de contrôle. Elle a également défini la responsabilité des différents intervenants dans le secteur en instaurant la traçabilité des process grâce au cahier de chantier. Le Règlement général de la construction n’est pas en reste puisqu’il a subi un lifting en décembre 2018. Dans ce sens, le ministre a émis le souhait de voir les autorisations délivrées par les professionnels eux-mêmes pour une responsabilisation accrue.

Fassi Fihri parle ainsi d’une révolution silencieuse qui prend forme sans heurts ni levée de boucliers. Autre chantier important : la maitrise des listes des bénéficiaires des programmes de recasement dans le cadre de la lutte contre les bidonvilles. Dans ce sens, une opération pilote a été lancée à Rabat et devrait être généralisée sur l’ensemble du territoire. Cette nouvelle offensive anti-corruption devrait se décliner en 9 chantiers portant sur l’amélioration de l’accès à l’information, la gouvernance, le suivi et l’évaluation, la modernisation des services rendus au citoyen, le renforcement du contrôle. S’y ajoute la mise en place d’un code d’éthique et de bonne conduite destiné aux professionnels et aux agents publics, l’amélioration de l’arsenal juridique, la détection et la répression des hors-la-loi et enfin la communication, la sensibilisation et la formation des acteurs publics. Ces chantiers se traduiront dans 35 projets et actions opérationnels. Mais 8 projets ressortent comme prioritaires. Il s’agit d’abord de mettre en place des structures d’accueil et d’orientation au sein des administrations dans les secteurs de l’urbanisme et de l’immobilier tout en généralisant les guichets uniques sur l’ensemble du territoire. L’on prévoit également de préparer des guides et pour simplifier et vulgariser les procédures administratives très complexes et pléthoriques dans le secteur. Un autre projet important consiste au renforcement des canaux de dénonciation de la corruption. La dématérialisation des services liés à l’urbanisme et à l’immobilier n’est pas en reste. Elle constituera même l’un des leviers majeurs de lutte contre le fléau. La procédure de dérogation, décriée comme injuste, sera mieux contrôlée grâce à un nouveau système d’information. Et pour instaurer un esprit d’émulation dans le secteur, des systèmes de gestion basés sur la performance (contrats objectifs, labellisations…) seront mis en place. Des mesures pratiques ont d’ores et déjà été implémentés pour faire face aux pots de vins et autres actes de fraude, d’extorsion, de favoritisme ou de détournement de biens. Par ailleurs, pas moins de 101 risques potentiels de corruption dans le secteur ont été identifiés. Ils se déclinent en 7 risques dans la planification urbaine, 5 dans le domaine de préparation du foncier, 57 dans la construction et travaux et 32 dans le domaine de la commercialisation et l’attribution.


Pots de vins et dessous de table
Il faut savoir que les pots de vins et le noir représentent 78% des cas de corruption recensés. Toutefois, les marocains sont peu ou prou enclins à dénoncer ces pratiques de peur de s’attirer des ennuis ou pensant que cela ne servira à rien. Plus de 50% des personnes interrogées estiment que la corruption est de plus en plus maitrisée grâce à la sensibilisation. Il n’en reste pas moins vrai que les effets néfastes de la corruption impactent les bourses des citoyens. Ils freinent l’investissement et porte un sacré coup à la compétitivité des entreprises. Car les règles du jeu de la concurrence loyale s’en trouvent faussées. Enfin, ce phénomène altère même la légitimité de l’Etat en sabordant l’équité sociale.

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