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Catégorie : Économie
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Le Maroc est engagé dans une vision 2030 pour augmenter la part des énergies renouvelables (ER) dans le mix énergétique où le nucléaire ne figure pas encore. Le Centre national de l’énergie, des sciences et des technologies nucléaires, a démocratisé l’usage de l’iode 131 dans le traitement des maladies cancéreuses.

L’ère de l’énergie nucléaire a-telle commencé au Maroc ? La presse nationale était conviée, mercredi, à visiter le Centre national de l’énergie, des sciences et des technologies nucléaires (CNESTEN), près de Kénitra. Là, Aziz Rabbah a dévoilé les grandes orientations en matière d’énergie nucléaire. Le ministre de l’Énergie et des mines a expliqué que le Maroc ne compte pas à court et à moyen terme utiliser l’énergie nucléaire pour produire l’électricité. Le cap est tracé pour la stratégie nationale des énergies renouvelables 2030 qui se donne comme objectif de faire monter la part des énergies propres dans le mix énergétique tout en préservant l’environnement.

Pourtant, en mars 2016, l’Agence internationale de l’énergie atomique a rendu public un rapport encourageant sur la capacité du Maroc à s’investir dans le thermonucléaire. Une tranche nucléaire équivaut à 1.400 MW, soit plus de 9 fois Noor I qui est de 160 MW.

En effet, le royaume présente tous les prérequis en termes législatif et institutionnel. Toutefois, la vigilance est de mise dans un tel projet budgétivore et qui demande une sécurité infaillible. S’ajoute à cela, la complexité de la mise en oeuvre sachant qu’il faut entre 12 et 15 ans d’étude, de préparation et d’essais pour lancer une centrale thermonucléaire. Ce débat est bien clos, mais le rôle du CNESTEN dans d’autres domaine, pharmaceutique, alimentaire, agricole, traitement des eaux…, est indéniable.

Ce fleuron de la formation et l’expertise en sciences et technologies nucléaires, a réussi à se faire une place de choix dans les stratégies sectorielles ayant trait aux secteurs socioéconomiques. Justement, il se penche aujourd’hui sur sa vision stratégique 2030 ainsi que son plan d’action triennal 2020-2022 en respect de la nouvelle loi organique des finances. Le centre a également renforcé son rayonnement à l’international et dans le continent africain dans les domaines de l’électronucléaire et le dessalement de l’eau entre autres.

Selon Khalid El Mediouri, DG du CNESTEN, le centre a signé des accords avec les institutions paires dans plusieurs pays, notamment en Afrique, aux États- Unis, en France, l’Espagne, la Corée du sud, la Belgique ou encore la Russie. En effet, chaque année, le centre forme plus de 200 professionnels africains et déploie une trentaine d’expertises techniques issues d’institutions africaines. Le centre contribue énormément dans la démocratisation des produits radio-pharmaceutiques en médecine nucléaire pour le dépistage et le traitement de nombreuses maladies métaboliques et cancéreuses.

Selon Mediouri, ces efforts ont donné leurs fruits permettant de baisser le prix d’une dose d’iode 131 de 13.000 à 3000 DH. Il faut savoir que l’iode 131 est la substance la plus utilisée en médecine nucléaire au Maroc pour le traitement des maladies cancéreuses notamment.

Par ailleurs, explique le responsable, le CNESTEN, est également actif dans la gestion des déchets radioactifs à l’échelle nationale. À cet effet, le centre a développé des compétences et une infrastructure pour lutter contre les effets néfastes des rayonnements ionisants conformément aux lois et normes en vigueur. Justement, le centre est reconnu par l’Agence internationale de l’énergie atomique (IAEA) comme organisme régional désigné dans quatre domaines, à savoir la radioprotection, l’hydrologie isotopique, la nutrition humaine et les contrôles non destructifs en milieu industriel.